Chapitre 23. Tarzan et Jane

Chapitre 23. Tarzan et Jane
La journée du lendemain, Georg la passa à sauter partout et à motiver les troupes pour sa grande sortie en boîte de nuit, il voulait embarquer tout le dortoir. Comme il était plus âgé, le proviseur fermait les yeux et il voulait jouir pleinement de son statut de chaperon. De chaperon déjanté, parce qu'il avait déjà prévu de la bière pour boire avant de partir pour la boîte.
Mlle Hagen se tapa la honte modèle géant lorsqu'elle fut obligée par le proviseur de sermonner ses élèves au réfectoire sur les abus de l'alcool, ne consommez pas trop vous êtes encore des mineurs. Le proviseur ne pouvait décemment pas savoir qu'elle avait fait les courses avec Georg et que c'était elle qui avait choisi la vodka.
Bill se préoccupait surtout de savoir comment il allait s'habiller. Tom, Georg et Gustav furent réquisitionnés pour l'aider à choisir sa tenue, seulement ça les saoulait, et au bout de deux heures, Bill, au bord des larmes, se trouvait toujours moche, Tom avait une érection très douloureuse parce que son boxer avait rétréci au lavage et il ne l'avait pas vu le matin en l'enfilant, Gustav repensait à sa copine et déprimait, et Georg ronflait sur une pile de pantalon slims. Et c'est à ce moment que débaroula Mlle Hagen, une robe dans chaque main.

Mlle Hagen: Eh ben, c'est la fête ici. Qu'est-ce qu'y a qui va pas, Bill?
Bill: C'est rien, mademoiselle, mais... Je sais pas du tout comment m'habiller, on va encore me regarder comme un con, et je vais être ridicule, et je me déteste!
Tom: Mais non, Bill, bon sang... Vla mille fois que je te dis que t'es beau, t'es jamais content, et total t'es encore en slip.
Mlle Hagen: Il peut rentrer dans un pantalon pour enfant et il se déteste. Nan mais je rêve. Jeune oison, vous voulez que je vous parle du problème que j'ai, moi, quand il y a mes hanches d'un côté et mon fute en cuir de l'autre, et que je peux pas le mettre plus de trois heures parce qu'après j'ai la circulation coupée et que j'ai des fourmis?
Gustav: On peut faire quelque chose pour vous Mlle?
Mlle Hagen: Je voulais vous demander votre avis pour choisir une robe, mais je crois qu'on a plus urgent à régler.

En effet, Bill, fou de rage, expliquait à Tom que non, il n'irait pas en boîte à poil pour lui faire plaisir. Mlle Hagen posa ses robes sur le lit, à côté des garçons.

Mlle Hagen: Vous voulez de l'aide, Bill?
Bill: Mmmpff. Oui. Mais vous y arriverez pas, à m'habiller. C'est pas beau, les squelettes.
Tom: T'as fini de dire des conneries?
Mlle Hagen: Ne vous inquiétez pas. Je vais trouver. D'abord, vous vous débrouillez très bien pour vous habiller tous les matins, non?
Bill: Là c'est pas pareil, on sort.
Gustav: Tu sais Bill, j'ai pas l'intention de m'habiller beaucoup plus différemment pour ce soir que je le fais d'habitude!
Tom: Tu viens pas en short quand même?
Gustav: Non, faut pas déconner. M'enfin bon, on fait pas un défilé quoi.
Bill: Mais toi Gustav, tu es correctement proportionné. Moi, je suis juste une asperge.
Mlle Hagen: J'aurais plus dit un girafon moi...
Bill: Oui, bon, ça va... Remuez pas le couteau dans la plaie...
Mlle Hagen: Attendez, j'ai une idée. Ne bougez pas je reviens.

Et elle sortit en courant de la chambre, après avoir fureté partout dans l'armoire. Tom se retourna, attrappa les robes de Mlle Hagen et les déploya devant lui.

Gustav: Qu'est-ce que tu fous avec ça?
Tom: Bah je sais pas... Elle voulait notre avis. Mais je suis pas plus doué que pour aider Bill on dirait.
Bill: Oh oui, ça, j'ai vu.
Gustav: Mais qu'est-ce qu'il t'arrive Bill? Tu as l'air au bord de la crise de nerfs, c'est pas grave, tu sais. Un jean, un T-shirt, et voilà. On est bon.

Bill poussa un gros soupir, personne ne pouvait le comprendre, il avait besoin de plaire, il faisait tout ça pour Tom, il voulait être le plus beau, et le miroir lui révélait la terrible vérité à chaque instant, il n'était qu'un petit garçon trop vite monté en graine avec un ventre de gamine, il était trop grand, trop maigre, et il avait un cou de girafe. Pour penser à autre chose, il prit les robes des mains de Tom et les plaça en hauteur. Il était toujours en boxer mais ça ne posait pas de problème, sauf à Tom mais il ne savait pas comment le dire. Il regarda les robes, puis, sans rien dire, sortit d'un tiroir son nécessaire à couture et des rubans de couleur.

Tom: Bah? Qu'est-ce que tu vas faire avec ça?

Mais Bill n'eut pas le temps de répondre. Mlle Hagen était revenue.

Mlle Hagen: Et voilà! J'ai trouvé. Bill, vous allez d'abord mettre ce pantalon, oui, celui là, le noir.

Elle attrapa un jean sur le lit, Bill l'avait oublié, un jean noir qui lui tombait sur les hanches, Mlle Hagen avait vraiment l'oeil de l'avoir repéré dans ce fatras. Elle s'approcha ensuite de Bill pour le lui fermer avec une ceinture en cuir tressé qui sortait tout droit des seventies, avec une boucle en forme d'aigle, puis un débardeur bleu ciel.

Bill: Mais enfin Mlle, je suis trop maigre pour porter ça!
Mlle Hagen: Essayez! Vous râlerez après.
Tom: Oh oui Bill, essaie. Oh oui oh oui oh la la
Gustav: Qu'est-ce qu'il te prend?
Tom: Ah euh rien. J'ai fait une association d'idée. Désolé.

Bill éclata de rire et enfila le débardeur. Puis Mlle Hagen lui passa une petite veste dans les tons bruns. Les manches lui arrivaient à mi- coude, et elle dut défaire l'ourlet des manches. Puis elle le plaça devant le miroir. Bill eut un choc en se voyant. Il n'avait pas dit un mot à Mlle Hagen, mais elle avait deviné exactement ce qu'il voulait. Gustav applaudit parce que Bill était vraiment bien comme ça, et Tom tituba jusqu'à la petite salle de bain.

Bill: Hey, Tom, ça va pas? et il le retint par le bras.
Tom: Ecoute Bill, je n'en peux plus. Tu t'es baladé une heure presque à poil, maintenant comme ça, faut que j'aille me soulager. il lui murmura ça très vite à l'oreille, avant d'aller se barricader dans les toilettes. Bill, soudainement épanoui, expliqua à Mlle Hagen que la robe qui lui irait le mieux était la noire, mais qu'il avait envie de lui faire une petite retouche.
En moins de deux, il fit passer un ruban rouge sur tout le côté de la robe de façon à ce que ça fasse comme un entrelac de corset, et entrelaça les bretelles de deux autres rubans rouges.
Lorsque Tom revint, les jambes tremblantes, hors de souffle, il ne put que constater que Mlle Hagen était magnifique. Georg s'était réveillé en sursaut, il demandait maintenant à ce que Gustav et Tom montrent ce qu'ils allaient mettre. Bref, les trois garçons allèrent s'enfermer dans leur chambre, après que Mlle Hagen ait dit Bon, mes petits loups, faut que j'y aille, n'oubliez pas d'appeler s'il y a le moindre problème. Je suis à votre entière disposition. Elle fila mettre ses chaussures et se carapata par la porte de sortie, croisa plusieurs de ses collègues qui faillirent se casser la gueule parce qu'ils ne pouvaient plus en détacher leur regard.
Bill, resté seul dans sa chambre, se considéra longuement dans le miroir. Il se brossa les cheveux, leur donna un peu de volume, une petite touche de laque, et il entama son maquillage.
Puis il s'allongea sur son lit. Que vouliez vous qu'il fasse. De toute façon, rien de bien excitant l'attendait. Tom allait revenir en baggy, Gustav dans un pantacourt un peut mieux repassé que les autres, et Georg dans un T-shirt trop moulant qui laisserait voir pointer son téton gauche (le droit était un petit peu plus timide). Il s'endormit.

Voix familière numéro un: Nan mais je rêve, il dort.
Voix familière numéro deux : Et après c'est moi le narcoleptique.
Voix (très) familière numéro trois: Il décompresse, c'est l'excitation ça...

Lorsque Bill ouvrit les yeux, il eut très peur et eut envie de hurler de terreur, comme au début, quand il était en hôpital psychiatrique et qu'il ne reconnaissait personne. En fait, c'était parce que les trois larrons ne ressemblaient absolument pas à ce qu'il avait prévu. Georg portait un pantalon à pinces en lin beige, une chemise d'homme mauve pâle ouverte largement sur la poitrine il avait l'air d'un latin lover, Gustav un jean 501 qui lui moulait trop bien les fesses et une chemisette noire cintrée (FAfurimmer, j'espère que t'apprécies l'image).
Mais le plus stupéfiant c'était Tom. Il avait lâché ses dreads, retenues par une espèce de large serre-tête en cuir noir, il n'avait pas de baggy, juste un pantalon noir un peu bouffant, une ceinture de cuir jaune qui lui enserrait la taille, un T-shirt noir semé de paillettes argentées, et une surchemise sans bouton en tissu argenté. Bill n'en croyait pas ses yeux.

Bill (mode *oh putain je vais me réveiller* on): Ah mais euh... Vous êtes là?
Gustav, trop aimable: Bah ouais, Ducon.
Bill (mode *vas-y dis quelque chose t'as l'air con*): Oh mais vous êtes trop choupinou comme ça...
Georg: "Trop choupinou"? Tu veux ma main dans la gueule?
Bill (mode *moi vouloir violer Tom là maintenant plus rien n'existe moi vouloir du SEXE*): Nan mais ça m'a surpris quoi. Parce que voilà euh, d'habitude... Euh...

Gustav eut pitié de Bill qui s'enfonçait dans des explications foireuses, et fit remarquer que pour être dans l'ambiance boîte de nuit, ils feraient mieux de s'envoyer quelques bières dès maintenant. De la bière tiède, évidemment, il n'y avait pas de frigo au dortoir, c'était pas le Ritz non plus. L'heure tourna vite, les canettes se vidèrent de même, et ils étaient déjà bien gais lorsqu'ils se décidèrent à sortir du dortoir. Georg, pour ne pas dormir, devait boire deux fois plus de Red Bull qui ne buvait d'alcool, il eut donc une formidable envie de pisser qu'il dut aller soulager avant de partir, Gustav percuta que lui aussi il avait envie, ce qui fait que Tom et Bill se retrouvèrent seuls dans le couloir. Les autres élèves s'étaient déjà barrés, ils avaient prévus de se retrouver au Blue Desire vers vingt deux heures, en plus ça rassurait Mlle Hagen.
Les deux amants s'embrassèrent langoureusement, ils ne pouvaient détacher leurs regards l'un de l'autre.

- Bill, tu es magnifique comme ça.
- Et toi, alors... Tu me fais envie, terriblement envie. Tu ne m'avais rien dit de cette tenue!
- Non, je voulais te faire la surprise. Je suis allé faire du shopping avec Georg, hier après midi.
- Tu es beau.
- Attention, c'est juste pour ce soir. Demain, c'est baggy le retour.
- Pas de problème!


C'est à ce moment là que Georg et Gustav les rejoignirent en poussant des cris divers et variés, qui exprimaient tous peu ou prou la joie qu'il y a d'être jeune, vivant, libre de sortir et légèrement étourdi par l'alcool. C'est également l'alcool qui permit à Bill, au détour d'un couloir, de laisser prendre de l'avance aux deux G, de plaquer Tom contre le mur, et de lui dire, l'oeil lubrique:

-Moi. Dans toi. Ce soir.
- Ok Jane. Tarzan avoir très envie aussi.
- Eh, pourquoi c'est toi Tarzan et pas moi?
- Bah, à cause des lianes
dit Tom en montrant ses dreads.
- T'aurais beau faire des blagues, ce soir, on le fait.
- On le fait comme dans "on le fait"?
- Oui.
- T'es sûr? T'es prêt? Tu veux qu'il y ait...
- Pénétration?
- Oui.
- Je sais pas ce que t'as pas compris dans "moi dans toi".
- Je voulais que tu sois sûr.
- Je ne me pose même pas la question. Je t'aime. Je veux qu'on fasse l'amour comme de vrais amants.
- ça va être une nuit du tonnerre.


Hurlement venant d'un étage plus bas:
- Mais vous allez vous bougez le c*l oui? hurlèrent les deux G.
Quelle ne fut pas leur surprise en voyant Tom descendre les escaliers au quadruple galop, en tenant Bill par la main.

# Posté le jeudi 07 août 2008 17:22

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:09

Chapitre 24. Juicy Lemon

Chapitre 24. Juicy Lemon
Et voilà. A force ça devait arriver. Gustav et Georg sont tout en bas des escaliers, ils lèvent le nez vers Bill et Tom qui descendent les escaliers mais forcément, ils ont pris du retard alors ils sont tout en haut. Et Tom tient Bill par la main, mais pas comme quand on prend le bras de son meilleur pote pour le faire aller plus vite. Il lui tient la main comme on tient celle de sa copine.
Les deux G hallucinent, ils s'en doutaient un peu mais jusqu'à présent comme ils se cachaient ils n'en avaient rien dit, c'était leur problème.

Gustav: Ben ça alors.
Bill: Quoi, ça te choque?
Gustav: Oh non, pas du tout, tu veux rire.
Tom: Au moins maintenant vous savez
Georg: Ah ben je comprends mieux pourquoi ce soir ça n'allait pas être la foire à la gonzesse pour toi mon vieux! C'est génial, je suis trop content pour vous

Et alors que Tom n'avait rien demandé, Georg lui sauta au cou genre félicitations dans mes bras mon pote. Gustav fit pareil avec Bill, puis Georg lâcha Tom pour faire un câlin à Bill, et Gustav à Tom, y a pas de raison de faire des jaloux. C'est alors qu'arrivèrent Friedrich, Axel et Allen, prêts à sortir, en plein dans leur câlin de groupe.

Alors les petits pédés? gueula l'un d'eux sans y voir un quelconque propos homophobe (ouais, ça existe les gens comme ça, ils font des blagues d'une connerie abyssale sur les gays mais non non, ils ne sont pas homophobe. Je les hais)

Tom se retourna, furieux mais sans lâcher Gustav. Tu peux répéter ce que tu viens de dire, pauvre couille?
C'est bon, dit Friedrich avec un sourire puissamment alcoolisé, c'est une manière de parler, tu vas pas en chier une galette!

Ce n'était même pas la peine de discuter. A jeun, ils étaient pas très malins, bourrés, ils atteignaient des sommets.
Ils sortirent de l'internat, et sautèrent dans un bus qui les dirigea droit sur Berlin. Puis ils suivirent tous docilement Georg, qui était le seul à connaître le chemin du Blue Desire. Arrivés devant, on ne leur fit aucun problème sur leur âge ou quoi que ce fut, et ils rentrèrent, dans une espèce de semi pénombre avec des spots de couleur, et une musique, plutôt douce parce que c'était un début de soirée, ils commençaient sof avec When a man loves a woman de Percy Sledge, un bon slow et Bill commença à se dandiner sur place en ouvrant des yeux énormes de gosse un matin de Noël. Ils allèrent se caler sur des banquettes, discutèrent un moment du choix du coktail, hallelujah Dieu bénisse l'existence de l'happy hour.
Bill ne savait pas du tout que prendre, la bière l'étourdissait déjà, il était en bonne voie pour se prendre la première cuite de sa vie sans s'en rendre compte.
Il était tellement mignon que la serveuse garnit son verre de pailles multicolores et de petits parapluies en papier, elle planta son regard sur Bill, et lui dit, avec un sourire insistant: Bonne soirée jeune homme
Les autres garçons éclatèrent de rire, même Tom, surtout à cause de l'air ahuri de Bill, qui ne comprenait pas qu'il se faisait proprement draguer par la serveuse. Il fallut lui expliquer.

Bill: Mais non, vous êtes cons. Elle fait son boulot, c'est tout.
Friedrich: Ah ouais, alors pourquoi nous on a pas tout ces machins là, dans nos verres?
Bill: Bah je sais pas moi... Rupture de stock?
Allen: Ah, t'es con tiens. Moi, à ta place...
Tom: Quoi, à sa place?
Axel: Oh, je t'en prie, on ne va pas faire un dessin. A sa place, on lui aurait demandé son tél.
Friedrich: Putain, elle est trooooooooop canon.
Gustav (chantant): Mais la servante est rousse, sa jupe se retrousse...
Georg: Oui Gustav, ça va aller?
Gustav: Désolé. En plus elle est même pas rousse.
Friedrich: Bon, allez Bill, vas-y, profite de l'occasion, vas y.
Bill: Vas y quoi?
Friedrich: Va lui demander son numéro!
Bill: Mais quelle idée inconvenante. On n'a pas été présentés, que je sache. Et ça ne se fait pas de harceler les jeunes filles.
Tom: Bill?
Bill: Oui?
Tom: T'es bourré? Déjà?
Bill: Je sais pas, c'est la première fois que je bois. Je me sens un peu bizarre, mais je crois pas que je sois déjà bourré. Si tu t'en rends compte avant moi, tu me le diras hein?
Tom (à voix basse): Bien sûr mon amour.

Bill avala deux gorgées de son cocktail, mais la serveuse le regardait toujours. Alors il se leva, et sous les applaudissements des autres arsouilles, alla la rejoindre.

Bill: Hey, salut.
La serveuse: Salut!
Bill: Dites, mes amis sont convaincus que si je vous demandais votre numéro, vous me le donneriez.
La serveuse: Faut voir, j'aurais le tien en échange?
Bill: Vous savez, vous êtes très jolie. Seulement, j'ai déjà trouvé l'amour de ma vie. C'est le garçon avec les dreads là bas.
La serveuse, visiblement dégoûtée: Ah...
Bill (plus serviable on fait pas): En revanche, tous les autres, ils sont hétéros, et seuls. Si vous voulez, je leur transmets votre numéro, et votre soirée n'est pas complètement gâchée.
La serveuse: Hé, c'est pas toi qui va me gâcher ma soirée, tu crois quoi? Que j'ai besoin de toi pour draguer?
Bill: Mais enfin, ne vous énervez pas. Vous avez été gentille avec moi, je voudrais que vous ne soyez pas déçue, c'est tout.
La serveuse se ravisa, et considéra les garçons qui, d'ailleurs ne se privaient pas pour la dévisager. Elle n'était pas beaucoup plus âgée qu'eux. Elle finit par sortir une espèce de petite carte où elle griffonna son prénom et son numéro, et le tendit à Bill.
La serveuse: Celui avec le T-shirt orange.
Bill: Il s'appelle Allen. Ce sera transmis. Bonne soirée mademoiselle!

Et il repartit. A la table, son retour fut accueilli avec la plus grande excitation. Bill tendit le papier à Allen.

Allen: C'est quoi ça?
Bill: Je suis allée voir la fille. C'est toi qu'elle veut.
Allen: Tu lui as demandé ça comme ça? Mais... Et toi?
Bill: Moi, elle ne me plaît pas.

Les autres le regardèrent avec des yeux ronds. Sous la table, Bill sentit la main de Tom lui caresser la cuisse. C'était bien. Il soupira de contentement, assécha son cocktail et renversa la tête en arrière.
Ils passaient maintenant Poison d'Alice Cooper, et la mélodie entraînante fit bondir Georg de son siège sur la piste de danse, suivi d'Allen, qui alla tortiller du cul devant la serveuse, de Friedrich, qui ne voulait pas rentrer seul, d'Alex . Il y avait pas mal de monde sur la piste, et aussi sur des espèces de podiums, notamment une petite brune à anglaise en robe noire, avec un entrelac rouge sur le côté. Les garçons se donnèrent des coups de coude. C'était Mlle Hagen, qui dansait à merveille. Bill et Tom, restés seuls sur la banquette, en profitèrent. La main de Tom glissa entre les cuisses de Bill et appuya ses caresses. La poitrine de Bill se gonfla de plaisir.

Bill?
- Mmmh?
- Tu veux qu'on passe à l'acte dans cette boîte?
- Non, dans notre chambre. Mais je suis pour un petit câlin dans les toilettes.
- Tu stresses pour tout à l'heure?
- Un peu. Et toi?
- Je suis mort de peur. Mais je mourrais si ce n'était pas pour ce soir.
- On va danser?


La musique qui passait à ce moment précis était 99 luftballons, et Tom ne put lui refuser ça, d'aller se trémousser là dessus, même si Bill avait une façon un peu particulère de danser, c'était génial. Tom se sentait complètement stone et ce n'était ni la bière, ni la vodka, juste de sentir Bill contre lui. Les lumières étaient de telle façon que même s'ils dansaient tous sur la même piste, les autres garçons de l'internat ne pouvaient pas voir que Bill et Tom dansaient ensemble.

Seh' die Welt in Truemmern liegen
Hab' 'nen Luftballon gefunden
Denk' an Dich und lass' ihn fliegen


Dans la minute de flottement entre deux chansons où les danseurs qui ne se connaissent pas encore dévisagent leur partenaire et décident soit d'en inviter une autre, soit de rester avec, Bill attrape Tom par la main et l'entraîne dans les toilettes.
Et là: miracle. Les toilettes sont propres. Briquées impeccable, le sol fait miroir et ça embaume la rose. Les miroirs ont de la dorure. Bill pousse Tom dans l'un d'eux, et referme brusquement le verrou. Il a l'oeil lubrique.

Considère ça comme nos préliminaires.

POV Tom
Et voilà, nous sommes là, dans ce lieu clos, on entend les autres passer près de nous, ils ne savent pas que nous sommes là, et en prenant un peu de précaution, personne ne saura que nous sommes là, personne ne saura ce que nous faisons.
Bill est diablement excité ce soir, et moins, pas assez habitué à ce pantalon trop serré, je n'ai qu'une envie: l'enlever. Je caresse ses cheveux, il n'a pas mis trop de laque aujourd'hui, il me laisse faire, il s'en fout que je le décoiffe. La vodka doit lui enlever la plupart de ses inhibitions, en temps normal, on pourrait barboter dans la Javel qu'il ne voudrait pas rester plus de trente secondes dans ces toilettes parce que c'est sale. Hééééé mais qu'est-ce qu'il fait?
Alors que je nage dans le romantisme, lui est descendu directement à la seule partie de mon corps qui reflète vraiment mes émotions, le seul où vraiment on sent mon trouble, et il déboutonne ma braguette le bougre.
Contrairement au baggy, avec celui là, quand on déboucle la ceinture, il ne tombe pas directement. Il reste plus ou moins sur mes cuisses.
Bill me fait un énorme sourire, il se baisse et tire sur mon pantalon. Je sens ses doigts qui lissent ma peau, une longue caresse, je suis fou d'amour, fou d'excitation, je ne veux que lui, il tire sur l'élastique de mon boxer, le descend sur mes genoux, libère ma virilité.
Il se redresse, son visage en face du mien, il est légèrement plus grand que moi, et il y a son sourire, oh, ce sourire...

Comme tu trembles, Tom...

Bien sûr que je tremble, il pourrait bien trembler lui aussi, je ne suis plus en état de le voir. Il caresse mon visage, tout doucement, d'une main, l'autre est glissée sous mon T-shirt. Je lève les bras, je me cramponne aux parois des toilettes, il sourit encore avant de m'embrasser.

C'est parfait Tom, tu vas voir...

Et sa langue glisse le long de mon torse, il se remet à genoux devant moi, à son tour de disposer de moi, comme lui lorsqu'il s'accroche aux barreaux du lit pour ne pas me diriger quand je veux le faire jouir, il fait tout ce qu'il veut, je sens que je m'enfonce dans sa bouche, mes mains se crispent sur leur appui et il entame le mouvement de va et vient. En même temps, il caresse tout doucement mes fesses et mes cuisses, sans chercher à me pénétrer, il appuie entre mes cuisses mais il ne me glisse pas un doigt au passage comme il sait si bien le faire, et il le fait exprès, l'excitation n'en sera que plus grande, tout à l'heure, quand nous LE ferons...
Je jouis en me mordant les lèvres, la douleur étouffe mon cri de jouissance, nous entendons des voix, il ne faut pas qu'ils sachent...
Sans un mot, Bill se relève, il m'essuie avec du papier toilette, comme une maman, remonte tout doucement mon boxer, mon pantalon, le reboucle avec application pendant que je reprends mon souffle, m'écarte un peu et crache dans la cuvette. J'ai subitement envie de lui, très envie. Je le prends dans mes bras, je le serre contre moi, je l'embrasse à pleine bouche, si l'amour était cannibalisme il y a longtemps que je l'aurais bouffé.
Je le retourne brusquement, il pose ses mains à plat sur la porte des toilettes, je le tiens bien serré contre moi, de ma main libre je déboucle son pantalon, je ne le baisse pas aussi bas qu'il ne l'a fait pour moi, je dégage juste ce qui est nécessaire, je descends un peu son boxer. Comme je m'en doutais, il a une formidable érection, que j'empoigne et que je m'empresse de soulager. Il gémit de plus en plus fort, je serre mon bras contre son ventre, à chaque spasme un peu plus, d'un geste preste il rabat ses cheveux sur le côté, dégageant sa nuque, son cou, qui est là, offert, devant mon visage.
Je ne tiens plus, je mords à pleine dents dans cette belle chair offerte à la seconde même où il jouit.
Je ne desserre pas tout de suite mon étreinte même si j'arrête de le mordre, maintenant c'est lui qui tremble et je sais que c'est dans ces secondes là qu'il ne faut surtout pas le lâcher, il est toujours un peu perdu.
Je l'essuie, le rhabille.
Il nous faut encore attendre que les toilettes soient vides pour sortir de notre cachette. Quand enfin la voie est libre, je regarde Bill se laver les mains, j'entends la musique de la boîte, et tout à coup, je n'ai plus du tout envie d'être là. La petite gâterie de Bill m'a un peu calmé, certes, mais je me sens encore tout gonflé d'énergie, je pourrais le caresser toute la nuit, et je n'ai pas envie de rester coincé ici. Je regarde Bill dans le miroir, lui non plus n'est pas redescendu, avec ce que nous venons de faire, nous ne pouvons pas aller simplement rejoindre les autres et boire un verre, on ne peut pas partager ça avec eux.
Cette nuit- là est à nous, rien qu'à nous.

- Bill?
- Oui?
- Si tu es toujours prêt, je voudrais bien qu'on y aille maintenant.
- Toi aussi, tu en as marre?
- Oui. Mais je pensais à un truc.
- Quoi?
- Il faut sûrement du lubrifiant, ou des capotes, et on n'a pas ça en stock.
- Tu sais, je suis vierge, je n'ai donc pas de MST à te transmettre.
- C'est pour faciliter la pénétration, andouille!
- Ah...


Il réfléchit deux minutes, et soudain, l'illumination:
Attends, je vais demander à Mlle Hagen!

Bien sûr, quoi de plus normal que de demander du lubrifiant à sa prof de maths?
J'ai pas le temps de lui dire que ça va pas la tête, il cavale en dehors des toilettes, bouscule Georg qui venait justement pisser.
Il me parle tout en se soulageant, apparemment il est en plein dragage d'une superbe brune, il voit que j'ai la tête ailleurs, il n'insiste pas, se lave les mains et me tape sur l'épaule avant de me demander si ça va avec Bill.
Oh, Bill...

POV Bill
Bon, où est passée Mlle Hagen si elle ne danse plus... Ah, la voilà, elle est au bar avec je sais pas qui, elle est trempée de sueur et dès qu'elle me voit elle braille pour que je la rejoigne.

- Ah, Bill, comment vous allez?
- Bah euh...
- Au fait merci pour ma robe. Tout le monde me complimente.
- Super...
- D'accord, vous avez un problème. Qu'est-ce qu'il y a?
- Ben, vous savez, Tom et moi...
- Oui?
- On voudrait le faire ce soir.


J'ai dit ça très vite, avec une petite voix d'enfant, je me fais pitié. Je lui demande, le plus discrètement possible, c'est à dire en lui murmurant à l'oreille si elle sait où je peux trouver des préservatifs.

- Mais bien sûr, elle me fait en attrapant son sac à main, bien sûr mon petit, je vais vous donner ce qu'il vous faut.
Super discrète, je sens quelque chose contre ma cuisse, c'est Mlle Hagen qui vient de glisser les capotes dans la poche de mon jean. Personne n'a rien vu.

- Par contre Bill, je sais que ça ne me regarde pas, mais vous ne l'avez jamais fait avant?
- Pas jusque là non.
- Vous savez qu'il vous faudra du lubrifiant? Ce que je vous ai donné ça ne vous sera pas d'un grand secours, si c'est votre première fois.
- On n'en a pas, mais on ne peut pas le remplacer par du savon?
- Du savon? Mais ça ne va pas?
- Pourquoi?
- Parce que ça occasionne de terribles brûlures, Bill, et que c'est très douloureux.


Devant mon air ahuri, elle refait le même jeu que tout à l'heure et le flacon de lubrifiant va rejoindre les préservatifs. Puis elle me donne une petite tape sur la joue, et me dit d'y aller, que je dois profiter de la nuit. Il ne faut pas m'en dire plus, je cavale rejoindre Tom, en train de jacasser avec Georg devant la porte des toilettes.

- Hey Bill.
- Oui, ça y est, me voilà, on peut y aller.
- Vous partez déjà?
- Oui, on a envie de... Enfin tu vois quoi.
- Oh oui je vois. Amusez vous bien mes cochons, je retourne chauffer Brenda. Hey, ma belle!
braille-t-il en partant au méga canon qui sort des toilettes dame.

Je me retourne vers Tom, on sort de la boîte comme des dingues. Dans la rue, on presse le pas, main dans la main. Les passants pour la plupart nous sourient, on doit être mignon tous les deux, peut être qu'ils pensent que je suis une fille, j'en ai rien à foutre.
A l'arrêt de bus, Tom va s'affaler sur le banc en plastique, en attendant qu'il arrive. Comme personne d'autre n'attend, je me mets debout devant lui, je me cambre légèrement pour faire ressortir mes fesses et l'exciter un maximum. Le bus arrive trop vite, Tom est obligé de se lever mais me balance quand même une tape sur les fesses avant de monter.
Retour à l'internat, on s'est tenu la main tout le trajet. On passe devant le concierge, qui nous dit ah ben tiens vous êtes pas restés à faire la fête, Tom murmure ben non connard, on monte s'enfermer dans ma chambre.
Je vide mes poches et explique à Tom le coup du savon à ne jamais utiliser comme lubrifiant. Il hoche gravement la tête, en apparence il a l'air calme et maître de lui-même, mais je le connais, je connais ce regard, en dedans il bouillonne et trépigne comme un gosse.
Nous sommes tous les deux sur mon lit, il me retire ma veste, je détache son bandeau, il laisse tomber sa surchemise pendant que je glisse ma main sous son T-shirt, on se caresse et on se déshabille juste en même temps, jusqu'à ce qu'on soit tous les deux enlacés, nus, à s'embrasser, étendus sur le lit. Il est temps de passer aux choses sérieuses. Je ne sais pas par où commencer, mais c'est moi qui ai voulu en venir à ce point, alors je ne vais pas laisser Tom tout assumer.

Lentement, je l'aide à se mettre à quatre pattes sur le lit, je le rassure par tous les moyens, je lui caresse les cheveux, le dos, la nuque, je sens qu'il a peur, il a envie mais il a peur. Un peu. Mais en fin de compte c'est lui qui me lance lorsqu'il me dit, dans un soupir, de le prendre, là, maintenant.
Je bande tellement que c'en est douloureux à présent, je débouche le flacon de lubrifiant de Mlle Hagen et commence à en répandre partout, j'ai oublié de demander deux trois trucs mais j'improvise, j'en fais couler aussi entre les fesses de Tom, il sursaute, mais aussitôt il pousse un soupir d'aise.
Pour commencer, je caresse lentement ses fesses, son cul est pour moi un sujet d'émerveillement continu, je caresse aussi ses cuisses pour le détendre, et j'introduis un doigt. Tom ne sursaute même pas, il est déjà bien offert, j'en mets donc un deuxième. Léger sursaut. Mais comme je continue mes caresses, il se rassure, se détend, et commence à gémir. Un troisième... Là, il pousse un léger cri, il a mal, je suis presque prêt à tout arrêter, je ne veux pas lui faire mal, mais je sais qu'il faut passer par là. J'entame très doucement un mouvement de va et vient... Tom mord son oreiller, se tortille, gémit. Il est prêt.
Je retire mes doigts, j'attends qu'il redescende un peu, qu'il comprenne ce que c'est, l'étape suivante. Il se retourne, ses yeux bruns brûlent de fièvre, il se demande ce que j'attends.
Je le pénètre, avec autant de précaution qu'un orfèvre transperce une perle fine pour la placer sur un collier. Un cri lui échappe encore, je commence à lui faire l'amour, tout doucement, je le laisse se calmer tout seul, bientôt la douleur se calme et il ne gémit plus que de plaisir, du coup je prends conscience de ma jouissance à moi, j'accélère le mouvement de va et vient, et au moment de l'orgasme, nous profitons que le dortoir soit vide pour hurler comme des bêtes.
Tom roule sur le côté, et je me laisse tomber à côté de lui. Jamais je n'avais connu quelque chose d'aussi puissant, et je vois, dans les yeux de Tom, que lui non plus. Il nous faut quelques minutes pour récupérer, puis je sens la main de Tom me caresser le ventre, je bascule sur le côté pour me retrouver dans ses bras, et l'embrasser.
Je sens sa main glisser vers mes fesses, je lui souris, c'est le moment de renverser les rôles. Nous n'avons même pas besoin de parler, quand nos regards se croisent nous savons exactement ce que veut l'autre et ça nous suffit.
Tom se lève, vire de mon bureau ce qu'il y reste, ma trousse je crois, peu importe, il me prend par la main pour m'aider à me lever. Nous faisons un rapide petit câlin debout mais très vite il nous faut plus, il me guide de la main vers le bureau mais je sais parfaitement ce qu'il veut faire, je me place devant le bureau, me penche en avant et m'y appuie. Changer de position m'excite tellement que j'en oublie d'avoir peur. Je sursaute de surprise en sentant le lubrifiant que Tom m'applique, il me caresse le dos en même temps, je me retourne un peu pour lui sourire, lui dire d'y aller.
Mais Tom est un pervers qui s'amuse à glisser une main entre mon ventre et le bureau pour me caresser le sexe, comme s'il n'avait pas compris que ce que je voulais c'était qu'il me fasse l'amour, tout de suite, je serre les lèvres pour ne pas réagir à ses caresses, je ne veux pas jouir maintenant, et brusquement je sursaute: il a introduit deux doigts, pour me préparer, comme moi tout à l'heure...

- Bill, ça va?
- Oui... Continue...


Un troisième. Je crie. Par réflexe, je ne suis même pas en état de dire si j'ai mal ou pas, ou si je jouis.

- T'as mal?
- Non... Viens...


J'ai toujours du mal à parler dans ces moments là, Tom se retire et reprend ses caresses. Je pense qu'il préfère attendre que je sois prêt, que la douleur se calme, un peu.
Tout à coup, je me redresse à demi, secoué par un spasme énorme, où se mêle surprise et délectation.
Il est en moi. Sa main se pose sur ma nuque pour me forcer à me repencher sur le bureau. Il me fait l'amour. Je ne sais même plus si j'ai eu mal un seul instant, non, je n'ai jamais eu mal, je ne suis que jouissance, je m'extasie, je jouis, je gémis de bonheur.
L'orgasme me prend dans un hurlement que je ne maîtrise pas, je ne maîtrise plus mon corps non plus, plus rien, quand Tom se dégage de moi je m'effondre tout à fait, il me prend dans ses bras, où trouve-t-il la force, il me porte jusqu'au lit, tire les couvertures, me couche, se démerde pour vérifier le verrou de la porte, et s'écroule à côté de moi.
J'ai à peine le courage de l'attirer à moi sous le drap et de me serrer contre lui. Son odeur, sa chaleur m'envahisse, il pèse sur mon bras, en demi syncope, mes yeux se ferment malgré moi, tout est noir, tout est chaud, tout est parfait.
Je ne savais pas qu'on pouvait s'évanouir de bonheur.

# Posté le vendredi 08 août 2008 19:06

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:10

Chapitre 25. Amours, bagatelles et massacre, sur les fusibles du hasard. (H. F. Thiéfaine)

Chapitre 25. Amours, bagatelles et massacre, sur les fusibles du hasard. (H. F. Thiéfaine)
Tom et Bill dormaient comme des brutes, sur un petit nuage post orgasmique. Le temps de récupérer, et ils furent réveillés par des bruits on ne peut plus zarbes.
Des voix, des pas, des gueulements, des cassages de gueule en escalier suivis de hurlements de rire avinés. Les deux garçons se réveillèrent en sursaut, avec la même question sur les lèvres: "mais c'est quoi ce gros bordel?"

- Nan mais je rêve! Quelle salope! Babylonienne! Catin!
Puis des voix féminines. Et une voix masculine qui essayait de calmer Gustav, mais à laquelle Gustav répondit par un "Ta gueule" tonitruant.

Bill: Qu'est-ce que c'est que ça?
Tom: Je crois que c'est Gustav.
Bill: Qu'est-ce qu'on fait, on va voir?
Tom: Oh oui!

Ils repoussèrent les couvertures, Tom sauta dans son baggy mais préféra rester torse nu pour gagner du temps et éclata de rire en voyant Bill enfiler un sweat mauve immonde qui lui tombait un peu plus bas que le boxer et un Snoopy brodé sur le devant.

- Pourquoi tu te marres?
- C'est quoi ce pull ignoble?
- C'est mon pyjama! Il te plaît pas?
- Tu me jures que jamais tu ne le porteras quand on dormira ensemble?
- Non, c'est promis.


Ils bondirent sur la porte. Dans le couloir, un véritable mélodrame se jouait, et Bill et Tom étaient aussi joyeux que s'ils assistaient à Guignol.
Gustav saignait du nez, il était fou de rage et menaçait de tout casser, il l'aurait fait si sa soeur n'était pas accrochée dans son dos comme un ouistiti, à la fois pour le calmer et parce qu'elle était incapable de marcher toute seule, elle restait très digne mais elle était ivre morte. A côté venait Mlle Hagen, elle aussi avec un fameux coup de vent dans les voiles mais encore capable de marcher toute seule, et derrière, Friedrich, avec un oeil au beurre noir et Allen pendu à son coup, encore plus raide bourré que Franziska, Friedrich et Mlle Hagen réunis.

Mlle Hagen: Ah, Bill, Tom, vous êtes là?
B&T ensemble: Euh... Ben oui du coup.
Gustav: Toutes des salopes!
Franziska: Mais non Gusti... C'est pas vrai... Regarde maman... Hips Mouah ahahahahhahaaaaaaa!
Bill et Tom échangèrent un regard ahuri.

Bill: On peut faire quelque chose pour vous aider?
Mlle Hagen: Euh... Techniquement il y a quelque chose à faire, mais là, je sais pas trop quoi. Gustav a pété un plomb dans la boîte, et entre les bitures et les chagrins d'amour, je suis un peu perdue.
Tom: Venez, on va se caler dans la chambre à Bill, et on va s'expliquer tout ça.

Mlle Hagen alla décrocher Franziska des épaules de Gustav et se la hissa sur l'épaule, Tom prit Gustav par le bras et le guida jusqu'à la chambre en lui disant que mais oui mais oui, toutes des salopes, t'as raison mon gars, mais ça sert à rien de casser une vitre, et Bill aidait Friedrich à traîner Allen et à l'asseoir par terre.
Ils étaient donc tous là, dans la chambre de Bill, Mlle Hagen fit un bref aller-retour à la réserve pour récupérer des bassines et des serpillères, au cas où.
Tom força Gustav à s'asseoir sur la chaise de bureau et lui comprima le nez avec une serviette pour arrêter le saignement. Gustav se mit à gueuler de douleur.

Gustav: Mais c'est qu'elle m'a pété le nez cette catin!
Tom: Mais quelle catin?
Gustav: Rebecca!
Tom:Hein?
Franziska: Je le savais que c'était une salope... Hips! D'abord c'était pas... eurg... une vraie rousse...
Bill: Franziska, je vous mets une bassine juste à côté, là. Vous la voyez? C'est au cas où vous ayez un problème, d'accord?
Franziska: Ouais, d'accord... T'es gentil, toi. Je suis sûre que toi t'es une vraie rousse, dans le fond... Hihihihihihihihi!
Friedrich: Bill, fais péter une bassine pour Allen, il a vraiment chargé la mule, là...
Tom: Gustav, sans déconner, c'est Rebecca qui t'as fait ça?
Gustav: Oui, c'est Rebecca, cette salope!
Tom: Là, il faut que tu me racontes, mon vieux.
Gustav: Bah voilà, on était à danser, après votre départ, à toi et Bill... Bill, écarte toi de Franziska elle va gerber!

Bill fit un bond de côté, Mlle Hagen fit basculer Franziska qui se mit à vomir à grand bruit dans la bassine. Une odeur nauséabonde se fit alors sentir, rendant Allen malade aussi. Pendant tout le récit de Gustav, Mlle Hagen et Bill s'occupèrent de nettoyer et ouvrirent les fenêtres.

Gustav: Bon, on dansait donc, et là je vois une fille se tortiller devant moi, je me dis, c'est le moment de voir si t'es prêt au voeu de chasteté, hop hop hop, je me rapproche d'elle, une superbe gothique avec des manches en résille noire et une tétine pour bébé autour du cou, ça devenait chaud, elle me sourit, je lui souris, bref, de la drague de fort belle facture, quand soudain t' à coup, je vois cet espèce d'enculé de Friedrich en train de peloter une rousse avec un sourire débile.
Friedrich: Maiiiiiiiiiiiiiis euh !!!!!!!
Gustav: Je me dis "tiens, une rousse", un peu ému, je me focalise sur elle, elle embrasse à pleine bouche le Friedrich, elle se retourne, et là, le choc: c'était cette saloperie de catin de babylonienne de Rebecca!
Bill: Là, Friedrich, t'as chié.
Friedrich: Mais je savais pas que c'était la copine de Gustav!
Bill: Ah bon.
Gustav: Et moi, j'abandonne ma gothique, je fonce sur elle en lui disant "espèce de crevarde, et ton voeu de chasteté alors?". Là, elle me dit qu'en fait tout ça c'était un prétexte, qu'elle aime se faire plein de mecs, mais qu'elle a besoin d'une couverture pour ses parents et l'internat, elle a besoin d'un petit ami stable pour donner le change, mais ça m'arrange que tu saches maintenant je ne regrette pas une minute passée avec toi j'ai de l'amitié pour toi mais je préfère les mecs plus destroy". Genre Friedrich c'est un mec destroy.

Ils furent interrompu par Franziska qui se tapait des barres monumentales à cause du sweat Snoopy de Bill.

Gustav: Bon, moi, réflexe, je lui mets une gifle, là elle m'assène un coup de sac sur le nez, je saigne, Friedrich lui dit non mais ça va pas, pan, deuxième coup de sac, sur l'oeil ce coup là. Tom, arrête de rire s'il te plaît, c'est vexant.
Tom: Désolé.
Gustav: Et là, arrive ma soeur, elle marchait encore mais elle était déjà bien bourrée, elle tapait la causette avec Mlle Hagen, elles ont dansé un moment ensemble même, bref, dans la pure scène de Zorro défendant son frère, elle entreprend de casser la gueule à Rebecca, elle allait gagner, enfin Rebecca était par terre et Mlle Hagen est arrivée tout pile pour les séparer.

Tom jeta un oeil derrière lui. Friedrich était adossé au mur, assis sur un coussin, avec la tête d'Allen sur l'épaule, Bill était à moitié roulé en boule à la tête du lit, avec Mlle Hagen assise à côté, et Franziska couchée sur la hanche de Mlle Hagen.

Tom: Putain la fine équipe... Et Allen, pourquoi il est dans cet état?
Gustav: Parce que la serveuse qui lui avait filé son numéro par l'intermédiaire de Bill lui a dit que de loin il était bien mais que de près plutôt mourir. Du coup il est resté tout seul à torcher et quand on est parti on s'est dit qu'il valait mieux l'emmener avec nous.

Soudain, ils entendirent d'autres pas dans le couloir, quelqu'un qui braillait Wonderwall d'Oasis.
C'était Georg, qui rentra sans vergogne dans la chambre.

Georg: Ah, vous êtes là, tous? Eh ben, vous en tirez, des gueules!
Bill: Mais toi, ça a l'air d'aller, non?
Georg: Ah putain oui, ça va troooooop bien, genre avec Brenda on a fait trois fois l'amour dans les toilettes et on se revoit la semaine prochaine, je suis trop un dieu, la vie est beeeeeeeelle!

Il avait dit ça avec un immense sourire genre ravi de la crèche, puis il considéra les personnes présentes tout autour de lui qui le regardait d'un drôle d'air.

Georg: Bah quoi, qu'est-ce qu'il y a? ça n'a pas été, vous?

________________________________________________________
L'image est moyennement en rapport, mais c'est une capture que j'ai faite où Gustav et Georg se font un câlin, (enfin il me semble), et elle est pour ELLE

# Posté le samedi 23 août 2008 16:05

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:10

Chapitre 26. Dépression post- coïtale et lendemain de fête.

- Bill, tu veux bien m'aider à coucher Allen? Maintenant qu'il a gerbé, on va être tranquille.

C'était Friedrich, ça. Bill était couché en rond sur le lit, comme un très gros chat en sweat Snoopy, mais il avait les yeux grands ouverts. Il se leva, et dit à Georg, avant d'attraper Allen par le bras et de le porter hors de la chambre avec Friedrich:

- Pour Tom et moi, ça c'est super bien passé. Pour les autres, moins. Ils vont te raconter.

Georg avait vu dans quel état était Gustav, il s'approcha gentiment, Tom était toujours accroupi devant à lui compresser le nez avec une serviette. Il vit aussi Mlle Hagen assise dans le lit avec Franziska sur les genoux, il trouvait l'image bandante mais il s'abstint de dire une connerie graveleuse, d'une Mlle Hagen restait une prof, de deux Franziska était la soeur de Gustav, et il y avait des trucs comme ça, il n'y touchait pas. Il s'accroupit devant Gustav, à côté de Tom, tout triste.

- Ben Gustav, qui est-ce qui t'a arrangé comme ça? Ils étaient combien?
- Ils étaient toute seule. C'est Rebecca,
expliqua Gustav.
Et, quelques secondes plus tard:
- Mais arrêtez de rire, bordel, c'est pas drôle!

Il fallut donc tout raconter à Georg depuis le début. Ils furent juste interrompu à un moment par Franziska qui sortit de son état comateux pour brailler qu'on aurait dû la laisser finir de lui faire sa fête, à ce succédané de jus de carotte. Mlle Hagen leur dit de ne pas s'inquiéter et la berça pour la rendormir.
Georg alla chercher de la glace pour le nez de Gustav, au moment où Bill rentrait, un sachet de petits pois surgelés à la main.

Georg: Bah? C'que tu fous avec ça?
Bill: C'est pour Gustav. Enfin, pour son nez. Il n'y avait pas de glaçons aux cuisines, j'ai pris ça, j'ai pensé que ça pourrait servir. Au fait, Friedrich est parti se coucher.
Georg: T'es trop doué toi!
Mlle Hagen: Vous êtes rentré dans les cuisines? Comment vous avez fait?
Bill: Ben, par le soupirail, celui qui donne sur le terrain de sport. C'est le seul qui n'a pas de barreaux.
Tom: Et il dit ça comme une évidence...
Bill: Attends, avant que tu me forces à manger, et à descendre au réfectoire, c'est à dire l'année dernière, il fallait bien que je me débrouille quand j'avais faim.

Georg lui prit le sachet des mains et le roula dans une serviette et l'appliqua tout doucement sur les bleus de Gustav, lequel se laissa faire en soupirant de douleur de temps à autre.

Mlle Hagen: Bill, l'année dernière, vous n'avez pas pris un seul repas au réfectoire?
Bill, un peu gêné: Oh, si... Mais...
Mlle Hagen: Si vous étiez venus me parler...
Tom: Vous avez bien dû voir qu'on l'emmerdait au réfectoire, non? Vous auriez pu faire quelque chose!
Bill: Tom, ne parle pas aussi méchamment! Mlle Hagen a toujours pris ma défense, tant qu'elle a pu!
Mlle Hagen: Laissez, Bill. Seulement l'année dernière, je ne me suis occupée ni des dortoirs, ni de la surveillance du réfectoire. Je n'étais ici que la moitié du temps.
Bill: Mais ça aurait été pire sans elle, tu sais.
Tom: Vous étiez où l'autre moitié?
Mlle Hagen: Boh, tant qu'on y est à se révéler nos vies... L'autre moitié, je finissais mon premier contrat. A savoir donner des cours de soutien en maths dans les maisons de correction pour les jeunes et dans les prisons pour les adultes. Pas que en maths, d'ailleurs. Je faisais un peu tout.
Gustav: Waouh.
Georg: Mais ça devait être dur, non?
Mlle Hagen: Horrible. C'est pour ça que j'ai arrêté. J'en pouvais plus. Je rencontrais des gamins de quatorze ans qui ne savaient pas lire, ou des mecs qui avaient été en classe avec moi. Bien sûr, le plus dur, c'était pour eux.
Bill: Quand vous veniez me voir pour savoir si je m'en sortais, ça se voyait que vous aviez pleuré.
Mlle Hagen: Ouais, je sais. Nerveusement, je ne tenais pas. Gustav, si j'arrive à enlever votre soeur de mes jambes, je pourrais peut-être aller chercher un pansement pour votre nez.
Tom: Laissez, j'y vais. C'est où?
Mlle Hagen: Dans ma chambre, l'armoire à pharmacie.

Elle tira de son soutien gorge un trousseau de clé, et le lança à Tom.

Mlle Hagen: Celle qui est directement accrochée à l'anneau avec le nounours, c'est la clé de ma chambre. Et la petite avec l'étiquette rouge où c'est marqué...
Tom: Où c'est marqué "pharmacie"? Je me doute qu'elle ouvre l'armoire à pharmacie
Bill: Bien joué, Sherlock.
Tom: Oh, la ferme, toi, hein.
Bill: Yes, moi aussi je t'aime

Tom partit en riant mais Mlle Hagen gueula pour le rappeler. Franziska lui envoya alors une claque sur la cuisse.
Franziska: Moins fort, dépravée...
Gustav: Je suis vraiment désolée Mlle. Elle est ivre morte.
Mlle Hagen: Y a pas de mal Gustav. Vraiment. Tout à l'heure, elle poussait le nez contre ma jupe pour savoir si j'étais rousse ou pas.
Gustav: Super, merci le plan de honte
Mlle Hagen: Détendez vous Gustav. Ce n'est pas si grave que ça. En plus j'ai une culotte.
Tom: Dites Mlle, c'est moi où ce soir, personne ne vous a renversé votre bloody mary, du coup vous l'avez bu?
Mlle Hagen: Quoi, vous me trouvez saoule?
Tom: *Bah à ton avis c'est rare qu'une femme sobre affirme avec autant de conviction qu'elle porte une culotte enfin bon je vous dois ma première vraie nuit d'amour, je vais dire non*: Non, pas du tout.
Mlle Hagen: Ah, vous voyez. Hips.
Tom: Et je prends quoi, dans l'armoire à pharmacie?
Mlle Hagen: Ma trousse, sur l'étagère du haut. Il y a des petits éléphants dessus.
Georg: Des éléphants roses?
Mlle Hagen: Vous, encore une manifestation de causticité comme celle là, et jeudi, le réveil, c'est avec Georgia on my mind de Ray Charles et ce jusqu'à Noël!

Tom sortit de la chambre, mort de rire. Entre les chaussons lapins, le porte clé nounours et la trousse de secours avec des éléphants, il se dit que Mlle Hagen avait décidément un problème avec les animaux.
Il pénétra dans la chambre de Mlle Hagen.
Le lit était recouvert d'un couvre lit en patchwork, au-dessus du bureau, et jusqu'au plafond, il y avait des posters de Marilyn Manson, David Bowie, Lou Reed, Iggy Pop, AC/DC, Jim Morrison. Le bureau était tout bien organisé, mais les étagères débordaient de livres. Sur le bureau, et aussi tout autour du lit, elle avait semé des porte encens certains avec des bâtons d'encens tout neuf, d'autres qui avaient fini de brûler, et en effet, ça sentait trop bon dans sa chambre.
Tom se glissa jusque dans la salle de bains, c'était la première fois qu'il pénétrait un intérieur de fille, il s'amusait beaucoup, il sourit en voyant une culotte et deux paires de collants mis à sécher sur le rebord de la baignoire. L'armoire à pharmacie débordait de flacons, de pommades, de bandes, de pansements, mais aussi de capotes et de lubrifiants. Il y avait aussi un paquet de serviettes hygiéniques dont il ne comprenait pas l'utilité. Il prit la trousse et revint dans la chambre en ayant la sensation d'être James Bond.
Dans la chambre, Mlle Hagen avait fait s'asseoir Gustav près d'elle, Franziska refusait de bouger, Georg se balançait tout doucement sur la chaise de bureau en souriant comme un con, Bill se démaquillait.
Tom tendit la trousse de soins à Mlle Hagen et alla s'asseoir sur le bureau de Bill.

Mlle Hagen: Merci mon grand.
Tom: Dites, Mlle... Je peux vous demander un truc?
Mlle Hagen: Oui?
Tom: Pourquoi dans votre pharmacie vous avez des serviettes hygiéniques? Il n'y a que des garçons ici!
Mlle Hagen: Et moi, je suis quoi?

Tom eut soudain l'air tellement bête que Gustav et Georg éclatèrent de rire. Il n'y avait pas pensé. Il n'avait pas pensé que Mlle Hagen était une fille comme les autres et qu'elle avait les mêmes problèmes. Et il réalisa tout à coup que depuis des années il divisait la gent féminine en deux catégories: les vieilles, c'est à dire les adultes, les salopes ménopausées de St Andrews, l'infirmière vacharde qui l'avait gavé comme une oie au réfectoire devant tout le monde, la salope de prof d'allemand qui lui tirait sur les dreads chaque fois qu'elle passait près de lui, et de l'autre côté, les adolescentes, qui n'avaient que très peu évoqué le sujet de leurs règles avec lui, et pour cause, on ne leur expliquait pratiquement pas ce qui leur arrivait, à St Andrews.
Il restait un peu abruti par la découverte de cette réalité.

Tom: Ah ben ouais, j'y avais pas pensé!
Georg: Et le prix de l'intelligence revient cette année à... *roulements de tambour*... Tom Trümper!

Pendant ce temps là, Mlle Hagen souriait mais ne disait rien, elle s'appliquait à mettre un pansement sur le nez de Gustav. Quand à Tom, d'évoquer des souvenirs aussi tristes, ça lui avait donné un gros besoin d'affection. Il alla retrouver Bill dans la salle de bains.
Bill rebouchait son flacon de lait démaquillant lorsqu'il vit Tom et ses yeux de chiens battus dans le miroir.

Bill: Hé, qu'est-ce qu'il y a? Tu ne te sens pas bien?
Tom: Je voudrais un câlin.
Bill: Un câlin cochon? Y a encore un peu de monde dans ma piaule tu sais.
Tom: Non, un câlin câlin. J'ai le cafard.

Bill le prit dans ses bras sans rien dire de plus. Il savait ce que c'était, oh oui, il le savait. Cette espèce de tristesse insidieuse, cette noirceur qui vous envahit la tête alors que tout est censé aller bien, cette brume lugubre qui vous descend directement du cerveau dans le ventre sans qu'on puisse rien y faire, il ne la connaissait que trop bien. Il caressa tout doucement la nuque de Tom et ne fut même pas surpris de l'entendre pleurer. Il attendit un peu qu'il se calme et lui parla pour lui changer les idées.

Bill: Tu sais, vu que Franziska ne va pas vouloir bouger, on peut peut-être laisser ma chambre aux filles et dormir dans la tienne?
Mlle Hagen (depuis le lit): Vous n'êtes pas obligé les garçons, on peut se débrouiller...
Gustav: Oui, elle est saoule mais si on lui explique gentiment...
Tom: Non, c'est bon, je peux dormir avec Bill
Georg: Moi je resterais avec Gustav!
Gustav: Pourquoi? Enfin, c'est pas que je veux pas hein, attention.
Georg: T'as pas envie de parler de ce qui te chiffonne jusqu'à t'endormir d'épuisement peut-être? On avait fait ça après le coup du voeu de chasteté, et ça allait mieux après il me semble.
Gustav: Ouais, mais t'es pas obligé.
Georg: Pas de problème mon vieux.

Mlle Hagen avait fini de le soigner, il avait l'air d'un boxeur. Tom s'était calmé, mais il lui restait quand même un fond de tristesse. Bill et Gustav recouvrirent Franziska d'une couverture pendant que Georg enroulait Mlle Hagen dans une autre couverture, elle était toujours en position demi- assise et toujours bloquée par une blonde de cinquante kilos couchée sur les jambes. Ils éteignirent, et sortirent de la chambre de Bill. Autant Georg et Bill avaient l'air relativement en forme, autant Gustav et Tom avaient l'air de deux loques déprimées.
Georg et Bill prirent donc chacun une loque sous le bras et les entraînèrent dans les chambres, après s'être dit bonne nuit.

Dans la chambre de Tom.
Bill: Allez, allonge toi.
Tom: Il faut que je retire mon pantalon, attends...
Bill: Non, laisse, je vais le faire. Allonge toi.

Tom se laissa faire, il croisa les mains derrière la tête et sentit Bill déboucler tout doucement la ceinture, défaire la braguette et tirer doucement sur le pantalon pour le faire descendre. Il ne faisait pas du tout ça comme lorsqu'ils se déshabillaient avant de faire l'amour, là il était tout tendre, comme une maman. Tom se mordit les lèvres pour ne pas se remettre à pleurer. Maman... Il ne savait ni qui elle était, ni pourquoi il avait vécu à l'orphelinat, pourquoi elle l'avait abandonné, mais l'idée de "maman" le rendait épouvantablement triste.

- Qu'est-ce que tu as, Tom?
- Rien, t'inquiète pas.
- On dirait que tu as envie de pleurer, de nouveau.
- Ouais, mais je sais pas trop pourquoi. Tout va bien pourtant. Je t'ai, toi, on a fait l'amour enfin pour la première fois, et c'était une vraie réussite, je t'aime, tu m'aime, Mlle Hagen est une vraie mère poule, les deux G sont vraiment des mecs bien...
- Tu sais, ça sert à rien de chercher des arguments pour te prouver que tu devrais aller bien alors qu'en vrai ça ne va pas du tout. T'as le droit d'être triste, même si tu te sens coupable. Et crois moi, je connais le problème.
- Oui?
- Oui. C'est le contre coup de tout ce qu'on a fait. Rajoute l'alcool et le manque de sommeil, et tu comprendras pourquoi t'es tout triste.
- Parce que je suis fatigué?
- Exactement.


Bill commença à caresser le torse de Tom, puis le ventre, et par réflexe la virilité de Tom se dressa.

Bill: Allez, tourne toi sur le ventre.
Tom: Quoi? Mais...
Bill: Fais ce que je te dis!

Tom obéit, se retourna, s'étendit sur le ventre et sursauta lorsque sa verge gonflée entra en contact avec le drap. Il sentit Bill s'asseoir à califfourchon sur ses cuisses, et lui faire couler un liquide froid dans le dos. Tom sursauta.

- C'est quoi?
- Une lotion de massage. Je l'ai pas réchauffée dans mes mains avant, j'avais envie de te faire réagir un peu.


Tom ne répondit pas, et se cramponna à un oreiller en fermant les yeux. Bill le massait lentement, mais fortement, dénouant les muscles de son cou, de ses épaules, de plus en plus bas, et à chaque secousse le sexe de Tom frottait un peu plus contre le drap.

- Tom, tu dis si je te fais mal.
- Non, ça va. C'est parfait...


Quand Bill en arriva aux fesses de Tom, celui-ci n'attendait même plus la secousse du massage pour se frotter contre le drap, il se masturbait carrément, mais Bill, imperturbable, continuait. Il introduit un doigt et appuya légèrement ses caresses dans l'entrejambe de Tom au moment où il s'agitait le plus pour le faire jouir. Mais alors que Tom soupirait d'aise après avoir joui, Bill continua son massage, tout doucement, et plus chastement cette fois ci, et ne s'arrêta que lorsque Tom fut endormi.
Il s'écarta très lentement de Tom pour ne pas le réveiller, et debout, à côté du long corps de son amant étendu sublimement sur le lit, corps dont il ne pouvait ni ne pouvait détacher les yeux, il se masturba longuement, car tenir ainsi dans ses mains le corps de Tom le bouleversait littéralement.
Il tourna un peu en rond, se lava les mains, éteignit les lumières, fit toutes les petites conneries qu'on fait quand on a pas vraiment envie de se coucher, se glissa auprès de Tom sans le frôler pour ne pas le réveiller, et lissa les joues de Tom du plat de la main pour vérifier qu'il ne pleurait plus.
Mais dès que Tom le sentit près de lui, il se serra tout contre, en dormant, et posa sa tête sur la poitrine de Bill.
Bill, lui, attendit patiemment que le sommeil le gagne en jouant avec une dread, et s'endormit en quelques secondes.

Dans la chambre de Gustav

Gustav avait une terrible migraine toutes les fois qu'il baissait la tête, alors Georg dut se dévouer pour l'aider à baisser son pantalon et enfiler son bas de pyjama. Gustav ne poussa pas la perversité jusqu'à lui demander de l'aider à retirer son caleçon, de toute façon il n'avait pas la tête à ça.
Il se laissa aussi mettre au lit par Georg, lequel, après avoir rabattu les couvertures, alla s'asseoir en tailleur au bout du lit.
Il avait juste retiré ses chaussures et débouclé sa ceinture de pantalon, mais simplement pour se mettre à l'aise, pas pour autre chose, il était encore tout rempli du souvenir de Brenda.
Il remonta le moral de Gustav tant qu'il put, et comme il se faisait super tard, Gustav tira la couverture et invita Georg à s'étendre avec lui.

Georg: T'es sûr que ça te dérange pas? Je peux aller me coucher aussi, tu sais...
Gustav: Non, reste un peu, me laisse pas tout seul... En plus ça fait une heure qu'on parle de moi, je ne t'ai même pas demandé des détails sur toi et ta louloute.
Georg: Brenda? Oh, ben bien. Très bien. Une vraie bête de sexe, mais je sais pas si elle est ok niveau sentiment.
Gustav: En même temps, tu ne la connais pas encore.
Georg: Je sais même pas si j'ai envie de la connaître. Je la trouve désirable, mais ça s'arrête là.
Gustav: Arrête de bouder ton plaisir parce que je viens de me faire lourder de la pire des manières. En dedans, tu es gai comme un ouistiti.
Georg: "Comme un ouistiti"?
Gustav: J'en ai marre de dire "pinson".
Georg: C'est vrai, je me sens bien.
Gustav: Et ça me fait plaisir pour toi mon pépère.

Et brusquement, alors qu'il ne s'y attendait pas, Georg se retourna vers Gustav et l'embrassa à pleine bouche. Et alors que Georg ne s'y attendait pas non plus, Gustav se laissa faire. Lorsqu'il eut fini:

Gustav: Oui Georg, je peux savoir ce qu'il t'a pris?
Georg: Oh, écoute, l'amour aussi ça se partage.

# Posté le jeudi 28 août 2008 19:34

Modifié le mardi 05 mai 2009 18:16

Chapitre 27. Sex sex sex and don't forget the violence

Chapitre 27. Sex sex sex and don't forget the violence
Dans la chambre de Bill
Le soleil se levait tout doucement sur cet internat de dépravé. Mlle Hagen avait dormi le visage en face de la fenêtre, Franziska n'ayant pas bougé de ses jambes, et se prit les rayons du soleil dans la gueule en grognant.
Franziska se décida enfin à bouger, s'étira en baillant. Son visage ne laissait rien paraître des affres de la nuit, elle était fraîche comme le jour.
Mlle Hagen la regardait faire, amusée.

- Bonjour Franziska.
- Hey, bonjour! On a passé la nuit ensemble?
- On dirait. En tout bien tout honneur, je te rassure.
- Bof, c'est pas un truc qui m'angoisse.
- Je sais...
- On est où là?
- Dans la chambre de Bill.
- C'est qui, Bill?
- Je t'ai parlé de mes deux élèves qui sont en plein romans d'amour?
- Ah, c'est celui avec les dreads?
- Non, ça, c'est Tom. Bill, c'est l'autre.
- Celui qui se maquille.
- Oui. Enfin, le brun.
- Il est trooooooooooop mignon.
- Ouais. Mais il est pris.
- Oui, je sais, il est gay.
- C'est pire que ça. Il est amoureux de Tom. Viscéralement. Ce sera dur, voire impossible pour lui, d'aimer quelqu'un d'autre avec cette force.
- Tu n'as jamais remarqué que leur visage se ressemblaient, à tes deux loulous?
- Ecoute Franziska, j'ai mal au crâne, j'ai faim, je suis toute vermoulue d'avoir dormi comme ça, je n'ai même pas pu retirer mon soutien gorge parce que tu m'empêchais de bouger, je voudrais bien qu'on se lave et qu'on se change, et puis qu'on bouffe! D'accord?
- Oui, oui, oh la la, quel caractère...


Dans la chambre de Gustav
Autant Georg pouvait faire des nuits de dix sept heures, autant Gustav se réveillait toujours trop tôt. Ce qui est bien embêtant quand on a trop tendance à cogiter.
Il repensa à Rebecca sitôt qu'il ouvrit les yeux, surtout à cause de la terrible migraine qui commençait à l'envahir, ça partait de la cloison nasale et ça remontait jusqu'à l'occiput. Il tourna lentement la tête et sursauta en voyant Georg ronfler comme pas possible juste à côté, il avait l'air d'un hobbit.
Il se souvint, alors, du baiser, de l'amour qui se partage...
Bon, d'accord, Georg est plus mignon qu'un hobbit. Beaucoup plus.
Hola, Gustav, qu'est-ce qu'il te prend? C'est à cause de Rebecca, maintenant tu vois toutes comme des garces, mais ce n'est pas pour ça que tu es attiré par les garçons.
Seulement...
Seulement la chaude amitié d'un pote ça vaut tout l'or du monde quand rien ne va plus. Et Georg était toujours là quand il le fallait.
Georg, se sentant peut-être observé, s'agita et ouvrit les yeux. Pour masquer son trouble naissant, Gustav sortit la première connerie qui lui passa par la tête, malheureusement cette première connerie ce fut:

Alors, bien dormi mon tout beau?

Tête de Georg, qui venait de rêver de Brenda.


Dans la chambre de Tom
Bill se réveilla le premier, et sauta sous la douche. Enfin, après avoir négocié avec Tom encore aux trois quarts pas encore là, qui dormait sur sa poitrine et qui ne voulait pas s'en aller. Finalement Tom se retourna en grognant, et Bill lui glissa son oreiller sous la tête pour qu'il puisse se vautrer dans son odeur.
Il se glissa sous la douche, et pendant qu'il s'inondait, il repensa à la nuit qui venait de s'écouler. A cause de l'arrivée tonitruante de Gustav, de sa soeur bourrée, de Allen, de Friedrich, et de Mlle Hagen, il en avait presque oublié que cette nuit avait été la nuit de leur première fois, à Tom et lui. Leur nuit.
Ad augusta per angusta disait une baderne latine de type cicéronnien.
A des résultats grandioses par des voies étroites.
Quelle parfaite définition de la sodomie.
Bill sortit de la douche, noua une serviette autour de sa taille et commença de se brosser les cheveux. Il sursauta en voyant le reflet de Tom dans le miroir en face de lui. Un bref coup d'oeil vers l'arrière l'informa que Tom était entièrement nu et très en forme.

- Déjà réveillé?
- Oui. T'entendre sous la douche, ça m'a donné un coup de fouet.
- C'est quoi, ce sourire lubrique?
- Devine.


Et Tom montra le flacon de lubrifiant qu'il avait récupéré, sans rien dire à personne, dans la chambre avant de laisser dormir Mlle Hagen et Franziska.
Pour toute réponse, Bill dénoua sa serviette et la laissa tomber à ses pieds.
Tom se glissa tout contre lui, et le caressa, d'abord assez chastement, le dos, la poitrine, le ventre, mais Bill, lança une main en arrière, l'empoigna par la nuque, et, d'un coup de cul dans le bas ventre, montra que ce n'était pas de gentilles caresses qu'il voulait.
Tom se ressaisit, et se recula un peu.

Bill, penche toi en avant. Ecarte les jambes. C'est bien.

Tom fit alors couler le lubrifiant, Bill gémissait déjà, mais Tom le prépara exactement comme la veille, lui caressant aussi le sexe pour l'exciter un maximum. Bill se cramponnait au lavabo, mais ses jambes tremblaient déjà lorsque Tom le pénétra, et il avait à peine entamé le mouvement de va et vient que Bill criait déjà comme aux abords du 7° ciel.
Alors il fit ce que tout amant sait faire lorsque l'autre vient trop vite et que ça va gâcher l'instant.
Il se retira.
Bill se retourna, hors de souffle, et outré.

- Pourquoi tu fais ça? Prends moi!
- Non, Bill, il faut que tu redescendes un peu.
- Comment peux-tu...


Bill fut coupé dans ses protestations par Tom qui le maintenait penché en avant d'une main, et qui, de l'autre, lui caressait la verge. Bill était partagé par le plaisir grandissant qu'il en retirait et le fait qu'il voulait que Tom lui fasse l'amour.

Non, Tom... Je ne veux pas... Mmmh... Pas comme ça...
Mais il jouit tout de même dans la main de Tom en criant de plaisir.

- Pourquoi tu as fait ça, Tom? Ce n'est pas ce que...
- Tu étais trop excité, ça allait trop vite. Il fallait que tu te calmes un peu.
- Tu es sadique.
- Et toi, pervers. Tu es toujours en érection...


Après un petit rire complice et un baiser, Tom demanda à Bill de se remettre en position, remit du lubrifiant parce qu'on ne sait jamais, mais n'eut aucun besoin de le préparer de nouveau, parce que Bill n'aurait pas pu être plus prêt à la pénétration qu'il ne l'était.
Tom le pénétra donc, et entama le mouvement de va et vient, et ils découvrirent tous les deux en gémissant de plus en plus fort le plaisir pervers et narcissique qu'il y a à se regarder faire l'amour dans un miroir.
Bill en fut quitte pour retourner sous la douche, avec Tom pour le laver, cette fois là.

Quelques minutes plus tard, tous les deux en boxer et enlacés sur le lit, Bill interrompit leur baiser.

- Dis Tom, tu sais ce qui me ferait plaisir?
- Non mon chaton. Mais je t'écoute.
- Je voudrais que tu joues de la guitare pour moi.
- D'accord, mais alors je veux que tu me lises un de tes poèmes.
- Je...
- Ah, non, ne proteste pas. Jouer de la guitare c'est aussi intime que lire un poème.
- D'accord, mon cahier est dans ma chambre, je vais le chercher, bouge pas.


Bill sortit de la chambre en boxer, dans le couloir désert, et rentra dans sa chambre. Les filles étaient parties. D'ailleurs, il avait entendu des rires et des bruits d'eau venant de la chambre de Mlle Hagen. Il prit le carnet dans un tiroir, un peu stressé, il n'avait jamais montré ses poèmes à personne, et ressortit de la chambre.
Et c'est là qu'il sentit qu'on lui fracassait quelque chose sur le crâne. Il eut une douleur terrible, un énorme flash blanc, et il s'écroula sur le pas de la porte de sa chambre.
Inconscient, le visage livide, effondré sur le sol, et une goutte de sang qui coulait le long de sa tempe...

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Et voilà mes lectrices d'amour, un petit chapitre à suspense pour fêter le passage des 500 comms!
Merci à toutes, vous êtes géniales.
Alors, qui a fait ça? Est-ce qu'il va s'en sortir? Comment Tom va réagir? Vous le saurez dans le prochain épisode de notre grand feuilleton "Yaoi à l'internat"
*musique de générique de soap opera de type The Fires of love" douuuu douuuuuuuuu doudoudoudouuuuu
Jvous naime mes louloutes.
Edit: je vous mets la suite dès que possible, mais nom de nom, l'homo homophobe dans l'histoire c'est ni Friedrich ni Allen, c'est Hans, bande de buses!
Jvous n'aime quand même.

# Posté le samedi 30 août 2008 19:24

Modifié le mardi 05 mai 2009 18:16