Mlle Hagen se tapa la honte modèle géant lorsqu'elle fut obligée par le proviseur de sermonner ses élèves au réfectoire sur les abus de l'alcool, ne consommez pas trop vous êtes encore des mineurs. Le proviseur ne pouvait décemment pas savoir qu'elle avait fait les courses avec Georg et que c'était elle qui avait choisi la vodka.
Bill se préoccupait surtout de savoir comment il allait s'habiller. Tom, Georg et Gustav furent réquisitionnés pour l'aider à choisir sa tenue, seulement ça les saoulait, et au bout de deux heures, Bill, au bord des larmes, se trouvait toujours moche, Tom avait une érection très douloureuse parce que son boxer avait rétréci au lavage et il ne l'avait pas vu le matin en l'enfilant, Gustav repensait à sa copine et déprimait, et Georg ronflait sur une pile de pantalon slims. Et c'est à ce moment que débaroula Mlle Hagen, une robe dans chaque main.
Mlle Hagen: Eh ben, c'est la fête ici. Qu'est-ce qu'y a qui va pas, Bill?
Bill: C'est rien, mademoiselle, mais... Je sais pas du tout comment m'habiller, on va encore me regarder comme un con, et je vais être ridicule, et je me déteste!
Tom: Mais non, Bill, bon sang... Vla mille fois que je te dis que t'es beau, t'es jamais content, et total t'es encore en slip.
Mlle Hagen: Il peut rentrer dans un pantalon pour enfant et il se déteste. Nan mais je rêve. Jeune oison, vous voulez que je vous parle du problème que j'ai, moi, quand il y a mes hanches d'un côté et mon fute en cuir de l'autre, et que je peux pas le mettre plus de trois heures parce qu'après j'ai la circulation coupée et que j'ai des fourmis?
Gustav: On peut faire quelque chose pour vous Mlle?
Mlle Hagen: Je voulais vous demander votre avis pour choisir une robe, mais je crois qu'on a plus urgent à régler.
En effet, Bill, fou de rage, expliquait à Tom que non, il n'irait pas en boîte à poil pour lui faire plaisir. Mlle Hagen posa ses robes sur le lit, à côté des garçons.
Mlle Hagen: Vous voulez de l'aide, Bill?
Bill: Mmmpff. Oui. Mais vous y arriverez pas, à m'habiller. C'est pas beau, les squelettes.
Tom: T'as fini de dire des conneries?
Mlle Hagen: Ne vous inquiétez pas. Je vais trouver. D'abord, vous vous débrouillez très bien pour vous habiller tous les matins, non?
Bill: Là c'est pas pareil, on sort.
Gustav: Tu sais Bill, j'ai pas l'intention de m'habiller beaucoup plus différemment pour ce soir que je le fais d'habitude!
Tom: Tu viens pas en short quand même?
Gustav: Non, faut pas déconner. M'enfin bon, on fait pas un défilé quoi.
Bill: Mais toi Gustav, tu es correctement proportionné. Moi, je suis juste une asperge.
Mlle Hagen: J'aurais plus dit un girafon moi...
Bill: Oui, bon, ça va... Remuez pas le couteau dans la plaie...
Mlle Hagen: Attendez, j'ai une idée. Ne bougez pas je reviens.
Et elle sortit en courant de la chambre, après avoir fureté partout dans l'armoire. Tom se retourna, attrappa les robes de Mlle Hagen et les déploya devant lui.
Gustav: Qu'est-ce que tu fous avec ça?
Tom: Bah je sais pas... Elle voulait notre avis. Mais je suis pas plus doué que pour aider Bill on dirait.
Bill: Oh oui, ça, j'ai vu.
Gustav: Mais qu'est-ce qu'il t'arrive Bill? Tu as l'air au bord de la crise de nerfs, c'est pas grave, tu sais. Un jean, un T-shirt, et voilà. On est bon.
Bill poussa un gros soupir, personne ne pouvait le comprendre, il avait besoin de plaire, il faisait tout ça pour Tom, il voulait être le plus beau, et le miroir lui révélait la terrible vérité à chaque instant, il n'était qu'un petit garçon trop vite monté en graine avec un ventre de gamine, il était trop grand, trop maigre, et il avait un cou de girafe. Pour penser à autre chose, il prit les robes des mains de Tom et les plaça en hauteur. Il était toujours en boxer mais ça ne posait pas de problème, sauf à Tom mais il ne savait pas comment le dire. Il regarda les robes, puis, sans rien dire, sortit d'un tiroir son nécessaire à couture et des rubans de couleur.
Tom: Bah? Qu'est-ce que tu vas faire avec ça?
Mais Bill n'eut pas le temps de répondre. Mlle Hagen était revenue.
Mlle Hagen: Et voilà! J'ai trouvé. Bill, vous allez d'abord mettre ce pantalon, oui, celui là, le noir.
Elle attrapa un jean sur le lit, Bill l'avait oublié, un jean noir qui lui tombait sur les hanches, Mlle Hagen avait vraiment l'oeil de l'avoir repéré dans ce fatras. Elle s'approcha ensuite de Bill pour le lui fermer avec une ceinture en cuir tressé qui sortait tout droit des seventies, avec une boucle en forme d'aigle, puis un débardeur bleu ciel.
Bill: Mais enfin Mlle, je suis trop maigre pour porter ça!
Mlle Hagen: Essayez! Vous râlerez après.
Tom: Oh oui Bill, essaie. Oh oui oh oui oh la la
Gustav: Qu'est-ce qu'il te prend?
Tom: Ah euh rien. J'ai fait une association d'idée. Désolé.
Bill éclata de rire et enfila le débardeur. Puis Mlle Hagen lui passa une petite veste dans les tons bruns. Les manches lui arrivaient à mi- coude, et elle dut défaire l'ourlet des manches. Puis elle le plaça devant le miroir. Bill eut un choc en se voyant. Il n'avait pas dit un mot à Mlle Hagen, mais elle avait deviné exactement ce qu'il voulait. Gustav applaudit parce que Bill était vraiment bien comme ça, et Tom tituba jusqu'à la petite salle de bain.
Bill: Hey, Tom, ça va pas? et il le retint par le bras.
Tom: Ecoute Bill, je n'en peux plus. Tu t'es baladé une heure presque à poil, maintenant comme ça, faut que j'aille me soulager. il lui murmura ça très vite à l'oreille, avant d'aller se barricader dans les toilettes. Bill, soudainement épanoui, expliqua à Mlle Hagen que la robe qui lui irait le mieux était la noire, mais qu'il avait envie de lui faire une petite retouche.
En moins de deux, il fit passer un ruban rouge sur tout le côté de la robe de façon à ce que ça fasse comme un entrelac de corset, et entrelaça les bretelles de deux autres rubans rouges.
Lorsque Tom revint, les jambes tremblantes, hors de souffle, il ne put que constater que Mlle Hagen était magnifique. Georg s'était réveillé en sursaut, il demandait maintenant à ce que Gustav et Tom montrent ce qu'ils allaient mettre. Bref, les trois garçons allèrent s'enfermer dans leur chambre, après que Mlle Hagen ait dit Bon, mes petits loups, faut que j'y aille, n'oubliez pas d'appeler s'il y a le moindre problème. Je suis à votre entière disposition. Elle fila mettre ses chaussures et se carapata par la porte de sortie, croisa plusieurs de ses collègues qui faillirent se casser la gueule parce qu'ils ne pouvaient plus en détacher leur regard.
Bill, resté seul dans sa chambre, se considéra longuement dans le miroir. Il se brossa les cheveux, leur donna un peu de volume, une petite touche de laque, et il entama son maquillage.
Puis il s'allongea sur son lit. Que vouliez vous qu'il fasse. De toute façon, rien de bien excitant l'attendait. Tom allait revenir en baggy, Gustav dans un pantacourt un peut mieux repassé que les autres, et Georg dans un T-shirt trop moulant qui laisserait voir pointer son téton gauche (le droit était un petit peu plus timide). Il s'endormit.
Voix familière numéro un: Nan mais je rêve, il dort.
Voix familière numéro deux : Et après c'est moi le narcoleptique.
Voix (très) familière numéro trois: Il décompresse, c'est l'excitation ça...
Lorsque Bill ouvrit les yeux, il eut très peur et eut envie de hurler de terreur, comme au début, quand il était en hôpital psychiatrique et qu'il ne reconnaissait personne. En fait, c'était parce que les trois larrons ne ressemblaient absolument pas à ce qu'il avait prévu. Georg portait un pantalon à pinces en lin beige, une chemise d'homme mauve pâle ouverte largement sur la poitrine il avait l'air d'un latin lover, Gustav un jean 501 qui lui moulait trop bien les fesses et une chemisette noire cintrée (FAfurimmer, j'espère que t'apprécies l'image).
Mais le plus stupéfiant c'était Tom. Il avait lâché ses dreads, retenues par une espèce de large serre-tête en cuir noir, il n'avait pas de baggy, juste un pantalon noir un peu bouffant, une ceinture de cuir jaune qui lui enserrait la taille, un T-shirt noir semé de paillettes argentées, et une surchemise sans bouton en tissu argenté. Bill n'en croyait pas ses yeux.
Bill (mode *oh putain je vais me réveiller* on): Ah mais euh... Vous êtes là?
Gustav, trop aimable: Bah ouais, Ducon.
Bill (mode *vas-y dis quelque chose t'as l'air con*): Oh mais vous êtes trop choupinou comme ça...
Georg: "Trop choupinou"? Tu veux ma main dans la gueule?
Bill (mode *moi vouloir violer Tom là maintenant plus rien n'existe moi vouloir du SEXE*): Nan mais ça m'a surpris quoi. Parce que voilà euh, d'habitude... Euh...
Gustav eut pitié de Bill qui s'enfonçait dans des explications foireuses, et fit remarquer que pour être dans l'ambiance boîte de nuit, ils feraient mieux de s'envoyer quelques bières dès maintenant. De la bière tiède, évidemment, il n'y avait pas de frigo au dortoir, c'était pas le Ritz non plus. L'heure tourna vite, les canettes se vidèrent de même, et ils étaient déjà bien gais lorsqu'ils se décidèrent à sortir du dortoir. Georg, pour ne pas dormir, devait boire deux fois plus de Red Bull qui ne buvait d'alcool, il eut donc une formidable envie de pisser qu'il dut aller soulager avant de partir, Gustav percuta que lui aussi il avait envie, ce qui fait que Tom et Bill se retrouvèrent seuls dans le couloir. Les autres élèves s'étaient déjà barrés, ils avaient prévus de se retrouver au Blue Desire vers vingt deux heures, en plus ça rassurait Mlle Hagen.
Les deux amants s'embrassèrent langoureusement, ils ne pouvaient détacher leurs regards l'un de l'autre.
- Bill, tu es magnifique comme ça.
- Et toi, alors... Tu me fais envie, terriblement envie. Tu ne m'avais rien dit de cette tenue!
- Non, je voulais te faire la surprise. Je suis allé faire du shopping avec Georg, hier après midi.
- Tu es beau.
- Attention, c'est juste pour ce soir. Demain, c'est baggy le retour.
- Pas de problème!
C'est à ce moment là que Georg et Gustav les rejoignirent en poussant des cris divers et variés, qui exprimaient tous peu ou prou la joie qu'il y a d'être jeune, vivant, libre de sortir et légèrement étourdi par l'alcool. C'est également l'alcool qui permit à Bill, au détour d'un couloir, de laisser prendre de l'avance aux deux G, de plaquer Tom contre le mur, et de lui dire, l'oeil lubrique:
-Moi. Dans toi. Ce soir.
- Ok Jane. Tarzan avoir très envie aussi.
- Eh, pourquoi c'est toi Tarzan et pas moi?
- Bah, à cause des lianes dit Tom en montrant ses dreads.
- T'aurais beau faire des blagues, ce soir, on le fait.
- On le fait comme dans "on le fait"?
- Oui.
- T'es sûr? T'es prêt? Tu veux qu'il y ait...
- Pénétration?
- Oui.
- Je sais pas ce que t'as pas compris dans "moi dans toi".
- Je voulais que tu sois sûr.
- Je ne me pose même pas la question. Je t'aime. Je veux qu'on fasse l'amour comme de vrais amants.
- ça va être une nuit du tonnerre.
Hurlement venant d'un étage plus bas:
- Mais vous allez vous bougez le c*l oui? hurlèrent les deux G.
Quelle ne fut pas leur surprise en voyant Tom descendre les escaliers au quadruple galop, en tenant Bill par la main.


