Chapitre 28. I must be dreaming please stop screaming

Tom ressentait effectivement une sourde angoisse, peut-être deux minutes après que Bill ait quitté la chambre, mais il avait le cafard depuis la veille, il repensait à St Andrews, il repensait au fait qu'il n'ait pas de mère, et ça le démoralisait complètement. Il avait quand même eut envie de Bill, mais ce n'était pas si bizarre que ça, si l'on songe que les pulsions de mort et les pulsions d'amour sont souvent proches.
Faire l'amour pour se sentir vivant. C'était tellement ça.
Tom se demanda comment, après avoir implicitement dit que lui aussi avait eu envie de baiser sa mère à cause de ce foutu complexe d' ¼dipe à la con, Freud pouvait encore lui écrire des lettres de type: « Ma chère Maman, il faut beau aujourd'hui à Vienne. Avec une patiente, on a fêté nos dix ans de thérapie. Elle n'est toujours pas guérie, elle coupe encore les cheveux des gens dans la rue quand on la laisse sortir toute seule, et elle met encore de l'encre dans son bain, mais grâce à elle, et surtout aux appointements que sa famille me verse, je vais pouvoir vous emmenez descendre le Nil et le remonter une bonne douzaine de fois au moins. Tout va bien ma chère Maman, prends soin de toi et reste toujours aussi belle que lorsque tu me tenais contre ton sein. »
Mais à force de se dire des conneries qui le rendaient plus triste qu'autre chose, Tom réalisa que cela faisait un bout de temps que Bill était parti cherché son cahier de poèmes, et que le froid glacial qu'il sentait depuis quelques minutes au fond de lui n'était pas dû à la nécessité de mettre un pull, mais à une sourde angoisse qui lui tenaillait le ventre.
Il sortit de la chambre, remonta le couloir désert, il entendit des bruits venant de la chambre de Mlle Hagen, d'autres venant de celle de Gustav, mais c'était tout.
Sans même réfléchir, il ouvrit la porte de la chambre de Bill. Et poussa un hurlement horrifié.
Bien sûr, si ceux qui avaient agressé Bill l'avaient laissé dans le couloir, étendu de tout son long avec cette goutte de sang qui creusait un sillon le long de sa tempe comme dans les pires cauchemars de Tom, les dégâts auraient été bien pires. Il aurait probablement été bon à interner. Mais l'horrible mise en scène qu'il découvrit en entrant dans la chambre le sauva, en quelque sorte.
Bill avait les mains liées par du gros scotch marron, et attachées à la poignée de la fenêtre. Son corps inerte était suspendu à la fenêtre par les bras donc, mais il était à genoux sur le sol, à moitié effondré (j'espère que vous voyez l'image, parce que je peux pas vous faire de dessin, j'ai pas mes crayons ). Sa tête pendait misérablement j'adore cette expression, c'est rien de le dire, une partie de ses cheveux était toute poisseuse de sang, mais ça, Tom dut faire le tour pour le voir, en ouvrant des yeux horrifiés.
On lui avait arraché son boxer, dont on lui avait enfoncé les lambeaux dans la bouche. Tom manqua de tomber dans les pommes en voyant que le dos de Bill ruisselait de sang. Les rigoles formées par les gouttelettes de sang dessinaient vaguement un triangle, mais il n'en était pas sûr, en revanche, ce qu'il vit avec certitude, c'est que son prénom, Tom, avait été écrit en lettres de sang sur le ventre de Bill, et le mot « tapette », toujours écrit avec du sang, sur ses fesses.
Un autre cri horrifié fit écho au sien, et il tourna la tête.
Sur le pas de la porte, Mlle Hagen, enroulée dans une serviette et toute mouillée, luttait contre une terrible envie de vomir en voyant dans quel état Bill avait été mis. C'était tellement lamentable qu'elle le crut mort et que ses jambes se mirent à trembler. Tom se précipita vers elle, aussi livide et abruti que la fois où Bill était tombé de l'arbre, seulement de ça, il ne se souvenait pas.

- Mlle Hagen, c'est horrible...
- Je vois Tom...


Elle n'était même plus capable de parler, elle étouffait des cris. À la seconde où Tom et elle s'approchait pour enlever le scotch qui le maintenait suspendu par les bras, Bill bougea légèrement la tête et gémit sourdement.
Mlle Hagen eut une espèce de rire nerveux.

- Il est vivant!

Tom ne répondit pas, il pleurait. Il était incapable de bouger, ce fut Mlle Hagen qui déchira le scotch à coups de dents, et qui porta Bill sur le lit, et lui retira les morceaux de tissu de la bouche.

- Tom... gémit Bill.
- Oui, Bill, je suis là, dit Tom en se précipitant, en larmes, vers son amant. Il lui prit la main, et s'assit, un peu gauchement, au bord du lit.
- Bill, vous avez vu qui vous a agressé?
- Non...
- Bon, écoutez. Ne bougez pas de là, Tom va rester près de vous. Tom, ne touchez à rien. N'essayez pas d'enlever ce qu'il a d'écrit sur le ventre ou sur...
- Pourquoi?
- Parce que je vais chercher le proviseur. On ne peut pas laisser passer ça. Il doit voir Bill tel qu'il est, maintenant, sinon, il y aura un doute.
- Je peux le couvrir, quand même?
- Oui, bien sûr. J'y vais le plus vite possible.


Tom n'eut même pas le courage de lui dire qu'elle était en serviette, pieds nus et très probablement à poil sous sa serviette, à la vitesse où elle allait, elle aurait dû atteindre le bureau du proviseur juste le temps que Tom tourne la tête et ne voie Franziska sur le pas de la porte.

- Qu'est-ce qui se passe? demanda-t-elle fort à propos.

Mais Tom, de nouveau rendu incapable de parler par une crise de larmes, ne put que lui désigner d'un geste le corps ensanglanté de Bill, étendu sur le lit. Franziska se pencha en avant, passa son doigt dans le dos de Bill, dans le sang. Puis elle prit une mèche de cheveux entre deux doigts, toute poisseuse de sang elle aussi, la dégagea pour voir la plaie, arracha un cri de douleur à Bill.

- Arrêtez ça! hurla Tom.
- Je ne faisais qu'évaluer les dégâts, calmez vous.
- Mlle Hagen a dit qu'il ne fallait toucher à rien.
- D'accord, je ne touche à rien. Vous allez juste rester là à lui tenir la main?
- Quoi, ça suffit pas? Je me remue pas assez?
hurla Tom, tout à coup.

Franziska sentit qu'il était en train de péter les plombs et se recula pour qu'il se sente moins agressé. Mais ça ne suffit pas.

- J'aurais pas pu empêcher ça! C'est pas de ma faute! hurla-t-il encore. Exactement ce qu'il aurait dû dire à sa mère, huit ans plus tôt. Seulement, comme tout vient trop tard, il ne réussit qu'à faire pleurer Bill, et à s'attirer la pitié de Franziska.

- Arrêtez de crier comme ça, vous le faites pleurer.
Tom considéra Bill d'un air hébété. En effet, encore à moitié assommé, il pleurait, comme il l'aurait fait s'il n'était pas tombé dans le coma, huit ans plus tôt.

- Ce que je voulais dire, c'était que le mieux que vous puissiez faire, c'est rester près de lui en attendant Mlle Hagen. Et comme ses blessures sont, à part le coup qu'il a reçu au crâne et encore il va s'en remettre, superficielles, je descends à la pharmacie et je reviens. Vous allez tenir?

Tom avait l'air tellement perdu que même s'il hochait la tête en répétant que oui et qu'il restait avec Bill, c'était visible qu'il ne tiendrait pas.
Franziska sortit de la chambre, elle au moins elle était habillée correctement, et elle alla frapper à la porte de la chambre de Gustav.
Georg et lui s'étaient levés, ils avaient évoqué les souvenirs de la nuit précédente et s'étaient mis d'accord sur le fait qu'ils s'étaient embrassés en tout bien tout honneur, ils allaient voir ce qui se passait encore dans les chambres à côté quand Franziska ouvrit la porte.

- Hey, je t'ai pas dit d'entrer! grogna Gustav, pas content de se faire surprendre avec un garçon qui était en train de refermer sa braguette. Il se radoucit en voyant la tête de sa s½ur. Apparemment, il y avait un problème.
- Qu'est-ce qu'il y a? demanda Georg.
- Il y a, qu'un de vos potes s'est fait agressé. C'est pas très grave, mais il a du sang partout, et apparemment, on lui a fait ça parce qu'il sort avec celui avec les dreads.
- Tom?
- Peu importe. Le brun se remet doucement mais celui avec les dreads va péter un câble si on le laisse tout seul. Alors allez-y. Mlle Hagen revient apparemment, moi aussi, mais vous deux allez rester près d'eux.

Et elle se dirigea vers la sortie. Les deux G se ruèrent dans la chambre de Bill. Gustav plaqua sa main contre sa bouche mais Georg ne put retenir un cri horrifié, ce qui fit sursauter Tom.
Lequel Tom s'était mis du sang plein le visage en embrassant la plaie du crâne de Bill. Les deux garçons firent semblant de ne pas s'en apercevoir et Gustav alla prendre Tom par les épaules. Georg attrapa une couverture et recouvrit Bill avec, car Tom n'avait pas encore eu le courage de le faire.
Bill émergeait de plus en plus.

- Merci Georg.
- Bill? T'es conscient?
- Ouais seulement si j'ouvre les yeux j'ai mal. Si je parle aussi.
- Tom, tu entends? Il est conscient!
- C'est de ma faute...
gémit Tom.
- Ne m'oblige pas à de crier dessus, connard, grogna Bill à mi- voix. C'est pas de ta faute. Tu l'as déjà dit, mais c'est pas vrai.

Quelque chose interpella Tom.
Tu l'as déjà dit...
Mais, s'il se souvenait bien, il avait crié à Franziska que ce n'était pas de sa faute... Et Bill était suffisamment conscient pour ne pas se tromper. Alors pourquoi...

Il fut interrompu par l'arrivée de Mlle Hagen, toujours en serviette, et qui traînait le proviseur par le bras.

- Vous auriez pu me lâcher Mlle Hagen, j'étais d'accord pour vous suivre!
- Vous n'alliez pas assez vite!
- Oui, mais... Oh mon Dieu!
brailla le proviseur lorsque Georg et Gustav, sombres, retirèrent la couverture qui couvrait Bill. Lequel Bill protesta. Puis il songea que le proviseur l'avait déjà vu entièrement à poil, et que tant qu'à faire...

Tout ce qu'il put dire au proviseur, c'est qu'il avait reçu un coup violent sur le crâne, et Mlle Hagen et Tom dirent dans quelle position il l'avait trouvé. Bill gémit sourdement quand Mlle Hagen et Tom le retournèrent pour montrer au proviseur ce qu'on lui avait écrit sur le ventre et sur les fesses.

- Apparemment, on vous reproche votre relation avec M. Trümper...
- Bien joué, Sherlock...
murmura Gustav.
- Pardooooooon? s'outra le proviseur.
- M. le proviseur, n'y attachez pas d'importance. C'est normal qu'ils soient perturbés. De plus, nous avons mieux à faire.
- Je confirme,
dit une voix derrière eux.

C'était Franziska. Elle revenait de la pharmacie les bras chargés. Mais Mlle Hagen avait encore quelque chose à dire.

- Sans vouloir jouer les alarmistes, M. le proviseur, vous ne vous êtes pas demandé pourquoi, en plus de ces mots, les coupures dans le dos de Bill forment un triangle?
- C'est même la première chose à laquelle j'ai pensé. Mais le triangle des nazis pour désigner les homosexuels devait être épinglé sur la poitrine, et il était beaucoup plus petit.
- N'empêche que ça m'angoisse. Et que si on ne les arrête pas, tout de suite, cet internat va devenir gerbant.
- S'il y a des petits cons qui font mumuse avec les idéaux nazis, ils seront à la porte sitôt que j'en aurais la preuve.
- Sans blague? Même si ce sont des enfants de bonne famille?
- Des enfants de bonne famille ne deviennent pas sympathisants nazis.
- Alors là, monsieur... Je vous aime.


Et, devant les regards outrés d'un peu tout le monde, et le sourire narquois de Bill:
- Oui, bon, ça va... J'ai dit ça comme j'aurais pu dire autre chose...

Franziska la poussa et se rapprocha de Bill.
- T'aurais aussi bien fait de dire autre chose... Aide moi à le redresser.

Bill couina parce que le moindre mouvement lui faisait mal, mais Franziska et Mlle Hagen l'assirent sur le bord du lit. Franziska demanda à Mlle Hagen de se placer devant Bill et de maintenir sa tête. Tom demanda s'il pouvait le faire.

Mlle Hagen: Non. Vous, vous tremblez trop. Mais vous pouvez lui tenir la main.
Bill: T'inquiète pas, Tom. Je vais bien.
Tom: Bill, je t'aime.
Bill: Moi aussi. Après ça, je voudrais qu'on continue ce qu'on a commencé.
Tom: D'accord.
Franziska: Mes enfants, je vais vous montrer de la broderie fine comme vous n'en avez jamais vue.
Et elle se mit à recoudre Bill. De temps en temps, quand il avait trop mal, il serrait la main de Tom un peu plus fort, mais il ne poussa pas un cri.
Il s'en sortait plutôt bien. Tom, lui, avait des images devant les yeux qui ne voulaient pas s'effacer, et s'il faisait tout pour avoir l'air tranquille et rassurant toutes les fois que Bill jetait un ½il vers lui, il était complètement effondré à l'intérieur.
Tout recoudre prit une demi-heure.

- Et voilà, fini! s'exclama Franziska pendant que Bill soupirait de soulagement.
Soupir repris par un peu tout le monde dans la chambre, même par le proviseur qui n'était pas insensible au visage torturé par la douleur et aux yeux bruns remplis de larmes.

Gustav était allé chercher dans la chambre de Tom un boxer pour Bill et le sweater Snoopy, et les tendit à Tom.
- Merci, mon vieux...

Mlle Hagen le laissa rhabiller Bill tout seul, et Franziska s'était installée sur le bureau pour remplir une grosse seringue. Bill le vit pendant que Tom le rallongea dans le lit et lui remontait la tête avec des oreillers.

- Hé, c'est quoi ça?
- Quelque chose pour vous détendre.
- Je ne veux pas!
brailla-t-il
- Bill, sois raisonnable. dit Tom, dont les jambes tremblaient toujours.
- Elle n'est pas pour vous, dit Mlle Hagen en lui passant la main sur le front. Calmez vous.
- Elle est pour qui, alors,
demanda-t-il, intrigué.

Mlle Hagen prit doucement Tom dans ses bras. Georg se glissa derrière, pour faire barrage, au cas où.

- Tom, vous êtes à bout de nerfs. Alors vous allez dormir un peu avec Bill, et après, ça ira mieux.
- Mais je ne veux pas! Dormir? Mais on ne sait toujours pas qui lui a fait ça!
- Allons, Tom, sois raisonnable...
dit Bill avec un sourire narquois.

La vérité était que Tom avait une peur bleue des piqûres. Mais ce n'était pas le moment de la ramener après ce que venait d'endurer Bill. Il dût s'allonger à côté de son amant, et laisser Franziska lui passer de l'alcool sur le bras.
Il sentit la main de Bill serrer la sienne sous les couvertures.
- T'inquiètes pas, ça ne fait pas mal.
Tom le regarda, outré. Qu'est-ce qu'il croyait? Que c'était d'avoir mal qu'il avait peur? Il eut un léger sursaut avant d'avoir eu le temps de répondre, et il entendit Franziska dire que c'était fini, et il vit Bill sourire comme un con, cet espèce d'idiot lui avait dit la première connerie pour le détourner de sa douleur, c'était vachement gentil comme intention, la main de Tom lâcha celle de Bill pour se poser sur l'entrejambe de Bill. Bill fut surpris mais ne dit rien, Tom sombrait complètement.

Il souriait en dormant, et Bill souriait aussi, les horreurs de la vie passent tellement mieux quand on aime, et qu'on est aimé en retour...

On les laissa seuls.
Dans le couloir, un surveillant avertit le proviseur que Stephen était rentré de l'hôpital.
Hôpital où Tom l'avait expédié le jour de la rentrée pour avoir barbouillé Bill de mascara...

# Posté le mardi 02 septembre 2008 08:44

Modifié le mardi 05 mai 2009 18:17

Chapitre 29. Sleeping with ghosts (Placebo)

Chapitre 29. Sleeping with ghosts (Placebo)
Mlle Hagen était toujours enroulée dans sa serviette, mais elle refusa d'aller se changer tant que le proviseur ne se décida pas à dire à Stephen de prendre ses affaires pour qu'il puisse l'installer dans un autre dortoir. Stephen protesta.

Stephen: Mais qu'est-ce que j'ai fait?
Le proviseur: Disons que c'est une simple mesure de précaution.
Mlle Hagen: Et surtout c'est un ordre.
Stephen, en montrant son pansement à la mâchoire: Et pourquoi Tom Trümper ne changerait pas de dortoir lui aussi? C'est lui qui m'a fait ça!
Le proviseur: ...
Mlle Hagen: Et ce n'est pas vous et vos copains qui ont maintenu Bill Kaulitz pour le barbouiller de mascara devant tout le monde? Vous troublez l'ordre, et vous incitez à la haine, Stephen Klein!
Le proviseur: Comme le dit Mlle Hagen, c'est un ordre. Allez faire vos affaires.

Stephen partit en grognant. Le proviseur se passa la main sur le front.
Le proviseur: Pffffffff. Et maintenant, il faut que je trouve avec qui faire l'échange. Une idée, Mlle Hagen.

En effet, c'était elle qui avait proposé Gustav et Georg pour remplacer David et Richard dans son dortoir. Mais là, elle fit une moue dubitative.
Mlle Hagen: Peut-être Cole, dans la classe de Georg.
Le proviseur: Bon... Je ne vois pas trop de qui vous parlez, mais...
Mlle Hagen: Oh, c'est un bon élément, mais il ne fait pas beaucoup de bruit. Un élève sans histoire.
Le proviseur: D'accord, mais vous pouvez m'affirmer avec certitude qu'il n'agressera pas Trümper et Kaulitz à cause de leur relation?

Mlle Hagen eut un petit sourire en coin.

Mlle Hagen: Oh, non, là... C'est vraiment pas son genre.
Le proviseur: Bon, vendu, je vais prévenir ce Cole qu'il doit changer de dortoir. Cole comment?
Mlle Hagen: Cole Porter. Comme le chanteur de blues, oui. Il m'a dit que sa maman avait beaucoup d'humour.

Le proviseur s'éloigna sur ses petites pattes, et Mlle Hagen, sentant se braquer sur elle les regards de tous les garçons dans la cour, effectua une prompte retraite vers le dortoir.
Elle croisa Franziska, qui avait oublié de donner des anti douleurs à Bill. Elles rentrèrent toutes les deux dans la chambre. Tom était dans le coltar complet, mais Bill ne dormait pas, il fixait le plafond les yeux grands ouverts.

Mlle Hagen: Bill? Vous vous sentez comment?
Bill: Euh... J'ai l'impression d'avoir un marteau- piqueur dans le crâne.

Et c'était vrai qu'il devait avoir une migraine atroce, des larmes lui coulaient sur les tempes. Franziska alla remplir un verre d'eau et revint avec des cachets. Bill sortit un bras de sous les couvertures et se redressa un peu, mais ne put retenir un gémissement.

Bill: Oh putain... Vous êtes sûres que je n'ai pas une fracture du crâne?
Franziska: Vous ne seriez pas en train de nous parler, si c'était le cas. Allez, avalez ça.

Bill attrapa les comprimés, le verre, avala le premier cachet. Et fit une grimace.

Franziska: Oui, je sais, c'est pas très agréable, mais j'avais pas le temps d'aller vous chercher du jus d'orange.
Mlle Hagen: Mais si vous les prenez tous après je vous donne vos crocodiles en sucre.

Bill éclata de rire. Franziska aussi.

Mlle Hagen: Ben quoi?
Bill: Vous êtes mignonne, mais je n'ai pas besoin qu'on me promette un bonbon pour prendre des comprimés dégueulasses.
Franziska: Et encore, elle aurait deux heures devant elle, elle vous aurait promis de vous faire un gâteau!
Mlle Hagen: Haha, très drôle. Comme si tu ne les aimais pas, mes gâteaux...
Franziska: Oooooooh, grosse bête, je n'ai pas voulu te vexer. J'adore tes gâteaux!

Bill les interrompit en tendant son verre vide.

Bill: Vous pouvez le remettre en place? Je pourrais me lever, mais Tom dort à moitié sur moi...

Mlle Hagen se leva et le rapporta dans la salle de bain.

Mlle Hagen: Les comprimés ne vont pas faire effet tout de suite, mais essayez de dormir. De vous détendre, au moins.
Bill: D'accord.
Mlle Hagen: Là, il faut que j'aille me changer, mais je repasserai assez régulièrement pour voir comment vous allez tous les deux.
Franziska: Bon, moi je récupère mon frère, et je l'emmène passer une radio. J'ai peur que l'autre salope lui ait cassé le nez.

Et les deux filles sortirent. Franziska prit Gustav par le bras.

Franziska: Allez, viens, toi. On va passer une radio.
Gustav: Mais je vais bien, je t'assure!
Georg: Nan, tu vas pas bien, tu ne peux plus te baisser parce que tu as l'impression que ta tête explose à chaque fois. Faut pas déconner.
Franziska: Ah, c'est pour ça que quand je suis rentrée ce matin, vous étiez à refermer la braguette de mon frère?
Georg: Oui, c'est pour ça.
Gustav: Qu'est-ce que tu es allée imaginer encore?
Franziska: Moi? Oh rien... Pas comme Jenn mouah ah ah

Et elle entraîna gentiment Gustav vers la sortie.
Mlle Hagen alla s'enfermer dans sa chambre pour, enfin, porter autre chose que cette foutu serviette.


Les comprimés faisaient doucement leur effet. Bill ressentait une légère gêne, mais ce n'était plus la douleur déchirante d'avant. Tout contre lui, Tom dormait profondément. Mais il était quand même un peu agité, et de temps en temps, il faisait des petits bruits, comme un chaton.
Tout à coup, Tom fit un saut de carpe, et sa main, simplement posée sur l'entrejambe de Bill jusque là, se glissa carément entre les cuisses de Bill, tandis que son autre main passait sous ses reins.
Tom avait des gestes imprécis, un peu flous, preuve qu'il faisait tout ça en dormant. Mais il était bel et bien en train de chauffer Bill, et ça, ça faisait passer toutes les misères de la terre.

C'est alors que Super Gâcheur rentra dans la chambre.

- Coucou les jeunes, je viens voir si tout va bien.
Bill: Oh putain, Georg...
Georg: Je ne vais pas te déranger, je reste juste là pour être sûr que celui ou ceux qui t'ont fait ça ne reviennent pas.
Bill: Ecoute Georg, perso je trouve ça génial d'avoir un garde du corps, mais...
Georg: T'as vu ça un peu?
Bill: Oui, mais là... J'aimerais autant être seul.
Georg, remarquant des mouvements chelous sous les couvertures: Eh, qu'est-ce que tu fais avec tes mains?
Bill: Ce ne sont pas MES mains.
Georg: Mais normalement Tom devrait être endormi!
Bill: Oh, mais il dort, t'inquiète. Seulement, en même temps il...
Georg: Ok, bon, je sors, ça devient gore. Je surveillerai aussi bien de dehors.
Bill: Oui, s'il te plaît.

Georg bondit sur la porte, et il était plus que temps. Tom avait beau être inconscient, il n'en avait pas moins réussi à retirer complètement le boxer de Bill, et aussi à lui remonter le sweat Snoopy en haut du ventre.
Et ses caresses se faisaient de plus en plus précises.

Bill, murmurant: Tom, mmmmmmmh... Mais qu'est-ce que tu fais...
Tom (toujours endormi): Mon amour... Ils ne nous auront pas, pas deux fois...

Bill, trop troublé par les caresses pour relever ce que Tom venait de dire, se cramponnait au drap. Tom, tout doucement, s'enfonça sous les draps et rapprocha son visage de la verge de Bill, toute gonflée.
Bill ne savait plus que faire. Il avait l'impression d'abuser de l'état de faiblesse de Tom, qui ne se souviendrait probablement pas de ce qu'il était en train de faire à son réveil. En même temps, Tom avait l'air de très bien savoir ce qu'il faisait, même inconscient.
Et à force de réfléchir, Bill ne fut plus capable de rien lorsqu'il se sentit dans la bouche de Tom et que celui-ci entama le mouvement de va-et-vient.

Bill: Mmmmh... Tom... Oooooh...

Tom, même endormi, gardait de bons réflexes. Il se releva juste au moment où Bill venait, et Bill s'éjacula sur les cuisses.
Aussitôt après, la poitrine de Bill s'emballait comme une machine folle, et Tom se cramponnait à lui, il le tenait dans ses bras, comme à chaque fois, pour que le contre coup de la jouissance ne soit pas trop dur.

Tom: Je ne te laisserai plus, plus jamais...

Bill crut bon de lui répondre, même si c'était l'inconscient de Tom qui parlait, peut-être que ça lui resterait.

Bill: Je sais mon amour... On serait ensemble, pour toujours...
Tom, dans un soupir: Comme on aurait dû l'être depuis toujours...

Puis, Tom soupira, et dut s'endormir plus profondément, puisqu'il se mit à émettre des espèces de ronronnements de chat, et resta la bouche ouverte presque à baver sur l'épaule de Bill.
Bill lui caressa doucement la joue, et aussi la poitrine, et le ventre, mais tout gentiment, pour l'aider à mieux dormir. Il était un peu agité, de temps en temps, son visage se crispait, comme sous le coup d'une vive douleur.

De douleur, Bill n'en avait plus. Le marteau- piqueur avait pris sa pause déjeuner, il se sentait mieux.
Il constata que si se vautrer dans le sperme de Tom l'excitait un maximum, sentir le sien contre sa peau le dégoûtait presque. Il s'écarta doucement de Tom, lequel se retourna en grognant, et se leva, direction la salle de bains.
Il se lava l'intimité avec un gant, sans retirer son sweat Snoopy, il n'avait pas pensé à demander à Mlle Hagen ou Franziska comment il allait faire pour se laver avec ces putains de coupures dans le dos. Curieusement, il n'avait pas peur que ça recommence. Il avait Tom, et Tom l'aimait que demander de plus?
Il ne le savait pas, que c'était les comprimés de Franziska qui le rendaient complètement stone.

Bill était dans la salle de bains, Georg était à la porte, assis sur sa chaise de bureau, Mlle Hagen, nouvellement vêtue d'un jean noir et d'un T-shirt du Velvet Underground, se brossait les cheveux, Hans écrivait compulsivement le prénom de "Bill" dans son journal intime, Friedrich lisait un magazine porno, quand se fit entendre le cri, l'horrible cri. Le cri de Tom.

Tom venait de tâter le drap à côté de lui, il était toujours sous l'effet des calmants, la place était vide. Une vague de panique le submergea, il se mit tout à coup sur son séant, et se mit à hurler.

Bill sortit de la salle de bain, Georg rentra dans la chambre, Friedrich, Hans et Mlle Hagen se ruèrent dans le couloir direction la chambre de Bill.
Tom, assis sur le lit, les yeux grands ouverts, les pupilles dilatées par l'angoisse, hurlait.

NON JE NE VEUX PAS !!!!!!!!! NE M'ENLEVEZ PAS MON FRERE!!!!!!!! NOOOOOOOOOON!!!! IL DOIT RESTER PRES DE MOI IL NE GUERIRA PAS SANS MOI !!!!!!

__________________________________________________________________________
Alors mes lectrices d'amour, flippant hein?
Vont-ils comprendre ne vont-ils pas comprendre, tous, que Bill et Tom sont jumeaux? Les twins vont ils se souvenir? (encore que je devrais éviter de vous poser des questions, parce que ça m'oblige à changer toutes les fois qu'il y en a une qui trouve le moyen de deviner ce que j'avais prévu)
Pour ce qui est de Tom capable d'agir comme s'il était parfaitement réveillé même en dormant, je suis partie de mon propre somnambulisme, si vous voulez tout savoir.
En effet, depuis que je suis toute petite, je suis somnambule et somniloque. Rien de trop grave, je vous rassure. Mais la nuit, ça arrivait souvent que je me lève en dormant. Et ma mère me récupérait n'importe où, même dans le jardin, elle est d'ailleurs devenue championne de récupérage de somnambule en pleine crise.
Et je parle aussi quand je dors, pas toujours en français. D'après témoins, j'ai déjà parlé dans mon sommeil en anglais, en latin, et même en yiddish alors que réveillée je n'en connais pas un traître mot. C'est comme ça qu'on a découvert que ma mémé me parlait en yiddish quand j'étais bébé. Les personnes qui ont dormi avec moi ont été un peu choquées mais s'en sont remises (encore que je vous raconte pas la gueule de mon premier petit ami après une nuit blanche à m'écouter parler latin, le lendemain). Et récemment, j'ai acquis une nouvelle bizarrerie: je peux téléphoner en dormant. Plus particulièrement quand je fais la sieste, donc en journée, heureusement. Il paraît que je dis n'importe quoi.
Sur ce, j'arrête mon racontage de life, et je vous demande simplement de me dire si ça vous plaît toujours.

# Posté le jeudi 11 septembre 2008 17:53

Modifié le mardi 05 mai 2009 18:17

Chapitre 30. Et quand leurs monstres crient trop près de la sortie, ils accouchent des scorpions et pleurent des mandragores.

Le silence qui suivit le cri de Tom était glacial. Le seul capable de bouger, ce fut Georg. Il se précipita pour prendre Tom dans ses bras, pour le calmer.
Seulement Tom était bien trop hors de lui même, trop inconscient, pour se laisser faire. Ses forces semblaient décuplées, il repoussa Georg d'un revers de bras, et le pauvre Georg alla se fracasser contre le mur.

Tom: Dégage, toi!
Georg: Oh, putain de Dieu...
Mlle Hagen: Mais laissez moi passer, bande de...

Elle n'acheva pas. Les garçons lui avaient enfin cédé le passage. Elle alla se mettre en face de Tom. Ses pupilles allaient de droite à gauche et de gauche à droite à une vitesse folle comme dans les phases de profond sommeil.
Il dormait. Mais c'était pire qu'une crise de somnambulisme.
Bill, debout à côté du lit, était tétanisé. Il n'osait plus s'approcher de Tom. Il n'osait plus faire un geste.

Mlle Hagen: Bill? ça va aller. Je m'en occupe.

Bill hocha la tête. Il n'avait pas l'air de trop y croire. Il était mort de peur. Mlle Hagen s'accroupit pour se mettre à la hauteur du visage de Tom.

Mlle Hagen: Tom?
Tom: ET TU VAS T'OCCUPER DE QUOI, MAMAN? DE NOUS SEPARER, ENCORE UNE FOIS?
Bill: Oh non...
Mlle Hagen: Tom, je ne suis pas votre maman. Vous m'entendez?
Bill: Oh non... Il devient fou...
Mlle Hagen: Bill, arrêtez. Il n'est pas fou. Calmez vous.

Bill ne dit plus rien, mais il était encore plus terrorisé qu'avant. Tom, à présent, les yeux révulsés, assis en tailleur sur le lit, se balançait d'avant en arrière, comme un autiste.
Et Bill ne connaissait que trop bien cette attitude...

Mlle Hagen: Tom?
Tom: Maman?
Mlle Hagen: Non. Maman n'est pas là.
Tom: Tant mieux.
Mlle Hagen: Qu'est-ce qu'elle a fait Maman?
Tom: Elle veut nous séparer...
Mlle Hagen: Séparer qui?
Tom: Bill et moi...
Mlle Hagen: Et pourquoi elle veut faire ça?
Tom: Parce qu'on s'aime... Elle a fait du mal à Bill... Elle va l'éloigner de moi...
Mlle Hagen: Qu'est-ce qu'elle a fait à Bill?
Tom: Elle lui a explosé la tête, et elle l'a découpé au couteau...

Mlle Hagen prit un peu de recul. Elle avait une capacité à se retrouver dans des situations des plus bizarres, mais depuis qu'elle connaissait Bill et ensuite Tom, c'était passé à la puissance dix.
Tom continuait de se balancer d'avant en arrière. Mlle Hagen s'approchait de Bill. Il était tellement perdu, qu'elle le prit dans ses bras.

Mlle Hagen: Bill, Tom est complètement inconscient. Il a été traumatisé ce matin, par ce qui vous est arrivé. Et là, il y a des souvenirs qui remontent, et tout ce mélange.
Bill: D'accord...
Mlle Hagen: Il n'est pas fou, ok?
Bill: Vous croyez que c'est la piqûre que Franziska lui a faite?
Mlle Hagen: Je vais vérifier. Ne vous inquiétez pas.
Bill: Parce que vous savez, je les connais un peu, ces produits. Il faut faire très attention.
Mlle Hagen: Je sais. En attendant, il n'y a que vous qui puissiez quelque chose pour lui.

Bill la regarda, un peu ahuri. Puis il se rapprocha de Tom. Qui se balançait toujours.

Mlle Hagen: Parlez lui, avant de vous approcher. Dites lui qui vous êtes. N'oubliez pas qu'il est totalement à l'ouest.

Avant de consulter les papiers du sédatif que Franziska avait donné à Bill, Mlle Hagen alla ramasser Georg. Il allait bien, mais la scène avait été plutôt choquante, pour les garçons tassés sur le seuil de la porte aussi.
Georg se passait la main sur le visage. Il aurait eu grand besoin des nichons de Brenda pour se consoler. Ou des bras de Gustav, à la rigueur.
Mlle Hagen, après s'être assurée que Georg allait bien, retourna au bureau de Bill, en poussant un grand soupir.

Mlle Hagen: Je vous jure, devant l'âme de Kurt Cobain, que celui, ou ceux, qui ont fait ça ce matin, vont payer le prix le plus cher.
Bill: Tom? Tu m'entends? C'est Bill.
Tom: Bill? C'est toi mon amour?
Bill: Mais oui. Je suis là. Je peux venir à côté de toi?
Tom: Oui, reste près de moi. Tu étais passé où? Tu es resté loin tellement longtemps...

Bill, un peu stressé, se glissa contre Tom sur le lit et le prit dans ses bras. Il garda la tête de Tom contre sa poitrine et ne put s'empêcher de caresser ses dreads.

Bill: J'étais juste à la salle de bain.
Tom: Besoin de te laver?
Bill: Oui. J'étais très sale.
Tom: Quand c'est moi qui éjacule, tu t'en mets partout...

C'est à ce moment là que Georg repoussa tout le monde dehors en hurlant et referma la porte derrière lui. Bill était rouge de honte. Il n'eut pas le temps de se plaindre. Mlle Hagen poussa un juron.

Mlle Hagen: Putain, mais c'est pas vrai...
Bill: Quoi? C'est le sédatif?
Mlle Hagen: Non, c'est le choc, ne vous inquiétez pas. Mais ce je dois faire ce que j'aurais dû faire depuis le début, à savoir appeler un médecin.
Bill: Je vous préviens, je n'irai pas à l'hôpital. Et Tom non plus.
Mlle Hagen: Je sais. Je dois passer un coup de fil. Ne bougez pas.

Elle sortit de la chambre. Dans le couloir, les garçons étaient étrangement silencieux. En d'autres circonstances, la révélation de Tom sur leur intimité à Bill et lui aurait fait rire tout le monde, mais là...
De toute façon, quiconque en aurait parlé était déjà sous la menace de se prendre le poing de Georg dans la gueule et plus si affinités, alors...

Dans ces dédales obscurs où plane la folie
Où plane la folie


Mlle Hagen alla prendre son portable dans sa chambre, mais elle dut ressortir téléphoner dans le couloir, ça captait pas. Et le son était tel que même si les garçons ne savaient pas à qui elle téléphonait, ils entendirent toute la conversation.

???: Hôpital Andrew Warhola bonjour.
Mlle Hagen: Oui, bonjour, internat Engon Schiele, j'ai besoin du Dr Felmann en urgence s'il vous plaît.
???: Je vous passe la communication.
Mlle Hagen: Merci.

Un silence.
Les garçons la regardaient faire, ils n'osaient ni regagner leur chambre, ni lui parler, ni même bouger. Et elle, tout ce qu'elle trouva le moyen de faire, c'est de leur sourire pour les rassurer. Jusqu'à ce qu'elle entende de nouveau une voix au téléphone.

Mlle Hagen: Oui, allô, c'est...
????: Comme si je n'étais plus capable de te reconnaître...
Mlle Hagen: Tu aurais pu oublier ma voix...
????: Sauf que ça, tu vois, ça ne s'oublie pas...
Mlle Hagen: Kristian, je n'appelle pas pour parler du passé. C'est le Dr Felmann que j'appelle, pas le Kristian que j'ai connu. J'ai une urgence.
????: Je t'ai déjà dit que j'attendrais jusqu'à ma mort que tu veuilles bien me reparler. Tu as toute ma vie devant toi.
Mlle Hagen: Kristian, s'il te plaît...
????: D'accord, Kristian va se taire. Dis au Dr Felmann ce qui t'arrive.

Mlle Hagen raconta tout depuis le début, indiqua quel sédatif Franziska avait donné à Tom, et Kristian Felmann jura qu'il n'en avait que pour dix minutes.

Quand elle raccrocha, les garçons virent qu'elle était au bord des larmes.

Friedrich: Vous allez bien Mlle?
Mlle Hagen: Oui, oui. Enfin, je crois.
Hans: C'est un ex à vous, Kristian?

Tout le monde regarda Hans d'un air outré. Il y avait quand même des choses qui ne se faisaient pas. Et qui se disaient encore moins.
Hans rougit.

Friedrich: Hans, bordel... Même moi, avec mon côté gros blaireau, je l'aurais pas sortie, celle-là.
Georg: Tu ne veux pas demander quelques détails de sa vie sexuelle, tant que tu y es? "Mlle, quel est votre point sensible?"? C'est ça?
Hans mort de honte: Désolé.
Mlle Hagen: Oh, c'est pas grave. Mais je n'ai jamais compris ces histoires de point sensible. Je n'en ai pas, moi. Ou alors, c'est tout mon corps qui en est un.
Friedrich: Et pour Brenda, c'est où?
Georg: Le long du cou, sur le côté.
Friedrich: Rrrrrrrrr.
????: Ne léchez ni n'embrassez jamais cette chère Mlle Hagen en pareil endroit, elle vous éclaterait la tronche.
Mlle Hagen: Mais euh !!!!
Friedrich: Ah bon et pourquoi?
Hans: Ton côté gros blaireau qui ressurgit?
Friedrich: Ta gueule, toi.
????: Parce qu'elle est chatouilleuse. Remarquez que j'ai toujours aimé les rapports un peu violent.
Mlle Hagen: Kristian Felmann, LA FERME!
Georg: Si ce gars est médecin, moi, je suis Louis Armstrong.
Kristian: Hey, tu veux voir mon diplôme, Satchmo?

Même si Kristian Felmann avait beaucoup d'humour (le même que le mien, haha, en même temps, pour rire à cette vanne faut savoir que Louis Armstrong était un chanteur de jazz, celui qui a chanté What a wonderful world repris dans la BO de ce film troooooooop mortel Good morning Vietnam, que son surnom c'était Satchmo, et voilà, comme ça c'est drôle.)

Même si Kristian Felmann avait beaucoup d'humour, il fallait bien reconnaître qu'il ne ressemblait pas du tout à un médecin.
Il n'était pas très grand, un visage enfantin, et très maigre (comme David Bowie dans sa jeunesse à poiiiiiiiiiiiiiiiiilll !!!!!). On ne lui aurait jamais donné ses presque trente ans. Ce jour là, il portait un large pantalon noir très court sur les chevilles, une chemise avec des manches extra amples, noire avec des broderies jaunes, et par-dessus un gilet très étroit de satin bleu foncé. Et pour couronner le tout, une ceinture de satin noir et jaune si large qu'elle le couvrait du milieu du ventre jusqu'au bas des hanches, avec un énorme noeud dans le dos.
Il avait des cheveux longs, blonds et lisses, avec quelques mèches noires.
Il ressemblait à la fois à une geisha et à un papillon.
Et à la main, il avait une espèce de mallette à soufflet, en cuir fauve, qui faisait tout à fait médecin.

Kristian: Bon. Où est le patient qui réagit mal à l'extrait de peyotl?

Mlle Hagen le prit par la main et l'entraîna dans la chambre.

Bill était étendu sur le lit, Tom tout contre lui, sauf que Tom avait posé la tête sur le ventre de son amant, et s'était caché sous le sweat Snoopy.
Bill avait l'air enceinte d'un alien, avec cette tête qui lui déformait le ventre, et les dreads blondes qui lui retombaient sur les cuisses. Kristian ne put retenir une exclamation.

Kristian: Quelle vision bandante...
Mlle Hagen: Oh, je t'en prie.

Bill le regardait d'un air indigné. Pourtant Kristian ne se départit pas de son sourire, et s'assit auprès d'eux, sur le lit.

Kristian: Tu dois être Bill, non? Mlle Hagen m'a tout expliqué. Il a encore parlé?
Bill: Non, plus depuis quelques minutes. Il a voulu se cacher sous mon sweat pour sentir mon odeur, et...
Kristian: Bon, il doit être dans une phase de sommeil plus profonde. Qu'est-ce qu'il a dit, par exemple. Raconte moi tout.

Et en même temps, il prenait la main de Tom et appuyait deux doigts à la base du poignet.

Bill: Il a parlé de sa mère, il a pris Mlle Hagen pour elle, et quand il a su que ce n'était pas sa mère, il a dit que sa mère voulait nous séparer, lui et moi.
Kristian: Tu sais qui est sa mère? Je veux dire, tu la connais?
Bill: Non. Je ne connais Tom que depuis la rentrée et je n'aime pas parler de famille.
Mlle Hagen: Tom vient de St Andrews.
Kristian: Orphelin donc. On connaît les circonstances?
Bill: Non. Je sais que là bas on le forçait à manger, mais qu'on lui a permis de se faire faire des dreads, et que quand il en parle, j'ai toujours l'impression qu'il va pleurer, ou vomir.
Mlle Hagen: Tout ce que je sais, c'est qu'il est entré à huit ans à St Andrews, et qu'il a mis trois ans avant de parler. Sa mère n'a plus jamais voulu donner signe de vie, à tel point que je ne sais pas si elle est morte ou encore en vie. Et il a la phobie des hauteurs.
Kristian: Même s'il a mal réagi au sédatif, c'était encore ce qu'il y avait de mieux à faire. Il a parlé à tort et à travers, mais il devait avoir besoin d'évacuer quelque chose. Je ne vous conseille pas de tout prendre au pied de la lettre.
Bill: Qu'est-ce que ça signifie?
Kristian: Que l'inconscient de Tom a eu besoin de se décharger d'une sorte de trop plein, après le choc de ce qu'on vous a fait ce matin. C'est une lourde responsabilité pour vous, Bill, parce que cela signifie que s'il vous arrivait quoi que ce soit ça pourrait le tuer. Mais c'est aussi une des plus belles preuves d'amour.

Après avoir dit ça, Kristian souleva doucement le sweat Snoopy et dégagea doucement Tom pour le rallonger correctement sur le lit.
Tom grogna.

Kristian: Restez tranquille. Je vous rends Bill le plus vite possible, mais avec un cul pareil, ça ne va pas être facile.
Tom pouffa dans son sommeil.

Quand Kristian se releva, Bill était en larmes.

Kristian: Hé, je plaisante! Je veux juste voir vos blessures de ce matin.

Mais Bill ne se calmait pas. Kristian regarda Mlle Hagen d'un air interrogateur, et Mlle Hagen se rapprocha de Bill.
Elle lui avait à peine touché le bras de la main qu'il se jetait dans ses bras et cachait son visage dans son cou comme un enfant perdu. En pleurant comme un désespéré.

Bill: Moi aussi, je mourrais pour lui.

Kristian sortit une seringue de sa malette et s'approcha de Tom.

Bill se redressant brusquement : Qu'est-ce que vous allez encore lui faire?

Kristian: Juste l'aider à dormir sans rêve. Dans deux heures, il se réveillera, et tout ira bien.
Bill: Je pourrais rester près de lui?
Kristian: Si je vous dis non, vous obéirez?
Bill: Non.
Kristian: C'est bien ce que je pensais. Alors vous pouvez rester près de lui.
Bill: Merci.

Kristian insista quand même pour vérifier les coutures de Franziska, appliqua un produit sur les plaies de Bill pendant que Mlle Hagen le maintenait immobile sur ses genoux. Puis il put s'étendre près de Tom, sur le ventre parce que le produit le brûlait.

Enfin, Kristian leva les yeux vers Mlle Hagen et celle-ci sentit confusément qu'elle ne pourrait plus reculer.

Kristian: Serait-il possible d'avoir quelque chose à boire? Je meurs de soif.
Mlle Hagen: Bill, je peux vous laisser avec Tom?
Bill: Bien sûr, s'il y a un problème je crie.

Mlle Hagen eut un sourire sans joie et se tourna vers Kristian.

Mlle Hagen: Viens...

Kristian la suivit sans un mot, et ils se retrouvèrent dans le couloir. Ils durent d'abord rassurer les garçons avant que Mlle Hagen ne demande ce qu'ils voulaient boire. Georg, Hans et Friedrich réclamèrent l'immonde soda à l'orange que seuls les garçons de l'internat acceptaient de boire. Le surnom de ce soda était Tentative de suicide.
Puis elle interrogea Kristian du regard.

Kristian: Comme si tu pouvais oublier, Scar!
Mlle Hagen un peu surprise mais ne laissant rien paraître.: Un Coca Lime.

Kristian hocha la tête, et Mlle Hagen s'éloigna très vite vers le distributeur.

Georg: Dites, docteur...
Kristian: Appelez moi Kristian.
Georg: Pourquoi vous l'avez appelée Scar?
Kristian: C'était son surnom, quand on s'est connu.
Hans: Vous vous connaissez depuis longtemps?
Kristian: Depuis la fac. J'avais presque fini ma médecine quand est arrivé une prodige en maths. Il fallait la voir à l'oeuvre. Elle aurait pu faire la leçon à ses profs. Je suis allée la voir, comme tout le monde, son directeur d'étude l'exhibait comme un monstre de foire, tellement elle était douée. Et ça la rendait plutôt triste. Alors après, je suis allée la voir pour lui demander si elle voulait bien me léguer son cerveau, à sa mort.
Friedrich: Et ça marche, comme plan drague?
Kristian: C'était minable, mais elle s'est marrée, et elle m'a même fait promettre de garder son crâne comme presse- papier.
Georg: Donc en gros, ça ne marche qu'avec des filles comme Mlle Hagen.
Kristian: Et comme nous étions tous les deux de gros fans de Fullmetal Alchemist , je l'ai appelée Scar.

A ce moment là, Mlle Hagen revenait les bras chargés de canettes.

Mlle Hagen: Evoquer les souvenirs, c'est un peu comme ouvrir la boîte de Pandore...

Elle n'eut pas le temps d'en dire davantage. Derrière elle, arrivaient Gustav, et Franziska. Georg alla à la rencontre de Gustav et ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras.
Franziska, elle, en voyant Kristian, tirait une drôle de gueule.

Franziska: Tiens, voilà l'erreur humaine...
Mlle Hagen: Franziska, ça suffit. C'est au Dr Felmann que j'ai fait appel.
Franziska, pas rassurée : Mouais...
Mlle Hagen prenant les mains de Kristian dans les siennes: D'ailleurs je te remercie, Kristian. Merci d'être venu.
Kristian: Je n'aurais pas pu faire autrement, Scar, mein kleine engel. Mais il faudra un jour que tu m'expliques, pourquoi, tu lui as pardonné à elle, et pas à moi...
Mlle Hagen: Je ne sais pas, Lust...

Il n'y eut pas besoin d'expliquer qu'il y avait eu une passion dévorante entre Scar et Lust, entre Mlle Hagen et Franziska, sauf à Gustav qui ne comprenait rien.
Et peut-être que Kristian et Mlle Hagen allaient s'embrasser, avant que Franziska n'égorge Kristian et que Mlle Hagen, rongée par le remord, ne saute du toit, mais ils furent brusquement interrompus par des gémissements de jouissance qui venaient de la chambre de Bill, et qui étaient émis par deux personnes différentes.

____________________________________________________
Mes choupettes,
Je tiens à vous rassurer tout de suite, Bill et Tom ne vont pas découvrir tout de suite qui ils sont vraiment, parce qu'à son réveil, Tom ne se souviendra de rien, et que j'ai encore envie d'écrire de bon gros lemons sans que les deux loulous ne soient bouffés vivants par la culpabilité. (désolée Léa, mais t'inquiète pas, ça va venir)
D'ailleurs le prochain chapitre risque fort d'être un lemon grave bandant, voilà trop longtemps que je n'en ai pas fait.
Je frétille d'avance.

# Posté le lundi 15 septembre 2008 09:14

Modifié le mardi 05 mai 2009 18:18

Chapitre 31. Rape me, do it and do it again.

Chapitre 31. Rape me, do it and do it again.
Dans la chambre de Bill:


Le produit injecté par le Dr Felmann devait sans doute faire effet, Tom avait l'air plus calme. Mais il ne pouvait pas se contenter de dormir simplement, sans rien faire d'autre, ce serait trop simple.
Les plaies de Bill le brûlaient trop pour qu'il puisse se reposer vraiment, et dès que Tom le sentait près de lui, il entrait en érection, ça se voyait à travers le boxer.
Et Bill avait découvert que plus il était triste, ou perturbé, plus il avait besoin de tendresse, et au-delà, de jouissance.
Peut-être qu'avec quelques paroles bien senties il pouvait faire de Tom un sex toy vivant...

Bill: Tom? Tu m'entends, quand je te parle?
Tom: Mmm.
Bill: Je vais te caresser un peu, d'accord? Pour te détendre...

Et il le fit. Il caressa d'abord la poitrine de Tom, son ventre, presque chastement. Même si la chasteté, entre eux, ne tenait pas plus longtemps que la culotte de Mlle Hagen face à une jeune fille blonde de type bien gaulée.
Bill esquiva perversement le boxer une fois arrivé au bas ventre et lissa fermement les cuisses de Tom, lequel se prit à se tortiller et à gémir de plus en plus précisément. Ses gestes d'endormis étaient toujours saccadés et dans le vague, mais se rapprochait néanmoins d'un but bien établi, celui de retirer son boxer pour assouvir un besoin physique pressant. Très pressant, au vu de l'état du boxer.

Bill: Mais qu'est-ce que tu fais?

Comme s'il ne le savait pas...

Tom: Mmmh... Prends... Moi...

Bill: Allons, allons, qu'est-ce que c'est que ça... Je voulais juste que tu te détendes!
Tom: Baisse mon boxer... Au lieu de dire... des conneries...

Bill eut un sourire on ne peut plus pervers mais Tom, même s'il avait les yeux entr'ouverts, ne pouvait pas le voir.
Bill posa la main sur la verge gonflée à l'extrême de Tom puis l'effleura du bout des doigts à travers le tissu. A chaque passage, Tom sursautait et bondissait comme une carpe hors de l'eau et se plaquait la main sur la bouche.

Tom: Oooooooh... Bill... Mmmmmmmm...

De le voir comme ça, Bill ne sentant même plus la douleur et la brûlure de ses plaies. Comme si les sensations physiques de l'un passaient à l'autre par des vases communiquants.
Il glissa deux doigts dans l'élastique du boxer et tira tout doucement.

Tom: C'est ça... Continue...

La situation était étrange, Bill avait l'impression de découvrir une toute nouvelle façon de faire l'amour.
Bill avait entendu parler de poupées en silicone grandeur nature, pesant autant qu'une femme en chair et en os, fabriquées sur mesure pour le plaisir des hommes, de vraies merveilles mais qui coûtaient la peau d'une couille.
Au moins lui, n'avait pas de raison de se plaindre. Il avait sa propre poupée sex toy. Il avait souvent l'impression que Tom avait été mis au monde juste à sa mesure. Exactement comme pour devenir son âme soeur.
Mais l'âme soeur- sex toy vint perturber sa rêverie.

Tom: Mmpfff. C' que tu fous?
Bill: Tu es sûr que c'est ce que tu veux?
Tom (soudain inquiet): Pourquoi, tu ne veux plus de moi?
Bill: Mais non, voyons... Je t'aime au-delà de tout...
Tom: Alors baise moi.

Décidément, pas moyen d'être romantique avec un somnambule (moi-même, je suis beaucoup plus triviale et vulgaire quand je parle en dormant, forcément, déjà que quand je suis réveillée, c'est pas terrible niveau politesse et beau langage, alors...)

Bill: Mais Tom, t'es complètement à l'ouest.
Tom: Pas du tout. Je suis au meilleur de ma forme. Si tu te décidais à enlever mon boxer tu verrais.
Bill: Tu dors... Je ne devrais pas.
Tom: C'est ça. Je dors. Je dors... et je rêve. Je rêve que mon mec me baise. Je rêve que j'attends que mon mec se décide à me baiser.

Bill se donne quelques secondes pour réfléchir mais il baisse encore le boxer de Tom et libère sa virilité.
Tom écarte les bras et se cramponne aux rebords du lit. Sa respiration se fait plus forte, plus saccadée. Son ventre se creuse et se crispe en mesure, les muscles s'agitent comme des serpents, et la noirceur du boxer roulé sur lui-même en haut des cuisses contraste violemment avec la peau livide des hanches et des fesses.
Bill, face à pareil spectacle, percute soudain qu'il ne tiendra plus longtemps non plus. Il arrache son sweat Snoopy que Kristian a été forcé de lui remettre par Mlle Hagen. Et Tom qui en rajoute, ses mains sont toujours crispées sur le matelas, comme s'il était captif, et il chante...

Tom: Beauty lies inside the eyes of another youthfull dream
That doesn't sell itself for self esteem
That's not plasticine


Comme leurs premières fois, leurs timides premières fois, où ils leur fallaient ça pour se décoincer, et cette chanson qui semblaient résumer toute leur vie...

(Pour celles qui auraient de menus soucis avec l'anglais, les paroles citées susditement signifient: "la beauté réside dans le regard d'un autre rêve plein de jeunesse, qui ne se vend pas pour sa propre estime, ce n'est pas de la plastique")

Bill ne tient plus, il retire également son boxer et se glisse entre les cuisses de Tom, lequel ne trouve rien de mieux que de lui passer ses jambes sur les épaules, puis il harponne la verge de Tom tout en lui caressant le ventre et les cuisses.
A partir de là il ne contrôle plus grand chose, il a la verge de Tom dans la bouche mais c'est Tom qui impulse le mouvement de va et vient à furieux coups de cul, et Tom vient très vite, trop vite. En gémissant le prénom de son amant.
Le genre de gémissement qui vous fait oublier que vous avez du sperme plein la bouche.
Tom se relâche complètement, il respire lourdement, et ses mains, tout à l'heure toutes crispées, pendent comme des chiffons au bout de ses bras en croix.
Ce petit câlin a dû le calmer, il a l'air de dormir normalement maintenant.
Adonques Bill se lève, un peu hors de souffle mais il essaie de calmer sa respiration, il n'a pas envie d'avaler par mégarde, et il n' a pas envie non plus de s'étaler la semence de Tom partout, sans Tom pour lui dire que c'est sale ce qu'il fait ce n'est pas drôle, il gagne la salle de bain et crache dans la cuvette des toilettes.
Et ça lui rappelle, évidemment, leurs préliminaires, dans cette boîte, ce prélude à leur première fois... Quand était-ce, déjà? La veille? Il lui semblait que ça faisait un siècle.
La verge de Bill se cogna au lavabo et il se souvint aussi que la petite séance avec Tom ne l'avait pas soulagé, au contraire, l'odeur de Tom au moment de la jouissance le rendait dingue, plus le frottement du drap, et on se retrouve avec la plus belle gaule que t'aies jamais vue, putain le monstre, mais faut combien d'années de frustration pour en arriver là?
Bill empoigne donc le monstre et commence à se masturber, face au miroir mais en fermant les yeux, et là, ça lui rappelle LEUR DEUXIEME FOIS, ce truc tellement puissant avec leur même reflet dans le miroir et leurs cris qui avaient le même écho, il est obligé de s'appuyer au lavabo juste après pour tenir le choc tellement ses jambes tremblent, tellement tout ça est trop...

Bill: Aaaaaah... Tommmmm...

"Si je ne jouis qu'en pensant à Tom, en disant son nom, même tout seul, ça promet d'être réjouissant, ma vie sexuelle" pensa Bill en faisant un bout de toilette à Armagedon.
(Je ne vois pas pourquoi Bill n'appelerait pas sa verge Armagedon.Tous les garçons que j'ai connu avaient un petit nom pour leur b*te. Moi-même, à leur exemple, j'appelle mes seins Don Quichotte et Sancho Panca.)

Bill se sécha rapidement et se pencha en avant sous le robinet en se tenant les cheveux, et but comme une vache à l'abreuvoir.
A part une certaine raideur de la nuque, il allait bien. Le plaisir physique lui donnait une espèce de sensation euphorique, tout allait bien, il avait Tom, il avait un gros nounours et un garde du corps (Gustav et Georg) et une espèce de nounou frappadingue et sûrement lesbienne qui allait niquer la gueule à ces enflures homophobes avec une prise de kung-fu.

Il revint dans la chambre avec un sourire idiot aux lèvres. Et ce pour voir Tom, toujours somnambule et somniloque, à quatre pattes sur le lit, la tête posée sur le matelas et les cuisses écartées. Sa respiration s'accélère.

Bill: Gargl.
Tom: Ah, te voilà. J'ai encore envie de toi, tu sais.

Il s'est débarrassé de son boxer en quelques soubresauts, il est entièrement nu, maintenant. Et totalement offert.

Tom: Bill... Viole moi, s'il te plaît...

C'est dit d'une voix autant chargée de sex appeal qu'une effluve de volcan est chargée de souffre. Bill ne se fait pas prier, il bande furieusement de nouveau, son cerveau ne réfléchit plus, il a un besoin PHYSIQUE de son amant, il DOIT le baiser.
Il attrape au vol le flacon de lubrifiant sur le bureau. Presque vide. Merde.
Avec une patience dont il ne se serait jamais cru capable, il renverse le flacon et attend que ces putains de petites gouttes coulent une à une et commence d'en répandre entre les fesses de Tom, qui gémit de contentement.
Puis il introduit deux doigts, directement.

Tom: Aïe!
Bill: Prends le temps de t'habituer, je ne bouge plus...
Tom: Merci...

Quelques secondes, et la respiration de Tom semble se calmer. Bill lui caresse le dos, gentiment. Il a tout son temps, toute la vie si c'est pas plus.

Tom: C'est bon...
Bill: Je peux y aller?

Tom ne répond pas, il gémit. Bill enfonce ses doigts un peu plus, les retire, les enfonce de nouveau, le plus lentement qu'il peut, surtout ne pas le brusquer, et surtout, surtout, ne pas le réveiller...

Tom se tortille sur le drap, gémit, se balance sur ses genoux d'avant en arrière, fait tout ce qu'il peut pour accentuer la pénétration. Quand Bill retire ses doigts, il est tellement au bord de quelque chose de fabuleux que ça en devient douloureux.

Tom: Hééééééééé... C'que tu fous encore?
Bill: Ben, j'sais pas... Son Altesse ne m'a-t-elle pas demandé de la violer?
Tom: Si, mais...
Bill: Alors laisse toi faire mon amour... Laisse toi faire par ton esclave...

Il dit, et il grimpe sur le lit se mettre à genoux derrière Tom. Il rajoute un peu de lubrifiant en pressant sur le flacon comme un furieux, il l'explose, bien joué, tant pis, Bill sait que Tom est suffisamment ouvert, mais il se glisse en lui avec une dextérité dont il ne se serait jamais cru capable, d'où lui vient cette facilité à faire l'amour, où a-t-il appris tout ça, pas à l'hôpital, là il était bien plus le baisé que le baiseur, et merde, pas penser à l'hôpital, je baise des années de merde et de douleur et je vous jouis mon sperme à la gueule bande de connards, AAAAAAAAAAH tout ça est trop bon, je...

Tom: Yiiiiiiiiiiiii BILL EMMENE MOI AU BOUT DU MONDE je t'aiiiiiiiiiiime !!!!!
Bill: ET MEME ENCORE PLUS LOIN MON AMOUR, AAAAAAAAh...

D'abord, il est très dur d'être discret avec un somnambule, et ensuite, Bill perd complètement les pédales quand il jouit.

Toutes les bonnes choses ont une fin, y compris celle là. Bill se retire, Tom roule sur le côté, trempé de sueur, et un sourire angélique aux lèvres. Bill reste assis à côté de lui, le temps de récupérer.
Et après quelques secondes, il percute que le léger ronronnement qu'il entend ne vient pas d'un vélosolex dans la rue, mais de Tom. Il ronfle.

"Bon, peut-être qu'il va dormir vraiment, maintenant" pense-t-il.
Et il sent avec angoisse quelque chose de chaud lui couler dans le dos. Il passe la main, la ramène rouge. Ses plaies se sont rouvertes. Il bondit dans la salle de bain, s'enroule une serviette autour des hanches et ouvre brutalement la porte.

Dans la chambre de Gustav:

Georg: Alors, ton nez?
Gustav: C'est bon, c'est pas cassé, mais elle ne m'a quand même pas loupé, cette garce.
Georg: J'étais inquiet, tu sais? Et Tom qui a complètement déliré...
Gustav: Ouais, il va devenir pire que Bill.
Georg: Encore, faut pas se plaindre, à part se foutre à poil en classe, il s'est calmé depuis qu'il est avec Tom.
Gustav: Clair. C'est vrai, cette histoire comme quoi il se baladait dans les couloirs et dans la cour, la nuit, sans savoir ni son nom ni ce qu'il foutait là?
Georg: Ouais.

Un silence. Puis le téléphone de Georg vibra au fond de sa poche. Il alla le repêcher pendant que Gustav se vautrait sur son lit.
Georg accorda à peine un regard à l'écran, coupa, et éteignit son portable.

Gustav: C'était qui? Excuse moi, c'est pas discret.
Georg: Boh, au moins, contrairement à Friedrich, tu m'arraches pas mon portable des mains pour répondre à ma place. Parce ça, c'est vraiment pas discret.
Gustav: Ce bon Friedrich...
Georg: En fait c'était Brenda.
Gustav: Et pourquoi tu lui réponds pas?
Georg: J'ai pas envie. Je suis avec toi là, et...
Gustav: Bon sang, je t'ai déjà dit que ça ne me gênait pas, et que ce n'était pas parce que je me suis fait largué que tu dois te privé de ta copine!
Georg, d'une toute petite voix : Nan, c'est pas ça...
Gustav: Parce que tu es un mec bien, et un pote loyal et tout, mais... (réalisant tout à coup) Si c'est pas ça c'est quoi alors?

Georg regarda Gustav, quelques secondes. Puis il s'approcha, se pencha en avant, et embrassa de nouveau Gustav sur la bouche.
Gustav, qui, de nouveau, se laissa faire sans rien dire.

Georg: Simplement parce qu'hier, ce n'est pas parce que j'étais saoul, que j'ai eu envie de t'embrasser...

# Posté le vendredi 19 septembre 2008 05:20

Modifié le mardi 05 mai 2009 18:19

Chapitre 32. N'oublie jamais, que les rues sont des champs qui ne meurent jamais...

Chapitre 32. N'oublie jamais, que les rues sont des champs qui ne meurent jamais...
Dans la chambre des G's.

Gustav demeura interdit. Vous conviendrez avec moi que ça fait quand même autrement plus classe que "Gustav en resta tout con".
Georg restait là, les bras ballants.
Un peu gêné, quand même.

Georg: Si tu pouvais dire quelque chose, ça m'aiderait, là.
Gustav: Ben euh... Je...
Georg: Ouais, t'as raison, je n'aurais jamais dû faire ça.
Gustav: ...
Georg: Ecoute, tu sais ce qu'on va faire? On va oublier tout ça, tout ce qui vient de se passer. Je ne sais même pas ce qui m'a pris. Allez, à plus Gustav.

Et Georg opéra une prompte retraite vers la porte de la chambre. En baissant la tête pour cacher les larmes qui commençaient à couler. Il ne savait plus trop où il en était, il espérait juste que Gustav aurait la décence de n'en parler à personne, de ne pas se moquer de lui.
Il chercha la poignée de la porte à tâtons, il pleurait déjà trop pour y voir clair.
C'est alors qu'il sentit une force repousser la porte en l'empêchant de sortir et le plaquant du même mouvement contre ladite porte.

Gustav: Ce n'est pas parce que je ne trouve pas mes mots qu'il faut partir!

Georg ne répondit rien, il était déjà assez occupé comme ça à ne pas montrer qu'il pleurait. Même les gros nounours ont leur pudeur, non mais.
Sauf que Gustav repoussa les longs cheveux châtain clair et prit le visage de Georg entre ses mains.

Gustav: OooooooooOooh mais il pleure le petit hobbit!
Georg: Ecoute... C'est déjà assez dur... Ne te moque pas de moi, s'il te plaît.
Gustav: Imbécile...

Les mains de Gustav glisse du cou aux épaules de Georg, il le prend dans ses bras, le serre contre lui, le rassure.
Georg se cramponne à lui comme si sa vie en dépendait. Il pleure encore un peu, mais ça va se calmer, ses nerfs lâchent un peu.

Gustav: Tu crois vraiment que je me serais laissé embrasser, si tu ne m'attirais pas...

Georg sent contre lui la chaleur de toute cette chair qui l'étreint, et pas seulement pour le consoler, il en est sûr. Il se sent bien, comme ça, dans les bras de Gustav, au-delà, bien au-delà, de toute cette amitié qui les a unis, ils sont aux abords d'une terre inconnue mais qui les appelle et les attire, comme une terre peuplée de sirènes.

Leur étreinte se desserre.
Echange de regards complices.

Georg: Toujours mal au crâne?
Gustav: Un peu...
Georg: Je crois que j'ai un excellent remède contre ça.
Gustav, faussement étonné: Ah bon?

Georg n'en dit pas plus, d'un geste, il conduit Gustav sur le lit. Il l'aide à s'étendre sur le dos, puis saute sur le lit à son tour et se place juste au-dessus de Gustav, en s'appuyant sur ses bras pour ne pas l'écraser.

Georg: Tu me dis si je vais trop vite.
Gustav: Non, pour le moment ça va. Mais je voudrais qu'on prenne notre temps, si ça te fait rien.

Georg fait un petit saut vers l'arrière et se retrouve, comme de juste, à califourchon sur les hanches de Gustav.

Georg: T'inquiète pas, on va y aller doucement. Si tu veux, on va même rester habillés.
Gustav: Enlève au moins ton T-shirt, qu'on mate un peu. Mais je préfère que tu gardes ton pantalon.
Georg, enlevant son T-shirt et laissant voir ses muscles sculptés sur marbre je sais que ça veux rien dire mais rien à battre, la formule est jolie: Pas de problème, mon tout beau.
Gustav: Tu dois déjà me trouver chiant...
Georg, tout en le caressant sous le T-shirt: Mais non, voyons. C'est normal. Je ne suis pas très assuré moins non plus.
Gustav: Déjà, ma première fois avec une fille, je n'avais pas voulu la voir nue tout de suite, elle s'est vexée, mais c'est normal, j'ai envie de profiter de chaque inst...

Il ne put finir sa phrase. Georg venait de sortir une main de son T-shirt pour lui poser un doigt sur la bouche.

Georg: Tu ne trouvais pas tes mots, tout à l'heure, pas vrai?

Gustav hocha la tête dans l'affirmative.

Georg: J'aimerais vraiment que ça dure un peu plus longtemps...

Et il se pencha un peu plus pour l'embrasser. Gustav cessa de se torturer l'esprit, et posa les mains sur les fesses de Georg, qu'il avait superbes, rondes et bien plantées, alors que tant de garçons ont la fesse plate, ou molle, ou tombante, ou les trois à la fois.
Lorsqu'ils furent essoufflés par ce trop long baiser, Georg descendit encore et embrassa Gustav dans le cou, avant de descendre jusqu'au col du T-shirt à rapides coups de langue.
Gustav se dit alors que ce point sensible n'était pas particulier à Brenda, embrassé de cette façon, cette partie de corps serait devenue le point sensible de n'importe qui.
Il soupira d'aise, et empoigna Georg par la nuque.
Georg rallongea ses jambes et se laissa glisser sur le côté, il n'est plus qu'à moitié étendu sur Gustav maintenant, et sa main libre descend doucement vers l'entre jambe de Gustav.
Gustav se laisse caresser en fermant les yeux, mais au bout de quelques secondes, Georg se rend compte que la main de Gustav est également en train de le caresser au travers du tissu du pantalon.
Sans rien se dire, ils calquent leurs gestes sur ceux de l'autre, et, lentement mais sûrement, parviennent à l'orgasme...

Georg: Hmmmmmpfffffff...
Gustav: Haaaaaaaannnnnnn

Ils restent dans la même position, quelques temps encore, juste assez, pour apprécier le plaisir à sa juste mesure, juste assez, pour se demander si ce n'est pas, déjà, de l'amour...


Dans la chambre de l'enfer de Mlle Hagen

Le silence, entre Franziska, Kristian et Mlle Hagen commence à se faire pesant.
Deux ou trois ans plus tôt, Franziska avait mis fin au brûlant roman d'amour qui allait commencer entre Scar et Lust (Mlle Hagen et Kristian, suivez un peu quoi) en faisant sienne ladite Scar, qui n'était autre, eh oui, que Mlle Hagen.
Puis elle avait failli tout foutre en l'air en sortant avec Kristian un soir de biture, un soir qu'elle voulait se prouver qu'elle dominait sa petite amie.
Et Mlle Hagen, qui était une authentique lesbienne, c'est à dire qui accordait plus facilement sa confiance aux femmes qu'aux hommes, avait pardonné la trahison de Franziska, mais pas celle de Kristian.
Sauf que depuis, Franziska vivait dans la peur panique d'un tête à tête entre Kristian Felmann et Mlle Hagen, où Kristian aurait pu lui expliquer que c'était Franziska qui l'avait poussé à la faute en disant qu'elle ne sortait plus avec Mlle Hagen.
Voilà pourquoi elle refuse de les laisser seuls. Et voilà pourquoi elle s'applique à plomber l'ambiance en sortant vacherie sur vacherie à Kristian, qui est presque au bord des larmes. Mlle Hagen lui fait des signes désespérés pour qu'elle arrête d'être aussi méchante, mais rien n'arrête Franziska, surtout pas quand elle a pris le risque de perdre la femme de sa vie et qu'elle ne veut pas refaire la même connerie une deuxième fois.

Mlle Hagen: Ecoute Franziska, tu exagères. Kristian m'a rendu un fier service en venant ici, rien ne l'obligeait à le faire.
Franziska: C'est ça, tu devrais vivre au pays des Bisounours avec une telle conception de la vie.
Kristian: Arrête de voir le mal partout, surtout chez moi. J'ai dit un bon million de fois que j'étais désolé, que je ne le ferais plus, et maintenant, tout ce que je souhaite, c'est qu'on ne reparle plus du passé, et qu'on reparte sur des bases saines, tous les trois.
Franziska: C'est ça, chante, beau merle.
Mlle Hagen: Franziska, j'espère que c'est parce que tu es sacrément malheureuse que tu es aussi salope.

Franziska allait répondre mais des coups timides se firent entendre à la porte.

Mlle Hagen, c'est Bill. J'ai un problème.

Mlle Hagen se précipita, ouvrit la porte et fit entrer Bill, toujours uniquement vêtu de sa serviette.
Kristian siffla longuement d'admiration. Il était bisexuel, avec une légère préférence pour les garçons androgynes qui se maquillaient, Bill était un peu trop jeune, mais ça n'empêche pas les sentiments...

Bill: Docteur, j'ai un pr...
Kristian: Ah merde, tiens.
Bill: Quoi?
Kristian: Rien, mais quand on m'appelle docteur, ça ne présage rien de bon quand à l'accomplissement de futures gaudrioles...
Bill: C'est pas le moment j'ai besoin d'aide!

En effet, plus ça allait plus il sentait les gouttes de sang rouler sur sa peau et imprégner sa serviette, ça le faisait paniquer.
Ils entendirent un cri étouffé derrière eux, c'était Mlle Hagen, elle était allée se mettre juste derrière Bill pour voir, et elle avait vu, c'était plutôt moche.

Kristian: Ké y a?
Mlle Hagen: Ses blessures se sont rouvertes! Oh putain...

Kristian était, en dépit de sa tenue de geisha- papillon, un excellent médecin. Ni une ni deux, il vira Franziska du lit de Mlle Hagen, laquelle se cassa la gueule sur la descente de lit, au milieu des porte- encens, en braillant que vraiment, il ne fallait pas se gêner, attrapa un drap dans l'armoire de Mlle Hagen et le déploya sur le lit, par dessus la couette et les oreillers, prit Bill par le bras et l'aida à s'allonger sur le lit.
Il aurait préféré un drap blanc, mais pas de bol, il avait pris le premier de la pile et il était imprimé de chatons de toutes les couleurs.

Il attrapa sa malette au vol, et en tirant une paire de gant en latex.

Kristian: Scar, ma chatte, mets de l'eau dans une cuvette, prends un gant de toilette et apporte les moi.

Scar (c'est plus court que Mlle Hagen et en plus j'aime bien) courut faire ce qu'on lui demandait. Franziska restait comme une conne, Kristian ne lui prêtait plus du tout attention, il avait l'air si concentré sur ce qu'il faisait, qui aurait dit qu'on pouvait être aussi consciencieux dans son boulot et prendre une heure pour se maquiller et se lisser les cheveux tous les matins?

Kristian: C'est Lust qui lui a fait ces points?
Franziska: Non, c'est moi.
Kristian: Bravo, c'était du solide.
Franziska: Eh, oh, je l'ai déjà fait, je n'ai jamais eu de problème, avant. Ces trucs sont spécialement conçus pour être posés par des inexpérimentés de la suture.

Scar posa la cuvette pleine d'eau à côté du lit. Kristian s'assit près de Bill, plongea le gant de toilette dans l'eau, l'essora un peu, et commença de laver les plaies. Bill sursauta.

Kristian: Quoi, ça vous fait mal?
Bill: Non, mais c'est de l'eau froide, et...

Kristian eut un sourire. Il avait un peu entendu le rodéo que lui et Tom avaient mené précédemment.

Kristian: Pourtant, ça ne vous ferait pas de mal, un peu d'eau froide, de temps en temps.
Bill: Ah bon, pourquoi?
Kristian: Vous êtes resté bien sagement à vous reposer, comme on vous l'avait conseillé, Scar et moi?
Bill: Non, j'ai pas pu.
Kristian: Et pourquoi vous n'avez pas pu?
Bill: Qu'est-ce que vous voulez entendre? Que j'ai fait l'amour avec Tom? Eh bien OUI, j'ai fait l'amour avec Tom! J'ai pas arrêté, dès que vous avez refermé la porte, ç'a été le festival! Na!

Et c'est là que Scar fit preuve d'un sens de la réflexion un peu limité.

Scar: Ah bon? Il s'est réveillé, Tom, finalement?
Kristian: Avec ce que je lui ai refilé, ça m'étonnerait.
Bill: Non, il dormait. Seulement en dormant, il n'arrêtait pas de me chauffer.
Kristian: Seulement, étant réveillé, vous auriez pu garder le contrôle et ne pas le laisser faire.

Bill n'était pas content du tout qu'on lui reproche ce qu'il avait fait. En quoi ça le regardait, Monsieur Papillon, sa vie sexuelle? En plus il n'avait pas une gueule à être un modèle de vertu, ça non.

Bill, exprès pour l'emmerder: Qu'est-ce que vous voulez, je suis parfaitement incapable de résister à un sublime corps offert, à quatre pattes sur mon lit, à un corps brûlant de fièvre et de désir qui gémit de plaisir en prononçant mon nom... Aïe!
Kristian: Taisez vous, jeune oison.
Bill: Et quand je me suis senti en lui, j'ai cru touché le ciel... Aïeuuh!
Kristian: Taisez vous, je vous dis, ou je verse de l'alcool à quatre vingt dix degrés à vif sur vos plaies jusqu'à ce que vous tombiez dans les pommes.
Bill: Vous ne feriez pas ça?
Kristian: Honnêtement? Non. Mais c'est vilain de faire envie aux autres.
Scar: Kristian Felmann, dois-je te rappeler que tu ne parles pas à un de tes collaborateurs, mais à un enfant de quinze ans?
Bill: Eh, oh, à quinze ans on n'est plus un enfant non mais.
Scar: N'empêche. Vous allez arrêter immédiatement de parler cul. Fini.
Kristian, très mature d'esprit: C'est pas moi qu'a commencé.
Bill: Gna gna gna...
Scar: Stoooooooooooooop !!!!!! Mais c'est pas vrai! Vous voulez finir au coin, tous les deux?

Bill releva un peu la tête pour la regarder d'un air ahuri, Kristian et Franziska la regardaient d'un air stupéfait, avant de pouffer de rire, tous les trois.

Franziska: Quand je dis qu'elle est prof jusqu'au slip, c'est pas pour rien.
Scar: Ouais, désolée, ça m'a échappé. Reste que toi, Lust, tu vas arrêter de pousser Bill dans ses derniers retranchements, et vous Bill, vous allez arrêter de répondre à sa provoc à deux balles, je le connais, si on ne l'arrête pas, il peut aller très loin dans ses conneries.
Bill: D'accord.
Kristian: Bien madame.
Scar: De plus, Bill, vous êtes consigné dans ma chambre jusqu'au réveil de Tom.
Bill: Quoi? Mais je...
Scar: Pas de discussion. Une fois votre pansement refait, vous allez rester ici, au calme, puisque vous n'êtes pas capable de rester tranquille quand vous êtes avec Tom. Cela vous fera le plus grand bien, de ne pas vous abandonner à vos pulsions.
Franziska: Comment qu'elle cause elle...
Kristian: Ouais, on n'est pas au couvent des Oiseaux ici...
Scar: La ferme, vous deux. Je suis encore responsable de la discipline.
Bill: Je sais mademoiselle, je... Je resterai ici jusqu'au réveil de Tom.

Mlle Hagen se radoucit. Elle détestait être sévère, pourtant il le fallait bien. Elle se rapprocha de Bill, et lui posa la main sur la nuque, quelque chose de très rassurant, quasiment maternel.

Mlle Hagen: Je fais ça pour votre bien vous savez....
Bill: Je sais. Je serai sage, promis.

Kristian n'eut pas le coeur de dire "gentil toutou". Il alla chercher son matériel à suturer dans sa mallette.

Kristian: Bon, plusieurs points ont sauté... Je vais recoudre, essayez de bouger le moins possible...

Mlle Hagen resta à lui tenir la main et à l'empêcher de se soulever sous le coup de la douleur, et Franziska le maintenait en plaquant les mains sur ses reins.

Kristian: Voilà, c'est fini.
Bill: Pffouuuuuuu...
Kristian: Enfin, les points de suture c'est fini. Faut passer le produit cicatrisant maintenant. Non, les filles, restez en position. Vous êtes prêt, Bill?
Bill: C'est le même produit que tout à l'heure?
Kristian: Oui.
Bill: Alors non, je suis pas prêt.
Kristian: Bon, prenez votre temps. Respirez.

Bill essaya de respirer profondément, de se préparer, mais c'était pas évident.

Kristian: C'est bon, là?
Bill: Non...

Kristian ne répondit rien. Mlle Hagen sentit que la main de Bill, qu'elle tenait dans la sienne, était un peu moins crispée. Elle fit donc signe à Kristian que c'était bon, et que si on ne le forçait pas un peu, on y arriverait jamais.

Kristian: Bon, j'y vais.
Bill: Mais...
Kristian: Ne parlez pas, laissez moi faire.

Bill ne sut jamais comment il fit pour ne pas crier, mais ce fut dur.
Ensuite, il sentit Kristian lui plaquer des bandes de sparadrap dans le dos, et lui dire qu'il faudrait refaire ses pansements dans la soirée. Il n'écoutait que d'une oreille, il savait que Mlle Hagen le lui rappelerait.
Tant qu'à ne pas être avec Tom, autant sombrer, se laisser aller à la douleur, et s'endormir comme on perd connaissance...

Et Tom?

Steven avait reçu l'ordre de prendre la place de Cole Porter, au dortoir des grands. Mais il avait encore un peu de temps pour revenir dans son ancien dortoir sous le prétexte qu'il avait oublié quelque chose. Aussi, quand il vit la chambre de Tom ouverte, il risqua un oeil.
L'occasion était trop belle.
Tom était seul, et il roupillait comme un nouveau- né. Les deux G étaient en pleine occupation pas très avouable, Friedrich était retourné à son magazine cochon, et Hans s'était enfermé dans sa chambre pour écouter Boys don't cry des Cure.
Steven rentra dans la chambre. Quelle magnifique occasion de faire un doublé, de finir ce qu'ils avaient fait le matin, lui, David et Richard, pour fêter son retour.
Il se glissa jusqu'à la salle de bains de Tom, et fureta pour trouver son rasoir.
Rasoir qu'il ne trouva pas.
Puisque Tom l'avait donné à Hans le jour de la rentrée, et qu'il n'avait pas cherché à le récupérer, puisqu'il était encore imberbe.
Stephen était fou de rage. Risquant le tout pour le tout, il prit le verre à dent, l'explosa sur le rebord du lavabo, s'assurant d'un éclat bien tranchant, et se dirigea vers Tom.

Le but était de lui taillader un triangle dans le dos, à lui aussi.
Stephen prenait de gros risques, il n'y avait ni David ni Richard pour surveiller ou pour lui prêter main-forte. Il posa la main sur l'épaule de Tom, et tenta de le retourner, sur de son coup.

Ah, s'il avait pu sentir la respiration de Tom s'accélérer, s'il avait compris, que Tom respirait son odeur, l'identifiait en temps que "non- Bill" et enclenchait inconsciemment ses mécanismes de défense...

Bien loin de se retourner sur le ventre, il se tourna vers Steven. Ses forces étaient décuplées.
La main de Tom se referma sur les testicules de Steven, au travers du pantalon, autant de précision en plein sommeil c'est quand même incroyable, et il serra avec une force monstrueuse.
Steven lâcha très vite son tesson de verre et se mit à hurler.
Mais Tom refusait de lâcher.

Et, curieusement, quand Georg et Gustav, sur le seuil de la chambre, virent ce qui se passait, ils ne firent aucun effort pour libérer Steven...

# Posté le mardi 23 septembre 2008 19:10

Modifié le mardi 05 mai 2009 18:19