Les mots tournent en boucle dans la tête de Bill.
Tout ce que tu veux
C'était exactement ce qu'il fallait lui dire.
Tom alla s'asseoir dans le lit, adossé aux oreillers, il ne s'est pas mis torse nu, ce sera pour tout à l'heure. Bill a désespérément cherché une musique pour se déshabiller dessus, mais il s'emmêle, son cerveau est troublé, il ne sait pas ce qu'il veut. Bon, tant pis, en désespoir de cause, il prend au hasard Sleeping with ghosts de Placebo et le tend à Tom.
- Je mets laquelle? demande Tom.
- Euh... Running up that hill, la reprise.
- D'accord. Et pour moi, ce sera quoi?
- Plasticine dit Bill après un moment de réflexion.
Tom hoche la tête, il a envie de lui faire plaisir ce soir, et c'est vrai que faire un strip tease sur du Samy Deluxe, euh... Pas terrible.
La musique commence.
It doesn't hurt me
Bill dégrafe ses colliers et se balançant tout doucement. Il les lance sur le bureau. Ils font un bruit cristallin, agréable, le métal de pacotille qui percute le bois.
Do you want to hear about the deal I'm making
You, it's you and me
"Est-ce que tu veux savoir l'accord que je passe? Toi, c'est toi et moi". Tom sourit au derniers vers, pendant que Bill retire lentement son T-shirt, la peau se dévoile centimètre par centimètre, en même temps il fait des espèces de ronds de jambe, Tom se demande à quoi ça peut rimer, en fait c'était pour enlever ses chaussures.
Comme la fois d'avant, Tom reçoit le T-shirt en plein visage, mais cette fois-ci, plutôt que de l'écarter très vite pour regarder de nouveau Bill, il prend le temps de le tenir dans ses mains, contre son visage, il respire fortement l'odeur de Bill, le T-shirt est encore tout chaud de la chaleur de son amant, presque aussi vivant que lui. Bill continue de se dandiner en rythme, il attend simplement que Tom ait fini de jouer avec le T-shirt.
Is there so much hate for the one we love?
Tell me we both matter, don't we?
La fermeture éclair du pantalon cigarette vient de céder, voilà le moment que Tom préfère, celui où, peu à peu, le pantalon est descendu, où apparaît le boxer de Bill, et au delà, toute son intimité, sa virilité, toute la source du désir. Bill laisse tomber son pantalon et le laisse juste à côté, il est beaucoup trop lourd pour être lancé, c'est pas une bataille de vêtements non plus.
It's you and me
It's you and me wont be unhappy
Au moment où Bill glisse deux doigts dans l'élastique de son boxer et commence à le faire descendre doucement, Tom a une érection monumentale, violente.
Quand la chanson se termine, Bill est tout nu. Il croise les bras face à Tom, sans honte, sans pudeur. Il a l'air très à l'aise, ravi d'être dans cette position. Il a un petit sourire vicelard.
Tom respire profondément.
- Tom, tu peux enclencher Plasticine maintenant ?
- Euh, Bill...
- Ah non, tu ne vas pas te défiler!
- Non. Mais d'abord, je ne sais pas danser.
- On s'en fout! Tu suis le rythme, et voilà! Ce que je veux surtout, c'est te voir à poil, moi!
- D'accord, mais toi tu as l'air de te contrôler. Moi, je suis plus vraiment calme là.
- Tu te défiles?
- Ok, t'as gagné.
Tom se penche, il trifouille les boutons et lance Plasticine. Puis il se lève, houla, marcher lui devient difficile, il n'a qu'une envie, jouir, et il faut encore qu'il fasse le con pour mettre Bill dans le même état. Bill s'est rué dans le lit, à poil, il ne bande pas encore, il s'assied et se met à l'aise. Il sait que Tom est un peu gêné de faire ça, et de le voir tout troublé comme ça, Bill se sent diablement excité, il sent déjà les premiers papillons s'agiter dans son ventre.
Tom se place bien en face de Bill et commence à se tortiller. Pas terrible. Il est gêné, il se sent con, il ne sait pas comment faire, il sait qu'il a l'air aussi gracieux qu'un canard en plomb, il regarde Bill, mort de honte.
Beauty lies inside the eye of another youthful dream
Bill lui fait un sourire et le regarde exactement comme Roxanne dans Cyrano de Bergerac quand elle dit rien ne peut me le rendre grotesque, bah voilà, c'est ça, dans les yeux de Bill Tom ne sera jamais ridicule, du coup il entame un très joli déhanché en dénouant le bandeau autour de ses dreads, puis l'élastique, il fait un peu l'idiot avec son T-shirt extra large mais il finit par le retirer et le faire tournoyer au-dessus de sa tête avant de le lâcher.
That doesn't sell its soul for self- esteem
That's not plasticine
Tom se déhanche un bon moment avant de retirer la ceinture qui retient son baggy, parce qu'il sait qu'à partir du moment où il l'aura retirée son pantalon lui tombera sur les chevilles, Bill le sait aussi, il est déjà en érection.
Don't forget to be the way you are
Et voilà, Tom est en boxer, le tissu est tellement tendu que ça en devient douloureux, Bill met la main sur sa bouche, il ne se souvenait pas de quelque chose d'aussi spectaculaire.
- Je t'avais prévenu, Bill. J'ai perdu mon calme il y a longtemps.
- Non, mais c'est parfait. C'est magnifique.
Tom a un peu de mal à virer son boxer, puis c'est bon, il est libre. Il regarde Bill, il est dans le même état.
N'y tenant plus, Bill se lève et va le prendre dans ses bras. Tom, au contact de la peau de son amant, de sa chaleur, est comme électrisé, leur virilité sont en contact à présent, ils en ont le souffle coupé. Bill a les bras passé autour des épaules de Tom, et lui caresse la nuque tout en l'embrassant langoureusement.
Tom a brusquement une idée bizarre. Il passe les mains sous les fesses de Bill, le soulève, Bill écarte légèrement les jambes et se laisse porter, Tom le dépose sur le bureau, heureusement bien rangé, l'avantage d'être dans la chambre de Bill.
Tom lui écarte doucement les genoux, Bill a compris, il enserre la taille de Tom avec ses jambes, ils sont plaqués, l'un contre l'autre, virilité contre virilité, Bill gémit sourdement et dans la folie de l'instant plante ses ongles dans les épaules de Tom, alors commence leur mouvement de va et vient.
Pour être sûr de les conduire là où ils veulent aller, Tom tient fermement les hanches de Bill et maintient son bassin étroitement serré au sien, Bill le laisse tout faire, il se contente de l'encourager par ses caresses.
- Haaaaaaan... Tommmmm...
Plus l'orgasme monte, plus Tom sent les muscles des jambes de Bill se contracter contre lui, cela l'excite encore davantage, il s'agite, il sent la main de Bill serrer sa nuque de plus en plus fort, comme font les chats pour dominer leur femelle sauf qu'eux c'est en les mordant, à chaque respiration la poitrine de Bill percute la sienne, à chaque gémissement tout explose dans son cerveau, il n'a plus de retenue, il n'y a plus de limite, le monde commence et se termine là, et l'odeur entêtante de la jouissance se fait de plus en plus forte, et...
- AAAAAAH!
- Yiiihh... Mmh
C'est comme si toute la tension musculaire tombait tout à coup, Bill s'effondre dans les bras de Tom, les jambes de Tom tremblent, ils sont en sueur, ils sont hors de souffle, mais ils se sentent tellement bien, ils n'ont pris aucune précaution, Tom a gueulé de plaisir et Bill a gémi comme une chienne dans l'orgasme.
En fait, ils ont simplement éteint la lumière, pour qu'on ne puisse pas faire de différence avec la chambre de Tom, où aucune lumière ne pouvait être allumée puisqu'elle était vide.
Ils finissent par se séparer, Bill reste assis sur le bureau et Tom va vite chercher une serviette pour essuyer un peu la sueur et la semence avant que Bill ne recommence à s'en mettre partout.
Il essuie Bill, tout doucement, et l'autre se laisse faire, il a encore les yeux brillants, il n'est pas encore tout à fait redescendu.
- Tom, je pense à quelque chose...
- Oui, quoi?
- Tu sais que si les autres savaient, on s'en prendrait plein la gueule? Surtout moi!
- Oh ce serait aussi moche pour toi que pour moi...
- Pas sûr. Mais bon. Vu l'heure, ils dorment tous, et il n'y a personne dans le couloir.
- Oui, et ?
- Et si on sortait, juste dans le couloir, tout nu, comme nous sommes, et qu'on s'embrassait?
- Au risque que tout le monde nous voie?
- Oui. C'est ça le jeu.
- Ok.
Pas une ombre d'hésitation. Tom serait prêt à toutes les audaces. Il n'a pas peur qu'on le voie, et même, si on le voyait, ce serait une bonne occasion de dire "bah vous voyez? lui, je l'aime!".
Bill, c'est autre chose qu'il cherche. Il a toujours l'air de vouloir prendre sa revanche sur la vie. Il veut provoquer, encore, encore, toujours, il veut prouver qui il est.
Il saute au bas du bureau et entraîne Tom vers la porte. Tom le freine.
- Attends, attends.
- Quoi?
Tom, sans répondre, attrappe un des colliers, celui avec la tête de mort argentée et la passe au cou de Bill. Bill le regarde, sans comprendre.
- Tu es sublime, comme ça
Bill fait un beau sourire, et tout doucement, sans un bruit, il va ouvrir la porte. Comme de juste, il n'y a plus aucun rai de lumière qui passe sous les portes, plus un bruit, on perçoit même quelques ronflements. Tom va s'adosser au mur et Bill va se placer juste devant lui, il le cache presque entièrement, et pose ses lèvres sur les siennes, pendant que les mains de Tom vont se perdre dans ses cheveux.
Leur baiser est long, langoureux, mais ils angoissent un peu quand même.
Un craquement du plancher les fait sursauter, en fait c'est Bill en faisant basculer le poids de son corps d'une jambe sur l'autre. Mais comme ils ne peuvent pas le savoir, ils achèvent leur baiser et rentrent posément dans leur chambre. Bill prend quand même la précaution de remettre le verrou. Ils sont tout excités d'avoir réussi leur coup.
Bill guide ensuite Tom vers le lit et l'allonge. Ils parlent très peu, ils ont mieux à faire. Tom écarte un peu les jambes, Bill s'y précipite, il se rue sur la verge de nouveau en pleine action de Tom, la saisit entre ses lèvres, la serre un peu rien que pour voir Tom avoir un sursaut de plaisir, et commence le mouvement de va et vient, appuyé sur ses avant bras.
Pour une fois Tom se sent venir et repousse le visage de Bill juste à temps, il attrappe la serviette qu'il avait jetée pas loin, jouit dedans et s'essuie. Bill, couché sur le côté, le regarde faire d'un air attendri. Il constate aussi avec joie que l'orgasme ne l'a pas fait débander, ou alors c'est revenu très vite.
Bill rampe pour se mettre à la hauteur de Tom, face à face, toujours appuyé sur ses coudes, entre les cuisses éartées de Tom. Leur verge placées l'une contre l'autre décuplent leur désir, leur excitation, leur envie.
Ils se caressent, d'abord très lentement, puis de plus en plus vite, de plus en plus fort. Tom caresse les fesses de Bill d'une main, l'autre, il en humidifie patiemment l'index et le majeur puis il se glisse lentement entre les fesses de Bill et enfonce son index. Bill sursaute comme sous un électrochocs, mais un gémissement de plaisir lui échappe, alors Tom en enfonce un deuxième, deuxième sursaut, là Bill crie presque, il ne sait plus trop si c'est bon ou si ça lui fait mal, puis il ne ressent plus que le plaisir, quelques secondes plus tard, ils explosent littéralement.
Bill roule sur le côté, d'épuisement. Tom ne vaut pas mieux, il lui reste quelques secondes, il repousse les couvertures sur lesquelles ils ont fait l'amour, et la rabat sur Bill et lui.
La main de Bill s'agite faiblement sous le drap, il cherche la main de Tom.
Tom arrive encore à prendre la main de son amant. Après, ses yeux se ferment, sa tête roule sur le côté, il dort aussi.
On ne s'imagine pas à quel point c'est fragile, deux petites âmes de seize ans...
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Tudieu, je viens de dépasser les 200 commentaires, comment c'est trop la classe! Alors merci à toutes, vraiment.
Il serait pas trois heures du matin, j'aurais pas les yeux explosés, je mettrais vos noms (ou du moins ceux de votre blog) pour vous remercier, mais là je suis naze, j'éditerai demain.

