Et surtout, elle n'avait pas l'habitude de forniquer avec sa petite amie dans sa chambre. Surtout si ladite petite amie se trouve être la soeur aînée d'un de ses élèves.
D'un regard, Franziska comprit ce qui n'allait pas, s'enroula dans le drap de soie rouge, et se laissa glisser sous le lit, le tout en un quart de seconde. Gloria bondit dans son jean, le reboutonna en catastrophe. Ne retrouvant ni son T-shirt, ni son soutien gorge, elle dut se contenter d'un débardeur blanc, en espérant qu'on ne verrait pas trop ses seins au travers.
Elle alla ouvrir. Devant elle, Bill, rhabillé à la hâte, mais sur lui, cette même odeur, tenace et persistante, et qui les enveloppait tous les deux, de trop grands élans d'amour comblé...
- Qu'est-ce qu'il y a Bill?
- Oh, je vous dérange en pleine sieste?
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça?
- Vous êtes toute décoiffée...
- Euh... Oui, enfin non, je ne faisais pas vraiment la sieste.
- Je vous dérange, je suis désolé, je...
- Bill? Chuuuuuuuut. Restez calme. Tout va bien. Qu'est-ce qu'il y a?
Pauvre Bill, il avait toujours peur de déranger.
- Eh bien, on a un petit souci avec Tom.
- Allons bon.
- En fait, il voulait pas que je vienne vous voir mais je lui ai caressé les cheveux pendant un long moment et maintenant il dort alors je suis venu.
- D'accord. C'est bien. Qu'est-ce qu'il y a?
- Il vaudrait mieux que vous veniez.
Bill alla vers sa chambre, et Gloria Hagen trottinait derrière. Dans la chambre de Bill, Tom était étendu sur le lit, respirait bruyamment... Et était recouvert d'une très grande serviette éponge.
- Vous faites attention Mlle, il est tout nu là dessous.
- Ok. Avant d'être accusée de détournement de mineur, vous m'expliquez?
- Bon, vous voyez ce que c'est, faire l'amour?
- Euh... J'ai une vague idée...
- Nan, mais entre deux garçons!
- Oui, là aussi, j'ai une vague idée. Enfin, elle est assez nette pour tout vous dire.
- Ah bon?
- Ouais, un soir, à l'époque où je partageais mon appart avec Kristian Felmann. Il a pas vu qu'il s'était planté de chambre, j'ai eu droit à un peep- show yaoi gratuit, quand il s'est ramené avec sa conquête de la nuit.
- Bon, bah voilà. Le problème, c'est qu'il saigne.
- Il saigne?
- Oui. De là où on a fait l'amour.
- Oh, vous êtes tout mignon quand vous parlez...
- Ouais, il est peut être tout mignon, mais seulement avec vous, parce que avec moi, il parle d'hémorragie interne! brailla une voix derrière eux.
Gloria/ Scar Hagen pinça les lèvres pour ne pas rire, pendant que Bill rougissait violemment.
- Oh, tu es réveillé mon amour?
- Bill, bordel. Je t'ai dit que c'était pas grave!
- Oui mais j'ai peur! couina Bill.
Tom soupira et retomba lourdement sur le dos. *Ptain mais quelle flipette ce mec* pensait-il.
Mlle Hagen reprit la parole.
- Vous savez Bill, ça arrive ce genre de truc. Si vous l'aviez vraiment blessé, il se serait tordu de douleur et se serait enroué à force de crier.
- Vraiment?
- Tandis que là, il a suffit que tu me tripotes les dreads pour que je m'endorme! Tu vois bien que ça va!
- Sauf que t'as taché la serviette!
- Ben oui, je m'en suis servi pour... euh... éponger.
Là dessus Bill ne répondit pas mais regarda Mlle Hagen avec sa petite bouille de chaton perdu de style "mais faites quelque chose enfin!"
- Bon... soupira-t-elle en se pinçant le nez. Tom, pour rassurer Bill, qu'est-ce que vous voulez faire? Que je rappelle le Dr Felmann?
Tom fit une moue de type "mouais, bof, pas grand chose à battre même si ça me fait plus chier qu'autre chose". Sauf que là, c'est Bill qui de nouveau, s'ingénia à faire chier.
- Ah mais non, moi je ne veux pas que ce gros pervers regarde Tom à cet endroit là!
- Eh oh, gros pervers, calmos vous!
- Excusez moi mademoiselle.
- Ouais, fin je dis ça, mais c'est vrai que même s'il connaît bien le problème, c'est pas sûr qu'il arrive à se contrôler. Euh... Vous voulez que je vous amène à l'infirmerie?
Là, c'est au tour de Tom de faire un bond et de regarder Mlle Hagen d'un air outré.
- Quoi, qu'est-ce que j'ai dis encore?
- Vous parlez bien d'aller à l'infirmerie, de me déshabiller et de montrer mes parties intimes voire plus si affinités, à l'autre vieille vache?
- Oarf, elle est pas si méchante que ça...
- N'empêche que pas question.
Tom croisa les bras et se mit à bouder.
- En plus elle me rappelle la salope qui m'avait forcé à bouffer à St Andrews, et qui m'avait pratiquement dézingué la mâchoire et l'oesophage. Alors non.
Mlle Hagen se passa la main sur le visage. Quelle fatigue... Elles les aimaient, mais nom de Dieu, qu'ils étaient casse- couilles.
- Bah du coup, il reste plus que vous dit Bill, sans rire, en la regardant avec des yeux de Bambi.
- Comment ça, "que moi"?
- Oh, s'il vous plaît, faites le pour nous, Tom ne veut pas aller à l'infirmerie et moi je suis mort de peur!
çA se voyait, qu'il avait peur. Il tremblait de tous ses membres, de temps en temps il avait des hauts le coeur, et en prime, il transpirait. Et comme Gloria Hagen le connaissait bien, elle savait que c'était le prélude à une grosse crise de nerfs, particulièrement dévastatrice. La dernière l'avait cloué au lit pendant une semaine, autant éviter de reprendre les mêmes habitudes que l'année précédente. Elle soupira, le força à s'asseoir, et alla rejoindre Tom.
- Tom, vous voulez bien que je regarde?
- Euh... Oui. Avec vous, je veux bien.
- Vous faites chier quand même les garçons. Je suis prof de maths, moi!
- Oh ne soyez pas si modeste... Vous savez bien que vous êtes beaucoup plus que ça!
Gloria regarda Bill d'un air blasé, puis aida Tom à se relever et l'emmena dans la petite salle de bain. Elle s'y enferma avec lui, Bill resta dans la chambre, de toute façon, il n'y avait plus de place.
Tom avait enroulé sa serviette autour de ses hanches. Lui et Mlle Hagen se regardaient d'un air gêné.
- ça va aller, Tom?
- Oui... Et puis depuis ce qui s'est passé ce matin, ce qu'on va faire maintenant ce n'est pas grand chose.
- Pourquoi vous dites ça? demanda-t-elle en attrapant la paire de gants en latex tout fin qu'il y avait dans chaque armoire, et le tube de lubrifiant qu'elle avait replacé dans leur armoire mais que Bill n'avait pas vue.
- Gustav et Georg m'ont raconté que je vous avais traitée de euh... salope.
- Oui. Ah on peut dire que c'était bien rock 'n roll ce matin. En même temps, juste après, vous avez dit que même si j'étais une salope, vous m'aimiez.
- Hé, c'est quoi ce truc?
- çA? ben c'est du lubrifiant, cette blague!
- Ah, ben si on avait su...
- Je l'ai mis après le déjeuner... Ah mais merde, j'ai oublié de vous le dire avant d'aller courir. Mais quelle conne.
- Oh, vous blâmez pas... C'est pas grave.
Gloria Hagen avait fini d'enfiler la paire de gants et de se mettre du lubrifiant sur l'index. Tom commençait à flipper un peu.
- Le plus simple, c'est que vous vous penchiez en avant, en écartant un peu les jambes, et en vous appuyant au lavabo. Je vais faire ça le plus vite possible.
Tom s'exécuta.
Quelques secondes plus tard, Gloria sortait de la salle de bains en retirant ses gants. Bill, pour préserver l'intimité de Tom, était allé faire un tout, enfin, plus exactement, il était allé taper la causette avec les deux G, qui venaient à peine de se réveiller, à poil et enlacés sur le parquet de leur chambre, ils s'étaient endormis comme des masses après leur câlin et ils avaient à peine remis leur pantalon lorsque Bill frappa à la porte.
Gloria rentra dans sa chambre. Franziska était partie. Elle avait remporté ses affaires, les draps de soie rouge, tout, sauf son parfum qui régnait encore en maître dans la pièce. Il y avait une feuille de papier sur le lit.
Je ne peux pas rester plus longtemps, j'ai promis à mes parents de dîner avec eux
S'il te plaît, ne dis pas à Gustav que nous sortons ensemble.
Ne m'en veux pas d'avoir pleuré.
Je t'expliquerai un jour, si j'en ai le courage.
Gloria,
la seule chose dont je voudrais que tu te souviennes,
c'est ce qui nous pousse à être ensemble,
toi et moi
Gloria laissa tomber le mot. Franziska avait l'habitude des élans littéraires passionnés, mais là, il y avait comme une tristesse, une désespérance...
Si Gloria n'avait rien eu d'autre à faire, elle aurait écouté des chansons tristes jusqu'à ce qu'elle se mette à pleurer et que son chagrin parte de lui-même, mais là, elle se ressaisit, fonça dans sa salle de bain, attrapa une serviette hygiénique, et rejoignit Tom dans sa chambre.
Il était resté comme un con, les mains croisées dans le dos, à éviter son reflet dans le miroir.
- Vous vous êtes lavé, Tom?
Mais un rapide coup d'oeil sur ses cuisses lui prouva qu'il ne l'avait pas fait.
- Qu'est-ce qui vous arrive, Tom?
- Ben, je sais pas... Je me sens bizarre. Un peu triste, mais je sais pas pourquoi.
- Vous avez une crise de cafard?
- On dirait bien.
- Bon, laissez vous faire.
Elle le prit doucement par la main, et le fit entrer dans la cabine de douche. Elle prit un gant de toilettes, l'imbiba d'eau chaude, déposa un peu de gel douche, et entreprit de le nettoyer tout doucement, seulement aux endroits où le sang avait coulé, comme un gros bébé. Elle le fit sortir de la cabine, toujours en le prenant par la main, le sécha. Puis elle se retourna pour coller la protection à l'intérieur du boxer.
- Moi qui pensais ne plus avoir à faire ça en quittant le pensionnat de filles où j'étais...
Tom eut un petit rire, et enfila le boxer qu'elle lui tendait.
- C'est bizarre, ça me donne l'impression de porter une couche pour bébé. dit-il avec un petit rire.
- Ouais, ben je vais pas vous plaindre hein. Vous, vous en avez pour deux heures à tout casser, moi, c'est comme ça cinq ou six jours par mois!
Tom, brusquement se souvint de la matinée qu'ils avaient passés, tous, de l'agression de Bill, de sa tristesse à lui avant qu'il ne s'endorme, de son passé d'orphelin, tous les mauvais souvenirs lui revinrent, il se sentit mal, tout à coup, Mlle Hagen le vit au bord des larmes.
- Tom? Mais qu'est-ce qu'il y a?
*Il y a que je me rends compte d'à quel point j'ai toujours haï ma vie, je me sens mal, pourquoi Bill m'aime alors que personne ne m'a jamais aimé, et s'il finit par faire comme mes parents et m'abandonner, et si je n'étais rien, et si je ne comptais pour personne, alors pourquoi je n'ai jamais eu le courage de mourir* il pensait à tout ça en même temps, et brusquement, il parla, mais c'était presque son inconscient qui parlait pour lui...
- Je suis désolé de vous avoir confondue avec ma mère...
Et il éclata en sanglots. Mlle Hagen le prit dans ses bras, elle ne pouvait rien faire d'autre, elle attendit patiemment que ça passe.
Lorsque Tom fut plus calme, elle l'aida à se rhabiller, et lui conseilla fortement de rejoindre Bill.
- Je suis désolé mademoiselle. Je sais pas ce qui m'a pris.
- Mais ça arrive, voyons. C'est normal.
- Hier soir, ça m'a fait ça, un peu. Bill m'a dit que c'était le contre coup, parce que comme c'était notre première fois...
- Là aussi, c'est le contre coup, vous savez?
- Si à chaque fois qu'on fait l'amour j'ai une crise de larmes, on a pas fini...
- Non, mais c'est normal d'être un peu triste, après un orgasme. Comme c'est tout nouveau pour vous, vous avez un peu de mal à gérer. Mais vous allez vous y faire. Et puis, les fumiers qui ont agressé Bill ne sont plus là.
- Vous croyez que c'est pour ça que j'ai une crise de cafard?
- Mais bien sûr! Inconsciemment, vous avez enregistré "faire l'amour/ Bill blessé". Le temps de vous mettre dans la tête que le cauchemar est fini, et ça ira! Et puis, vous n'avez pas vécu des choses très marrantes, avant de venir ici, je me trompe?
- Non.
- Vous n'en avez jamais parlé?
- Jamais.
- Mais vous faites des cauchemars toutes les nuits?
- Moins depuis que je suis avec Bill.
- Mais vous en faites quand même?
- Oui.
- Vous savez, je pense sincèrement que pleurer, c'est la seule façon que votre corps a trouvée pour vous dire qu'il en a marre de tout ça.
Tom ne répondit pas mais réfléchit profondément. Il lui promit de ne plus culpabiliser quand il pleurait, et ils sortirent tous les deux dans le couloir.
Couloir dans lequel il y avait Bill, les deux G, et Friedrich.
Bill se rua vers Tom, lui sauta au cou et l'embrassa à pleine bouche. Tom en profita au maximum, après leur baiser il alla fourrer sa tête dans le cou de Bill et le serra très fort contre lui, à l'étouffer, de son côté Bill faisait pareil.
Est-ce qu'il y avait besoin de se parler pour se dire qu'ils n'étaient plus rien, désormais, l'un sans l'autre?
Friedrich était allé se planter devant la fenêtre, au bout du couloir, il avait entendu qu'on avait jeté des cailloux contre la vitre, et poussa un cri de stupeur. Les autres se retournèrent.
- Oh putain le truc de psychopathe! Les gars, mademoiselle, venez voir!
Ils se ruèrent tous vers la fenêtre, et regardèrent. Dans la cour, quelqu'un avait entassé des branchages et dessiné des lettres avec, avant d'y mettre le feu.
Et ses lettres, formaient le prénom de Gloria.
Mlle Hagen devint toute blanche, mais comme les garçons ne lui connaissaient que "Scar" ou "Mlle Hagen", ils n'y prirent pas garde.
Gustav: Moi je vous préviens. Si demain on retrouve du sang aux angles de l'immeuble et une chouette clouée sur la porte, ça présagera rien de bon.
Georg: Meuh c'est des conneries le vaudou...
Friedrich: Nan par contre on va tous finir découpés en morceaux dans des sacs poubelles.
Bill: Ah bon, pourquoi?
Friedrich: J'ai vu un serial killer faire ça dans un film d'horreur.
Tom: Bah les films d'horreur, c'est encore plus con que le vaudou. Et encore moins crédible.
Bill: Ben, comme toutes les religions hein.
Gustav: Héééééé!
Bill: Quoi?
Gustav: Oh non, rien. Un vieux réflexe.
Georg: Bon, mais pourquoi Gloria?
Friedrich: Ouais, pis qui s'appelle encore Gloria de nos jours?
Mlle Hagen: Ben je sais pas... Celles qui ont eu une mère qui a écouté Gloria des Doors toute leur grossesse?
Les garçons se retournèrent. A part Friedrich, qui était mort de honte, ils lui souriaient gentiment.
Georg: C'est vous, Gloria?
Mlle Hagen: Ben, en tout cas, c'est mon prénom. Après, de là à dire que ce truc est pour moi...
Bill: Boah, c'est plutôt flatteur. En plus celui qui a fait ça a une jolie écriture.
Mlle Hagen: Ouais. En attendant, je vais lui éteindre sa calligraphie, à l'autre. Parce que d'ici à ce que je me fasse sonner les cloches par le directeur, moi, hein...
Et elle partit. Friedrich, pour se faire pardonner, la suivit d'un bond et lui proposa son aide.
Gustav: Dites, je sais pas vous, mais il serait temps qu'on aille bouffer non?
Georg: Pas con!
Bill et Tom acquiescèrent, et ils se dirigèrent vers le réfectoire.
Dans les escaliers, Bill souffla discrètement à Tom:
- Tu vas mieux?
- Oui. Impeccable.
- Dans ce cas, j'aimerais bien qu'on retourne sur le toit...
- Y a pas de problèmes.
Ils laissèrent prendre un peu d'avance aux deux G's pour pouvoir s'embrasser tranquillement. Ils avaient leur petit rituel bien à eux, Tom prenait le visage de Bill dans ses mains et enfonçait ses doigts dans ses cheveux, pendant que Bill lui plaquait les mains sur les fesses, à travers le tissu du baggy.
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Et voilà! Chose promise, chose due!
Je voulais encore écrire, mais ça aurait fait trop long, et j'aurais fini à minuit. Mais on peut dire qu'en ce moment, je fourmille.
Vous vous sentez encore capable de mettre 100 comms ici?
Jvous kiffe grave, vous toutes sans exceptions.


