Chapitre 19. Protect me from what I want

Chapitre 19. Protect me from what I want
Pervers, catins, vicieux, cochons, sexy, dépravés
Les mots tournent en boucle dans la tête de Bill.

Tout ce que tu veux
C'était exactement ce qu'il fallait lui dire.
Tom alla s'asseoir dans le lit, adossé aux oreillers, il ne s'est pas mis torse nu, ce sera pour tout à l'heure. Bill a désespérément cherché une musique pour se déshabiller dessus, mais il s'emmêle, son cerveau est troublé, il ne sait pas ce qu'il veut. Bon, tant pis, en désespoir de cause, il prend au hasard Sleeping with ghosts de Placebo et le tend à Tom.

- Je mets laquelle? demande Tom.
- Euh... Running up that hill, la reprise.
- D'accord. Et pour moi, ce sera quoi?
- Plasticine
dit Bill après un moment de réflexion.

Tom hoche la tête, il a envie de lui faire plaisir ce soir, et c'est vrai que faire un strip tease sur du Samy Deluxe, euh... Pas terrible.
La musique commence.
It doesn't hurt me
Bill dégrafe ses colliers et se balançant tout doucement. Il les lance sur le bureau. Ils font un bruit cristallin, agréable, le métal de pacotille qui percute le bois.

Do you want to hear about the deal I'm making
You, it's you and me


"Est-ce que tu veux savoir l'accord que je passe? Toi, c'est toi et moi". Tom sourit au derniers vers, pendant que Bill retire lentement son T-shirt, la peau se dévoile centimètre par centimètre, en même temps il fait des espèces de ronds de jambe, Tom se demande à quoi ça peut rimer, en fait c'était pour enlever ses chaussures.
Comme la fois d'avant, Tom reçoit le T-shirt en plein visage, mais cette fois-ci, plutôt que de l'écarter très vite pour regarder de nouveau Bill, il prend le temps de le tenir dans ses mains, contre son visage, il respire fortement l'odeur de Bill, le T-shirt est encore tout chaud de la chaleur de son amant, presque aussi vivant que lui. Bill continue de se dandiner en rythme, il attend simplement que Tom ait fini de jouer avec le T-shirt.

Is there so much hate for the one we love?
Tell me we both matter, don't we?


La fermeture éclair du pantalon cigarette vient de céder, voilà le moment que Tom préfère, celui où, peu à peu, le pantalon est descendu, où apparaît le boxer de Bill, et au delà, toute son intimité, sa virilité, toute la source du désir. Bill laisse tomber son pantalon et le laisse juste à côté, il est beaucoup trop lourd pour être lancé, c'est pas une bataille de vêtements non plus.

It's you and me
It's you and me wont be unhappy


Au moment où Bill glisse deux doigts dans l'élastique de son boxer et commence à le faire descendre doucement, Tom a une érection monumentale, violente.
Quand la chanson se termine, Bill est tout nu. Il croise les bras face à Tom, sans honte, sans pudeur. Il a l'air très à l'aise, ravi d'être dans cette position. Il a un petit sourire vicelard.
Tom respire profondément.

- Tom, tu peux enclencher Plasticine maintenant ?
- Euh, Bill...
- Ah non, tu ne vas pas te défiler!
- Non. Mais d'abord, je ne sais pas danser.
- On s'en fout! Tu suis le rythme, et voilà! Ce que je veux surtout, c'est te voir à poil, moi!
- D'accord, mais toi tu as l'air de te contrôler. Moi, je suis plus vraiment calme là.
- Tu te défiles?
- Ok, t'as gagné.


Tom se penche, il trifouille les boutons et lance Plasticine. Puis il se lève, houla, marcher lui devient difficile, il n'a qu'une envie, jouir, et il faut encore qu'il fasse le con pour mettre Bill dans le même état. Bill s'est rué dans le lit, à poil, il ne bande pas encore, il s'assied et se met à l'aise. Il sait que Tom est un peu gêné de faire ça, et de le voir tout troublé comme ça, Bill se sent diablement excité, il sent déjà les premiers papillons s'agiter dans son ventre.
Tom se place bien en face de Bill et commence à se tortiller. Pas terrible. Il est gêné, il se sent con, il ne sait pas comment faire, il sait qu'il a l'air aussi gracieux qu'un canard en plomb, il regarde Bill, mort de honte.

Beauty lies inside the eye of another youthful dream
Bill lui fait un sourire et le regarde exactement comme Roxanne dans Cyrano de Bergerac quand elle dit rien ne peut me le rendre grotesque, bah voilà, c'est ça, dans les yeux de Bill Tom ne sera jamais ridicule, du coup il entame un très joli déhanché en dénouant le bandeau autour de ses dreads, puis l'élastique, il fait un peu l'idiot avec son T-shirt extra large mais il finit par le retirer et le faire tournoyer au-dessus de sa tête avant de le lâcher.

That doesn't sell its soul for self- esteem
That's not plasticine


Tom se déhanche un bon moment avant de retirer la ceinture qui retient son baggy, parce qu'il sait qu'à partir du moment où il l'aura retirée son pantalon lui tombera sur les chevilles, Bill le sait aussi, il est déjà en érection.

Don't forget to be the way you are

Et voilà, Tom est en boxer, le tissu est tellement tendu que ça en devient douloureux, Bill met la main sur sa bouche, il ne se souvenait pas de quelque chose d'aussi spectaculaire.

- Je t'avais prévenu, Bill. J'ai perdu mon calme il y a longtemps.
- Non, mais c'est parfait. C'est magnifique.


Tom a un peu de mal à virer son boxer, puis c'est bon, il est libre. Il regarde Bill, il est dans le même état.
N'y tenant plus, Bill se lève et va le prendre dans ses bras. Tom, au contact de la peau de son amant, de sa chaleur, est comme électrisé, leur virilité sont en contact à présent, ils en ont le souffle coupé. Bill a les bras passé autour des épaules de Tom, et lui caresse la nuque tout en l'embrassant langoureusement.
Tom a brusquement une idée bizarre. Il passe les mains sous les fesses de Bill, le soulève, Bill écarte légèrement les jambes et se laisse porter, Tom le dépose sur le bureau, heureusement bien rangé, l'avantage d'être dans la chambre de Bill.
Tom lui écarte doucement les genoux, Bill a compris, il enserre la taille de Tom avec ses jambes, ils sont plaqués, l'un contre l'autre, virilité contre virilité, Bill gémit sourdement et dans la folie de l'instant plante ses ongles dans les épaules de Tom, alors commence leur mouvement de va et vient.
Pour être sûr de les conduire là où ils veulent aller, Tom tient fermement les hanches de Bill et maintient son bassin étroitement serré au sien, Bill le laisse tout faire, il se contente de l'encourager par ses caresses.

- Haaaaaaan... Tommmmm...

Plus l'orgasme monte, plus Tom sent les muscles des jambes de Bill se contracter contre lui, cela l'excite encore davantage, il s'agite, il sent la main de Bill serrer sa nuque de plus en plus fort, comme font les chats pour dominer leur femelle sauf qu'eux c'est en les mordant, à chaque respiration la poitrine de Bill percute la sienne, à chaque gémissement tout explose dans son cerveau, il n'a plus de retenue, il n'y a plus de limite, le monde commence et se termine là, et l'odeur entêtante de la jouissance se fait de plus en plus forte, et...

- AAAAAAH!
- Yiiihh... Mmh


C'est comme si toute la tension musculaire tombait tout à coup, Bill s'effondre dans les bras de Tom, les jambes de Tom tremblent, ils sont en sueur, ils sont hors de souffle, mais ils se sentent tellement bien, ils n'ont pris aucune précaution, Tom a gueulé de plaisir et Bill a gémi comme une chienne dans l'orgasme.
En fait, ils ont simplement éteint la lumière, pour qu'on ne puisse pas faire de différence avec la chambre de Tom, où aucune lumière ne pouvait être allumée puisqu'elle était vide.
Ils finissent par se séparer, Bill reste assis sur le bureau et Tom va vite chercher une serviette pour essuyer un peu la sueur et la semence avant que Bill ne recommence à s'en mettre partout.
Il essuie Bill, tout doucement, et l'autre se laisse faire, il a encore les yeux brillants, il n'est pas encore tout à fait redescendu.

- Tom, je pense à quelque chose...
- Oui, quoi?
- Tu sais que si les autres savaient, on s'en prendrait plein la gueule? Surtout moi!
- Oh ce serait aussi moche pour toi que pour moi...
- Pas sûr. Mais bon. Vu l'heure, ils dorment tous, et il n'y a personne dans le couloir.
- Oui, et ?
- Et si on sortait, juste dans le couloir, tout nu, comme nous sommes, et qu'on s'embrassait?
- Au risque que tout le monde nous voie?
- Oui. C'est ça le jeu.
- Ok.


Pas une ombre d'hésitation. Tom serait prêt à toutes les audaces. Il n'a pas peur qu'on le voie, et même, si on le voyait, ce serait une bonne occasion de dire "bah vous voyez? lui, je l'aime!".
Bill, c'est autre chose qu'il cherche. Il a toujours l'air de vouloir prendre sa revanche sur la vie. Il veut provoquer, encore, encore, toujours, il veut prouver qui il est.
Il saute au bas du bureau et entraîne Tom vers la porte. Tom le freine.

- Attends, attends.
- Quoi?


Tom, sans répondre, attrappe un des colliers, celui avec la tête de mort argentée et la passe au cou de Bill. Bill le regarde, sans comprendre.

- Tu es sublime, comme ça

Bill fait un beau sourire, et tout doucement, sans un bruit, il va ouvrir la porte. Comme de juste, il n'y a plus aucun rai de lumière qui passe sous les portes, plus un bruit, on perçoit même quelques ronflements. Tom va s'adosser au mur et Bill va se placer juste devant lui, il le cache presque entièrement, et pose ses lèvres sur les siennes, pendant que les mains de Tom vont se perdre dans ses cheveux.
Leur baiser est long, langoureux, mais ils angoissent un peu quand même.
Un craquement du plancher les fait sursauter, en fait c'est Bill en faisant basculer le poids de son corps d'une jambe sur l'autre. Mais comme ils ne peuvent pas le savoir, ils achèvent leur baiser et rentrent posément dans leur chambre. Bill prend quand même la précaution de remettre le verrou. Ils sont tout excités d'avoir réussi leur coup.
Bill guide ensuite Tom vers le lit et l'allonge. Ils parlent très peu, ils ont mieux à faire. Tom écarte un peu les jambes, Bill s'y précipite, il se rue sur la verge de nouveau en pleine action de Tom, la saisit entre ses lèvres, la serre un peu rien que pour voir Tom avoir un sursaut de plaisir, et commence le mouvement de va et vient, appuyé sur ses avant bras.
Pour une fois Tom se sent venir et repousse le visage de Bill juste à temps, il attrappe la serviette qu'il avait jetée pas loin, jouit dedans et s'essuie. Bill, couché sur le côté, le regarde faire d'un air attendri. Il constate aussi avec joie que l'orgasme ne l'a pas fait débander, ou alors c'est revenu très vite.
Bill rampe pour se mettre à la hauteur de Tom, face à face, toujours appuyé sur ses coudes, entre les cuisses éartées de Tom. Leur verge placées l'une contre l'autre décuplent leur désir, leur excitation, leur envie.
Ils se caressent, d'abord très lentement, puis de plus en plus vite, de plus en plus fort. Tom caresse les fesses de Bill d'une main, l'autre, il en humidifie patiemment l'index et le majeur puis il se glisse lentement entre les fesses de Bill et enfonce son index. Bill sursaute comme sous un électrochocs, mais un gémissement de plaisir lui échappe, alors Tom en enfonce un deuxième, deuxième sursaut, là Bill crie presque, il ne sait plus trop si c'est bon ou si ça lui fait mal, puis il ne ressent plus que le plaisir, quelques secondes plus tard, ils explosent littéralement.
Bill roule sur le côté, d'épuisement. Tom ne vaut pas mieux, il lui reste quelques secondes, il repousse les couvertures sur lesquelles ils ont fait l'amour, et la rabat sur Bill et lui.
La main de Bill s'agite faiblement sous le drap, il cherche la main de Tom.
Tom arrive encore à prendre la main de son amant. Après, ses yeux se ferment, sa tête roule sur le côté, il dort aussi.
On ne s'imagine pas à quel point c'est fragile, deux petites âmes de seize ans...

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Tudieu, je viens de dépasser les 200 commentaires, comment c'est trop la classe! Alors merci à toutes, vraiment.
Il serait pas trois heures du matin, j'aurais pas les yeux explosés, je mettrais vos noms (ou du moins ceux de votre blog) pour vous remercier, mais là je suis naze, j'éditerai demain.

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 21:01

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:08

Ce post s'autodétruira à mon retour

Mes lectrices d'amour (s'il y a un seul garçon parmi vous, qu'il se dénonce et qu'il envoie une photo) en dépit de l'affection que je vous porte, je ne peux pas mettre de suite tout de suite. D'abord parce que j'ai fini genre y a une heure un O.S. pour un concours et que je suis trop crevée pour continuer ma fic cette nuit.
Dans moins de quatre heures, je vais prendre un train qui me conduira chez ma grand mère, j'y reste tout le week end, j'ai pas envie de la voir et pas moyen d'avoir une connexion internet, mais on va dire que je suis obligée.
Merci encore pour tous vos commentaires, vous êtes vraiment des amours, merci.
Le seul avantage d'aller là bas, c'est que j'écris quand je m'ennuie.

# Posté le vendredi 04 juillet 2008 20:54

Chapitre 20. Les matins qui déchantent

Bill et Tom étaient toujours enlacés, ils avaient dormis comme des brutes sans changer de position.
Ils furent réveillés assez brutalement par une voix cassée qui braillait "DEBOUT! DEBOUT TOUT LE MONDE" et par des coups donnés dans les portes.
Tom grogna quelque chose, pas très audible mais assez pour deviner qu'il envoyait se faire f***** la personne qui avait l'outecuidance de vouloir le réveiller.
Bill, pour une raison quelconque, fut très bien réveillé à la minute où il ouvrit les yeux, il repoussa Tom et alla voir ce qui se tramait. Il récupéra la serviette au passage et s'en servit pour se couvrir l'entrejambe.
Ce qu'il vit était assez hallucinant.
Mlle Hagen, dans une espèce de justaucorps en satin noir, sans manches avec des dentelles partout, des bas résilles noirs et des bottes montantes noires à lacets rouge, bref en tenue de danseuse de cabaret, les yeux dans le brouillard et la voix dans le caniveau.
Ses anglaises étaient trempées de sueur, elle sentait l'alcool et la nuit, elle ne paraissait pas saoule pourtant. Plus tard, elle expliqua à Bill que c'était une copine qui lui avait gerbé dessus, elle avait essayé de se rincer dans une fontaine mais ça n'avait pas marché.
Elle vit Bill sidéré sur le pas de la porte, elle alla vers lui, apparemment ce coup là elle avait ses lentilles.

- Ah, Bill, vous êtes réveillé!
- Oui. Par contre, vous...
- Oh moi ça va, je viens juste de rentrer de ma soirée, et mon lecteur CD vient de me péter dans les pattes!
- Vous voulez le mien?
- Vous feriez ça?


Bill sans répondre alla prendre son lecteur CD et le tendit à Mlle Hagen. Elle était maquillée comme une voiture volée. Elle était très belle, mais elle était à mille lieues de son image de prof de math surdouée.

- Merci, vous êtes un chou. Y a quoi là dedans? Placebo? C'est Sleeping with ghosts, je reconnais la pochette.
- Oui.
- Bon, qu'est-ce que vous pensez de Plasticine?
- Oh oui, j'adore cette chanson...
dit Bill, rêveur.

Pendant que Mlle Hagen tripotait les boutons, il sauta dans la chambre de Tom, attrapa au hasard un T-shirt extra large et un baggy, il se rua dans sa chambre et referma la porte juste au moment ou Friedrich ouvrait la sienne, juste à temps avant d'être grillé. Il entendit la porte de Mlle Hagen claquer, Friedrich brailler qu'il y en avait marre de cette musique à la con sans oser aller l'éteindre et après claquer la porte.
Pendant que Plasticine lui évoquait des souvenirs torrides, il alla secouer la grosse marmotte blonde qui souriait bêtement mais qui ne voulait pas se réveiller.

- Tom, debout!
- Naaaaaaaaan...
- Ok...


Il alla dans la salle de bains, remplit d'eau le verre qu'il y avait là, froide bien sûr, retira tout doucement le drap qui recouvrait Tom, et lui fit couler tout doucement l'eau sur le ventre. Tom fit un bond en braillant.

- Espèce de petit ...
- Ne sois pas vulgaire. Mlle Hagen est arrivée en retard, il faut se lever.
- T'es vraiment un enfoiré. De l'eau froide, en plus.
- Ben comme ça t'es en avance sur ta douche.
- Fais moi penser à aller te noyer un jour.
- D'accord


Ils entendirent des pas dans le couloir. Tom se passa la main sur le visage en soupirant.

- Et merde...
- Quoi?
- Je n'ai pas pris mes affaires, et maintenant tout le monde va voir que j'ai couché ici.
- Tu peux remettre tes affaires d'hier.
- Mouais, pas top la solution. Puisque tout le monde va voir que je n'ai pas dormi dans ma chambre.
- Tu peux t'habiller avec mes affaires.
- Ah oui, ça c'est une bonne idée. Comme ça personne ne se doutera qu'on est intime, c'est bien. Sans déconner, tu crois vraiment que je vais rentrer dans tes pantalons sans avoir la circulation sanguine coupée?
- On doit peser à peu près pareil, tu sais.
- Ouais mais bon...
- Ou alors, tu peux remercier le ciel d'avoir un petit ami qui t'aime, et qui est allé avant que tout le monde sorte, te chercher ton sac à patate de rechange!
dit finalement Bill en montrant les affaires qu'il était allé prendre.
- Ohhhhh dit Tom, je t'aime toi!

Bill sourit sans répondre et alla se maquiller. Ils n'avaient pas le temps de prendre une douche, ils sentaient encore un peu leurs bêtises de la nuit mais c'était moins pire que quand Bill s'était vautrés dans leur foutre. Bill s'inonda de parfum et Tom fut bien obligé de prendre le même.
Tom était prêt en avance, il alla frapper chez Georg, ils avaient l'habitude de prendre le petit déjeuner tous les quatre avec Gustav, mais avec Gustav il n'y avait jamais de problème, il était toujours prêt à l'heure, voire avant.
Avec Georg, c'était différent, c'était à se demander s'il n'était pas narcoleptique.
Après quelques minutes de tambourinements intensifs, Georg vint ouvrir, la tête dans le cul et ce n'était pas un vain mot.

- Quoi? grogna-t-il avec un air encore plus méchant qu'un grizzli réveillé en plein hiver par un ami des bêtes en bonnet péruvien qui aurait eu la bonne idée de le prendre en photo avec un flash de 200 watts.
Tom ne se laissa pas démonter pour autant, Georg n'était pas du matin et c'était devenu légendaire à l'internat.
- Allez papy, faut se lever, le petit dèjeuner nous attend!
- J'ai encore sommeil...


La tête de Georg bascula vers l'avant et il s'appuya au chambranle de la porte. *Non mais je rêve*, pensa Tom, *il est en train de dormir debout!*
Il le secoua doucement et lui tapota la joue.
- Eh, oh Georg! Ouh ouh!
- Quoi?
brailla derechef le grizzli.
- Réveille toi bordel!
- Gromph...
- C'est pas une réponse! Allez, on s'active, on marche!


Tom finit par le prendre par les épaules, rentra dans la chambre et le dirigea vers la salle de bains. Georg se laissait faire, il était grave dans le coltar, Tom se décida à employer la "méthode Bill", mais différemment, il fit basculer Georg vers l'avant, la tête sous le robinet, et il ouvrit l'eau froide. Quelques secondes plus tard, Georg se redressait en gueulant comme le grizzli évoqué susditement quand il se décide enfin à aller faire sa fête à l'ami des bêtes en lui labourant le short de ses papattes velues.
Tom exerça une prompte retraite pendant que Georg retirait de son visage les cheveux plaqués par l'eau.

- Mais pourquoi t'as fait ça, trou du cul?
- Bah au moins t'es réveillé, maintenant!
- Comment ça, réveillé? De quoi je me mêle, de me réveiller! Quel jour on est d'abord?
- On est lundi, on a cours dans une heure, et si tu te magnes pas le tronc on aura jamais le temps de bouffer avant d'y aller et j'ai faim!
- T'as besoin de moi pour manger maintenant? Tu veux mon pied au cul?
- Oh c'est trop marrant t'as les cheveux qui frisent!
- Eeeeeet merdeuh...


Georg se précipita pour prendre un élastique à cheveux, pendant que Tom ramassait un machin qu'il avait du mal à identifier par terre.

- C'est quoi ce truc?
- Un fer à lisser, connard. T'en as jamais vu?
- Nan, tu te lisses les cheveux?
- Oui, parce qu'au cas où tu l'aurais pas remarqué, mes cheveux bouclent.
- Bah et alors, c'est joli!
- C'est ça, je t'en foutrais des "c'est joli".
- Nan mais sans rire!
- Et moi je trouve que ça me donne l'air con. Regarde moi ça, jusqu'à l'élastique ils sont raides et maintenant ils sont en train de friser comme des dingues derrière... Fait chier. Et évidemment, pas le temps de refaire mon brushing...
- Bon, Coco Chanel, ça te ferait rien de te saper! J'en ai ras les dreads de te voir en calbute moi!


Georg sortit de la salle de bains et alla prendre des vêtements dans l'armoire. Il enfila un jean un peu serré, pas comme ceux de Bill, mais quand même.

- Héééé, dit Tom qui s'était vautré sur le lit en attendant, Tu sais qu'on voit la marque de ton caleçon là dessous?

Pendant que Georg réfléchissait au choix d'un T-shirt. Il se retourna et regarda Tom d'un air outré.

- T'as une quelconque notion du mot "intimité"?
- Au lieu de faire de la linguistique, tu peux finir de t'habiller?
- DEHORS !!!!!


Comme il avançait des mains menaçantes, Tom préféra se glisser hors de la chambre.
Dans le couloir, Bill et Gustav tapaient la causette, tranquilles, adossés au mur. Mlle Hagen sortit aussi de sa chambre, et Bill la regarda, stupéfait.
Il faut dire que la transformation était radicale.
Elle avait viré tout son maquillage, elle n'avait plus que du fard à paupière bleu et un rouge à lèvres rose pâle, ses anglaises étaient toutes belles, toutes propres, elle avait une robe couleur sable hyper classe, fermée par une ceinture de cuir tressé noire, des bas écureuil et des chaussures noires à boucle.
Pour les autres, elle était comme d'habitude, mais Bill ne s'en remettait pas, il avait la bouche grande ouverte, elle le vit, lui fit un petit sourire genre "ça vous épate hein", Tom allait lui demander de lui raconter ce qu'il y avait quand Georg sortit enfin de sa tanière.

- Et maintenant, dans notre documentaire, des images exceptionnelles du Georg s'approchant du point d'eau dit Bill et les deux autres éclatèrent de rire.
Georg envoya une baffe à Bill qui n'esquiva pas vraiment, de toute façon Georg ne l'avait jamais tapé pour lui faire mal.

Une heure plus tard, en cours de maths, Bill et Tom sont assis côte à côte, tout le monde lutte contre le sommeil pendant que Mlle Hagen saute partout et ne s'assied pas pour ne pas s'endormir, elle n'a pas dormi de la nuit, elle a enchaîné café sur café au réfectoire et maintenant elle se siffle discrétos de la Red Bull, elle est dans un état de fatigue avancée mais elle tient à donner un cours de qualité.
C'est alors qu'on frappa à la porte et que le proviseur entra.

Mlle Hagen se précipita à sa rencontre, en essayant de ne pas trop montrer qu'elle a passé la nuit à danser dans un cabaret. Le proviseur lui dit juste bonjour, il attaque tout de suite, avec un air outré de type moi-je-défends-la-morale.

- Tom Trümper? Vous pouvez venir dans mon bureau s'il vous plaît?

Tom devient tout blanc, il ne sait pas encore ce qu'on lui reproche mais il n'aime pas trop l'autorité. Heureusement que Mlle Hagen vient foutre la merde.

- Pourquoi?
- Je m'en occupe, Mlle Hagen, c'est bon.
- C'est quelque chose de grave?
- Oui, très grave. Inadmissible même.
- Il me faut un motif pour le laisser sortir.
- Je sais. Seulement là, c'est bon. Faites une exception et laissez le aller dans mon bureau.
- Ah non alors. C'est vous qui avez instauré cette règle géniale du laissez passez de sortie, depuis le début de l'année j'écris "pause-pipi", pour une fois qu'il se passe quelque chose de différent, j'aimerais savoir!
- Bon, si vous voulez le savoir,
dit le proviseur énervé, Trümper est convoqué pour conduite indécente.
- Quoi?!
braillèrent en même temps Tom, Bill, et Mlle Hagen.
- Bon, maintenant vous me suivez Trümper.
- Attendez, quand est-ce que je me suis conduit indécemment moi?
- Selon un témoin, vous vous seriez mis nu devant plusieurs personnes.
- Quand ça?
- Hier matin, au dortoir.
- Ben justement,
beugla Bill au dortoir, on n'a pas le droit de se mettre à l'aise?
- Il a pas tort, là, monsieur
dit Mlle Hagen.
- Ecoutez, c'est encore moi qui fait la discipline ici! s'énerva le proviseur. Tom a eu un comportement choquant, il doit me suivre dans mon bureau, et il sera lourdement puni pour ce qu'il a fait, c'est comme ça et pas autrement!

Un murmure de réprobation se fit entendre contre le proviseur. Tom n'était pas le mauvais gars, et ils ne voyaient pas trop la raison de cette remise à l'ordre, ça arrivait qu'un des garçons aille frapper à la porte de son voisin à poil le matin pour aller demander du savon et la plupart traînaient en slip dès qu'ils avaient une minute, au début ils faisaient gaffe pour Mlle Hagen mais la nudité n'avait jamais été un problème.
Bill était tout blanc de colère et il regarda Mlle Hagen d'un air désespéré.
Tom lui posa la main sur l'avant bras.

- C'est pas grave, Bill. Aucune importance.

Après tout, à St Andrews ça n'avait jamais été évident non plus, alors tant qu'à faire... Il se leva, se dirigea vers la porte, le proviseur le précédait, ils tournaient tous les deux le dos à la classe, quand un murmure ahuri se fit entendre.

- Attendez! gueula Bill.

Le proviseur et Tom se retournèrent, et le proviseur se prit un pantalon en plein visage.
C'était Bill, tout blanc, les narines pincées, qui était maintenant en boxer et qui enlevait son T shirt, qui suivit le même chemin que le pantalon.

- C'est ça que vous appelez une conduite indécente? Ou ça?
- Bill, non...
murmura faiblement Mlle Hagen pendant que Bill, en disant "ou ça", retirait son boxer.

Bill était maintenant tout nu, les bras croisés, face au proviseur médusé, à Mlle Hagen qui avait la main sur la bouche, et à Tom qui aurait pas été plus surpris si un troisième bras lui avait poussé dans le dos.
Les autres élèves ne savaient que dire, Bill était plutôt timide et réservé, il ne le croyait pas capable d'un tel coup d'éclat. Il ne cherchait même pas à cacher son sexe puisqu'il avait les bras sur la poitrine, et il n'était pas gêné pour deux ronds.

- Kaulitz, je peux savoir ce qui vous prend? demanda le proviseur d'une voix blanche.
- Si on ne peut plus se mettre à l'aise dans les dortoirs, le seul endroit qui nous restera ce sera les salles de classe. A moins que vous ne vouliez vraiment que je sorte dans la cour comme ça.
- Méfiez vous,
dit Tom, il en est capable.
- Bon, arrêtez votre cirque Kaulitz
, dit le proviseur en ramassant les vêtements de Bill et en essayant de rester calme. Reprenez vos affaires, rhabillez vous, et je passe l'éponge.

Sans un mot, Bill prit ses vêtements et les balança par la fenêtre ouverte, il faisait toujours une chaleur à crever donc elle était ouverte. Puis il revint se planter devant le proviseur.

- Je ne cèderai pas sur ce point monsieur, parce que je défends nos droits à tous.

Sans se concerter, les autres élèves jugèrent qu'il avait raison, et pour manifester leur solidarité, se mirent torse nu. Le proviseur se passa la main sur le visage. Le seul à se marrer dans l'histoire, c'était Tom.

- Mlle Hagen, voulez vous prendre les mesures disciplinaires qui s'imposent et ordonner à vos élèves de se rhabiller s'il vous plaît?
- Non, là, je vais avoir du mal.


Et en effet. En se retournant, le proviseur vit ce que tous les autres élèves voyaient, mais que lui n'avait pas vu puisque jusque là il tournait le dos à Mlle Hagen.
Elle avait retiré sa robe, elle était dans une espèce de petit corset en dentelle noire, très délicat, portes jarretelles et tout, et pour faire bonne mesure elle était assise sur la table comme une pin-up.
Friedrich avait du mal à avaler sa salive.
Le proviseur vira au rouge, Mlle Hagen lui faisait un drôle d'effet, il eut tellement l'air bête que toute la classe éclata de rire.

- Je peux savoir ce qu'il vous prend Mlle Hagen?
- Je sais pas trop... Est-ce que c'est parce que j'avais chaud, est-ce parce que votre discipline tourne au grotesque en imposant des règles absurdes, en mettant la morale où elle ne devrait pas être, en punissant un élève qu'on a sorti du lit et qui n'a pas vu à mal en allant ouvrir une porte dans la tenue dans laquelle il dormait, alors qu'il n'avait pas à être réveillé, est-ce simplement par solidarité avec mes élèves, sincèrement... J'hésite.
- Vous devriez vous méfiez Mlle Hagen, j'ai le bras long.

Mlle Hagen se dandina un peu sur sa table et fit, en se passant la main sur la cuisse:
- Moi c'est les jambes... Qu'est-ce que vous voulez...
Et la classe éclata de rire de nouveau.
Le proviseur manifestait un profond agacement, il allait hurler des insanités à Mlle Hagen mais elle le calma d'une phrase:
- Et puis, pour ce qui est d'avoir le bras long... Je sais bien que Hagen c'est un nom très répandu en Allemagne, mais... Demandez vous deux minutes comment s'appelle notre ministre de l'éducation...
Là le proviseur devint livide, il dit juste:
- Bon. Très bien. Quand vous aurez fini vos cours, Mlle Hagen, vous viendrez dans mon bureau, nous parlerons de tout cela. En attendant, je renonce à y voir clair avec les élèves, débrouillez vous!

Il essaya de partir dignement. Mais à peine eut-il fermé la porte qu'ils éclatèrent tous de rire, même Bill qui depuis le début était si énervé qu'il n'avait absolument pas vu le côté comique de la chose.
Les garçons se rhabillèrent, sauf Bill qui avait tout balancé par la fenêtre. Il y en eut quelques uns pour le complimenter, d'autres pour lui demander ce qui lui avait pris.

- Mlle Hagen, je peux aller chercher les vêtements de Bill?
- Oui Tom, allez y.


Tom sortit. En attendant, Bill alla se rasseoir en croisant les jambes, parce que bon, il n'était pas spécialement pudique mais il y a un moment où il faut savoir dire stop. Mlle Hagen lui tendit sa robe.

- Dites Mlle, je sais que je me suis souvent fait traiter de tapette, mais tout de même, de là à mettre une robe...
- C'est pour mettre sur vos genoux, idiot!
- Aaaaah, merci. Mais et vous?
- Boh, je suis pas toute nue, moi!
- C'est pire...
murmura Friedrich qui sentait que son bouton de braguette allait partir à deux cents kilomètres/ heure.

Mlle Hagen alla se mettre bien en face de Bill. Il n'avait pas l'habitude de ce genre de colère, mais ça pouvait être le contrecoup de ses années d'hôpital psychiatrique et elle seule était au courant.

- Bill? Regardez moi dans les yeux s'il vous plaît.
Puis elle se mit à claquer des doigts sur sa droite, puis sur sa gauche, pour voir s'il suivait ses mouvements. Elle lui demanda de tendre les mains en avant, il ne tremblait pas.
Il n'y avait pas la moindre ambiguïté dans ce qu'elle faisait, même si Bill était à poil et elle en petite tenue, il n'y avait rien de sexuel dans tout ça, il suffisait de voir les yeux de Mlle Hagen pour comprendre. C'était le genre de femme à pouvoir faire n'importe quoi dans n'importe quelle tenue.
Tom revint avec les vêtements de Bill, et Mlle Hagen lui proposa d'aller se rhabiller dans le couloir. Friedrich demanda s'il pouvait sortir, lui aussi.

- Pourquoi? demanda Mlle Hagen.
- Vous voulez la raison bidon ou la vraie?
- La vraie c'est toujours mieux, Friedrich.
- Si vous y tenez... Prenons c'est deux éléments: vous êtes en petite tenue et je ne suis ni gay, ni en bois. Vous devinez pas la problématique qui en découle?
- Vous marquez un point,
dit-elle, pas choquée du tout, alors qu'il venait de lui faire comprendre à mot couvert qu'il avait besoin d'aller se masturber pour se calmer. Allez y mon garçon, ça m'étonnerait que le proviseur me demande un laissez passez de sortie avant longtemps.

Bill sortit pour se rhabiller, et lui rendit sa robe au passage, qu'elle enfila sans gêne, pendant que Friedrich cavalait aux toilettes. Tom retourna s'asseoir, un peu déboussolé par tout ce qui venait de se passer.

- Mlle, pourquoi vous avez regardé Bill dans les yeux et vérifié s'il tremblait pas ou je sais pas quoi? demanda Axel
- Tout simplement, dit-elle en reboutonnant sa robe, parce que Bill est d'une nervosité extrême, avec une tendance à l'angoisse et à la dépression. Ce qui n'est pas évident déjà quand il est constamment sous la menace de mauvais traitements parce que certains ne sont pas capables d'accepter sa différence.
Là, plusieurs élèves, un peu gênés, baissèrent la tête, dont David et Richard.
- Il est normalement discret, réservé, il ne fait pas beaucoup de bruit. Mais de temps en temps, il ne tient plus, il explose, comme il vient de le faire et le contre coup peut être très dur à gérer.

Bill reparut à ce moment là, il alla s'asseoir, sans comprendre pourquoi Tom, au bord des larmes, passa son bras autour de ses épaules pour le serrer contre lui.

# Posté le lundi 07 juillet 2008 18:05

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:09

Chapitre 21. Party time Garth?

Bill alla s'asseoir, il avait l'air calme, sa colère était passée, il était surtout heureux de ne pas avoir été tout seul face au proviseur, pour la première fois de sa vie des garçons de son âge avait pris son parti, c'était trop beau.
Pour Tom, c'était différent. Il avait plus ou moins conscience que l'équilibre mental de Bill était fragile, et qu'il suffisait d'un rien pour que tout soit renversé. Ce rien, ça aurait pu être l'affrontement avec le proviseur. Il aurait suffi, sinon, que son coup d'éclat soit considéré comme un coup de folie pour le renvoyer en hôpital psychiatrique, car c'était de ça qu'il s'agissait, c'est fou comme on comprend vite en certaines circonstances, là Tom avait tout compris.
Quand Bill vint se rasseoir près de lui, il était au bord des larmes. Comme ils étaient au premier rang, et que Tom ne voulait pas être vu de ses camarades, il n'eut d'autre choix que de se retourner vers Mlle Hagen, et serrer discrètement, mais à la briser, la main de Bill sous la table.
Mlle Hagen suggéra qu'on ne reparle plus de l'incident, mais l'irruption de Friedrich dans la salle, les jambes tremblantes et l'½il encore lubrique, évitant soigneusement de regarder une quelconque partie de l'anatomie de Mlle Hagen, déclencha une telle crise de fou rire à toute la classe que la principale concernée déclara que le cours était fini.

Tom, en descendant dans la cour pour la pause pipi, avait à peine séché ses larmes, et Bill lui avait à peine tendu discrètement un kleenex qu'un gros grizzli lui sautait sur les épaules en hurlant demain soir ça va être la fête du slip. Gustav, un peu en retrait, avait la joie plus calme. Et il avait l'air préoccupé en plus, ce qui faisait un drôle de mélange sur sa binette.
Tom essayait de virer Georg mais y avait pas moyen, l'autre était complètement dingue et Bill avait une crise de fou rire monumentale.
Dans la bagarre, et sans qu'on sache trop comment ça s'était goupillé, à la fin, Georg portait Tom sur une de ses épaules et l'autre ne savait plus comment redescendre, mais au moins Georg s'était calmé.

- Tu vas m'expliquer, à la fin? demanda Tom depuis son perchoir.
- Y a pas cours après demain, c'est-à-dire mercredi. expliqua Georg en le faisant redescendre, parce qu'il commençait à peser, l'animal, enfin non, il n'était pas très lourd, mais il était trop grand pour être porté comme ça, et Georg s'en trouvait tout déséquilibré.
- En quel honneur? demanda Bill
- Pour la même raison que l'année dernière, patate! Parce que les salles sont réquisitionnées pour je sais plus quel concours à la con, ça fait qu'on a pas cours.
- Et ça fait que mardi soir on peut sortir,
rajouta Gustav.
- On peut sortir? s'ahurit Bill. Mais sortir où? On a le droit?
- Bordel, mais t'étais où l'année dernière à la même époque toi?
- Ben, dans ma chambre.
- Ah ouais, quand même. Bon, on reprend depuis le début. La règle, quand il n'y a pas cours en semaine, c'est que la veille au soir, on peut tous sortir comme si on était le week-end du moment qu'on prévient le chef d'internat. Certains font chier à propos de l'âge légal et tout, mais bon, là, pour nous, c'est Mlle Hagen, à moins qu'elle se soit faite enlevée par des aliens et qu'elle ait subi un lavage de cerveau c'est dans la poche. Or donc, me vint la brillante idée de vous embarquer tous en boîte histoire de bien s'éclater, de bien se défoncer le cerveau et de changer les idées à Gustav qui me fait chier depuis hier avec son v½u de chasteté à la con.
- C'est pas mon v½u de chasteté, et j'estime que c'est une situation grave et que j'ai le droit d'en parler.
- Ouais, mais jusqu'à deux heures du matin, pas génial Gustav... D'ailleurs Bill, je savais pas que t'aimais à ce point Placebo!


Georg lui lança un regard mi- pervers mi- rigolard, il pensait pas à mal seulement il avait entendu la musique en bruit de fond et des gémissements orgasmiques par-dessus, ce qu'il ne savait pas, c'était que Bill n'était pas seul à gémir.
Bill était rouge et tout gêné, la seconde d'après Georg s'en voulu terriblement et finit par lui taper gentiment sur l'épaule en disant c'est pas grave mon vieux j'en parlerais plus c'est promis. Tom gardait incroyablement bien son calme et redemanda des détails concernant leur petite sortie du lendemain. Et même, face à l'excitation de Georg, il sortit une phrase à la con sur les possibilités d'emballer dans ce genre de soirées. Aussitôt après il croisa le regard de Bill, fou de rage. Tom s'en voulut immédiatement d'avoir sorti pareille connerie, ça c'était bon du temps qu'il vivait à St Andrews et qu'il courait après toutes les filles de l'institution, mais maintenant, il n'avait plus envie de ça. Plus du tout. Il avait dit ça comme on a un retour d'acide quand on décroche de la came: sans le vouloir. Et sans se rendre compte, évidemment, qu'il blessait Bill. Il s'en voulait terriblement d'avoir dit ça. Sauf que Georg n'en vit rien. Il en remit une couche.

- Tout à fait mon pote, prépare la réserve de capotes, ce soir, ça va être la foire à la gonzesse! Yahouuuuuu !!!!!!!
- Nan mais finalement ça va pas être trop l'ambiance,
dit Tom avec un petit sourire.
- Pourquoi? T'es maqué? Toi? J'y crois pas.
- Bah si, on peut dire ça comme ça
dit Tom en regardant Bill droit dans les yeux.
A cette seconde là, Bill ne sut jamais comment il fit pour ne pas bondir sur Tom et lui harponner la langue devant tout le monde.
- En tout cas, grogna Gustav, j'espère qu'elle ne te fera jamais le coup du v½u de chasteté. Quelle saloperie ce truc là!
- Oh non, c'est pas le genre,
dit Bill en souriant.
Gustav le regarda avec des yeux tout ronds.
- Tu la connais? demanda-t-il à Bill pendant que Tom riait comme un con.

Bill n'eut que le temps de hocher la tête. La sonnerie empêcha toute forme d'explication. Georg se barra en braillant qu'on rediscuterait de tout ça plus tard.
Dans les escaliers, Tom se démerda pour remonter au niveau de l'oreille de Bill, et glisser, l'air de rien - J'ai envie de toi, là, maintenant
Bill se retourna, mais à cause du monde qu'il y avait, ne put répondre. C'eut été se faire définitivement griller, déjà que depuis qu'il s'était foutu à poil devant toute la classe les garçons le regardaient différemment. Il était l'objet de bien plus d'attention qu'il ne l'aurait voulu. Axel lui balança même, pour déconner, qu'il avait de belles fesses. Mais on ne sait jamais où ça mène, la déconne...
Le professeur d'histoire les attendait en ricanant comme un con.

- Alors mes enfants, le cours de Mlle Hagen a été particulièrement « hot », à ce qu'il paraît?

Tom était vautré sur sa chaise, blasé, il n'avait pas envie d'être là. Il avait envie d'être avec Bill. Il avait envie de l'avoir pour lui tout seul. Pourquoi le taire plus longtemps? Il avait envie de le faire jouir. Il regarda le prof d'un air navré.

- Franchement monsieur, ça ne vous va pas, de dire ce genre de trucs.
- Quels trucs, Trümper?
- « Mes enfants », et tout ça. Faire genre vous êtes préoccupé par nous. C'est pas votre genre. Mlle Hagen oui, c'est son genre, elle fait ça tout le temps, parce que c'est son truc, parce que c'est quelqu'un de bien.
- Et moi, je ne suis pas quelqu'un de bien. Merci, ça fait plaisir.
- Mais non, c'est pas ce que j'ai voulu dire. Vous, vous êtes un bon prof et tout, mais vous resteriez en slip face au proviseur juste pour prendre notre défense?
- Non. Certes non.
- Bah vous voyez.
- Entre nous Trümper, à soixante ans depuis quatre ans, vous croyez vraiment que me mettre en slip sera vu comme un acte héroïque? Je vais me retrouver au zoo, oui! De plus, je vous défend de me regarder avec cet air méprisant. Je suis plus à plaindre qu'à blâmer, dans l'histoire.
- Je vois pas en quoi, mais bon.
- Vous, vous avez vu Mlle Hagen en combinaison. Pas moi.


La classe éclata de rire pendant que Tom levait les yeux au ciel. À côté de lui, Bill ne put s'empêcher de la ramener.

- En fait, c'était pas vraiment une combinaison. C'était plus un genre de guêpière avec un porte- jarretelle. Friedrich, t'es d'accord ou pas?

Friedrich s'était posté juste derrière eux, à côté de Hans. Ce con-là en rajouta une couche, lui et Bill atteignaient un tel sommet de conneries dans le débat combinaison versus guêpière, que Tom laissa tomber sa tête sur son bureau et ne bougea plus. Le prof dit un truc comme quoi son cours n'avançait pas beaucoup à ce rythme là, Tom leva un ½il, lut sur le tableau « La Sunbelt ou la relance de l'économie américaine », gémit et se recoucha sur la table, les bras pendant le long du corps. Bill, à côté, bien sagement, prenait des notes avec application.

- Kaulitz, pouvez vous vérifier si votre camarade est vivant?

Tom se sentit alors saisi à deux mains par la queue de cheval et relevé bien doucement par son « camarade ». Il grogna.

- A mon avis, il est vivant. Mais c'est une approximation.
- Mais foutez moi la paix, tous...
murmura Tom.
- Trümper, si vous ne voulez pas vous farcir un exposé sur la perte de vitesse de General Motors pour la semaine prochaine, je vous conseille de vous secouer. Je deviens sourd chaque jour un peu plus, mais je vous ai entendu ronfler.
- Mmmpffffff... Désolé...
- Et puis, si tu ne te réveilles pas, tu ne seras pas réveillé pour la pause de midi. C'est con, j'avais pensé qu'on ferait des cochoncetés...
lui murmura Bill à l'oreille, bien doucement, pour que personne n'entende.
Tom se redressa brusquement, posa les mains bien à plat sur la table, soudainement très intéressé par la crise de l'industrie américaine.

- La ville de Detroit est en crise, n'empêche que ça reste un vivier pour la culture rock, puisqu'en sont issus des artistes comme Eminem, Iggy Pop et Alice Coo... commença Tom le plus sérieusement du monde pendant que la classe s'ahurissait.
- STOOOOOOOP! brailla le prof. Que vous soyez réveillé, c'est très bien. Que vous deveniez aussi casse- bonbon que Mlle Hagen, je dis non.
- Désolé.
- C'est qui Iggy Pop?
- Putain Bill, tu débarques...
dit Tom, désabusé.

Friedrich, heureusement, vint au secours de Tom et tendit son agenda à Bill. Sur les pages où il n'écrivait rien, il collait des photos, et au dimanche 23 octobre, il y avait ledit Iggy Pop, torse nu comme d'habitude avec des jeans déchirés. Il était sur scène, un micro à la main, couvert de sueur et à moitié en train de se rouler par terre. Et surtout, sa braguette était ouverte, largement.

- Tiens, c'est lui Iggy Pop. C'est un chanteur de rock.
C'était une photo d'Iggy Pop jeune, il était tout maigre et portait des jeans moulants. Bill éclata de rire.
- Bon, Kaulitz, quand vous vous serez bien bidonné, je pourrais continuer ce pour quoi je touche des sous à la fin du mois?
- Excusez moi monsieur.
Et il rendit son agenda à Friedrich.

S'il s'était marré, c'était pour une raison toute bête. C'est parce que ça lui faisait plaisir de pas être le seul sur terre à aimer montrer son cul à tout le monde.

# Posté le dimanche 20 juillet 2008 11:43

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:09

Chapitre 22. Lunchtime fucking.

Chapitre 22. Lunchtime fucking.
La sonnerie retentit enfin, et Tom bondit de sa chaise. Mais Bill était plus entraîné à ce sport, Tom eut beau avoir bouclé son sac en moins de cinq secondes, Bill avait déjà disparu au moment où il fut prêt à partir. Il mentit effrontément à Friedrich et Hans en disant qu'il avait un truc à finir avant le cours et qu'il mangerait après. Il cavala jusqu'au dortoir. Lequel était sombrement désert. Pas un souffle, pas un bruit.
Ah, si. Un murmure. Un bourdonnement très délicat.






Est-ce que tu as du temps pour moi?
Alors je vais te chanter une chanson
A propos de 99 ballons
En chemin vers l'horizon


La porte de la chambre de Bill est entrouverte. Tom s'arrête devant, il ne rentre pas tout de suite, et c'est pour voir Bill, de dos, spectacle chaque seconde plus grandiose, en train de regarder par la fenêtre, tout en écoutant sa chanson préférée (si vous n'avez pas reconnu 99 luftballons de Nena c'est que vraiment, ça ne va pas), chantonnant les paroles, en attendant l'homme qu'il aimait.

Est-ce que tu penses à moi?
Alors je vais te chanter une chanson
A propos de 99 ballons
Et de quelque chose qu'une telle chose a faite


Il y a des secondes, comme ça, dans une vie, où l'on découvre enfin son but, ce qu'on a vraiment envie de faire dans la vie. Pour Tom, en un éclair, ce fut limpide. La musique qu'il ferait, qu'il allait faire, ne serait bonne qu'à la condition où elle aurait rendu Bill aussi intensément heureux qu'à cette seconde précise, quand les mots de Nena lui glissait sur les lèvres.

Bill finit par sentir la présence de Tom, il devait avoir une espèce de radar, parce que Tom s'était appliqué à ne faire aucun bruit, il aimait tellement entendre Bill chanter, il aurait voulu qu'il ne s'arrête jamais. Mais Bill s'était arrêté, il s'était retourné, et le regardait avec cet immense sourire en retirant ses écouteurs.

- Ah, tu es là!
- Oui. Tu devrais avoir l'air plus surpris, vu la vitesse à laquelle tu m'as semé...
- Oh, j'ai juste fait comme d'habitude!
- Hein?
- Oui, comme d'habitude, l'habitude d'avant que tu ne me forces à manger trois fois par jour!
- Ecoute, ça vaut quand même mieux que trois fois par mois et le reste du temps on se prend des crocodiles en sucre en intraveineuse...
- C'est ça, fais le beau, en attendant, tu as autant de problèmes que moi avec la bouffe. Ne me dis pas que tu as faim, toutes les fois que tu te mets à table...
- Non. Mais ça c'est arrangé avec le temps. Au début à St Andrews, enfin, dans mes premiers souvenirs, je vomissais après chaque repas. Ils me forçaient à manger, et après, ils pensaient que je me faisais vomir pour faire chier.
- Mon pauvre chat...
- Pendant un temps, quelqu'un m'a collé aux miches 24/ 7, même aux toilettes. Sauf que quand je disais que je voulais y aller parce que j'avais envie de vomir, je n'avais pas le droit d'y aller.
- Oh mon Dieu...
- Et puis ça s'est terminé que j'ai gerbé trois fois sur les pompes des profs, une fois sur le pantalon du proviseur, et il a enfin compris qu'il valait mieux me laisser m'arrêter de manger quand je voulais.
- Comme tu as dû être malheureux, là bas...
Bill était réellement ému, et prit Tom dans ses bras.

Tom n'avait pas été heureux, c'était vrai. La plupart du temps, il se concentrait au maximum pour ne pas y penser. Il ne savait même pas pourquoi il venait d'en parler autant. Bon, d'accord, c'était avec Bill et il lui faisait plus confiance qu'à n'importe qui, mais quand même. Et voilà que Bill pleure, comme s'il ne souffrait pas assez tout seul, il faut qu'il supporte la souffrance de Tom en plus. Tom se rapproche, oui, encore un peu plus, il essuie les larmes de Bill.

- Bill, s'il te plaît... N'en parlons plus...

Bill hoche la tête, sans lâcher Tom il tend le bras et attrape un kleenex, il va pour s'essuyer les yeux rapidement mais ça enlèverait son mascara mais Tom ne veut pas, alors il lui prend le kleenex des mains et avec un coin de mouchoir, essuie les larmes sans virer le maquillage, ce qu'on ne s'attend pas à ce qu'il sache faire, et pourtant, il le fait.

- Bill, tu sais que j'aime ta voix?
- C'est parce que je ne dis que des mots d'amour!
- Non, vraiment. Surtout quand tu chantes.
- Merci. C'est bien la première fois qu'on me dit ça.


Une pause de silence. Ils sont allongés sur le lit, dans les bras l'un de l'autre, pour le moment c'est plutôt chaste, quelque chose de très mignon, mais ils ont dans le regard cette petite étincelle qui prouve que le temps de la chasteté est bientôt fini, ce n'est qu'une question de secondes.

Hey Mr Tambourine Man play a song for me
I'm not sleepy and there is no place I'm going to
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me,
In the jingle jangle morning I'll come followin' you


Et Bill éclata de rire. Il avait la voix moins nasillarde que Bob Dylan, mais c'était beau quand même. Tom ouvrit de grands yeux surpris.

- Tu connais Bob Dylan mais tu ne connais pas Iggy Pop?
- Oui. Enfin je connais surtout Mr Tambourine Man.
- Comment ça se fait?
- Oh, là où j'étais avant, il y avait une fille qui s'occupait de moi, et elle chantait ça tout le temps. Elle a même fini par me prêter quelques uns de ses CD. Elle écoutait que des vieux trucs.
- C'était gentil ça!
- Ouais, c'était vraiment une fille bien. Elle avait soixante ans bien sonnés, mais c'était une fille super. Elle avait un beau gros cul, et elle ouvrait les portes avec.
- On peut parler d'autre chose? C'est limite gerbant là...
- Oh pardon!
- Comment tu peux parler du gros cul d'une vieille en me caressant la poitrine?
- Je sais pas...
- Aïe!
gémit Tom, parce que Bill, en descendant un peu, venait de lui pincer le sein gauche.
- Peut être, murmura Bill tendrement, parce que je sais que tu es tout à moi et que j'en fais ce que je veux...

Alors ce fut le grand chambardement, Tom se déshabilla en quatrième vitesse, il était à quatre pattes sur le lit, complètement à poil et dans l'attente du grand rodéo, pendant que Bill, posément, assis au bord du lit et torse nu, délaçait ses chaussures. Il n'avait pas encore eu le temps de retirer son pantalon. Il se redressa, il tournait le dos à Tom mais il savait que celui ci buvait ses moindres gestes. Il s'apprêtait à retirer ses colliers quand la main de Tom l'arrêta.

- Non, s'il te plaît Bill... Garde les!
- Mais j'ai peur de te faire mal avec.
- Non, t'inquiète pas. C'est pas grave.
- Bon...


Bill commençait à être follement excité, il ressentait un frisson tout nouveau quand le pendentif en métal glissait sur sa peau nue, ses mains descendirent de son cou à sa braguette. Là encore, Tom l'arrêta.

- Non, ça, c'est moi qui le fait...

Tom gémissait plus qu'il ne parlait, un gémissement pré orgasmique, un gémissement prélude à la jouissance. Il alla se placer dans le dos de Bill, le prenant entre ses jambes, se collant à lui. La respiration de Bill s'accéléra lorsque se posèrent sur sa poitrine les mains de Tom. Lentement, il les sentit glisser sur son ventre, Tom appuyait la tête sur son épaule, sans même s'en rendre compte les premiers boutons de braguette cédèrent, Bill ferma les yeux et tendit le bras derrière lui pour saisir la nuque de Tom, pendant que celui ci, sans le faire se lever, baissait son pantalon et reculait l'élastique du boxer.
Tom serra un peu plus ses cuisses contre les hanches de Bill au moment où il libéra sa virilité.
Avant d'aller plus loin dans ses caresses, Tom lécha tout doucement le cou de Bill, et aussi à la jointure du cou et de l'épaule, et le long de la clavicule, là où c'est si fragile, là où c'est si tendre...

- Oooooh... Toooooommmhh...

Voir son prénom mourir en soupir de jouissance sur les lèvres de Bill fit comprendre à Tom qu'il venait de trouver son point sensible. Il reprit alors ses caresses où elles en étaient restées, empoigna le sexe de Bill et le masturba magnifiquement, maintenant la pression quand il le fallait ou ralentissant le rythme, en dépit des ongles qui se plantaient sauvagement dans sa nuque pour l'inciter à aller plus vite, puis il accéléra brutalement le mouvement de va et vient en gardant son autre main fermement appuyée contre le ventre de Bill, Bill se tortillait et gémissait de plus en plus fort, et finalement il se libéra en poussant un cri.
Juste après avoir joui, Bill avait, pendant quelques secondes, le regard d'un tueur psychopathe ou d'une bête sauvage qui n'avait jamais connu l'humain, Tom commençait à le savoir, il commençait à le connaître par coeur, ça durait quelques secondes et puis ça passait.
Sauf que là ça ne passa pas, Bill, dans un état second, se retourna, bouscula Tom pour l'étendre sur le lit, le saisit aux poignets, s'assit à califourchon sur ses cuisses, et se pencha pour lui labourer le torse avec la langue, brutalement, il fouissait le ventre de Tom comme un lion mort de faim qui dévore une gazelle en commençant par les tripes brûlantes, Tom n'avait pas mal mais il ressentait ça comme une torture délicieuse, il se laissait faire, il sentait la sueur, sa sueur, couler et creuser les premiers sillons dans la fine pellicule de la salive de Bill.
Bill se laissa couler plus bas, entre les jambes de Tom qui les écarta plus largement pour qu'il y fut à l'aise, Bill ne le maintenait plus par les poignets mais ils se tenaient par la main, et Tom serra dans les siennes les mains de Bill au moment où Bill prit son sexe dans la bouche, oui, il les serra à les briser, à ce moment là et jusqu'à ce qu'il lui jouisse sur la langue, ses grandes et belles mains osseuses et maigres comme dans les dessins de Dürer, il serra les longues mains blanches si pareilles aux siennes.
Tom avait joui dans la bouche de Bill, et celui là s'apprêtait à recracher le sperme, très probablement pour s'en barbouiller comme d'habitude, mais Tom fit un geste de la main pour l'arrêter. Bill le regardait sans un mot, comme quelqu'un à qui on a dit de ne jamais parler la bouche pleine.

- Non Bill. Tu avales.

Bill fit un geste de protestation, mais Tom avait l'air inflexible, alors il obéit et avala. Il grimaça un peu, parce qu'il n'aimait pas tellement avaler, et Tom, pour le consoler, se pencha en avant pour l'embrasser.

Ils avaient un peu perdu la notion du temps, ils se rhabillèrent en catastrophe pour aller en cours, mais ce n'était pas encore le moment, et dans le couloir, il y avait quelques types du dortoir, dont Georg et Gustav, qui demandaient à Mlle Hagen la permission de sortir le lendemain soir. L'entrée, ou plutôt la sortie de Bill et Tom fut particulièrement remarquée, et on leur fit gentiment remarquer qu'ils avaient tous les deux une sale gueule. Il faut dire qu'avec toutes ces émotions, leurs cernes s'étaient creusées, leurs traits s'étaitent tirés.
Ils hochèrent la tête sans répondre, mais ils firent le même mouvement en même temps, et Georg dit qu'ils avaient l'air de jumeaux. Mlle Hagen eut un sursaut.

- Pourquoi vous dites ça Georg?
- Parce que ça leur arrive souvent de faire exactement le même geste en même temps, sans s'en rendre compte, c'est marrant.
- Oh, j'avais pas remarqué,
mentit effrontément Mlle Hagen
- Nan mais j'ai dit ça comme j'aurais dit autre chose.
- Ouais, ben t'aurais aussi bien fait de dire autre chose,
grogna Bill
- Quoi, ça te ferait chier qu'on soit jumeaux? demanda Tom en riant, il prenait ça à la blague. Bill était tout blanc, et Mlle Hagen n'en menait pas large.
- Ecoute Tom, si on pouvait éviter de parler de "frère", ça m'arrangerait. C'est à cause de ça que... Non rien
Et il se mura dans un silence buté. Mais il put sentir, sur son épaule, la main de Tom, et ça, ça ne voulait dire qu'une chose. Je t'aime quoi qu'il arrive.

- Oui, donc je disais à vos camarades, reprit Mlle Hagen qu'il n'y a pas de problèmes pour demain soir, seulement j'ai mis le couvre feu à cinq heures du matin, heure à laquelle je serais moi-même rentrée, et je veux savoir où vous êtes tous à cette heure là. Si vous oubliez, ça va chier. S'il y a le moindre problème dans la nuit, mon portable sera toujours branché, et sur un panneau dans l'entrée, il y a le numéro de la boîte où je vais. Ils sont au courant, vous dites que vous voulez me parler, et en avant.
- Qu'est-ce que vous allez faire toute la nuit mademoiselle?
demanda Gustav
- Danser, ne vous déplaise. Je serais au Blue Desire, rassurez vous, ce n'est pas une boîte de strip- tease.
- Dommage...
murmurèrent certains.
Mlle Hagen leur fit un grand sourire et les renvoya. Il était l'heure d'aller en cours.

# Posté le dimanche 20 juillet 2008 17:03

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:09