Chapitre 9. Les conditions de Bill

Chapitre 9. Les conditions de Bill
Lorsque Gustav leur eut bien gueulé dessus qu'ils en avaient mis un temps et que c'était pas possible, ils descendirent, oui, Gustav s'énervait facilement quand il avait faim. Au réfectoire, Bill et Tom firent comme si de rien était. A part Bill, qui avait l'air plus sûr de lui que la veille, rien n'avait changé. Il y eut, comme d'habitude, des garçons qui le traitèrent de pédé, mais il n'en avait plus grand chose à foutre.
Hans les avait rejoint, il avait l'air un peu gêné par rapport à Bill et Tom, parce qu'il avait vu Richard et David rentréer dans la chambre de Tom, certes à cause du MP3 il n'avait pas su la suite, mais les deux agissaient comme s'il ne s'était rien passé, ils avaient l'air préoccupés par tout autre chose et surtout, Richard et David n'étaient pas là. Surtout, ils s'étaient assis l'un en face de l'autre, du coup Hans s'était retrouvé juste à côté de Tom et Bill à côté de Gustav.
Bill ressentit comme une gêne à un moment, avant de se mettre à manger, il se tortillait, il n'osait pas parler, et il regardait Tom fixement.
Hans se demanda ce que cela voulait dire, Gustav avait vaguement remarqué un truc, m'enfin bon, y a des priorités dans la vie, à commencer par manger quand on meurt de faim.
Tom semblait ne pas comprendre, mais tout à coup, et pratiquement sans regarder Bill, il tendit le bras pour prendre la tasse de café qui se trouvait sur le plateau de Bill, en avalant deux gorgées et le reposa. Puis il se pencha en avant de nouveau, plongea sa cuillère dans le bol de céréales imbibées de lait de Bill et les goûta. Le jus d'orange était dans un pack hermétique, donc il n'y avait pas de danger.

- Pourquoi tu lui prends sa bouffe alors que tu as pris exactement la même chose?, demanda Hans, ahuri.
- Pour savoir si ça a le même goût, cette bonne blague.
- Et alors, ça a le même goût?


Là, Tom prit le temps de regarder Bill droit dans les yeux. Bill, lui, n'en pouvait plus de voir Tom aussi gentil. C'était vraiment touchant, de se souvenir qu'il avait toujours cette angoisse lancinante qu'on lui mette quelque chose de pas net dans sa nourriture, Bill se prit à sourire comme un con, et à se troubler, même, quand Tom planta son regard dans le sien et lui dit:

- Oh, tellement, tellement le même goût...
- Vous êtes grave les mecs,
conclut Hans en beurrant rageusement ses tartines.

C'est qu'il n'était pas insensible aux charmes de Bill, ce matin-là. Seulement Bill ne le regardait pas, il se concentrait sur Tom.
Hans finit par quitter la table le premier, sans vraiment savoir pourquoi il se sentait aussi en colère.
Après le petit déjeuner Bill et Tom se séparèrent de Gustav qui avait cours dans un autre endroit du lycée, il avait un an de plus qu'eux.
Enfin seuls, ils purent parler.

- Alors comme ça, ce soir, c'est moi qui vient dans ta chambre?
- Oui.
- Qu'est-ce qui te fait croire que j'en ai envie?
dit Tom avec un sourire narquois.

Bill passa devant lui, ils étaient dans les escaliers, il le devança de quelques marches et lui barrant le passage en roulant des hanches, en tortillant du cul, les yeux à demi fermés, la bouche entr'ouverte, comme une danseuse de charme, avec ses hanches qui sortaient à chaque mouvement un peu plus du pantalon taille basse et faisaient cliqueter la ceinture, heureusement qu'ils étaient seuls.

- Oh putain...ne put s'empêcher de soupirer Tom, incapable de bouger devant ce spectacle.
- Bah voilà, à cause de ça! dit Bill en ricanant.
- C'est malin, ça, de me mettre dans tous mes états juste avant le cours!
- Et encore, je ne me suis pas mis contre toi... Je ne t'ai pas pris dans mes bras...
- Et moi, je ne t'ai pas embrassé, je n'ai pas laissé glisser ma main sur ton ventre, sur tes fesses, sur ton...
- Hééééééé, je te rappelle que moi j'ai pas de pantalon large pour cacher mes émois!
- Et ça nous fait un partout.
- Puisque c'est comme ça, je ne veux plus te parler, te sentir près de moi jusqu'à ce soir!
- Quoi? T'es malade?
- Oh, allez, ce sera tellement plus excitant ce soir, quand on se retrouvera, on sera chauds comme des braises!
- Mais la journée va être atrocement longue!
- S'il te plaît, fais le pour moi.
- Dis plutôt que je ne te plais pas, que tu as honte de moi, et que tu as besoin de la journée pour te préparer à me retrouver ce soir.
- Tu sais que tu es con, là?
- Bah, je me pose des questions, c'est tout.
- Tu crois que je ne vais pas souffrir toute la journée? Mais Tom, si on était seuls, ou si seulement nous n'étions pas au lycée, internes en plus, je serais nu, là, maintenant, avec toi, dans un lit ou n'importe où!


Minute de silence où ils se regardent fixement.

- Alors là Bill... Ce soir, tu as intérêt à être prêt!
Bill eut un petit rire et continua de courir vers la classe.
Tom le laissa partir en premier, qu'il s'installe, il ne veut pas m'avoir près de lui, très bien, alors nous n'arriverons pas ensemble.

Point of view Tom


Et voilà, je suis le dernier à rentrer dans la classe, reste une place au premier rang, putain, je commence à être abonné, à côté de Friedrich, ouais, bon, y a pire.
Il est où Bill, vas-y Tom jette donc un coup d'oeil discret.
Oh zut, il est à côté de Hans, je sais pas pourquoi je le sens pas trop lui. Depuis ce matin il me regarde en-dessous, j'ai horreur de ça. Et puis j'ai aussi vu comment il regardait Bill, non mais oh, me taire je veux bien mais je ne me laisserai pas piquer mon mec, ça non alors.
Qu'est-ce que je viens de dire? "Mon mec"? Après tout, c'est ce qu'il en est. Ouais, mais ça fait même pas vingt quatre heures, quoi...

- Eh bien, M. Trümper, vous rêvez?
- Haaaaaaaa !!!!!!
*putain m'a fait peur ce con, et les autres qui se marrent, bordel, mais pourquoi j'ai crié comme ça moi?* Euh oui monsieur, un peu. Excusez moi.
- Si vous êtes parmi nous maintenant tout va bien, aujourd'hui nous évoquerons le renouveau du romantisme allemand au travers des Souffrances du jeune Werther de Goethe.

Oh misère...

- M. Kaulitz, je peux savoir pourquoi vous riez?
Et maintenant ce con qui se fout de moi, c'est vrai, c'est très drôle, attends un peu qu'on soit ce soir.
- Euh... Je sais pas trop. Peut-être est-ce parce que je vois pas trop comment on peut parler de renouveau du romantisme dans la mesure où le romantisme allemand n'existait pas avant Goethe?
Je me tourne vers lui, ah ben ça alors, je m'y attendais pas à celle-là, monsieur s'y connaît en romantisme en plus. Il me voit, je dois avoir l'air tarte, parce que ça le fait encore plus se marrer. Le prof, lui, est reparti sur sa lancée.
- Vous l'avez lu?
- Oui.
- Cela vous a plu?
- Bah, pas trop nan.
- Pourquoi?
- Je sais pas ce qui m'a gêné le plus. Qu'on se suicide par amour ou qu'on trouve le moyen de se louper en se tirant une balle dans la tête.


Le prof a pas l'air d'apprécier, parce que Bill a fait se marrer tout le monde, il ne dit plus un mot et remonte vers son tableau noir. Le cours commence. On en a pour deux heures.
Oh misère le retour.


A la récréation, Bill reste fidèle à ses habitudes et va se planquer, pas moyen que je mette la main dessus, de toute façon je ne cherche pas tellement à le retrouver, je discute avec deux trois gars mais sans vraiment faire attention.
Au déjeuner re- belote, pas de Bill au réfectoire, il a dû retourner dans sa chambre, et ce n'est pas bon du tout, ça, je voudrais qu'il mange régulièrement, mais avec cette tête de mule... Je sais où il est, mais je n'irais pas dans sa chambre, je dois tenir, je lui ai promis.
En cours après le déjeuner, on a eu droit à l'arrivée du proviseur et de Mlle Hagen, en cours d'anglais, expliquant que Richard et David ont essayé de me casser la gueule et que grâce à Bill Mlle Hagen avait pu intervenir, merci de me rappeler ça, qu'ils ne seront pas renvoyés mais qu'ils seront affectés à un autre dortoir.
Le poviseur nous demande, à Bill et à moi, si on va bien. Il a l'air un peu surpris, mes dreads ça lui fait un choc, le maquillage de Bill ça lui fait un choc, il nous regarde pas méchamment, mais ça se voit qu'il laisserait jamais ses gosses faire pareil. Mlle Hagen à côté, à l'air un peu furibarde sur les bords, les anglaises en bataille et tout, Friedrich me souffle une connerie du style "j'adore son cul", j'ai pas le temps de lui dire que Mlle Hagen est en réalité une chauve- souris que:

- Et bien pas moi le vôtre, Friedrich!
- Que, mais... Je...
- J'ai parfaitement entendu la réflexion que vous venez de faire à votre camarade! Vous serez aimable de vous abstenir!
- Qu'est-ce qu'il a dit, Mlle Hagen?
, demande le proviseur.
- C'est bon monsieur le proviseur, j'ai réglé le problème.

Alors ça c'était cool, parce qu'elle aurait aussi bien pu faire embarquer Friedrich dans son bureau.

- Je tiens tout de même à préciser devant tout le monde, que si on m'avait écoutée, Richard et David seraient à la porte du lycée à cette heure-ci. Mlle Hagen a dit ça avec un putain d'air buté, elle a dû batailler pour les virer mais au final est allée se faire foutre et elle a du mal à l'avaler.
- Oui, Mlle Hagen, mais...
- Oui, je sais, vous êtes le proviseur, vous prenez la décision finale, seulement les élèves ont le droit de savoir que je ne cautionne pas.
- Vous avez tout dit, c'est bon?
- Oui. Et maintenant, je retourne donner mes cours. Vous me payez trop pour que je reste à traîner ici.


Et elle se barre. Le proviseur dit je sais pas quoi et se casse, Friedrich recommence à me parler de Mlle Hagen, et comment elle est bonne et patati et patata.
J'ose pas lui dire que j'en ai rien à battre, que je voudrais être un poil peinard pour penser à Bill, je jette un coup d'oeil derrière, Hans essaie de parler à Bill mais lui, il a l'air de se faire chier, mais d'une force...
Ha ha, bien fait pour toi, t'aurais pas eu cette idée de nous faire attendre jusqu'à ce soir on se serait gaufré Where is Brian ensemble.

Après les cours, Bill va s'enfermer dans sa chambre, je vais dans la mienne, apparemment pour lui le soir ça veut dire après le dîner. Je fais vite fait les devoirs pour demain, rien de trop compliqué. Je m'étends sur mon lit, les mains croisées derrière la nuque. Je ferme les yeux.
Et je revois Bill, nu, paniqué avec son tuyau de douche dans les mains. Le dos de Bill, quand je l'ai rejoins pour l'empêcher de partir et l'embrasser. Bill, débaroulant dans le couloir, sublime, ce matin, sûr de sa beauté. Bill toujours, se tortillant devant moi comme une strip-teaseuse.
Bill, une traînée de sang le long des tempes, son sang sur ma main aussi, pâle comme la mort...

HAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!

Je me réveille en sursaut, en sueur, je m'assieds sur mon lit. Putain, je me suis endormi sans m'en rendre compte, les images ont continué de défiler, mais la dernière, putain, la dernière... Quel horreur comme cauchemar, et voilà qu'on frappe à la porte, et qu'on entre sans que j'ai eu le temps de réagir, c'est Bill, il est là, bien vivant, je suis encore sous le choc mais il fait style je m'en fous, il me balance juste un:

- Bon,tu viens? On va manger là...

Je suis tellement content de le voir en vie que je le suis bien docilement.

# Posté le samedi 14 juin 2008 20:39

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:05

Chapitre 10. L'amant

Chapitre 10. L'amant
POV Bill

Seigneur, je n'en peux plus d'attendre... Je n'en peux plus de ne pas lui sourire, de faire comme si j'étais blasé, je suis pris à mon propre piège, et lui qui se prête de plus en plus au jeu...
Que vient-il de dire à Gustav?
"Allons faire un basket dans la cour".
L'enfoiré.
Gustav hésite, on a le droit d'aller dans la cour après le dîner mais bon, il a pas l'air spécialement emballé. Tom déploie un trésor d'argumentation pour le convaincre, mais il minaude en plus ce salaud!
Non non Gustav, résiste, tu n'en as pas envie, non...

- Bon, allez, c'est d'accord

Et merde.
Gustav se tourne vers nous, bah oui, Hans est à côté de moi, il est là ce chieur.

- Vous venez les gars?
- Mmh, euh, moi non en tout cas,
je fais.
- Moi non plus, fait Hans. Je reste avec Bill.
- Cool,
dit Tom en ricanant, comme ça, il ne va pas s'ennuyer!

Tom, je te hais. Le voilà qui se marre en plus.
Enfoiré, enfoiré, enfoiré.
Et les voilà partis.
Et Hans qui me regarde fixement.

- On va dans ta chambre?
Non, mais il croit quoi lui? Le seul à franchir le seuil de ma chambre ce soir, ce sera Tom. Toi, t'es rien.
- NON!
- Eh, ça va, c'est bon, calme toi!

Ouah, j'ai gueulé sans le vouloir. J'essaie de me radoucir, après tout il ne m'a rien fait.
- Non, j'aime mieux pas, c'est le bordel et tout...
- C'est bon, j'avais compris.
- Tu sais, rien ne t'oblige à rester avec moi. J'ai l'habitude d'être seul...

Si là il ne comprend pas l'allusion, c'est qu'il est idiot.
- Non, c'est bon, ça me dérange pas.
Ah ben tiens, zut, il est idiot.
Comment je m'en sors de celle là?
Nous étions seuls dans le couloir, debout, à parler, quand Friedrich passa devant nous avec deux bouteilles de soda sous le bras.

- Eh les deux comiques, vous venez ou pas? On est tous dans la chambre d'Axel, enfin, ceux qui sont pas dehors à jouer quoi.
- Qu'est-ce que vous faites?
demande Hans
- Les mêmes conneries que d'hab. Tu viens?
- Oui.
- Je viens aussi?
je demande
- Bah oui, cette blague.
- Et ça vous fait rien d'être avec une tapette?
- Oh, on s'y fera, qu'est-ce que tu veux,
rigole Friedrich
- Bill, tu m'emmerdes, je suis pas gay, proteste Hans
- Je parlais de moi Hans.
- T'es gay?
- Non, mais je l'entends très souvent dire


Et nous voilà dans la chambre d'Axel. Harold, Axel et Allen sont vautrés sur le lit, Friedrich est à califourchon sur la chaise de bureau d'Axel, il y en a une en plus pour Hans, il va s'y poser dans la même position que Friedrich, et bien sûr, plus de chaise pour moi.
Haha.
Rien qui change.

Je vais faire demi tour mais Axel fait: "ah merde, j'ai vu trop juste. Harold, tu veux pas aller chercher ta chaise pour Bill?
- Non, ça ira, juste si je pouvais avoir un coussin...


Allen se penche en arrière, attrape un oreiller et me l'envoie. Je le fous par terre et je m'assieds, un peu en retrait, et pas trop loin non plus de la porte.
On sait jamais.
Après un an d'internat je devrais être blindé, mais ce que j'ai vécu avant me facilite pas la tâche. Est-ce que c'est si difficile à admettre qu'il n'y a que comme ça que je me sens libre, que mes colliers et mon maquillage ça me protège?
Je ramène mes genoux contre ma poitrine et mets mes bras autour.

- Putain, Bill, assis comme ça t'as l'air d'un enfant des services sociaux.
- Ben, c'est un peu mon cas tu sais.
- Oh merde, désolé...


Je secoue la tête pour dire que c'est pas grave, et voilà que la conversation oblique vers Mlle Hagen.

- Au fait Bill, qu'est-ce qui c'est passé la nuit dernière?
Ah, nous y voilà. Voilà pourquoi ils ont bien voulu de moi ce soir. Ils ne vont pas être déçus.
- Il s'est passé ce que Mlle Hagen a dit.
- Oui, mais...
- J'ai pas super envie d'en parler non plus. C'est réglé maintenant.
- Ptain Fried, comment elle t'a grillé cet aprèm! Mais qu'est-ce que tu lui as dit pour la foutre en rogne comme ça?
- Qu'elle avait un beau cul.


Les autres éclatèrent de rire, je ne vois pas ce qu'il y a de drôle mais bon.

- C'est clair qu'elle est bonne, fit brillamment remarquer Allen
- Je me la ferais volontiers, ajouta Hans
Les autres garçons acquiescèrent.
- Pas toi Bill?
- Je sais pas trop. C'est vrai qu'elle est belle mais bon... C'est la prof de maths.
- Et alors? Si je l'ai à poil dans une chambre, crois moi, elle ne me parlera pas de logarithmes!


Rires gras.

- Non, mais j'aurais du mal à aller avec quelqu'un qui représente une autorité, c'est tout.
- Oh, Mlle Hagen en cuir avec des bas résille, et une cravache! Oh oui maîtresse, frappez moi,
gémit Axel.
- T'es grave, dis-je
- Oh, ça va, je plaisante Bill.
- Tu fais ce que tu veux, cela dit.


La conversation repart, on passe de Mlle Hagen à leurs petites copines, le tout ponctué de rires débiles, je plains ces pauvres filles. Comment elles supportent des crétins pareils, j'espère qu'elles les trompent toutes!
J'ai envie de me barrer, je ne suis venu là que pour éviter d'être seul avec Hans, et pour faire enrager Tom, pour me venger, mais qu'est-ce que je m'emmerde, seigneur Jésus, j'en ai presque mal au ventre.
Et en plus y a même pas de fenêtre pour que je puisse les regarder jouer dans la cour, comme hier.
Je me sens à peine toléré avec ces garçons, mais franchement pas à l'aise ou quoi que ce soit.
Ces gars là ne sont pas mes amis, et ne le seront jamais. A moins d'un miracle.
Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là, mais je baille épouvantablement, c'est la troisième fois.

- Oh, il a sommeil le ptit Bill
- C'est ça, moquez vous. Je crois que je vais aller me coucher. Je suis mort. Bonne nuit les mecs.


Hallelujah, j'ai trouvé une porte de sortie!
Je me lève, ils me souhaitent bonne nuit, je passe la porte, je suis dehors!
Allez, petit détour par la chambre de Tom, il a peut être fini son basket.
Je rentre. Personne. La douche? Non, vide aussi. Bon, faut se faire une raison. Il joue encore, ou alors il ne veut plus, tout simplement, c'est possible aussi. Je me sens triste, mais triste...
Je me demande pourquoi j'ai encore des espoirs, comment j'ai pu faire confiance, alors que je sais pertinemment que tout fini toujours mal.
Je n'ai pas encore poussé la porte de ma chambre, que des larmes roulent déjà sur mes joues.
Je referme la porte, je reste là, face à la porte fermée, le visage dans mes mains, et j'éclate en sanglots.
Il ne viendra pas, je le sais.


Et puis, tout à coup, je sens deux mains sur mes épaules.
Je sens une chaleur. Je sens l'odeur capiteuse d'un parfum pour garçon.
Je n'ose pas y croire. Il était déjà dans ma chambre.
- Bill, mais enfin, qu'est-ce qu'il y a? On t'a fait du mal encore?
- Non...
ma voix tremble, c'est horrible, Non, j'ai eu peur que tu ne viennes pas...
Il me prend dans ses bras, il me serre, oh, comme c'est bon, toute cette chaleur contre moi!

Fin du POV


Tom caresse doucement les cheveux de Bill, et peu à peu il se calme, tout va bien. Il s'essuie les yeux, va se remettre un peu de mascara dans la salle de bain.
Il finit par en rire.

- Comme si j'allais ne pas venir... Bill, il faudrait voir à me faire un peu plus confiance.
- Tu sais, on m'a tellement trahi... ça te plaît mes yeux comme ça?
- Oui, parfait. Je ne suis pas comme les autres Bill.
- Je sais, c'est tellement miraculeux que j'ai du mal à y croire.


Tom ne répond rien, il pose la main sur sa nuque et l'embrasse fougueusement pour lui faire oublier son chagrin. Puis il bondit jusqu'à la porte pour pousser le verrou.

Bill est là, devant lui. Il le désire, oh oui, il le désire.

- Bill, je voudrais que tu sois ma petite strip teaseuse ce soir.
- D'accord.


Tom retire rapidement son T-shirt extra large, il s'est changé après le basket, mais il est mieux torse nu, il détache sa queue de cheval, ses dreads se répandent alors sur ses épaules, il saute sur le lit, s'assied et attend. Lentement, Bill viens se placer en face de lui.
Il se dandine doucement, en retirant lentement ses colliers, qu'il pose, un à un sur le lit.
Tom enclenche la radio juste à côté, à un volume très bas, c'est Rape me de Nirvana, c'est parfait, Bill commence à se balancer en rythme, quitte discrètement ses bottes de cuir et reprend sa danse lascive autour des montants du lit.

And I'm not the only one
IIIIIIIIIIII 'm not the onlyyyyy oooooooooone


Tom reçoit le T-shirt en plein visage, et admire la peau blanche de petit garçon, les tétons dressés d'excitation, le tendre renflement des abdominaux, il est beau comme une fille, une fille assexuée.

Raaaaaape meeeeeeee
Do it and do it again
Raaaaaaape meeeeeee
Again


Les boutons de la braguette du jean cèdent un à un, Bill se donne du mal, ses hanches bougent comme un appel au stupre, Tom sent son sexe se durcir, il laisse faire, il ne contrôle plus rien, et là Bill baisse son pantalon, lentement, découvrant le boxer noir, puis le haut des cuisses blanches, ses cuisses fragiles et maigres.
Puis le pantalon est lancé dans un coin de la pièce, Bill grimpe à quatre pattes sur le lit, jusqu'à se retrouver au dessus des jambes de Tom.
Bill défait la braguette du baggy, Tom se tortille pour le retirer, il se redresse, ils sont maintenant tous les deux à genoux dans le lit, face à face, en boxer.
Bill a l'air un peu perdu, il ne sait pas qu'elle est la prochaine étape, n'oublions pas qu'il ne connaît la jouissance que depuis une journée.

Alors...

Alors c'est Tom qui le fait.

C'est Tom qui pose les mains sur la poitrine de Bill, lui caresse lentement le torse, puis l'allonge, caresse son ventre, évite pour le moment ostensiblement le boxer, descend le long de la cuisse. Quand il en est à caresser le genou de Bill, il glisse brutalement sa main à l'intérieur des cuisses, remonte d'un coup et plaque sa main contre sa virilité.
Il le caresse. Bill, les yeux fermés, se laisse faire en gémissant.

Bill : Mmmmh... oOOh...
Tom: Tu te sens bien, là?
Bill: Oh... oui...
Tom: Très bien. Alors je vais t'enlever ton boxer.
Bill: Retire le tien d'abord...

Pour ce faire, Tom le lâcha, et Bill eut un sursaut. Tom retira son boxer, il était en pleine forme, Bill regarda sa viriliré avec admiration.
Puis Tom alla se mettre à califourchon sur les cuisses de Bill, et lui retira son boxer, tendu à l'extrême.
Honnêtement, Bill n'avait rien à lui envier.
Tom prit la main de Bill, plaça la paume devant sa bouche, et l'humidifia lentement, posément, largement, à grands coups de langue. Bill comprit, saisit la main de Tom et fit de même. Puis Tom dirigea la main de Bill vers son sexe, et lorsque Bill empoigna sa verge dressée, Tom crut entendre sauter les plombs dans son cerveau, il fit de même, celle de Bill était chaude et douce, ils se masturbèrent en même temps, de sa main libre Bill caressa le torse de Tom au-dessus de lui, trouva même le moyen de lui pincer les tétons.

Tom: Haaaaaaa! Bill, non!
Bill: Je suis sûr... Que ça te plaît...
Tom: Ha... Mmh... oui...Continue...
Au bout de quelques instants, Tom lâcha Bill et lui glissa à l'oreille: Ne viens pas tout de suite, s'il te plaît
Bill gémit de mécontentement.
- Nooooooon... Me laisse pas comme ça!

Tom se recula doucement, et s'allongea entre les jambes écartées de Bill. Il embrassa délicatement le sexe dressé, donna quelques petits coups de langue, avant de la prendre en entier et de recommencer le mouvement de va et vient.
Dans le mouvement qu'il faisait pour faire jouir Bill, sa propre virilité frottait contre le drap, et son plaisir augmentait en même temps que celui de Bill, leurs gémissements trouvaient le même écho.
Soudain, Bill repoussa le visage de Tom, juste à temps, il éjacula une seconde plus tard en laissant échapper un cri.

Bill: - Ah, bon sang...
Tom: ça t'a plu?
Bill: Oh oui, c'était... Oh... Mes jambes tremblent.

D'un coup d'oeil à l'entrejambe de Tom, Bill comprit qu'il n'était pas encore venu, il repoussa Tom vers l'arrière de toutes ces forces, le coucha sur le dos et se plaça pour le sucer. Tom posa machinalement la main sur la tête de Bill pour le guider, mais très vite Bill sut très exactement ce qu'il fallait faire, Dieu que c'était bon, Tom était au bord de la syncope et il vint dans la bouche de Bill sans avoir pu faire quoi que ce soit pour le prévenir.
Bill ne parut pas gêner, il remonta vers Tom, la bouche pleine, et l'embrassa passionnément en se couchant à demi sur lui.
A sentir la chaleur de Tom contre son sexe, l'érection revint de plus belle. Le sperme avait coulé à moitié sur le visage de Tom, mêlé de la salive de Bill, et Tom se frotta à l'épaule de Bill pour s'en débarrasser, avant que Bill ne se mette à lui lécher doucement la tempe, le cou, le torse...
Tom était également de nouveau en érection, il donna un coup de bassin à Bill qui vint se placer juste au dessus de lui, appuyé sur ses avant bras.
Peau contre peau, virilité contre virilité, mêlant leur sueur dans un même mouvement de va et vient, gémissant sourdement, les mains de Tom plaquées sur les fesses de Bill sans le pénétrer, chaque geste de Tom, chaque caresse un peu appuyée faisait sursauter Bill et lui arrachait un grognement, il recommença d'embrasser Tom, d'où lui venait cette sauvagerie, d'où leur venait cette fougue, ils explosèrent en même temps, l'un sur l'autre, ils jouirent à la même seconde.

Bill : Haaaaaaa!
Tom: Mmmmh...
Bill: Oh, je ne m'imaginais pas... qu'il y avait... des degrés... dans l'orgasme...
Tom: Et à ton avis... On en est où, là?
- Oh, je n'en peux plus. Le dernier je crois.
- Je suis d'accord.


Bill se passa la main sur le visage, et dans les cheveux en soupirant. Tom posa la main sur le ventre de Bill qui se soulevait et se creusait au rythme de sa respiration saccadée.
Bill se laissait faire, les yeux fermés, les mains derrière la tête.

Tom: Tu en as partout...

Bill eut un petit rire. Il parlait du sperme, et de la salive, il les sentait sécher sur sa peau.

- On va se laver?
Tom: Oh oui!

Ils allèrent se glisser tous les deux dans l'étroite cabine de douche, l'eau chaude les ravivant d'une pure énergie, ils le refirent une dernière fois, rapidement, avec la sensation de brûler leurs dernières cartouches.
Bill, une serviette autour de la taille, alla chercher deux boxers dans un tiroir en tremblant de tous ses membres. Tom ne valait pas mieux, les jambes coupées, il dut s'asseoir pour enfiler le boxer propre que Bill lui tendait.

Bill: Tu veux un de mes T-shirt pour dormir?
- Non, ça ira, j'ai chaud là.
- Tu m'étonnes...


Ils pouffèrent, puis Bill se glissa dans le lit, et ouvrit le drap pour que Tom le rejoigne.

- Non, en fait, je crois que je vais retourner dans ma chambre...
- Quoi?
brailla Bill.

Tom éclata de rire.

- Tom, c'est vraiment pas drôle.
- T'aurais vu ta tête! Tu es beau, quand tu es désespéré...


Bill haussa les épaules mais lui sourit. Tom alla se faufiler dans le lit, tout contre lui, il tendit le bras et Bill alla poser sa tête sur son épaule.
Tom n'avait pas encore fermé les yeux que Bill dormait déjà, d'un sommeil calme, et profond.
Et sans idées noires.


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Pour FAfurimmer: non, c'est pas que je regarde trop la télé, j'aime pas tellement en fait... Nan, tout vient de mon imagination, je fais peur hein?

# Posté le dimanche 15 juin 2008 17:53

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:06

Chapitre 11. Des filles

Chapitre 11. Des filles
Tom ouvrit tout doucement les yeux, et se rappela à la première seconde qu'on était samedi.
Bill avait un rendez vous, très tôt, ce jour là, il n'avait pas voulu dire où, mais surtout, il avait refusé de dormir avec Tom.

"Il m'énerve, avec ses cachotteries" avait pensé Tom.

Mais il était quand même content d'être un peu seul.
Il s'étira, bailla épouvantablement, et passa sous la douche. Il enfila ensuite un caleçon à pois, grotesque mais très confortable, et puis Bill n'était pas là alors zut, un baggy, se fit une espèce de queue de cheval avec ses dreads.
Inspirant profondément, il alla la chercher au-dessus de l'armoire.

- Tu es là, ma belle, murmura-t-il tendrement en la posant sur le sol. Tu m'as manqué, ma jolie petite chose.

Le long sifflement de la fermeture éclair qui se dégrafe le faisait presque saliver. Tom repoussa doucement l'étui et dégagea la Gibson.

- Viens voir papa, ma toute belle...

Il alla s'asseoir sur le lit, posément, avec la guitare sur les genoux.
Il commença à jouer, tout doucement, quelques accords, il apprivoise la bête, par le rythme tout simple de Paranoid de Black Sabbath.
Puis il entame un morceau d'Aerosmith, c'est Dude looks like a lady, le gars qui ressemble à une femme, et cela le fit rire, parce que cela le fit penser à Bill.
Pensant à Bill toujours, il improvise, il joue tout autre chose, pour Bill, un air qui lui collerait à la peau.
Il sait que le dortoir est désert, c'est un des seuls avantages au fait d'être une marmotte.
Du jour où Tom avait commendé à appeler la guitare à St Andrews, il avait eu la sensation d'avoir enfin le pouvoir de s'évader.
Les notes s'écoulent une à une, et se projettent dans l'air, et il oublie tout le reste, passionnément, et ne reste que des émotions troubles et le souvenir d'une peau masculine plaquée contre la sienne...
Cela dure, une heure, deux heures, comme si plus rien ne l'arrêtait, comme si son esprit s'envolait...

Et vlan, on toque à la porte.

Grrrrrrrr.
Pas moyen d'avoir la paix.

Tom pose sa guitare et va ouvrir.
C'est Gustav, il est juste dehors, sur le pas de la porte, avec un sourire genre ravi de la crèche, bref l'air con, et une fille sous chaque bras.
Une blonde et une rousse.

- Saluuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut Tom !!!!!!!!!!!!
- Gustav, tu devrais arrêter la drogue.
grogne Tom
- Oh, ça va! Je suis content c'est tout! Il est pas là Bill?
- Nan.
- Bah il est où alors?
- Est-ce que je sais moi? Il s'est barré, et il a refusé de me dire pour où!
- Pas grave. Bon, Tom, je te présente ma soeur, Franziska.


C'est la blonde. Tom serre la main et fait un signe de tête genre "jsuis ravi" alors qu'en vrai il a les glandes.

- Et ma petite amie, Becky.
- Ah tiens, t'es plus avec Rebecca? T'en avais marre d'avoir l'air con au parloir?


Blanc.
Tom se demande pourquoi Gustav le regarde avec colère, Becky avec un air triste limite andouille et Franziska avec un petit sourire en coin.

- Tom... dit doucement Franziska, Becky... C'est le diminutif de Rebecca.

Haaaaaaaa Hahaha. Putain, comment avoir l'air con en moins de cinq secondes par Tom Trümper. Il se répand en excuse, Becky finit par dire que c'est pas grave et Gustav par dire que je te jure ma chérie, ça ne me dérange pas du tout d'avoir l'air d'un con au parloir quand je viens te chercher.

- Tom, je sors déjeuner avec les filles, tu viens avec nous?
- Euh... Oui.


Il aurait préféré attendre Bill, mais Bill ne devait pas revenir avant quinze heures, alors...
Il les invita à rentrer dans sa chambre en attendant qu'il soit prêt, pendant que Franziska passait sa main dans les cheveux de Gustav, qui étaient un peu trop longs et qui commençaient à boucler.

- Oooooooh... Il va bientôt ressembler à une fille, le ptit Gustiiiiiiiiiii !!!
- Franziska tu m'emmerdes.
- Oh, mais tu joues de la guitare,
s'extasia Becky.
*Bah oui grosse truite, je l'ai pas sortie pour passer l'aspirateur avec*
- Oui, je joue de la guitare.
- Tu savais que Gustav était batteur?
brailla Becky
- Batteur, batteur, c'est un bien grand mot, modesta Gustav
- Ouais, il tape sur des fûts quoi, ricana Franziska.
- Salope!
- Nan, j'exagère. Il joue depuis qu'il a six ans. Qu'est-ce qu'il a pu me faire chier...
- Tout de suite...
- T'étais chiant, c'est tout. Tu l'es toujours.
- Ouais c'est pour ça que tu viens me voir dès que tu peux, et que quand je repars à la fin des vacances tu pl...
- TA GUEULE!
- Ok... Tu me trouves chiant Becky?
- Nan, tu es un amour...
- Gna gna gna...


Tom éclata de rire.

- T'as quel âge Franziska?
- Vingt deux.
- Tu fais quoi, des études?
- Ouais. Biologie.
- Cool.
- Bon, Tom, t'es prêt? J'ai faim!


Tom renonça à dire "comme d'habitude" à Gustav, pas devant sa copine, prit sa veste, et ils partirent. Devant, il y avait Gustav et Becky main dans la main, et bien sûr, derrière, Tom comme un con avec Franziska.
Franziska était blonde comme les blés, plus grande que Gustav, et nettement plus jolie que Becky.
Elle pouvait se permettre de porter tout ce qu'elle voulait, ce jour là c'était une minijupe en jean bleu, des talons super hauts et un chemisier vert foncé. Becky était habillée plus sobrement, une epsèce de robe à fleur un peu ample, mais sexy quand même.
Ils croisèrent Mlle Hagen en descendant les escaliers, habillée pas du tout comme en cours, jean, T-shirt AC/DC et queue de cheval, elle manqua même de se casser la gueule en frôlant Franziska, mais personne n'y fit attention.
Une fois sortis du lycée ils se dirigèrent vers un fast food, évidemment, sur les quatre, trois étaient encore adolescents.
Une fois dedans, Becky protesta que sa ligne patati patata, au final elle ne prit qu'une salade, mais quand ils furent tous assis Tom put constater que Franziska n'en avait rien à foutre de sa ligne, elle s'apprêtait à manger l'équivalent de ce que Gustav et lui avaient pris.
Comme il regardait son plateau en souriant, elle lui demanda ce qu'il avait.

- Rien... T'as bon appétit on dirait!
- Ouais,
fit Gustav, c'est pas juste, on dirait qu'on a des métabolismes inversés. Cette conne peut bouffer des gâteaux vingt quatre sur sept elle ne prend pas un gramme, et moi je me nourris comme un lapin et on m'apppelle Bouboule.
- T'abuses, tu manges pas comme un lapin, et j'ai encore entendu personne t'appeler Bouboule.
, dit Tom.
- Y a trois quatre ans, si, c'était ça. Enfin, il avait un régime et tout, ce qui était très con, parce qu'il a fini par grandir et tout s'est rééquilibré, m'enfin bon, les parents... A tel point que je mangeais la même chose que lui, et que je me bourrais de saloperies à côté parce que j'avais faim, mais en cachette de lui.
- C'est gentil,
dit Becky.
- Ouais, c'était surtout con, parce que j'avais plein de boutons et j'avais l'air d'une pizza.


Tom gloussa. Franziska racontait ça avec un tel naturel, et elle était tellement belle, on avait du mal à l'imaginer couverte de boutons.

- T'as un petit ami, Franziska? demanda Becky en jouant avec sa fourchette.
- Non.
Becky adressa une oeillade à Tom et lui posa la même question, en version féminin ce coup là, manque de bol Franziska ne put entendre la réponse, elle s'était barrée pour prendre des serviettes. Quand elle revint:
- J'ai loupé quelque chose?
- Non, seulement Tom n'a pas non plus de petite amie.
- Ah.
- Ouais, c'est super intéressant hein,
dit Tom en lui faisant un clin d'oeil. Il avait la très désagréable sensation que Becky cherchait à le caser, il détestait qu'on lui force la main, et puis qu'est-ce que cette truffe connaissait de sa vie? Et la voilà qui recommençait:
- Oh, t'en fais pas Tom, ça va venir...
- Oui bon, ça va, c'est pas une obligation non plus, Becky.
dit Franziska.
Franziska et Becky commençaient à se regarder d'un oeil noir, chacune avait envie de dire ses quatre vérités à l'autre, c'était visible que Becky était une gourde et que Franziska n'aimait pas voir son frère avec une gourde.
Gustav changea habilement de conversation en parlant du lycée, du pensionnat de Franziska et de leur prof de maths, Tom regretta de ne pas avoir vu les filles se disputer. Il adorait les combats de chatte.

Après le déjeuner, Gustav et Becky annoncèrent clairement leur volonté d'aller se faire des papouilles dans un parc, Franziska dit, bon, je vais voir une copine, et Tom en conclut qu'il n'avait plus qu'à rentrer au lycée.
La perspective d'aller retrouver sa Gibson ne lui déplaisait pas.



En longeant le réfectoire pour rejoindre le dortoir, Tom vit Mlle Hagen au travers d'une vitre, au milieu de saladier, de casseroles et de sachets de farine. Elle le vit et lui fit un petit signe, avant de se remettre à battre ses blancs en neige. Elle était toute seule, avec de la farine jusqu'aux coudes et un foulard dans les cheveux.
Tom jugea qu'il ne l'avait pas vraiment remerciée depuis cette histoire avec Richard et David, il se dit que c'était peut être le moment.
Il entra.

- Hey, Tom! Bonjour!
- Bonjour Mlle Hagen!
- Vous allez bien?
- Oh oui. Dites, pas super le succès de l'atelier cuisine.
- Oui, mais qu'est-ce que vous voulez, j'ai eu le budget pour. Donc, je fais mes gâteaux toute seule, ça change pas tellement de mes habitudes. A moins que vous vouliez m'aider?
- Ben, si ça vous embête pas... J'ai pas très envie, là, et...
- Ne soyez pas gêné, vous pouvez rester là à ne rien faire, ou repartir, c'est comme ça vous chante.


C'était ça qu'il y avait de bien avec elle, elle ne voulait jamais vous forcer à faire les choses, elle vous méprisait pas parce que vous aimiez pas les maths. Elle était vachement tolérante.

- Je voulais vous remercier pour l'autre soir.
- De? Quel soir?
- Celui où Richard et D...
- Oh, ce soir là. Ne vous bilez pas, vous n'avez pas à me remercier. C'était mon boulot. En revanche, vous pouvez remercier Bill. Sans lui, je n'aurais pas pu intervenir.
- Oui, je l'ai déjà fait. Il m'a dit qu'il l'avait senti au plus profond de lui.
- C'est fou ce genre de truc quand même. Il n'est pas avec vous, là?
- Non, il m'a dit qu'il avait un rendez vous.
- Ah oui, c'est vrai qu'on est samedi...
- Vous savez où il est?
- Ben oui je sais!
- Il est où, alors?
- A son rendez vous!
- C'EST PAS DROLE MADEMOISELLE!
- Calmez vous, Tom. Evidemment que je sais, je fais partie de l'encadrement des élèves ici. Mais Bill a demandé expressément à ce que personne d'autre ne sache. Même les autres professeurs ne savent pas. Il n'y a que moi et le proviseur.
- C'est grave?
- Mais non, voyons. Tout va bien. Et tout continuera d'aller bien si vous ne lui demandez pas où il va le samedi.


Tom allait lui répondre qu'après ce qu'ils avaient vécu Bill pourrait être un peu plus confiant et lui dire, quand il entendit une voix derrière lui:

- Alors, Tom, on met la main à la pâte?

C'était Bill, donT la silhouette sombre, dans l'encadrement de la porte, se découpait dans un rayon de soleil.

# Posté le mardi 17 juin 2008 10:10

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:06

Chapitre 12. Sur le toit

Chapitre 12. Sur le toit
Tom était alors perché sur une table un peu en retrait par rapport à Mlle Hagen, et il en voulait toujours à Bill de ne pas lui avoir dit où il était allé.
Il ne répondit pas.
Bill rentra dans le réfectoire. Quand il passa près de Tom, celui-ci vit qu'il ne s'était pas maquillé, et il ne portait ni colliers, ni bracelets. Il alla se placer en face de Tom avec un air provocateur.
Tom le regarda fixement, sans un mot, et vit que Bill avait les traits tirés, des cernes, et surtout, surtout, des pupilles dilatées. Il fit alors un bond, sauta en bas de la table et prit entre ses mains le visage de Bill.

Bill: Mais enfin, Tom...
Tom: C'est quoi ces pupilles?
Bill: Je...
Mlle Hagen: C'est parce qu'il a marché au soleil avant d'entrer dans le réfectoire sombe, Tom. Cela dilate les pupilles.
Bill prit dans les siennes les mains de Tom toujours posées sur son visage et lui dit doucement: "Mais qu'est-ce que tu as cru?"

Tom poussa un soupir, derrière eux, Mlle Hagen avait disparu. Ils crurent à un miracle, ils en profitèrent pour s'embrasser, Tom y mit toute la fougue de ce qui lui restait de colère et Bill tout ce qu'il ressentait depuis qu'il avait revu Tom. En fait Mlle Hagen n'avait pas du tout disparu, elle était allée reporter ses casseroles, saladiers, cuillères, enfin tout son bordel dans le local juste derrière où il y avait un lave-vaisselle, comme la porte du local grinçait quand on l'ouvrait ils purent se séparer au moment où elle revenait dans le réfectoire.
Elle passa devant eux en courant.

- Dites, les garçons, si je ne m'en vais pas maintenant, je vais être en retard à un rendez vous. Il reste juste un quart d'heure pour que les gateaux qui sont au four soient cuits. Vous pouvez attendre et les sortir du four? De toute façon, ils sont pour vos camarades!

Les garçons acquiescèrent, et c'est comme ça qu'ils se retrouvèrent bloqués un quart d'heure dans un réfectoire désert. Il y avait une espèce de gêne entre eux, maintenant qu'ils étaient libres de parler. Bill alla se poster devant le four pour surveiller la minuterie, et Tom attrapa les moufles isolantes (elles étaient en forme d'animaux en plus, une paire de crocodiles, ça devait être celles de Mlle Hagen) pour jouer avec et se donner une contenance.
Ce fut Bill, qui rompit le silence:

- Alors, tu as fait quoi aujourd'hui?
- Je me suis levé tard, et je suis allé déjeuner avec Gustav, la soeur de Gustav et sa petite amie.
- La petite amie de la soeur?
- Non, crétin. La petite amie de Gustav.
- Ne m'appelles pas crétin! Repense à ta phrase et tu verras qu'elle prête à confusion.
- Non mais ça semblait logique que ce soit la petite amie de Gustav et pas celle de la soeur.
- Bien sûr, parce que la soeur de Gustav n'est absolument pas lesbienne.
- Oh, lâche moi! Ce n'est pas à ce cas de figure que je pense en premier, c'est tout!
- J'aurais cru le contraire, tu vois!
- Zuuuuuuuuuuuuuuut !!!!!!!!
hurla Tom en levant les mains pour faire cesser cette conversation ô combien débile. Sauf qu'il avait passé les mains dans les moufles crocodiles, et que Bill éclata de rire en le voyant comme ça.
Il répondit en lui lançant les moufles à la tête, Bill se saisit d'un torchon et le lui renvoya, Tom lui fonça dessus et ils roulèrent par terre, mi riant mi sérieux, et ils s'embrassèrent sans avoir vraiment vidé leur colère. Bill était dessous, Tom lui tenait les poignets et l'embrassait, tandis qu'il donnait des coups de hanches dans le bassin de Tom dans le double but de l'exciter et de le virer de là.

Tût- tût- tût...

Merde, le four. Ils se précipitèrent, sortirent les gâteaux, juste avant qu'ils ne soient définitivements brûlés.
Puis ils restèrent là à se demander ce qu'ils allaient en faire, quand Georg et Friedrich arrivèrent.

Georg: Ah, vous êtes là. On a croisé Mlle Hagen y a je sais pas quand, elle nous a dit que vous vous occupiez des gâteaux.
Tom: Ouais, enfin, on a surveillé la fin de la cuisson quoi.
Friedrich: Elle se rend pas compte Hagen, qu'elle est plus dans son internat de filles. La cuisine, c'est vraiment un truc de gonzesse.
Georg: Ne dis jamais ça devant Gustav, c'est un vrai pro niveau bouffe
Friedrich: Bah pourquoi il était pas là à faire des meringues?
Tom: Parce qu'il était avec sa copine, lui.

Friedrich marqua un arrêt, il devait avoir du mal à accepter que Gustav ait une copine et pas lui. Bill eut un petit sourire.
Les quatres arsouilles emportèrent les gâteaux jusqu'au dortoir, plus exactement dans ce qui était devenu la chambre de Georg, c'était l'heure du goûter, et accessoirement, du lot de consolation de ceux qui ne rentraient ni ne sortaient le week end, car Mlle Hagen faisait ça pour ça, elle croyait qu'on pouvait régler bien des choses avec un gâteau.
Georg avait atterri dans le dortoir des secondes avec un nommé Luke, de sortie ce jour là, il avait fallu faire de la place pour David et Richard, désormais interdit de séjour dans le dortoit de Bill et Tom. Pour Stephen, on statuerait quand il reviendrait de l'hosto.
Ils furent accueillis par les cris de joie de Allen et Hans, Axel était rentré chez lui pour le week end. Bill s'éclipsa cinq minutes pour se remaquiller et remettre un de ses colliers, celui qui ressemblait à un collier pour chien.
Un jeu très simple s'organisa, il s'agissait de deviner à quel parfum était chaque gâteau, les plus morfales s'y reprirent à trois fois avant de trouver. Les autres garçons s'étonnèrent un peu de ce que Bill et Tom partageaient chaque part qu'on leur donnait, Hans faillit dire une connerie à un moment donné mais un coup de pied de Georg dans les tibias l'en empêcha.

- Eh ben, c'est la fête quand je ne suis pas là! s'exclama tout à coup une voix derrière eux.
- Oooooooooh Gustav !!!!!! braillèrent, Bill, Tom et Georg.
Gustav alla poser sa veste et sa casquette dans sa chambre, il avait l'air tout content de lui.
Georg: Alors, alors?
Gustav: Quoi alors?
Georg: Avec ta copine, c'était bien?
Friedrich: Oui, ta FAMEUSE copine
Tom: Serais tu jaloux, Fried?
Friedrich: Ta gueule
Gustav rougit avant d'éclater de rire. Apparemment, ça s'était très bien passé.
Je pourrais vous répondre que ça vous regarde pas.
- Oh, alleeeeeeeeez,
braillèrent Tom et Georg.
Mais c'était formidable. Les câlins dans un parc quasi désert, il n'y a que ça de vrai. Raaaaaaaah quelle belle journée. Bon le seul truc, c'est que j'ai pas eu moult temps pour voir ma soeur. J'aurais dû lui dire de repasser.

Juste comme il disait ça, les garçons en face de Gustav ouvrirent des yeux énormes, genre j'en crois pas mes yeux, et on entendit une voix douce dire:

- Tu veux dire, repasser, là, maintenant?
Gustav se retourna.
Franziska était là. Ceux qui ne l'avaient pas vue encore sifflèrent longuement, à cause de la minijupe, des jambes interminables, peut être aussi à cause des longs cheveux blonds.
Gustav se jeta dans ses bras tellement il était heureux qu'elle soit revenue, puis il l'a pris par la main pour la présenter à ses copains.
Elle alla s'asseoir avec eux, spectacle sidérant, plusieurs paires d'yeux restaient rivées à ses jambes tandis qu'elle dévorait ce qu'on lui avait servi de gâteaux au chocolat et au noix.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et elle fut obligée de partir, et quand elle se leva, certains n'étaient plus au sec dans leurs vêtements. Elle embrassa tout le monde, elle aimait faire plaisir, elle marqua un temps d'arrêt devant Bill qui avait pris le temps de se remaquiller avant l'arrivée de Gustav, alors il avait cet aspect androgyne qui détonnait, et ce n'était pas pour déplaire à Franziska.
Lorsqu'elle fut enfin partie, on complimenta Gustav pour sa soeur. Il souriait comme un con, il était très fier d'elle.

Au fait Georg, tu ne sais pas?
- Non.
- Oui, j'imagine bien. Tom joue de la guitare!
- Pourquoi tu dis ça à Georg? Je sais pas si ça l'intéresse beaucoup tu sais.
- Si Tom, ça m'intéresse, parce que je joue de la basse, moi.
- Ah ouais, c'est dingue ça.
- Pourquoi tu n'en as jamais parlé?
demanda Bill, interloqué.
Tom planta son regard dans le sien, et dit, simplement:
- Il y en a bien qui ont des rendez vous secrets le samedi, et qui se refusent à expliquer pourquoi...
Bill reçut cette phrase comme un coup au coeur.

Alors que personne ne remarqua le drame qui venait de se jouer, Bill recula, se détacha du groupe, et sortit de la chambre précipitamment. Personne ne le vit, on l'oubliait assez vite en dépit de son maquillage parce qu'il parlait assez peu.
Sauf Tom, qui, bien sûr, avait tout vu. Il s'en voulait, mais son orgueil l'empêchait de sortir à son tour, d'aller chercher Bill.
Ce n'est que deux heures après que Georg remarqua qu'il n'était plus là, au moment de descendre dîner. Tom dit que peut être il avait envie d'être seul, aussi les autres n'y attachèrent pas plus d'importance que ça, disant qu'on le retrouverait au réfectoire.
Mais au réfectoire, évidemment, Bill n'y était pas. Tom fit brusquement demi tour, prétexta qu'il n'avait pas faim, il remonta vers les chambres.
Il frappa à celle de Bill.
Pas de réponse.
Il entra.
Personne.
Alors il se mit à cavaler partout, à regarder par chaque fenêtre pour voir s'il ne l'apercevait pas à un endroit quelconque de la cour.
Finalement, hors de souffle, trempé de sueur, et un peu paniqué, il retourna dans la chambre de Bill.
"Je vais l'attendre, comme la dernière fois. Je commencerai par m'excuser bien sûr, et aussi par lui dire que j'en ai rien à foutre d'où il va le samedi. "

Et c'était vrai. A la réflexion, il n'en avait plus rien à battre, il voulait juste revoir Bill, prendre Bill contre lui, il n'y avait que ça qui comptait.
Il alla s'asseoir au bureau. Posé au milieu, le carnet où il avait surpris plusieurs fois Bill à grifFonner des trucs dedans. Par curiosité, il l'ouvrit.
C'était des poèmes, de très beaux poèmes, le dernier l'attira particulièrement.

Nous revoilà chez toi - en haut, perchés sur ton toit,
Le monde entier, là, en bas, peut bien disparaître cette nuit.
Sommes-nous ensemble pour la dernière fois ?
Pourtant, tout ne fait que commencer...

Si ce jour doit être le dernier
S'il te plaît ne me le dis pas encore
Si c'est là que tout doit s'arrêter pour nous deux,
Ne le dis pas - pas encore

Tom était stupéfait. C'était beau...
Et soudain...
Soudain...
Il comprit.

Il se rua hors de la chambre, vers l'escalier de secours, au fond du bâtiment, celui qui donnait accès au toit.
Lorsqu'il arriva sur le toit immensément plat du dortoir, la lumière était jaune orangé, et au milieu, dans les rayons du soleil couchant, une longue silhouette sombre étendue de tout son long.
Tom alla rejoindre la silhouette. C'était bien Bill qui s'était réfugié là, couché sur le ventre, et qui pleurait comme un dingue sur ses avant bras repliés sous son visage.
Tom s'assit à côté de lui et posa la main sur son épaule.

- LAISSE MOI! hurla Bill.
- Non. Pas question.
- DEGAGE, JE TE DIS!
- Arrête de hurler. Je suis pas sourd.


Long silence entrecoupé par les sanglots de Bill.

- Barre toi de là, dit-il plus calmement. Laisse moi seul.
- Pas question. Pleure si tu veux mais je ne te laisse pas tout seul sur ce toit.
- De quoi t'as peur? Que je me foute en l'air pour toi?
- Pour moi ou pour autre chose. Ce serait con.


Encore un silence.

- Bill, écoute. Je voulais te dire que j'avais été con de te harceler pour que tu me dises où tu étais aujourd'hui. J'étais surtout jaloux, et je t'en voulais de ne pas avoir dormi avec moi la nuit dernière à cause de ça, alors que ça faisait une semaine qu'on dormait ensemble. Tu m'as manqué toute la journée, et en plus, je me suis retrouvé face à Gustav et à sa petite amie, et ça m'a rappelé à quel point je me sentais mal sans toi. Au réfectoire, je t'ai embrassé, mais c'était plus de la colère qu'autre chose, j'ai fait ça pour ne pas t'étrangler. Mais là, je n'ai qu'une chose à te dire: je m'en fous de tes rendez vous du samedi. Du moment que tu ne vois pas un autre que moi, et que tu reviens.

Bill, au fur et à mesure que Tom parlait, se tournait jusqu'à ce qu'il se retrouve couché sur le côté. Il pleurait encore, mais ce n'était plus la grosse crise de désespoir comme lorsque Tom était arrivé.
Tom bascula vers l'arrière et s'étendit à côté de Bill.

Tom, je suis désolé. Je...
- Laisse, je te dis. C'est pas grave.
- Non, écoute. Ce que j'ai fait aujourd'hui, je ne peux pas en parler. Je te jure. Ni où je suis allé. Tu sais, ça me pourrit la vie mais ce serait pire, je crois.
- Ce n'est plus important maintenant.
- Mais je peux te jurer qu'il n'y a que toi dans ma vie.
- C'est tout ce que je veux savoir.
- Je ne suis pas prêt pour parler du reste.


Tom se tourna vers lui, et lui sourit. Bill se sentit prêt à fondre en larmes, Tom l'attira contre lui et il posa sa tête sur son épaule, il glissa même une de ses jambes entre celles de Tom.
Bill sentit la main de Tom lui caresser les cheveux, et il se serra plus fort contre lui en soupirant, reste de ses pleurs qui venaient à peine de se terminer.

Le jour où tu seras prêt, lui dit Tom, le jour où tu voudras parler, je serais là.

Bill ne répondit pas, il remonta vers le visage de Tom et l'embrassa passionnément, Tom le serra un peu plus fort et leur étreinte commença, cela ressemblait à une lutte acharnée pour survivre, Bill cherchait à déboucler la ceinture qui tenait le baggy pendant que Tom lui caressait le ventre sous le T-shirt en faisait de petites incursions vers l'élastique du boxer, leurs virilités començaient à se durcir, Tom souleva légèrement le bassin pour que Bill puisse lui retirer, du même mouvement, le baggy et le caleçon à pois, car Tom ne s'était pas changé depuis le matin, Bill se mit à califourchon sur Tom et le laissa lui baisser son jean et son boxer blanc, Tom donna un premier coup de bassin et Bill fut obligé de se pencher en avant, il calqua ses gestes sur le mouvement de va et vient de Tom, d'une main Tom lui tenait le sexe et de l'autre il lui caressait le dos et le ventre, tout doucement, Bill était excité en diable, il se vengeait comme ça de tout ce qu'il avait vécu depuis le matin, et des deux heures passées à pleurer sur ce toit en attendant que la mort vienne ou que Tom se décide à le rejoindre, il se mit à caresser le sexe de Tom tout en se penchant en avant pour l'embrasser, chaque coup de rein de Tom les soulevait et leur arrachait un grognement de plaisir, et la nuit tomba au moment même où ils atteignaient la jouissance.
Ils restèrent là quelques secondes, haletants, le coeur battant à se rompre. Sans songer à se rhabiller, ils se prirent par la main, conscients du sacrilège.

- Tout ce que j'espère, dit Bill, c'est qu'on a pas trop affolé les hélicoptères de la police

Et Tom éclata de rire.




N. B. : les dessins publiés ici sont tous de moi, mais certains seront réalisés à partir de montage trouvés sur ce blog: http://0o-montagestokiohotel-o0.skyrock.com/

# Posté le mercredi 18 juin 2008 19:54

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:06

Chapitre 13. Because the night

Chapitre 13. Because the night
Ils sont là, sur le toit. Main dans la main, pantalon et sous vêtements baissés, pas encore tout à fait déshabillés.
La nuit est proche, Tom regarde le visage de Bill, il a pris la couleur du ciel, il est rose.
Pour être plus à l'aise, Tom défait sa queue de cheval et libère ses dreads.
Ravi, Bill se retourne, tend la main et saisit l'une d'elle qu'il tripote tendrement.

- Elles te plaisent?
- Oh oui! Avant, quand je voyais des garçons comme toi, je me disais que c'était moche. Mais maintenant j'aime bien.
- Tu sais, moi j'avais des problèmes avec les...
- Les quoi?
- Tu sais bien, les garçons un peu comme toi, qui se maquillent...
- Ah, les pédés?
- Mais non... Un peu efféminé plutôt.
- Qu'est-ce qui te dérangeait?
- Je sais pas... C'est pas que ça me dérangeait mais... J'avais l'impression que vous n'arriviez pas à choisir entre être une fille et être un garçon.
- Mais je me sens comme un garçon Tom! Je n'ai jamais voulu être une fille, et je n'en ai pas envie!
- Ah?
- Je n'irais jamais m'acheter un soutien gorge, pour le bourrer avec des trucs et me faire de faux seins avec. Je me maquille, je mets du vernis, des colliers, mais ça ne fait pas de moi une fille, et je ne veux pas être une fille.
- Mmh.
- Eh, et encore moins coucher avec, hein!
- Hihihi, t'es con.


Machinalement, Tom posa la main sur le ventre de Bill et le caressa du bout des doigts.

- Et toi, Tom, tu te sens comme une fille?
- Non. Juste comme un garçon qui aime passionnément une autre personne. Que tu sois un garçon aussi, c'est presque secondaire.
- Moi c'est pareil. Je ne sais même pas si je pourrais être amoureux d'un autre garçon...
- Pense pas à ça...


L'excitation revenait insidieusement, Bill commença à se tortiller et à agripper les hanches de Tom.
Tom plaqua ses lèvres contre la bouche de Bill et presque en même temps lui empoigna le sexe. Bill sursaute mais pour rien au monde il ne mettrait fin à ce baiser, il serre Tom contre lui, et l'encourage à aller plus loin, plus fort, pendant que Tom le fait se gonfler et le mène peu à peu à la jouissance, Bill l'empoigne par la nuque, et tout son corps se met à vibrer.
Tom le regarde droit dans les yeux, il aime voir le plaisir envahir tout le corps de Bill, son regard à ce moment- là, celui d'une bête sauvage, il le fait venir de plus en plus vite maintenant, et dans peu de temps il va ...

Haaaaaaa... Tom... Mmh...

Il vient d'éjaculer dans les mains de Tom, et de le repousser sur le côté dans le dernier spasme de l'orgasme.
Bill est hors de souffle, son coeur va exploser mais il sourit à Tom qui lui montre sa main.

- Bill, tu es un cochon!
- Oh oui, je suis très sale! Donne.


Bill vire son T-shirt, prend la main de Tom et se la passe sur le torse.

- Qu'est-ce que tu fous?

Bill le regarde sans répondre et étale sa semence sur son ventre, son torse, son cou, partout où il peut. Puis il regarde Tom d'un air pervers.

- Maintenant lave moi.

Tom a un petit sourire mais s'exécute. Il embrasse Bill posément, d'abord dans le cou, descend en rapides coups de langue au niveau du sternum, descend encore plus bas, le ventre, Bill est de nouveau en érection mais dès que Tom a passé le nombril il remonte, Bill est comme lui, encore imberbe, son torse ressemble à celui d'une vierge.
Lorsque Tom se relève, Bill a les yeux presque révulsés par le plaisir, Tom sait que Bill est à sa merci maintenant.

- Bill?
- Mmmm... Oui?
- Je voudrais le faire debout...


Bill n'a toujours pas retiré son pantalon et son boxer, ils sont juste baissés à mi - cuisse, il s'empêtre un peu mais il se redresse.
Tom se lève d'un preste mouvement, ses vêtements trop larges lui tombent sur les chevilles. Il a lui aussi retiré son T-shirt.
Bill l'enlace et l'embrasse doucement, Tom le prend par les hanches et le serre contre lui.
Puis Bill descend tout doucement, frotte son visage contre les pectoraux de Tom, mordille un téton, ce qui arrache un gémissement à Tom, descend encore, jusqu'à la virilité, érection monumentale.
Bill est maintenant à genoux devant Tom, il l'embrasse doucement avant de la prendre entre ses lèvres comme s'il voulait l'avaler, en même temps il fait glisser ses mains sur les fesses de Tom, et descend ensuite vers son entrejambe, il appuie fermement mais sans le pénétrer.

Haaaaaaaaaaa... Biiiiiiiiiiiiiilll !!!!!

Bill garde une main entre les fesses de Tom et l'autre lui caresse doucement l'intérieur des cuisses, Tom vint très vite à ce moment là, il ne put même pas s'empêcher de crier.

- Oh, Seigneur...

Bill crache en riant le sperme de Tom dans ses mains.

- Continue de m'appeler Bill, voyons....

Puis il se passe les mains pleines de sperme et de salive sur le visage, et dans les cheveux.

- Mais pourquoi tu fais ça? demande Tom.
- Je veux sentir sur moi l'odeur de la luxure, ton odeur Tom...
Bill était toujours à genoux, Tom le bouscula pour qu'il se retrouve étendu sur le dos.
Bill: Mais...

Tom s'étend sur lui, le saisit aux poignets qu'il maintient de chaque côté de la tête de Bill.
Bill se laisse faire, il n'avait rien contre le fait d'être un peu malmené.

Tom: Je veux jouir comme ça, collés l'un à l'autre, je veux que nous jouissions ensemble!

Il a l'air déchaîné, Bill sent ses mains se crisper autour de ses poignets, pour toute réponse il envoie un coup de rein, Tom est maintenant complètement étendu sur lui mais il ne pèse pas lourd parce qu'il s'appuie sur ses avant bras tout en maintenant Bill. Il commence à se frotter tout doucement contre Bill, mais Bill, même s'il est dessous, prend rapidement l'initiative, il appuie de plus en plus le mouvement saccadé de ses hanches et de son bassin, il trouve très vite le bon rythme, Tom gémit sans retenue, il caresse Bill de tout son corps, il le masturbe, il est un immense sex toy et Bill est un jouet à sa mesure, Bill se mord les lèvres, il est entièrement soumis à Tom, ses jambes sont empêtrées dans son pantalon, ses mains sont maintenues par Tom, il s'agite, il n'a plus que ça, sa virilité, son sexe dressé qui jouit dans la sueur de Tom, contre la peau de Tom, ils sont si serrés l'un et l'autre qu'ils ne feront bientôt plus qu'un, et puis l'orgasme arrive, brutalement, long cri de bête amoureuse.
Tom s'est écroulé sur Bill, de tout son poids.
Bill est hors d'état de le repousser.
Tom entend contre son coeur les battements de Bill.

- Dis donc, c'est la cavalcade là dedans, dit Tom après avoir un peu récupéré.
Bill ne répond rien. Il est un peu perdu. Tom fait un effort surhumain pour se redresser.
- Bill, ça va? Ho! Réponds!
- Oui...
- T'as pas l'air bien!
- Si, si, au contraire... Je me sens tellement bien, tellement...


Tom roule sur le côté, il laisse Bill récupérer. La nuit est noire maintenant, ils n'ont aucune idée de l'heure qu'il peut être, mais on s'en fout, on est samedi.

- Tu crois qu'on dort là? demande Bill.
- Quoi, t'es dingue?
- Je sais pas si j'aurais la force de me rhabiller alors descendre au dortoir...
- Ecoute, ce soir, on est samedi, c'est la nuit, c'est la fête. Mais demain matin, on va nous chercher. Et si on nous trouve là, à poil...
- Quel beau dimanche cela va être...
- Allez, remonte ton pantalon.


Bill se tortilla pour remonter son boxer, son pantalon et refermer la braguette sans avoir à se mettre debout tout de suite. Tom, debout, remonta son caleçon et son baggy, reboucla la ceinture, et alla chercher leurs T-shirts, jetés un peu plus loin. Il lance le plus petit à la tête de Bill.

- Allez, on y va
- Noooooooon....
- Bill, ça suffit. Debout!


Tom le prend par les mains et le force à se lever. Dans son élan, Bill se retrouve dans ses bras et l'enlace.

- Comme ça, je veux bien, dit Bill.

Tom ne résiste pas et l'embrasse passionnément.
Puis ils se dirigent vers les escaliers, rentrent dans un premier couloir, désert, ils continuent jusqu'aux chambres.
Pas de chance, des garçons squattent le couloir. Georg, Friedrich, Hans et Gustav les entendent arriver et se retournent. Heureusement que d'où ils viennent, ça fait comme s'ils venaient de la cour.

Georg: Eh ben, vous étiez où?
Tom: Euuuuuuuh...
Bill: Bah, dehors!
Hans: Tout ce temps?
Bill: Oui, tout ce temps, on avait pas de montre figure toi!
Friedrich: Hé, vous trouvez pas que ça sent bizarre?

Bill et Tom se regardèrent, ils avaient envie de rire, ouais, bien sûr que ça sentait bizarre, ça sentait le foutre à plein naseaux, le visage de Bill était encore tout poisseux de semence...
Tout à coup ils entendirent des pas dans les escaliers, des talons hauts. Et une voix qui augmente à mesure que les pas se rapprochent.

Take me now baby here as I am
Pull me close, try and understand
Desire is hunger is the fire I breathe
Love is a banquet on which we feed

Come on now try and understand
The way I feel when Im in your hands
Take my hand come undercover
They cant hurt you now,
Cant hurt you now, cant hurt you now


C'est mademoiselle Hagen qui rentre, ils sont dans le noir alors elle ne les voit pas, enfin juste une pénombre mais elle n'a pas l'air de les voir, et elle a son baladeur soudé à hurler aux oreilles, et elle chante par dessus, parce qu'elle se croit seule, elle s'arrête à un moment, à deux mètres des garçons qui la regardent ébahis, et sur le They can't hurt you now, can't hurt you noooooo oh oh ooow, elle roule des hanches et des fesses comme une fille de cabaret.

Georg trouve enfin l'interrupteur, Mlle Hagen pousse un cri et fait un bond en arrière. Elle porte une petite robe noire moulante, très courte, dos nu à part deux bandes qui se croisent dans le dos. Elle a des talons gigantesques, et un tout petit sac à main. Elle sent bon le parfum de femme du monde.
Elle retire ses écouteurs.

- Excusez moi les garçons... J'ai dû retirer mes lentilles à la soirée, et sans je ne vois presque rien.
- Y a pas de mal,
dit Georg
Mlle Hagen: - Vous êtes dans ce couloir depuis longtemps?
Friedrich: Assez oui... Sauf Bill et Tom, qui viennent d'arriver.
Mlle Hagen: Et vous m'avez vu faire ma danse "je suis sexy"?
Georg: Oui, un peu. Mais c'était très réussi.
Mlle Hagen: Oh la la, je suis désolée. Je me croyais vraiment seule, et...
Tom: C'est pas grave, vous savez....
Bill: Vous dansez bien en plus!
Hans: C'est vrai, ça.

Mlle Hagen leur sourit, puis elle s'appuie sur l'épaule de Bill pour retirer ses talons hauts, et après elle doit lever le nez pour parler aux garçons. Elle leur demande s'ils ont passé une bonne soirée, les garçons la félicitent pour ses gâteaux, elle fait une petite révérence, pas trop bas pour raison de jupe trop courte, elle n'est plus leur professeur, elle est juste une fille à peine plus âgée qu'eux qui rentre d'une folle nuit, Friedrich persiste à trouver qu'il y a une drôle d'odeur, Mlle Hagen sourit, elle l'a sentie aussi mais elle ne dit rien, pour la bonne raison que cette odeur vient d'elle aussi, mais elle l'a sentie sur Bill et Tom.

Georg lui tend un verre de coca, galant comme tout, c'est pas de refus, elle meurt de soif, en plus un con l'a bousculée et lui a renversé son bloody mary.

- Mais qu'est-ce que vous faisiez tous dans le couloir? demande-t-elle au bout d'un moment.
- Euh, moi, dit Georg, je vous attendais, parce que Gustav veut que vous le réveilliez à six heures demain.
- Ok.
- Et nous,
dit Hans on est resté par solidarité.
- Bon, moi les petits loups, je vais me coucher.


Elle avait un sourire radieux, sans le faire exprès.

- Bonne soirée? demanda Friedrich avec un sourire.
- Excellente. Ah, vraiment, la vie est belle.

Tom prit discrètement la main de Bill et lui glissa à l'oreille que oui, vraiment, la vie était belle.
Chacun se retira dans sa chambre après s'être souhaité une bonne nuit. Les derniers à rentrers furent Bill et Tom, évidemment, ils ne voulaient pas qu'on sache qu'ils dormiraient ensemble.
Tom poussa le verrou pendant que Bill arrachait ses vêtements.

- Je peux prendre ma douche ici?
- Attends, je la prends avec toi!


Tom retira à toute vitesse baggy, T shirt, sous vêtements, tout, il avait oublié son élastique pour tenir ses dreads sur le toit, tant pis.
Sous la douche, Bill régla l'eau, bien chaude, Tom gémit de bonheur, aussi parce qu'il avait, juste devant lui, Bill qui lui tournait le dos, quel spectacle grandiose.
Ils se lavèrent mais ne firent rien d'autre, ils avaient épuisés leur réserve pour la journée. Plus exactement pour la nuit.
Chacun une serviette autour de la taille, ils allèrent s'étendre dans le lit de Tom, couchés sur le côté, le ventre de Bill presque soudé au dos de Tom, la main dans ses dreads.

Because the night, belongs to lovers
Because the night belongs to lust
Because the night belongs to lovers
Because the night belongs to us






Note de moi-même: la chanson c'est Because the night, qui a été chantée par Patti Smith mais je me demande si le véritable auteur c'est pas Bruce Springsteen.

# Posté le vendredi 20 juin 2008 16:38

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:07