Chapitre 14. Serre moi contre toi, je ne demande que ça

Chapitre 14. Serre moi contre toi, je ne demande que ça
POV Bill
Je ne sais pas pourquoi j'ai ouvert les yeux, pourquoi je ne dors pas. Il est peut être trois heures du matin, et je viens de me réveiller. Tom me tourne à moitié le dos, mais il est couché sur mon bras, je sens ses dreads contre ma peau, je sens son parfum...
D'où vient que les garçons comme lui se parfument à outrance? Je n'ai jamais senti cette odeur là, avant, pas comme ça, pas à ce point, à chaque fois j'ai la sensation que je vais m'évanouir.
Une odeur violente, peut-être encore plus forte que l'odeur du sexe, que l'odeur du plaisir.
L'odeur du garçon que j'aime.
Je repense à ce que nous avons fait, et je n'en reviens pas. C'est comme si je m'ouvrais, tout à coup. Je n'avais pas le droit de faire ça.
On ne me l'a jamais dit clairement, mais c'est mal, de faire ce que j'ai fait. Sauf que je ne me sens absolument pas coupable.
Est-ce que je suis encore capable d'aimer, après tout ce que j'ai vécu, avec cette enfance dont je ne me souviens pas, avec ce frère que j'étais persuadé d'avoir et que je n'ai pas, maintenant c'est sûr, oui, c'est sûr maintenant que j'ai été soigné pour schizophrénie.
Est-ce que je dois leur parler de Tom, à mon prochain bilan, samedi prochain? Si c'est pour qu'ils me gardent pour hyperactivité sexuelle et comportement déviant, non. Suffit de se rappeler ce qui est arrivé à Klaus, il avait dix huit ans, il était sorti depuis un an, et puis un jour il leur a avoué qu'il aimait les garçons et qu'il allait toutes les nuits dans les bars pour se faire de nouvelles conquêtes, et puis ils l'ont...
J'ai échappé jusque là à la salle des électrochocs, autant continuer comme ça.
Quand je pense que si ma mère n'était pas morte j'y serais encore, sans Mlle Hagen j'y serais encore, pourquoi elle a accepté de m'aider comme ça, je sais pas, si elle avait pas témoigné comme quoi j'étais un garçon parfaitement normal, j'y serais encore.
Chaque fois que je repense à tout cela je pleure, je ne sais pas pourquoi, c'est plus fort que moi.
Devant moi, devant mes yeux, il y a Tom, de dos, magnifique, la courbe élégante de son torse, et ses dreads blondes dispersées comme des ajoncs, sa peau est douce, mais je tremble encore comme dans ma chambre capitonnée, sous l'effet de calmants trop puissants, je suis encore dans ma chambre trop basse de plafond pour que je puisse voler, je suis encore coincé là bas, il y a ce garçon qui m'aime et je ne peux rien lui donner, et je pleure encore, sans raison, mon coeur va exploser.
Tom se retourne, évidemment, je l'ai réveillé.
Il a les yeux agrandis par l'angoisse.
Qu'est-ce qu'il y a, Bill? ça va pas?
Non Tom, ça ne va pas, mais est-ce que j'ai les mots pour te le dire? Est-ce qu'ils ne m'ont pas enlevé ça aussi?
Tom, je ne sais pas ce que j'ai
- Un cauchemar?
- Je sais pas...

Il ne dit rien, il m'attire contre lui, me prend dans ses bras, il me caresse doucement, rien à voir avec ses caresses qui m'excitent, là je me sens tout calme. Il est tendre avec moi, il est doux...
Les larmes coulent malgré moi, mais je me sens mieux, elles ne font plus partie de moi.
Et pour que je me sente tout à fait bien, le voilà qui dépose un baiser sur mes lèvres, et essuie patiemment mes larmes du bout de la langue.
Cela me suffit, nous n'irons pas plus loin, je ne veux que ça, que lui, simplement tout oublier, et devenir enfin ce que j'ai voulu être, il y a tout ça, il y a le passé d'un côté et il y a Tom de l'autre, et je suis vivant!
J'enfouis mon visage dans son cou pendant que ses bras se referment sur moi et que déjà il se rendort.
Nous sommes
Nous sommes là
Vivants
Nous avons seize ans
Pour la nuit entière
Pour le peu que durera
Notre misérable vie


POV Tom
Mais bon sang, qu'est-ce qu'il a, qu'est-ce qui le fait pleurer comme ça?
C'était quand, la dernière fois que j'ai pleuré?
A St Andrews? Non, même pas. Pourtant, ce n'était pas drôle. Paraît-il que j'étais un enfant difficile, qu'ils en étaient à se demander si je n'étais pas complètement débile, attardé, ou je sais pas quoi encore. Il paraît que je ne parlais pas.
Je ne m'en souviens pas.
Aucun souvenir de cette époque, de cet avant, pour moi, c'est comme si j'avais toujours vécu à St Andrews.
En fait, mon premier vrai souvenir c'est quand j'ai obtenu qu'un professeur m'accompagne pour faire faire mes dreads.
Au moins, quand Bill dort avec moi, je me réveille plus en hurlant sans me souvenir de ce que j'ai pu rêvé pour être dans cet état.
Je sens sa respiration contre ma peau, ses cheveux longs sont doux à caresser, doux comme des plumes, comme des aplats à l'encre de Chine...
Il a peut-être l'air d'une fille, mais il est mon amant.
Rien que de penser à ça, j'ai envie de sourire, je me sens bien, j'oublie tout le reste, tout ce que j'aurais du vivre, tout ce que je n'ai pas vécu, tout ce que j'ai raté, tout ce qui s'est effacé, et tout ce qui reste et qui fait mal.
Je le serre plus fort contre moi, ses joues sont encore humides, Bill, qu'est-ce qu'ils t'ont fait? Qu'est-ce qui c'est passé pour que tu sois comme ça, pour que tu souffres comme ça?
Je sens sa respiration, sa poitrine qui se gonfle, il est beau, vivant, contre moi.
Demain,
Il faudra lui dire que je l'aime.

Fin Point Of View
Quelques heures plus tard, on frappe à la porte, doucement. Il est encore très tôt, Tom le sent à la violente migraine qui commence à lui transpercer le crâne quand il se force à ouvrir les yeux.
Bill grogne, se retourne et enfonce sa tête dans l'oreiller.
Il va ouvrir, l'air hagard, en oubliant que la serviette qu'il avait autour des hanches quand il est allé se coucher est partie depuis longtemps, il est donc, entièrement nu.
Il ouvre.
C'est Mlle Hagen, l'air encore plus paumée que lui, dans un immonde T-shirt d'un groupe de heavy métal, dix fois trop grand mais qui lui tombe à peine plus bas que le haut des cuisses. Et toujours ses putains de chaussons lapin.
Elle ne s'est pas démaquillée, elle a l'air d'un panda.
- Gustav, il faut vous préparer, il est six heures
Tom est stupéfait. Mais elle est totalement aveugle ou quoi?
- Mlle, c'est Tom.
Elle sursaute, essaie d'ouvrir les yeux un peu plus, ça marche pas. Elle tend la main en avant, là où normalement aurait dû se trouver le visage de Gustav, arrive au niveau des épaules de Tom, ses doigts virevoltent et elle finit par toucher une de ses dreads.
- Ah oui, c'est vous Tom. J'ai dû me tromper de chambre.
- En fait, celle de Gustav est juste à côté.
- Ah, c'est pour ça. Désolée de vous avoir réveillé mon garçon.
- Non, c'est pas grave. Mais vous m'avez vraiment pris pour Gustav?

C'est pas que Tom est vexé. Mais quand même. Y a des limites. Sans être un vrai boudin, Gustav fait quand même une tête de moins pour dix kilos de plus.
- Non, c'est pas que je vous ai pris pour Gustav. C'est que je ne vous vois pas.
- Vous êtes en face de moi!
- Sans mes lentilles, je suis presque aveugle.
- Aaaaaaah d'accord.
- C'est pour ça, je ne vous ai vraiment reconnu que quand j'ai touché vos machins là...
- Mes dreads.
- Oui, voilà.

Tom finit par se marrer doucement, en cours elle donne une image si parfaite d'elle même, et même en rentrant de boîte de nuit dans une robe ultra sexy elle en imposait à tout le monde, mais de la voir comme ça, ça casse complètement l'image, personne n'est parfait même pas elle.
Tom la guide gentiment jusqu'à la porte de Gustav, elle frappe, et Tom retourne dans sa chambre.
Bill est assis sur le lit, et le regarde d'un air outré.
- Je peux savoir ce que tu fous à poil? braille-t-il.
- Bonjour, dit Tom en se foutant légèrement de lui.
- Ouais, c'est ça, bonjour. Bon, pourquoi t'es tout nu?
- Parce que j'ai dormi comme ça, mon bon. Tu vaux mieux, toi, peut-être?

Et brusquement, Tom retire les couvertures, révélant que Bill aussi a connu le problème de la serviette fugueuse.
- Aaaaaaah!!!!!!! Peut-être, dit Bill en lui arrachant la couverture des mains et en se cachant précipitamment dessous, mais moi je sors pas comme ça!
- Oh, mais t'en fais pas, c'était juste Mlle Hagen qui s'était trompée de chambre et qui croyait frapper à celle de Gustav.
- T'as raison, je ne devrais pas m'en faire.
- Ben quoi?
- Tu t'es baladé à poil devant Mlle Hagen mais y a pas de souci, tout va bien? Me dis pas que tu essaies de te la faire sinon je ne te parle plus!
- D'abord, elle est presque aveugle sans ses lentilles, genre elle a cru que j'étais Gustav jusqu'à ce qu'elle touche une de mes dreads, donc elle n'a pas vu que j'étais tout nu. Mais surtout...

Il se rallongea contre Bill, et prit ses mains dans les siennes.
- Surtout quoi, demanda Bill dans un souffle, sa colère était passée, il venait juste de se souvenir qu'il aimait bien voir Tom déshabillé, lui aussi...
Tom immobilisa Bill en lui maintenant les poignets comme la veille quand ils étaient sur le toit, et commença à l'embrasser doucement, la bouche d'abord, puis le cou, la poitrine toute blanche...
- Surtout quoi....gémit Bill, en fermant les yeux
- Je n'ai pas besoin que tu me parles, pour te faire tout ça...

# Posté le dimanche 22 juin 2008 11:04

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:07

Chapitre 15. Eins. Hier kommt die Sonne

Chapitre 15. Eins. Hier kommt die Sonne
Je n'ai pas besoin que tu me parles, pour te faire tout ça...

POV Bill

Il a murmuré ça, il l'a soupiré... Mon amant...
Nous avons à peine dormi trois heures, il a des cernes monstrueuses et je ne dois pas être plus beau à voir, mais il est là, contre moi, il me tient par les poignets et il se frotte contre moi, il fait tout ça...
Je gémis tout doucement pour qu'on ne nous entende pas, mais j'ai envie de crier, de brailler, de hurler mon plaisir, ma jouissance...
Heureusement, au moment où je crois que je vais craquer, que je vais céder et hurler comme une chienne en chaleur, il plaque ses lèvres sur les miennes et m'embrasse passionnément.
Au moins, nous sommes silencieux, si l'on excepte les gémissements qui nous échappent encore.
Nos virilités sont à présent parfaitement réveillées, nous étions déjà nus, dommage, j'adore ses instants où on se caresse sous nos vêtements, le moment où il me baisse mon pantalon, où je vire ENFIN son foutu baggy...
Il a lâché mes poignets pour me caresser plus bas, hééééé, je ne veux pas que tu me lâches, je veux que tu me maintiennes, je n'ai pas envie que tu penses que c'est sûr, je vais rester là...
J'aime quand tu fais comme si je pouvais m'échapper à tout moment...
Alors tant pis, je tends les mains le plus haut possible et je me cramponne à un des barreaux du lit, et voilà, je suis captif, mais de ma propre volonté.
Il se relève un peu, il me voit comme ça, il se marre.
Moi, j'ai tellement envie de lui, je suis tellement excité que je suis presque incapable de parler.

- Bah alors Bill? Qu'est-ce que c'est que ça?

J'avale ma salive, mais pourquoi il me fait attendre? Pourquoi il me touche plus au lieu de me regarder avec ce demi sourire pervers?

- Quoi?

Punaise, je peux plus parler. J'ai une grosse boule dans le ventre, vous allez voir que je vais avoir un orgasme sans qu'il me touche, par la seule force de la pensée.

- Tu es beau, dans cette position.

Aaaaaaaah au secours, il passe son doigt tout doucement sur ma poitrine et mon ventre, il fait des détours comme un gamin qui joue à suivre les motifs d'un tapis, je sens que ma poitrine se gonfle de plus en plus et mon ventre se creuse, ça me fait mal mais pour rien au monde je ne voudrais qu'on s'arrête, ce qui va venir est tellement bon!

- Et ça... te... plaît? je fais, je suis obligé de reprendre mon souffle à chaque instant quand je parle, est-ce que ça arrive de faire une crise cardiaque pendant qu'on fait l'amour?
- Beaucoup, Bill. Tu me plais beaucoup comme ça. Tu voudrais que je t'attache?
- NOOOOOOON
je gueule Non Tom. Reste... là... avec moi...

Il se marre, il fait mine de se lever, je suis totalement sous son emprise, j'ai l'impression de ne plus rien contrôler. Mais il se ravise, et me caresse lentement, du plat de la main, sur le côté, jusqu'à ma hanche. Il regarde un moment ma virilité, je ne me suis jamais senti aussi dur et gonflé, s'il ne fait pas quelque chose
très vite je vais sortir dans le couloir et violer quelqu'un.

- Bill...
-Oui?
- Tu crois que tu pourras tenir ce barreau tout le temps qu'on fait un câlin?
- Oui, je... je crois...
- Tu me laisses tout faire alors?
- Mmmh...
- C'est bien...


Tout en parlant, il a repris ses caresses, je ne peux absolument rien lui refuser, même, je serre le barreau dans mes mains, mes jointures sont toutes blanches et je vais en emporter un morceau avec moi si ça continue.
Tom m'embrasse entre les pectoraux, enfin un peu en dessous, juste là où mon sternum fait un creux, tellement je suis maigre. Il glisse sur le ventre, là aussi ça fait un creux, sa langue est immense, je n'ai qu'une envie, pousser sa tête de la main pour le diriger plus bas encore, là où j'ai vraiment envie qu'il aille, mais j'ai promis de ne pas lâcher le barreau, je ne le ferai pas, il le sait et il en abuse.

Et soudain...

J'ai vraiment cru que là, j'allais m'évanouir. Il a, dans sa bouche, entre ses lèvres, dans sa chaleur, ma virilité sur laquelle il s'active, mais en même temps ses mains sont partout, il a mille mains, mille doigts, et il les promène, partout où il peut, sur mon ventre, mes hanches, mes cuisses, même sous mes fesses alors que je suis couché sur le dos. Je ne réalise pas que c'est moi qui l'incite à faire tout ça parce qu'à force de me tortiller dans tous les sens je me soulève et je lui indique inconsciemment là où je veux qu'on me caresse.
L'orgasme monte, je vais jouir, je donne un dernier coup de bassin, un espèce de sursaut, ça y est, je jouis, je ne peux pas me retenir de crier.

- AAAHHHHH!
- Aïeuh!


Tom a eu un mouvement de recul, mais pour le moment, tout ce que je peux faire, c'est reprendre mon souffle. Je lâche enfin le barreau du lit au dessus de ma tête, c'est pas en m'écartelant comme ça que je vais respirer à nouveau normalement, même Jésus il a pas su le faire alors...
Ce n'est que lorsque Tom vient s'asseoir sur le bord du lit à côté de moi, en se montrant de profil, que je percute qu'il a crié de douleur au moment où je venais.

- Tom, je t'ai fait mal?

Et là il se retourne, et je vois l'autre côté de son visage, sa lèvre saigne.
Je pousse un cri étouffé, la main sur la bouche.

- Hé, c'est pas grave qu'il dit. Tu as juste fait un mouvement brusque et je me suis pris l'os de ton bassin en plein dans la gueule. Et comme à cet endroit il n'y a pas beaucoup de chair pour protéger...

Il éclate de rire.
Moi, ça ne me fait pas marrer du tout, il y a une goutte de sang qui coule le long de son menton et qui va sécher sur son cou, pas bien grosse, mais bon...
Je me redresse pour l'embrasser et je lèche doucement la blessure, je crois que c'est comme ça que font les animaux sauvages.
Il me prend dans ses bras et répète que ce n'est pas grave, je me serre fort contre lui, sa tête glisse dans mon cou et je sens brusquement comme une morsure à l'épaule, je sursaute mais je le laisse faire, il sait s'arrêter à temps de toute façon.
Il est toujours assis sur le bord du lit, alors j'en profite, je me glisse à bas du lit, me mets bien en face de lui et lui écarte tout doucement les genoux.
Il me regarde faire avec un sourire.
Pervers, va!
Puis il se laisse aller en arrière, il s'allonge carrément, t'as raison mon amour, avec ce que je vais te faire, tes bras ne te soutiendront plus. Je le tire un peu vers moi jusqu'à ce que se fesses dépassent du lit. Discrètement, je récupère le sperme qui a coulé et crache dans ma main pour faire bonne mesure.
Le soleil se lève de plus en plus nettement maintenant, et il y a un rayon doré qui tombe droit sur Tom et sa verge toute droite, sur son visage aux yeux clos, et sur son ventre qui s'emballe, comme le mien il y a quelques minutes.
Je m'installe bien, à genoux entre ses cuisses, et je serre sa virilité entre mes lèvres.
Je vois sa main gauche se cramponner au drap, c'est bien, ça veut dire que ce que je fais est bon. Je jette un oeil plus haut, l'autre main, il la mord pour ne pas gémir.
Mon amour, je vais t'emmener au ciel...
Je glisse ma main derrière, doucement, je glisse ma main entre ses fesses et je me fais de plus en plus pénétrant, à chaque fois je l'entends gémir un peu plus fort, j'enfonce carrément un doigt, il sursaute mais il ne m'arrête pas, je poursuis mon mouvement de va et vient jusqu'à ce que je sente le sperme tout chaud m'exploser dans la bouche.
J'ai pas envie d'avaler, j'ai envie de le lui cracher sur le ventre, et de me frotter à lui après, j'adore me vautrer dans ses sécrétions amoureuses.
Tom me caresse doucement les cheveux, je me suis couché sur son ventre, maintenant sa virilité ne me gêne plus le passage...
Je ne vais pas tarder à laisser couler le sperme de ma bouche...

Et c'est là, qu'on a entendu des voix derrière la porte.

Je me redresse brusquement, et je suis tellement surpris que j'avale tout. Je passe ma main sur gorge avec une petite moue de dégoût.
Tom sourit et pose un doigt sur ses lèvres.

Fin POV Bill

POV Tom
Ah putain... Que c'était bon! Je fais signe à Bill de se taire, les voix derrière la porte se font de plus en plus nettes, heureusement que j'ai poussé le verrou.

- Mais Mlle, je vous dis que j'ai entendu des cris venant de cette chambre.
Une voix de gars. Si c'est Gustav, bordel, ça va chier.
- Et moi je vous dis, Hans, que vous avez dû faire un mauvais rêve, que tout va bien et qu'en prime, à cause de vos conneries, j'ai la tête en skaï parce que pas assez dormi.
- Frappez au moins!
- Est-ce que vous avez conscience qu'il y a une heure environ je me suis trompée de chambre et j'ai déjà réveillé ce pauvre Tom pour rien?
- S'il vous plaît... J'ai un mauvais pressentiment!
- Bon...


Et voilà, Bill et moi sommes explosés de rire, Mlle Hagen a une voix de prostituée qui vient de finir sa nuit, Hans flippe comme un malade, il a entendu des cris, oh oui on a crié, mais pas pour ce que tu crois mon pote.
On entend soudain frapper, je fais signe à Bill de la boucler, il va se planquer sous le lit, je lui balance quand même sa serviette, au cas où.

Oui? je fais à la porte.
- Tom, c'est encore Hagen... Vous êtes visible?
- ça dépend, vous avez remis vos lentilles?
- Non, toujours pas.
- Bon, ça va alors.


Je me baisse pour faire un clin d'oeil à Bill, on va bien se marrer, je m'essuie grossièrement avec la serviette, je ne bande plus, alors j'ouvre comme ça, Hans va tourner de l'oeil, et nous, on va bien se marrer.
J'ouvre.
Hans fait un bond en arrière quand il me voit, mais Mlle Hagen sourit comme une andouille, mais elle est vraiment aveugle! Là on est en pleine lumière, et elle me regarde toujours sans me voir. Pour elle, c'est exactement comme si j'étais bien habillé.

- Excusez moi Tom, Hans a eu une angoisse, il a cru entendre des cris venant de cette chambre.
- Non, je n'ai pas cru, j'ai entendu!
braille l'autre.
- Dites, je les aurais entendus aussi, vous savez.
- C'est vrai ça, Hans, Mlle Hagen a l'ouïe très fine.
- Ouiiiiiii
, elle nous fait, toute contente d'elle, j'ai compensé comme ça en fait. Parce que mes lentilles me font mal tellement elles sont épaisses, alors je ne les mets que quelques heures par jour, le reste du temps, je ne vois quasiment rien. Du coup, mon audition s'est développée de façon spectaculaire. Alors quand je vous dis qu'il n'y a pas eu de cris dans la chambre de Tom, vous pouvez me faire confiance!

Hans ne répond rien, il a l'air offusqué, tant parce qu'on ne le croit pas que parce qu'il ne comprend pas pourquoi Mlle Hagen ne dit rien quant à ma nudité.

- Pourquoi t'es à poil?
- Je ne suis pas à poil, Hans, voyons... Je suis nu Mlle Hagen?
- Oh moi vous savez... Je ne vois pas votre visage, alors...
- Vous ne voyez pas le mien non plus alors?
demande Hans
- Je ne vois rien, c'est pourtant pas compliqué à comprendre! Je suis presque aveugle! Tout ce que je vois, ce sont de vagues taches colorées, mais j'ai déjà confondu mon petit ami avec un arbre!
- ça a dû lui faire plaisir...
- Ah, ben fallait pas me cacher mes lunettes aussi hein!


Je suis explosé de rire, Hans fait une gueule de dégoûté et moi dès que je peux je remue les hanches pour faire bouger ma queue et le faire chier.
Puis Mlle Hagen tape dans ses mains et nous sort: Bon! L'incident est clos?
Hans et moi on dit oui mademoiselle, Hans repart en grognant dans sa chambre, Mlle Hagen repart finir sa nuit et je rerentre, Bill est toujours sous le lit, il en a pas perdu une miette et il en pleure de rire.
Je le prends par la main pour le sortir de sous le lit.
On reparle encore de Hans, discret parce qu'il a une gueule à écouter aux portes, on va s'enfermer dans la micro salle de bains, Bill enclenche la douche et là on se laisse aller, on ne rit plus à cause de Hans, on rit juste parce qu'on est heureux, parce qu'on est bien tous les deux, et que ça suffit pour nous combler.
Bill m'inonde d'eau chaude, il passe un bon bout de temps à mouiller mes dreads, quand j'en ai marre je lui prends la pomme des mains et commence à le mouiller.
Il coupe l'eau, et me tend le gel douche, je m'en verse dans les mains, l'odeur piquante de l'orchidée nous envahit, il se retourne, je le savonne, les épaules, le dos, les fesses, je me serre contre lui pour le savonner devant, le ventre, puis je descends encore, et...

- Eh ben, on tient la toute grande forme dis donc!
- C'est l'eau chaude,
il me répond dans un souffle.

Je me remets du savon sur les mains et commence à le masturber tout doucement. Pour tenir le choc, il pose les mains bien à plat contre le mur et gémit sourdement.
Le parfum de l'orchidée est bien fade, face à l'odeur de Bill quand il jouit.
Il attrappe le flacon de gel douche, il a un sourire délicieux, et il me savonne aussi, posément, puis il me caresse, il me masturbe, il reste planté en face de moi, je regarde ses yeux, ses grands yeux café brûlé, il irradie de beauté, pour ne pas perdre l'équilibre je pose mes mains sur ses épaules et je m'accroche à lui, l'orgasme monte, et je jouis bruyamment, soumis à son regard implaquable.
Il se retourne pour remettre l'eau et nous rincer. Il tremble.
Il accroche la pomme de douche en hauteur et il se remet face à moi, et on reste là, main dans la main, sous cette pluie brûlante.
A un moment il coupe l'eau, tout à une fin, on sort de la douche, on s'est encore rien dit.
Il me fait un signe pour savoir s'il peut prendre un de mes boxers dans l'armoire, j'en fais un autre pour lui dire de ne pas se gêner, il m'en lance un, et en enfile un autre.
Maintenant le soleil inonde le lit, Bill va s'y étendre, on dirait un chat.
Moi, face à ce spectacle, j'en ai le souffle coupé.
C'est le moment, je crois.
- Bill?
Il relève doucement la tête, il me regarde, il a ce sourire, oh...
- Bill, je t'aime.

# Posté le lundi 30 juin 2008 09:13

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:07

Chapitre 16. Asche zu asche

Bill, je t'aime

Bill, après quelques secondes d'hésitation, releva enfin la tête et s'appuya sur ses coudes. Il n'osait pas encore regarder Tom en face, il regardait partout ailleurs mais pas Tom, lequel commença à se demander s'il avait pas fait une bêtise en lui disant ça.

En fait, Bill n'avait pas hésité à se relever, il avait juste été paralysé par cette toute petite phrase, il ouvrait des yeux énormes en se demandant si c'était possible, et quand il s'était relevé, c'était parce qu'il n'osait pas y croire, il avait peur que tout soit faux, que Tom se moque de lui, ou peur d'avoir mal entendu, de s'être trompé, tout était possible et il lui était déjà arrivé en deux occasions d'entendre des voix...
Et tout à coup, Bill relève la tête, il a entendu craquer la chaise de bureau, c'est Tom qui vient de s'effondrer, les jambes coupées.
Et il le voit.
Celui qui l'a fait jouir.
Son amant.
Tom, enfin.
Fragile comme on peut l'être comme on ne porte qu'un boxer, les dreads encore dégoulinantes parce qu'il a refusé de continuer de les éponger avec une serviette. Les gouttes d'eau font de petites traces brillantes sur sa peau avant de sécher, et il y a encore son odeur si puissante, si renversante, et il y a les mains tremblantes, le regard perdu, tout perdu, les mêmes yeux marrons, les mêmes que lui, et ce regard de gosse désespéré qui n'a plus que le silence...
Bill éclate en sanglot, brutalement, lui même ne sait pas trop pourquoi, il est juste submergé par une sorte de trop plein.
Tom trouve la force de se relever, de s'approcher, de poser son bras sur ses épaules.
Il se dit tout bêtement qu'il vaut mieux aimer sans l'être que n'avoir personne à aimer.
Et lui, il a. Il a quelque chose à aimer. Quelqu'un. Il a Bill. Alors ça ne sert à rien d'être triste. Bill pourrait ne pas l'aimer que ça serait pareil. Il passe la main dans les cheveux noirs encore humides.

- Il ne faut pas pleurer, Bill. Je n'ai pas dit ça pour te rendre malheureux.
- Qu'est-ce que tu m'as dit? Je n'en suis même plus sûr...
murmure Bill entre deux larmes.

Tom sent contre sa poitrine le torse fragile de son amant s'agiter comme une machine détraquée. Les mains de Bill cramponnent le drap, machinalement.
Tom prend brusquement entre ses mains le visage de Bill, et le regarde bien en face, et prononce à voix haute:

- Bill, je t'aime

Voilà, ce n'était pas dur à répéter, mais il a à peine fini qu'il se met à pleurer, lui aussi, il ne peut pas s'en empêcher, il ne sait pas pourquoi, mais il pleure, il est comme le miroir du visage de Bill, leurs yeux pareillement bruns sont quatre petites fontaines symétriques.
Bill passe la main sur le visage de Tom, il a besoin de récupérer un peu avant de parler.

- Tom, je...
- T'es pas obligé tu sais? Je t'ai dit ça mais...
- Quand Richard, David et Stephen me barbouillait la gueule avec mon crayon, j'ai tourné la tête...
- ...
- Et je t'ai vu... J'ai vu ton regard à ce moment là... C'était la première fois qu'on me regardait comme ça, pas avec pitié...
- Non, jamais... Jamais je n'ai eu pitié de toi...
- Tu m'as regardé, comme si les anormaux, c'étaient les cons qui me faisaient ça, et ceux qui se marraient aussi... Mais pas moi...
- Non... T'es pas anormal...
- Et puis tu m'as ramassé, je me souviens de chaque détail, je pourrais même te dire la couleur du gant que tu as utilisé pour me nettoyer... Et aussi tu ne voulais plus que je pleure...
- Et toi, tu n'as pas voulu de mon verre d'eau...
- Ce que je ne voulais pas que tu saches, surtout, c'était que je pleurais de joie, de bonheur, parce que pour la première fois, on me traitait bien, comme un égal... Tu ne me jugeais pas...
- Pas une seconde...
- Alors je me suis dit, mais est-ce que c'est possible... Est-ce que c'est vrai, est-ce que c'est pour moi tout ça? Alors...
- Oui?
- Alors je crois, qu'à la seconde où j'ai croisé ton regard, maintenu que j'étais par ces trois brutes, à cette seconde même j'ai été près à te dire je t'aime.


Quelques secondes de silence. Les sanglots des garçons se sont un peu calmés, Bill se lève pour prendre des kleenex sur la table de nuit, Tom, songeur, se couche à moitié sur le lit.

- Bill?
- Oui?
- Pourquoi tu ne me l'as pas dit, alors?
- Que je t'aimais?
- Oui.
- Parce que je sens quand on me déteste, je sens quand on me méprise, je sens quand on a envie de me tuer, de me laminer, mais je ne peux pas deviner... Je ne pouvais pas deviner que tu ressentirais la même chose pour moi...


Bill retourne s'allonger dans le lit à côté de Tom, qui le serre dans ses bras, sans un mot.

- Tu sais, Tom, je voulais te dire...
- ...
- Quand on a pas l'habitude, on se méfie du bonheur, tu sais.


Pour toute réponse, Tom le serre encore plus dans ses bras, et ferme les yeux, très vite, pour cacher à Bill qu'il a de nouveaux les yeux pleins de larmes, lui aussi il n'a pas l'habitude, lui aussi il se méfie, c'est pour ça qu'il pleure, il est mort de peur face à ce qui lui arrive, être malheureux il sait très exactement ce que ça veut dire, être heureux par contre il ne sait pas, il n'est même pas sûr que ce soit réel, et là il sent Bill qui l'embrasse tout doucement sur les yeux puis sur le front avant d'essuyer ses larmes du doigt en lui caressant la joue.
Ils se rendorment comme ça, presque d'épuisement, serrés l'un contre l'autre, le visage de Tom enfoui dans le cou de Bill, et Bill qui serre Tom contre lui comme si leur vie en dépendait.

Quelques heures plus tard, deux gargouillis intempestifs se font entendre.
Tom lève soudain la tête et regarde Bill.
- Désolé dit Tom, je crois que c'est parce que j'ai faim.
- T'excuses pas, je gargouille aussi!
- Ah?
- Ouais, c'est miraculeux hein? J'ai faim!
- Et tu veux aller manger?
- Oui!
- T'as raison, c'est miraculeux!
- Pffffff...

Tom se marre, c'était tellement dur de faire manger Bill, sa meilleure excuse c'était "mais je n'ai pas faim, laisse moi tranquille", là, qu'il reconnaisse qu'il avait faim et qu'il voulait manger, c'était formidable, c'était un grand progrès de fait.
Après lui avoir fait un vague coucou, Bill bondit dans sa chambre, il était tard, on était dimanche, donc personne ne le vit traverser de nouveau le couloir en slip, il se fit beau, pantalon cigarette noir avec un T-shirt à rayures noires et blanches horizontales, des baskets parce que marre des bottes. Il se choisit également un collier, une grosse chaîne argentée avec une tête de mort qui pendait, et par dessus une chaîne plus fine avec une croix renversée, elle tombait pile en dessous de la tête de mort, c'était parfait pour un dimanche.
Il alla aussi se maquiller, copieusement, comme d'habitude.
C'est alors qu'il vit, dans son miroir, Hans, qui venait de rentrer dans sa chambre.
Il se retourna.

- Hans? Mais qu'est-ce que?
- ça fait longtemps que t'es levé?

*mais ça te regarde pauvre con?*
- Bah euh... Non...
- Parce que c'est bizarre... On dirait que t'as pas dormi dans ta chambre...
- Excuse moi Hans mais je ne vois vraiment pas ce que ça peut te foutre.
- Ben je sais pas, comme ça...
- Ecoute dis moi carrément ce que tu me veux, ça sera plus simple. Au moins je saurais ce que t'es venu faire dans une chambre qu'est pas la tienne.
- Si tu ne veux pas qu'on te dérange, mets le verrou à ta porte, comme Tom.
- Effectivement, si on vient me faire chier tout le temps, je vais le mettre, ce foutu verrou. Et maintenant, dis moi ce que tu fous là, ou alors dégage.
- C'est qu'il prend de l'assurance, le petit Bill...
- Bon, Hans, casse toi maintenant.
- Ecoute, je vois clair dans ton jeu mon p...


Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Il était resté près de la porte, pas collé au panneau mais pas loin quand même, or, une force herculéenne vint pousser brutalement la porte à ce moment précis, renversant Hans qui alla valdinguer à l'autre bout de la pièce en faisait un très vilain saut périlleux avant.
Il se mit à couiner parce qu'il avait percuté une arête de la bibliothèque avec son crâne, pendant que Georg, car c'était lui, dans l'embrasure de la porte, regardait la scène en se demandant ce qu'il avait encore fait comme connerie.
Hans se releva en se tenant la tête à deux mains pendant que Bill se mordait pour ne pas hurler de rire. Hans bouscula Georg et sortit de la chambre sans dire un mot.
Georg avait l'air si ahuri que Bill éclata de rire, il eut du mal à lui expliquer calmement ce qui c'était passé, mais quand Georg comprit qu'il avait renversé Hans en lui envoyant la porte dans le cul, il se marra aussi, avant d'aller s'asseoir sur le lit de Bill, il venait de se lever, il avait un coup de barre.
Bill finit de se maquiller, il se sentait en confiance avec Georg, il était plus vieux que les autres gars de sa classe alors il était un peu moins con, il le laissait se maquiller, il jugeait pas, il était bien pour ça.
Il lui expliqua le coup comme quoi il était d'abord passé par la chambre de Tom, et qu'il avait envie de déjeuner avec eux.
Bill hocha la tête avec joie en se mettant un dernier coup d'eyeliner, il aimait bien le côté gros nounours de Georg.
A ce moment là Tom bondit dans la pièce et sauta sur Georg en hurlant salut le vieux et en cherchant à le virer du lit, pendant que Georg, même s'il riait, le traitait de petit con et balançait des baffes au hasard pour s'en débarrasser.
Ce fut Bill qui mit fin à la bagarre en disant que si on allait pas manger tout de suite il tomberait dans les pommes, Tom rajusta le bandeau qu'il s'était mis par dessus ses dreads, waouh qu'il est beau comme ça, et ils descendirent au réfectoire.
Il n'y avait presque personne parce qu'on était dimanche, aussi les garçons prirent tout leur temps pour aller se servir, et tout à coup ils virent Gustav les rejoindre. Il marchait d'un pas lourd.

- Oh, tiens Gustav! s'exclamèrent Bill et Tom
- ça v...? s'apprêtait à demander Georg quand il croisa le regard noir de Gustav.

Brusquement, Gustav attrappa une assiette et l'envoya se crasher contre le mur.

- Tu es poussière et redeviendras poussière, ça vous évoque quelque chose à vous? hurla-t-il aux trois garçons stupéfaits en guise d'explication.


_________________________________
D'abord, c'est aujourd'hui que j'ai passé les 100 comms, alors même si j'ai pas fait ça pour avoir des milliers d'internautes en délire me demandant en mariage tellement j'écris bien, ça fait troooooooop plaisir, vous êtes tous des choux, merci merci.
Ensuite, le titre du chapitre précédent c'était le premier vers de Sonne de Rammstein, le titre de celui là est toujours de Rammstein, y a un lien avec le contenu, c'est qu'on est dimanche, que même en tant qu'athée moi je pense "dimanche" je pense aussi "jour consacré à Dieu", et je pense aussi à cette phrase super joyeuse tirée de la Bible: "Tu es poussière et redeviendras poussière". La fête en somme. J'aurais pu mettre ça en anglais, ça aurait donné Ashes to Ashes, c'est aussi le titre d'une chanson de Bowie, mais bon, c'est une fan fic sur TH, autant mettre le peu de choses que je sais dire en allemand.

# Posté le lundi 30 juin 2008 20:47

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:07

Chapitre 17. Raisons et sentiments

Tom, Bill et Georg regardaient Gustav avec effroi, et surprise aussi, lui si timide d'habitude, si gentil...
Heureusement qu'on était dimanche, parce qu'il n'y avait pas de surveillants dans le réfectoire, sinon Gustav aurait été bon pour le bureau du proviseur. Les autres gars qui mangeaient tournèrent à peine la tête.
La meilleure solution, c'était encore de ne rien dire et de le laisser se calmer tout seul, même si les garçons mouraient d'envie de savoir ce qui c'était passé, ce qui avait pu le mettre dans cet état.
Et effectivement Gustav se calma au bout de quelques secondes et rabattit sa casquette vers l'arrière. Il poussa un long, long soupir.
Ce fut Georg qui rompit le premier le silence.

- Y a quelque chose qui va pas Gustav?
- Bien joué Einstein,
grogna Tom entre ses dents et Georg lança la main pour lui foutre une tarte, à ce ptit insolent.
- Ouais, ça va pas, grogna Gustav.
- Tu veux manger avec nous? demanda Bill parce qu'il ne voyait rien d'autre à dire et qu'il cherchait un moyen de manger tout en satisfaisant sa curiosité.
- Nan, pas faim.
Houla, ça allait vraiment pas alors. Georg échangea un regard entendu avec Tom, Gustav le vit, il s'énerva de nouveau.
- Quoi, qu'est-ce que vous êtes en train de penser? Que si je ne mange pas c'est que c'est vraiment la cata? Vous me croyez bon qu'à bouffer?
- Héééééé oh, du calme,
dit Georg
- Nan, moi j'ai dit ça parce que je meurs de faim et que t'as besoin de parler, c'est tout!
- C'est ça ouais. Prenez moi pour un con.
- Bon, écoute, tu viens t'asseoir avec nous, tu manges si tu veux, tu parles si tu veux. ça va comme ça?
proposa Tom.

Gustav accepta d'un signe de tête et ils allèrent s'asseoir avec leur plateau. Il avait l'air en colère, mais surtout il était triste. En même temps il finit par se marrer, parce que les trois autres se retenaient de le bombarder de questions mais c'était visible qu'ils frétillaient comme des truites de curiosité.
Sadique comme pas un, il se leva finalement et alla se chercher à manger.
Pendant ce temps, Bill expérimentait une nouvelle technique pour arrêter de demander tout le temps à Tom de goûter sa bouffe: ils prenaient exactement la même chose, mais en dernière minute, ils échangeaient leur plateau. Et ni vu ni connu je t'embrouille, Bill apprenait à avoir moins peur.
Gustav revint avec une montagne de frites et un nombre incalculable de dosettes de sauce.
Georg regarda ça d'un air triste.

- Quoi? grogna Gustav
- Bah rien, fit Georg, mais je croyais que t'avais pas faim.
- J'ai pas faim, je confirme. Seulement je vais me venger sur ces petites saloperies, na!
- Ah ouais, parce que faire une crise de boulimie c'est la solution miracle!
- Mon bon Georg, tu apprendras que d'une, je fais ce que je veux, de deux, je t'emmerde, et de trois...
- Oui?
- Rien, j'ai pas de trois finalement.
- Ah ouais, moi aussi quand j'ai le cafard je fais ça des fois,
dit Bill Mais avec des crocodiles en sucre.
- Tu m'en avais jamais parlé!
- Si t'avais pris la peine de regarder dans mes tiroirs Tom, t'en aurais trouvé douze paquets!
- Ah ouais mais je fouile pas dans les affaires des autres moi, désolé.
- Bon, on peut revenir à moi, oui?
brailla Gustav, la bouche pleine de frites.

Les garçons le regardèrent de nouveau fixement, c'était vrai après tout, fallait bien qu'il leur explique pourquoi il avait pété une assiette qui ne lui avait rien fait.

Gustav: - D'abord, je tiens à dire que je ne comprendrais jamais rien aux filles.

Les trois autres hochèrent la tête. Georg parce qu'il n'y comprenait pas grand chose non plus, Tom parce que les filles étaient le dernier de ses soucis désormais, et Bill parce qu'il n'avait jamais connu de fille et qu'il pouvait difficilement avoir un avis sur la question.

Gustav: Comme vous le savez, nous sommes aujourd'hui dimanche, et comme chaque dimanche, je me lève aux aurores pour aller chercher Rebecca et aller avec elle à l'office

Les trois retiennent leur souffle. Gustav, lui, engloutit ses frites brutalement entre chaque phrase.

Là j'y vais, comme d'habitude, j'ai droit au compliment de sa directrice, et gna gna gna. On va à l'office. Et vous ne devinerez jamais ce que ces enfoirés ont inventé pour me pourrir la vie!

Blanc. Effectivement, par leur silence, les garçons prouvent à Gustav qu'ils n'ont pas deviné.

- Vous avez déjà entendu parler du voeu de chasteté, fort en vogue aux Etats-Unis?
Silence.
Georg: Non, ne me dis pas que...
Gustav: Si. Ces pignoufs ont eu la bonne idée d'en parler à l'école, du coup toutes les filles ont été vivement incitée à prononcer ce voeu de chasteté, si elles veulent rester dans l'école, et surtout à le faire prononcer aussi par leur petit copain.
Tom: Ah merde...
Gustav: Comme tu dis. Mais le plus beau vient ensuite. Un peu sous le choc, je ressors de l'église après le sermon, Rebecca me rattrappe. Depuis qu'on se connaît, elle me répète que ce sont ses parents qui l'ont mise dans cet internat de force, qu'elle va à l'office sans trop y croire, et qu'elle est contente d'avoir un copain qui joue le jeu sans être à fond sur la religion. Mais là, vous ne pouvez pas imaginer ce qu'elle a osé me dire.
Tom: Bah si, qu'elle veut que tu prêtes ce putain de serment!
Gustav: Nan, c'est pire. Elle m'a dit qu'elle me quitterait si je ne le faisais pas.

Les garçons restent muets.

Gustav : Dans son immense bonté, elle m'a laissé jusqu'à samedi prochain pour réfléchir. Mais bien sûr, ça veut dire plus de papouilles osées dans les parcs, plus de câlins, plus que dalle. Et moi, j'y crois pas trop aux amours chastes.
- Ah, moi non plus,
lâchent en même temps Bill et Tom, ce qui fait pouffer Georg.
Gustav: Au lieu de te marrer, dis ce que t'en penses, toi!
Georg: Bah, tout dépend si tu l'as vraiment dans la peau cette fille.
- Oui, mais je n'ai pas l'intention de me marier avec. Je veux juste une petite amie, avoir une relation simple, où les câlins sont dans l'ordre des choses! J'ai pas envie de serment à la con, et surtout, surtout, j'ai pas envie que la proviseur et les radasses qui font la discipline là bas se mêlent de ma vie privée, a fortiori ma vie sexuelle! Sans mentir, hier, on était à deux doigts de le faire enfin! Et le lendemain matin, ma copine a subi un lavage de cerveau!

Georg: Je vois pas d'autres solutions que la larguer alors.

C'est alors que Gustav prit une mine toute triste.

Mais je l'aime... couina-t-il.

Effectivement, vu sous cet angle, le problème était insoluble, Bill tout en réfléchissant profondément au problème lui piquait ses frites, on ne l'avait jamais vu comme ça, aussi affamé. Gustav, lui, délaissait enfin ces saloperies dont il venait de se goinfrer.

Bon, Bill, au lieu de bouffer, t'as une solution? brailla Georg.

Bill le regarda d'un air idiot. Voilà un bon moment qu'il s'énerve sur une dosette de ketchup qu'il arrive pas à ouvrir et c'est là dessus qu'il a concentré toute son attention.

Bah euh... Il peut toujours essayer, pis s'il tient pas, il lui dit que tant pis, et ils s'arrêtent là, non?

Bill ne comprend pas pourquoi tout le monde le regarde d'un air navré. Il sent vaguement que ce qu'il a dit est con, mais il ne voit pas bien en quoi. Heureusement Gustav vient a son aide, d'abord en lui arrachant la dosette des mains pour la lui ouvrir et ensuite en lui expliquant que le but du jeu est de prendre une décision AVANT, avant qu'ils se pourrissent la vie Rebecca et lui, avant de se mentir, avant de se trahir.

- De toute façon, dit Tom, elle t'a laissé la semaine. Alors ça sert à rien de se prendre la tête maintenant, alors que t'es encore sous le choc. Demain, tu y verras peut être plus clair, non?
Gustav acquiesce vaguement en donnant la dosette de ketchup enfin ouverte à Bill, qui est désormais le seul à manger encore. Puis finalement il annonce à ses camarades sa volonté de parler d'autre chose, et leur demanda si leur matinée avait été plus chouette que la sienne.

- Oh oui, dit Georg, sauf que Hans a fait des avances à Bill!
Lui et Bill éclatèrent de rire avant de raconter aux deux autres ce qui c'était passé.
- Nan, blague à part, dit Georg, je me demande s'il n'est pas gay, celui-là.
- Tu déconnes ou quoi,
s'étrangla Bill, j'ai jamais vu quelqu'un être aussi allergique à la moindre évocation de l'homosexualité!
- Ce sont les pires,
dit Georg qui se la jouait sentencieux à ses heures perdues, Hans a tout du refoulé. Ne serait-ce que la façon dont il te regarde, Bill.
- C'est vrai ça
, approuva Tom
- Ah, toi aussi, t'as remarqué? Dès que Bill est dans la même pièce que lui, il le dévisage, il le détaille, il épie tout ses mouvements...
- Beuaaaaaark
grimaça Bill, et les garçons se marrèrent. Surtout Tom, qui était plutôt content de voir que Bill n'avait aucune attirance pour Hans. Mais s'il était vraiment amoureux de Bill, ils devraient être à l'avenir plus prudent, parce que ce con se ferait une joie de les dénoncer. Déjà, le matin, ce n'était pas pour rien qu'il était allé chercher Mlle Hagen pour qu'elle vérifie si Tom allait bien. C'était une façon de savoir si Bill était avec lui ou pas.

Ils remontèrent vers le dortoir, dans le but de squatter une de leurs chambres et de jacasser toute l'après midi. Au passage, ils croisèrent Mlle Hagen qui s'apprêtait à partir, vêtue d'un jean slim bleu, d'un débardeur blanc, les cheveux délicatement relevés.
Elle les salua gentiment.
Tom laissa les garçons le devancer, revint sur ses pas et la rattrappa au bas des escaliers. Il y avait quelque chose qui le troublait, il voulait en avoir le coeur net.

- Mlle Hagen, je peux vous parler?
- Mais bien sûr mon garçon, qu'est-ce qu'il y a?
- Eh bien voilà, c'est par rapport à ce matin. J'ai plusieurs choses à vous demander.
- Allez-y,
dit-elle avec un immense sourire.
- C'est pas évident par contre.
- Prenez votre temps.
- D'abord, il faut que je vous dise... Quand Hans et vous vous avez frappé...
- Oui?
- Hans avait raison, j'étais tout nu. J'ai profité que vous ne voyiez rien pour le faire chier.
- Je m'en doutais mais bon, ce n'est pas si grave, vous êtes des garçons, vous êtes faits pareils. Il n'y a que ça qui vous chagrine?
- Non... En fait je... Je voulais savoir...


Il était tellement perturbé que Mlle Hagen le prit par la main, et l'amena s'asseoir avec elle sur la première marche de l'escalier.

- Voilà, dit-elle, comme ça, on sera plus à l'aise. Dites moi tout mon garçon.
- Quand vous dites que vous avez l'ouïe très fine, c'est vraiment...
- Que j'ai l'ouïe très fine. Vraiment. Je suis une chauve souris.
- Et alors, ce matin, dans ma chambre, est-ce que...


Mlle Hagen le regardait hésiter avec un sourire. Elle le laissa bafouiller quelques instants encore. Elle était jeune encore, elle savait ce que c'était que d'aimer en cachette, elle le comprenait tellement...

- Bon, allez, je vais abréger vos souffrances Tom. Oui, j'entends tout. Et ce matin, fidèle à mon habitude, j'ai tout entendu. J'ai essayé de dissuader Hans de venir vous emmerder en lui faisant croire qu'il avait rêver, mais il avait très bien entendu, seulement j'estime que vous avez tous droit à une vie privée. Si j'ai parlé fort devant la porte, c'était pour vous laisser le temps de vous planquer. Enfin, pas vous, mais B...
- Oui, j'ai compris.
- Et quoi qu'il arrive, il suffisait de se demander pourquoi vos chambres n'étaient jamais éclairées en même temps pour comprendre...
- Et ça ne vous dérange pas?
- Mais pourquoi? C'est votre vie, mon garçon, vous en faites ce que vous voulez. Je vais même vous dire, je suis contente pour vous et Bill.
- Pourquoi?
- Ah, ça, je ne sais pas. Cela me fait plaisir, c'est tout. Vous savez, voilà deux ans que je suis la scolarité de Bill d'assez près, et je le connais bien. Je ne l'ai jamais vu aussi heureux... Et vous, vous souriez quand même un peu plus que le jour de votre arrivée!


Tom baissa la tête mais ne put retenir un sourire.

- Vous voyez? dit Mlle Hagen. Je ne vois pas pourquoi j'irais emmerder deux gosses enfin heureux. Vous avez bien mérité ça.
Tom ne sut que lui répondre.
- Bon, par contre, faut que je file. Alors retournez avec vos camarades, et ne vous faites pas de souci. Même si j'entends tout, je ne juge rien.
Tom la remercia chaudement, et Mlle Hagen, sans prévenir, l'embrassa sur le front avant de partir.
Et de disparaître dans un rayon de lumière.

# Posté le mardi 01 juillet 2008 19:22

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:08

Chapitre 18. Sie wird heut Nacht nicht untergehen

Chapitre 18. Sie wird heut Nacht nicht untergehen
Tom rejoignit en courant ses petits camarades qui squattaient la chambre de Bill. Georg était assis sur le lit au moment où Tom entra, adossé au mur, pendant que Bill tirait un sachet de crocodiles en sucre de son tiroir et le donnait à Gustav.
Georg était sur le point de s'endormir discrètement lorsque Tom bondit sur le lit, s'y coucha de tout son long, la tête sur les genoux de Georg.

- Nan mais faut pas te gêner, braillèrent en même temps Bill et Georg.
- Oh, foutez moi la paix. Je suis bien là, avec papy!

"Papy", c'était Georg. Tom se mit à se tortiller et à frotter son visage sur les genoux de Georg en ronronnant. Bill et Gustav le regardait d'un air affligé pendant que Georg se remettait doucement de ce réveil en fanfare.

- Allez, bouge de là Tom, finit-il par dire
- Ouais, et vire tes chaussures de MON lit, brailla Bill

Tom ne se le fit pas dire deux fois et lança ses baskets en deux coups de pied à l'autre bout de la chambre. Il jeta un oeil à Bill, il avait l'air outré.

- ça va, dit Tom sur un ton faussement blasé, j'ai tué personne...
- Nan mais t'es dans MA chambre je te signale.
- Et sur MES genoux! Dégage maintenant, t'es lourd.
- Tu t'en fous tu dors. Pourquoi tu dors d'ailleurs?
- Parce que j'ai pas fait ma sieste. Mais la question n'est pas là!
- Oh allez papyyyyyyyy...


Tom mit ses bras autour de la taille de Georg et s'y cramponna. Il aurait été dans la même position avec Bill il aurait été dans tous ses états, mais là, avec Georg, c'était marrant mais c'était pas excitant, c'était un peu comme si c'était avec son frère, s'il avait eu un frère bien sûr.
Finalement il sentit un poids très lourd se coucher sur lui, puis un deuxième, un des deux lui faisaient des chatouilles et ils se bidonnaient comme des baleines, bande d'enfoirés.
Gustav et Bill venaient de se coucher sur lui et tout était bon pour le faire chier, il se débattait comme il pouvait mais Georg le tenait par les bras et Gustav était assis sur ses jambes, il sentit que quelqu'un débouclait sa ceinture...

- Nooooooooon Biiiiiiiiiiiiiill ! Pas ça!
- C'est pas moi, c'est ton pantalon trop grand, il tombe tout seul, regarde...
- Ouais, vas y Bill, à poiiiiiiiiiiiiiiiiiiiil !!!!!!!
hurlèrent Gustav et Georg, morts de rire.
*Oh Seigneur, Bill qui me baisse mon pantalon, pas devant les autres non, ça m'excite trop je sens que je vais... Et merde*

Bill ne s'arrête que quand le boxer de Tom, lequel est toujours couché sur le ventre, est exposé à tous les regards.
Gustav explose de rire.

- T'as un boxer imprimé "vierge"?
En effet le boxer était imprimé partout d'espèces de "M" gothiques mais avec une boucle qui revenait par devant, le symbole pour le signe astrologique de la vierge.
- Ah, c'est ça ces machins? C'est parce que t'es vierge? demanda Bill.
- ça te va super bien, dit Georg en ricanant.
- Connard va

Tom essaya de se redresser mais il sentit qu'il ne fallait surtout pas, bah oui, il n'était pas en bois et c'était Bill qui lui avait retiré son pantalon, il y a des réactions physiques qui ne se commandent pas.
Il entama donc une espèce de danse horizontale grotesque pour remonter son pantalon sans se soulever, couché sur le ventre. Bill, super pervers, s'assit juste à côté de lui, lui passa la main sur la nuque, et prit une voix d'actrice porno pour dire:

- Mais Tom... Pourquoi tu ne te retournes pas?
- Ta g...
grogna Tom pendant que l'autre partait d'une crise de fou rire monumentale.
- Alors comme ça t'es vierge? dit Gustav, qui ne s'était pas encore remis d'un si bon jeu de mots.
- Oui, je suis né le premier septembre, donc je suis vierge!
- T'es né quand?
demanda Bill en ouvrant des yeux énormes
- Le premier septembre, à 22h 33. Pourquoi?
- Je suis né le premier septembre aussi! Mais à 22h43!
- Ptain la précision du détail,
ricana Georg
- Nan mais je le sais, je l'ai lu sur une fiche de quand j'étais à St Andrews.
- Moi aussi!
- N'empêche, ça existe les jumeaux astrologiques.
les informa Georg, qui lisait régulièrement des magazines féminins en cachette.
- Bah ils peuvent pas être jumeaux astrologiques, ils ont dix minutes d'écart.
- Ah ouais, merde. Alors ça marche pas.
- Eh oui eh oui.
dit Tom.
- Voilà voilà voilà dit Bill, et les deux crétins se mirent à hurler de rire pendant que Georg et Gustav se regardaient, navré.

Puis ils se vengèrent sur les crocodiles en sucre qu'ils avaient oubliés dans la bagarre, et Tom posa la question à ne pas poser.

- Tu les as achetés quand Bill?
- Ben, hier, en rentrant de l'h... En rentrant.


Blanc dans la conversation. Tom est livide, il sait bien qu'il a promis de ne plus parler à Bill de ses rendez vous du samedi, ça lui a échappé, Bill a l'air tout triste, ils sont à quatre sur le lit, et tout à coup Bill sent des petits machins de couleur vives lui atterrir sur le visage.
- Les crocodiles contre- attaquent!!!!!! hurle Georg.

Et ça tourne à la bataille de nourriture, les crocodiles volent dans la pièce, s'écrasent sur le lit, par terre, pendant que Bill hurle à la mort.
- Vous êtes vraiment des dégueulasses! Ma chambre va ressembler à une porcherie!

Il essaie de se redresser pour ramasser leurs conneries, mais Gustav le tire en arrière et le force à rester sur le lit, pendant que Tom s'exerce à viser la bouche ouverte de Georg avec un crocodile. Quand Gustav lâche enfin Bill, il se redresse et fait face aux trois cons, toujours affalés sur le lit, morts de rire. Bill a tellement l'air choqué de la vie qu'ils ne peuvent pas s'empêcher de se foutre de sa gueule.

- Vous êtes des vrais cons! Regardez moi ça! Y a des crocodiles partout!
- T'en fais pas Bill, c'est des faux!
dit Tom en éclatant de rire, et les deux autres repartent de plus belle.

- Jeune con, tu apprendras que j'ai entièrement nettoyé ma chambre avant de partir hier matin, ça m'a pris une heure et demie!
- Ah, c'est propre par terre? Bah c'est bon, on peut les bouffer aussi ceux là alors!


Et Tom, joignant le geste à la parole, tend le bras pour ramasser un des crocodile tombés par terre à côté du lit dans le but de l'engloutir.
Il aurait pu, si Bill ne lui avait pas donné une tape sur la main en hurlant.

- Mais, Bill? ça va oui?
- NAN TOUCHE PAS!
- Ecoute, y a aucun danger, t'as dit que c'était propre!
- Ouais mais il est tombé PAR TERRE!
- Et alors? Et calme toi un peu, tu vas nous faire une attaque!
- MANGE PAS C'EST DANGEREUX !!!!!!!!


Bill ouvrait des yeux énormes, tous les traits de son visage étaient tirés, il avait l'air mort de peur, comme si le crocodile était maintenant imbibé d'arsenic, il fallut que Tom promette de ne pas le manger et le remette par terre, Gustav et Georg durent promettre aussi pour le calmer.
Georg et Tom l'attrapèrent chacun par une main et le firent asseoir sur le lit aussi, ils lui parlaient tout doucement, comme à quelqu'un qui menace de faire une crise de nerfs.
Bill se calma peu à peu, mais la première chose qu'il leur dit quand il se fut un peu calmé, ce fut:

- De toute façon, y a pas besoin de ramasser par terre, si vous en voulez il y en a un autre paquet dans le tiroir!
- Oui Bill, d'accord. On va en prendre un neuf.
- D'abord quand on mange par terre on attrappe plein de maladies parce qu'il y a des tas de merdes par terre.
- Ok, c'est vrai, c'est tout sale par terre.
- On les voit pas, mais elles sont là et elles attendent qu'une chose pour venir te bouffer.


Georg se passa la main sur le visage. Il savait que Bill avait une légère tendance à péter les plombs, mais là, il avait la preuve sous les yeux, mais qu'est-ce qu'il avait bien pu vivre pour être dans cet état maintenant.

- On dirait ma soeur, dit Gustav depuis qu'elle fait ses études de biologie, elle se lave trois fois les mains en sortant du métro, et quand sa meilleure amie vient à la maison avec son bébé, elle passe tout à la javel, même les poignées de porte, la poignée du frigo et le panier du chien.
- Pourquoi?
- Pour éviter que le bébé soit contaminé tiens! Elle a une peur panique des germes. Une fois elle a fait des prélèvements sur mes vêtements et dans ma valoche pour vérifier si l'hygiène de l'école où j'étais était respectée.
- Et?
- Et elle a saoulé mes parents pour qu'ils me virent de là bas et qu'ils m'inscrivent ici!


Leur crise de fou rire reprit, ils oublièrent à peu près la crise de Bill, lequel alla discrètement chercher un balai pour virer les crocodiles restés par terre et qu'on en parle plus.

Au bout d'un moment, Georg et Gustav décidèrent qu'il était temps d'aller se coucher, Georg couchait maintenant dans la chambre juste en face, et Gustav était entre la chambre de Bill et celle de Tom, ils se souhaitèrent bonne nuit et les deux G disparurent.
Tom et Bill restèrent seuls dans la chambre de Bill.
Bizarrement, Bill ne pensait plus du tout aux crocodiles par terre, il regardait Tom avec un petit sourire pervers et excité.

- Pourquoi tu me regardes comme ça? dit Tom, un peu troublé.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé pour que tu aies été obligé de te rhabiller en restant sur le ventre?
- A ton avis? Parce que certaine personne avait cru malin de déboucler ma ceinture et baisser mon pantalon, et que d'ordinaire, cette personne me donnant ce genre de traitement me met dans un drôle d'état.
- Sans blague? Tu bandais?
- Oui Sherlock! D'ailleurs si tu veux tout savoir, je ne suis pas vraiment calmé!
- Ouaaaaaaaiiiiiiiiiiis !!!! Youpi!


Bill sauta au cou de Tom comme un gamin. Tom pouffa et le serra contre lui.

- Dis donc Bill..
- Mmh?
- Tu voudrais pas me refaire un petit strip tease, là?
- Oh, si, bien sûr. Mais toi aussi, tu en fais un juste après.
- D'accord, tu choisis la musique.


Bill bondit vers sa pile de CD pendant que Tom réajustait son bandeau et se préparait à vivre une folle soirée. Bill lui tournait le dos, était penché en avant pour choisir un CD, son petit cul ressortait du pantalon cigarette, en voyant ça Tom préféra s'asseoir, c'était plus prudent.
Lorsque Bill se retourna, il regarda Tom d'un air grave.

- Tom, ce soir...
- Oui?
- Je n'ai vraiment pas envie d'aller me coucher et de faire un gros dodo.
- Pas de problèmes. Moi non plus d'ailleurs.
- On va se comporter comme des pervers, des catins?
- Pervers, catins, vicieux, cochons, sexy, dépravés, tout ce que tu veux!
- Cela me convient très bien mon amour


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fanficth87 a dit ceci: "put1 ms c que tu t'y conné ds le vocabulaire cochon ! lol ! ms c génial comme d'hab ! "
J'ai envie de dire merci.
(obligée d'effacer le comm parce qu'il y avait son adresse msn dessus, mais je n'avais pas envie de perdre ça!)

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 09:34

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:08