Chapitre 4. Football game.

Chapitre 4. Football game.
Il n'y avait qu'une heure de cours l'après midi, Tom retrouva Bill mais il n'osa pas lui demander où il était passé au déjeuner. Ensuite les garçons avaient quartier libre, et leur oisiveté tourna vite en match de football, la classe de Tom et Bill face aux dernières années, les dernières années allèrent réveiller Georg mais même avec lui il leur manquait deux joueurs. Ils parlementèrent un bon moment, puis Georg tendit le bras en direction de Tom.

- Hé, Tom, ramène tes fesses ici!
- Quoi?
- Pour rééquilibrer, tu veux bien jouer dans notre équipe?
- Ouais, mais il en manque encore un.
- Ça, c'est pas un problème. GUSTAAAAAAAAV!!!!!!!
, hurla Georg a un petit blond qui glandouillait au soleil, sur un banc, torse nu.
- Quoi?, répondit Gustav sans bouger la tête.
- Il manque un joueur, ramène toi!
Ledit Gustav se leva de sur son banc, attrapa son T-shirt, se rhabilla et les rejoignit.
- Gustav, tu ne vas pas être le seul petit jeune aujourd'hui. Je te présente Tom euh...
- Tom Trümper.
- Gustav Schäfer.
- Bon, allez tout le monde en place
, hurla un des dernières années.

Et le match commença. Les garçons étaient en forme, et chacune des deux équipes avaient une folle envie de gagner, aussi les coups en traîtres ne furent pas rares. À un moment même, en se jetant littéralement dans les jambes d'un joueur de l'équipe adverse, Tom évita à Gustav, déjà à terre, de se faire proprement piétiner.

- HORS- JEU!, hurla le type qui servait d'arbitre.
Tom tendit la main à Gustav pour l'aider à se relever.
- Ouah, mec, je t'en dois une, là.
- Boh, je me suis trouvé là au bon moment, c'est tout.
- Quand même, merci.


Les deux garçons se mirent à courir vers le centre du terrain.
- Mais, demanda Gustav, comment tu fais pour jouer avec des pantalons aussi larges?
- Ce sont des baggy, Gustav.
- N'empêche qu'ils sont super larges.
- Je porte une ceinture, voilà tout
, répondit Tom en soulevant son immense T-shirt. Bon sang, mais vous n'avez aucune prise avec la modernité, ici?
- Pourquoi tu dis ça?
- Rien que ce matin, la prof de math qui tombe en arrêt devant mes dreads, genre « oh mon Dieu, mais comment ça s'enlève », et toi on dirait que c'est la première fois que tu vois un baggy!
- Ah bon, ça s'appelle des dreads?
- Tu plaisantes là?
- Oui.
- Très drôle.
- Tu sais, quand Bill Kaulitz est arrivé ici, ça a déjà fait un choc. On avait pas l'habitude des pantalons cigarettes, des T-shirt imprimés comme il porte, des colliers gothiques et du maquillage. Mais on s'y est fait, très vite. On s'habituera à tes baggy aussi.
- J'ai pas spécialement la sensation que le look de Bill soit vraiment admis.
- Oh si, par la majorité des gars. Seulement il suffit d'une toute petite poignée de connards pour foutre la merde et s'acharner sur le type un peu différend. Mais ça va se tasser.
- Dieu t'entende
, dit Tom, qui n'avait pas l'habitude d'autant de religiosité.

L'après midi fila vite, le soleil allait se coucher quand l'arbitre siffla la fin du match, les dernières années venaient d'enfoncer les secondes 6- 4, Tom et Gustav se mirent à sauter partout en disant que c'était grâce à eux, que sans eux l'équipe n'aurait jamais gagné, ils trouvaient très malin d'asticoter Georg en particulier, qui les repoussaient d'un revers de bras.

- T'es trop vieux, t'es trop vieux, braillait Tom en bondissant autour de lui comme un ouistiti.
- Mais dégage, bordel! Et va te laver, tu sues comme un cochon!
- Oui maman!

Georg haussa les épaules. Gustav et Tom remontèrent vers leur dortoir en riant, en réalité leurs chambres étaient voisines, ils ne l'avaient pas vu le matin.
- Remarque, c'est pas étonnant, fit Gustav. Ce matin, on ne se connaissait pas.

Puis il vira son T-shirt et rentra dans sa chambre prendre sa douche. Tom allait en faire autant en se demandant d'où lui venait cette propension à se mettre à moitié à poil alors qu'il était plutôt du genre un peu enveloppé, lorsqu'il entendit une petite toux discrète de la chambre de Bill. Il entra sans frapper.
Bill était vautré à plat ventre sur son lit, le casque de son baladeur vissé au crâne, à griffonner des trucs sur un carnet. Autour de lui, il y avait plein de feuilles froissées en boule. Il leva le nez lorsqu'il sentit l'ombre de Tom au dessus de lui, avec un sourire. Puis il retira son casque.

- J'espère que t'as pas frappé trop longtemps, dit Bill. J'entends pratiquement rien, avec ce truc.
- Je n'ai pas frappé du tout.
- Ah.
- C'est ici que tu te planques?
- Je ne me planque pas!
- Et au déjeuner, t'étais où?
- Un peu dans la cour, un peu ici. Pourquoi?
- T'as pas mangé?
- Non, j'avais pas faim. Et puis, je ne suis jamais tranquille au réfectoire. Ça m'angoisse toujours un peu ce qu'ils mettent dans la bouffe.
- Mais pourquoi tu penses des trucs comme ça? Ils ne peuvent pas empoisonner tout un réfectoire, ils risqueraient trop!
- Ne parlons plus de ça. T'as fait du sport?
- Ouais, un match de foot.
- Qui a gagné?
- Mon équipe.


Bill se mit alors à battre des mains avec un sourire réjoui, comme si c'était la meilleure nouvelle de l'année.
- Bon, je vais prendre une douche, dit Tom. Quand j'aurais fini, tu descendras dîner avec nous.
- Je n'ai pas faim
, dit Bill.
- Si. Forcément.
- Non.
- Stoooooooop. Tu descends avec nous, point. Si tu as peur qu'on t'empoisonne, je goûterais ton assiette.

# Posté le mercredi 11 juin 2008 18:33

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:04

Chapitre 5. Vert crépuscule

Tom tint sa promesse. Il goûta systématiquement tout ce qu'il y avait dans l'assiette de Bill. Ils étaient descendus avec Gustav, et au réfectoire, Georg les attendait.

Tom: Hey, Georg, tu connais...
Georg: Bill Kaulitz! Salut toi!
Tom: Tu le connaissais?
Georg: De réputation seulement. Bon, on va bouffer? Je meurs de faim.
Gustav: Comme toujours...
Georg: Ouais, parce que toi t'es mieux peut-être.

Plus tard, Georg découvrit le manège de Bill et Tom. Ne comprenant pas, il demanda s'il pouvait goûter l'assiette de Bill, lui aussi, et offrit à ses camarades de goûter la sienne à leur tour, car aucun des quatre n'avait pris la même chose, au final ils firent tourner leurs assiettes en riant.
Ce fut un des rares moments où Bill ne se sentit pas complètement anormal.
Au bout d'un moment, Tom reposa ses couverts. Il n'avait plus faim, et son assiette était à moitié pleine encore. Bill gloussa.

- Ben, toi, c'est « fais ce que je dis, pas ce que je fais »!
- Oui, bon, ça va.
- Qu'est-ce qui se passe?
, demanda Gustav.
- Tom m'a plus ou moins forcé à venir manger, même si je n'avais pas faim. Et voilà qu'il ne peut plus finir son assiette!
- Oui, mais moi, si je n'ai plus faim, j'ai une poubelle de table à disposition. Pas vrai Georg?
- Hein, quoi?
- Tu t'endormais?
- Euh... Non.


En réalité, si. Il avait fini de manger, et il était bel et bien en train de s'endormir.

- De quoi vous parliez? J'ai eu une absence.
- De bouffe et de poubelle de table. À ce propos, tu veux bien finir mon assiette?


Georg hésita, finalement ce fut Gustav qui s'en chargea. Bill continua de charrier Tom. Brusquement, Georg plongea au dessus de la table, et saisit la main de Tom et celle de Bill et les tira vers lui.

- Hé, t'es malade?
- Qu'est-ce qu'il te prend?
- Gustav, regarde ça
, dit Georg à son voisin.
- Bah quoi?
- Regarde!
- Oui, et alors?
- Ils sont aussi maigres l'un que l'autre!
- Ah ouais tiens. Les vêtements larges de Tom cache un peu, mais il doit peser autant que Bill.
- Bon, maintenant que vous avez tous bien dit vos conneries, tu peux nous lâcher, Georg?
, demanda Tom, car lui et Bill étaient toujours tirés en avant, le bras au-dessus de la table.

C'est qu'il avait de la force, le petit taureau brun.
Georg les lâcha en riant et Bill eut un petit rire gêné.
La saison était encore belle, en réalité l'été se refusait à mourir, et les quatre compères allèrent se poster sur un banc, pour parler de diverses conneries et refaire le monde.
Georg en avait franchement marre du lycée, de l'internat, et de tout ça. Gustav regrettait seulement de ne pas pouvoir voir sa copine plus souvent, que le week end cela faisait un peu juste.

- Et ma soeur, elle me manque, aussi. Un peu.
- T'abuses
, dit Georg. Ta soeur vient te voir très souvent.
- Ouais, mais c'est pas pareil que quand on est tous les deux en train de déconner à la maison.
- Et vous, les deux loustics,
demanda Georg à Bill et Tom restés muets vous avez des frères et soeurs.
- Je viens de St Andrews,
dit Tom, comme si cela expliquait tout. En effet, l'institution St Andrews accueillait beaucoup d'enfants à problèmes mais surtout des orphelins.
- Oh merde, désolé vieux. Tu veux en parler peut-être?
- Nan, c'est pas grave, et je ne vois pas trop de quoi je pourrais parler. J'ai pratiquement aucun souvenir d'avant mes dix- onze ans.
- C'est dingue ça,
s'exclama Bill, moi non plus!
- Et tu viens d'où, toi?
demanda Tom. Il voulait dire: de quelle institution, car tu n'étais pas à St Andrews, je le sais.
- Je n'ai pas envie d'en parler

Tom ne répondit rien, c'était visible que Bill avait une grosse envie de pleurer, sans vraiment savoir pourquoi, Tom aussi. Ce fut Georg qui les dérida en faisant une réflexion vaseuse sur les seins de la soeur de Gustav.

- Alors comme ça, t'as une copine hors d'ici Gustav?, demanda Tom, soucieux de penser à autre chose qu'à St Andrews.
- Ouais. Remarque, elle n'est pas loin, elle est dans le pensionnat pour filles à un kilomètre d'ici, mais elle est encore plus serrée que moi ici. Par exemple, elle peut venir me voir tant qu'elle veut ici, on la laisse rentrer, mais quand moi je vais là bas, je ne peux même pas franchir le seuil, je dois m'annoncer à la fille de la porte, qui va prévenir la proviseur, qui prévient le prof principal, qui va chercher Rebecca au parloir, et qui la conduit jusqu'à la porte.
- Sympa...
dit Bill, songeur.
- Et le plus beau, c'est que pour espérer la voir un peu plus, Gustav doit se farcir l'office du dimanche! ricana Georg
- Elle est dans un pensionnat religieux? demanda Tom
- Oui, répondit Gustav un truc protestant, heureusement, je ne me verrais pas assister à une messe catholique en prime. C'est pas tellement pour la voir, puisqu'on peut se voir ailleurs, mais si ses profs et la proviseure me voient avec elle à l'office, c'est considéré comme un gage de bonne conduite.
- Conneries...
murmura Bill.
- Et du coup, ils la laissent sortir plus facilement si c'est pour me rejoindre, parce que je suis un gars bien.

Les garçons éclatèrent du même rire en même temps.
Le jour tombait peu à peu, et Georg et Gustav se dirigèrent vers leur dortoir respectif. Il y avait de moins en moins de monde dans la cour, l'air se détendait, on entendait même les premières bestioles de nuit se réveiller. Tom renversa la tête en arrière en respirant profondément. Bill, juste à côté de lui, le considéra quelques minutes.

- Tu vas bien, Tom?
- Oh oui, tu ne peux pas t'imaginer, cet endroit c'est le paradis, à côté de St Andrews.
- Tu sais, je voulais te dire, pour tout à l'heure...
- Oui?
- Quand je n'ai pas voulu te dire d'où je venais...
- Eh bien quoi?
- Ne m'en veux pas. Mais... Je ne peux pas en parler, vraiment. C'est trop dur.
- Oh, ne te fais pas de souci. Il n'y a vraiment aucun problème.
- Tu ne m'en veux pas?
- Pourquoi je t'en voudrais? Tu sais Bill, je ne devrais pas te dire ça, mais par moment, tu as l'air d'avoir tellement, tellement souffert... Tu as l'air de charrier des tonnes de misères, derrière ton sourire, ton mascara, tes colliers...
- Comme toi avec tes dreads, tes baggy, ta façon nonchalante de te déplacer...
- Que je ne pourrais jamais t'en vouloir. Jamais.


Bill ne répondit rien. Il passa simplement son bras autour des épaules de Tom et se serra contre lui. Il sentit la main de Tom glisser contre ses reins et son bras lui enserrer la taille.
Ils restèrent comme cela quelques minutes encore, à regarder la nuit lentement tomber sur eux, calmement, et sans un mot.
Mais... fallait-il vraiment parler?

# Posté le mercredi 11 juin 2008 19:08

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:04

Chapitre 6. Hush, it's okay.

A l'horizon, le vert crépuscule bleuissait de plus en plus, aussi Bill et Tom se décidèrent à remonter au dortoir.
Il y régnait une certaine agitation, on courait dans le couloir et de chambre en chambre, dans le gros bordel que seuls des jeunes peuvent mettre quand ils n'ont pas encore réalisé que l'année scolaire est commencée. En fait les garçons se regroupaient par petits groupes dans une seule chambre et jacassaient comme des pies. Hans squattait la chambre de Gustav, lequel était sorti prendre du coca au distributeur lorsque Tom et Bill arrivèrent enfin au dortoir. Il les convia donc à les rejoindre, lui et Hans, pour une petite partie de cartes.

- Mais je ne sais jouer à rien, dit Bill. Je n'ai jamais appris.
- Bordel, mais tu débarques, toi,
dit Hans.
- Vous pouvez jouer à quelque chose à trois? Et moi, je regarderais...
- J'ai bien une idée de jeu à trois, mais si tu ne participes pas tu n'as pas de raison de rester
brailla Hans avec un rire gras.

Bill devint tout blanc.
Point of view Bill
Mais quel con celui-là! C'est de ma faute, si je ne sais pas jouer aux cartes? Pourquoi faut-il que tout soit ramené au sexe?
Gustav donna une bourrade à Hans pour le faire taire.

- Allons, Hans, reconnais que Bill te plaît! dit Gustav sans malice.
- Quoi? gueulai-je
- Quoi?, brailla Tom.

* Tiens tiens...*

- Stop, Gustav, ça suffit.
- Allons, avoue,
poursuivit Gustav. Tu craques littéralement pour ses petites fesses, surtout quand elles sont moulées, comme aujourd'hui, dans ce petit boxer noir que tu aimes tant...
- ARRETE GUSTAV T'ES LOURD!
brailla Hans.
- T'es gay Hans? demanda Tom, l'air ahuri. Moi, j'avais bonne envie de me marrer, et je toisais Hans d'un beau sourire narquois.
- Mais non, je ne suis pas gay. Dis leur toi!, brailla-t-il à l'attention de Gustav.

Mais Gustav, bien loin de s'arrêter, se leva, se plaça à côté de moi, me prit par le bras et commença à faire l'article.

- Allons, Hans, qui ne craquerait pas pour ses cheveux noir corbeau lissés à la perfection, ses yeux de biche, cernés de rimmel...
- C'est de l'eyeliner, Gustav,
- Merci Bill. Cernés d'eyeliner, ce joli petit cul, ces cuisses fines serrées dans ce délicat pantalon cigarette, tout cela ne te fait pas envie? Tom, si t'étais gay, t'aurais pas envie?
- Ah, si j'étais gay, si. Je ne voudrais que lui même!


Eeeeeeeh... Me serais-je définitivement trompé sur les rappeurs? Ce matin il m'embrasse, et ce soir, il dit ça, il ne m'a pas repoussé quand j'ai mis ma main sur son épaule, il ne dit rien mais il ne me rejette pas, et là il dit qu'il ne voulait que moi, serait-ce possible, je suis un peu perdu là.

- Nan, je plaisantais reprit Gustav. Notre cher Hans n'est pas gay.
- Putain mec, t'es grave,
couina Hans avec un soupir de soulagement. Mais pourquoi t'as fait ça, pauvre connard? Tom a marché à fond!
- Carrément
, dit Tom. Même là, tu vois, j'ai plus envie de te tourner le dos!

Nous éclatâmes tous de rire, sauf Hans, bien sûr. Il boudait, le susceptible.
J'étais content de la description que Gustav avait faite de moi. Il y a deux ans, j'avais encore une blouse blanche trop longue, un pantalon informe, blanc lui aussi, des chaussures en toile, on pouvait facilement me confondre avec les murs de l'hôpital. Ma seule action de rébellion, c'était d'avoir les cheveux longs, et de les garder. Ils étaient blonds, à l'époque. Je les ai fait teindre le jour de ma sortie. Deux jours après la mort de ma mère.
Tom, Gustav et Hans me regardent de travers. J'ai dû m'assombrir, je sais que quand je repense à l'hôpital mes narines se pincent et mes cernes se creusent, je dois arrêter de penser à ça.

- Hey, Bill, ça va?
- Ouais Tom, t'inquiète pas. ça va.
- T'as pas l'air.
- Non, ne fait pas attention. Cela m'arrive de temps en temps. Et ça passe toujours.
- Remarque, t'as pas l'air plus mal que Hans quand j'ai révélé qu'il était gay.
- Mais arrête avec ça putain! Qu'est-ce qui t'a pris?
- Comme ça, tu vois ce que Bill ressent avec vos remarques à la con...
- Oh, c'est gentil, ça, Gustav...
- Bon, on joue là ou pas? Tom? T'es avec nous? Eh oh?


Tom me regarde encore, il a l'air inquiet. Mais non, il ne doit rien savoir, qui ça concerne ma vie? A qui cela peut-il importer? Non, Tom, ne prend pas cet air de chien battu. Je vais bien, malgré tout, je voudrais te le faire comprendre, seulement je n'ai pas de mots pour ça, tout ce que je peux faire c'est prendre ta main quand tu me frôles pour aller t'asseoir, tout ce qu'il me reste c'est serrer ta main dans la mienne l'espace d'un instant.

Fin du POV Bill

Tom alla s'asseoir, à côté de Gustav. En passant, Bill lui avait saisi la main, rien qu'une seconde. Mais cela voulait tout dire. Tout ce qu'ils ne pouvaient pas encore se dire, tout ce qui les terrifiait, les paralysait, tout ce qui ne peut s'exprimer par des mots fut réduit à néant lorsque Bill saisit au vol la main de Tom.
Et Tom adressa un sourire radieux à Bill, perché sur sa chaise, lorsqu'il alla s'asseoir en tailleur sur le lit de Gustav avec les deux autres.
A le voir sourire comme ça, Bill eut la sensation étrange, de regarder son âme dans un miroir. Comme s'il n'était plus simplement juste là, assis à battre des cartes sans plus le regarder.
Comme s'il avait tout compris.


Peut-être une heure plus tard, il y eut une espèce de rumeur dans le couloir, et on entendit des éclats de voix féminine. Hans se précipita, pour bien montrer qu'il était attiré par les femmes, Gustav et Tom échangèrent un clin d'oeil en ricanant et allèrent voir aussi, suivis de Bill.

- Bonsoir les garçons! dit Mlle Hagen en les voyant.
Tous les garçons étaient désormais sur le seuil des portes de chambre et la regardaient d'un air ahuri.
- Mll Hagen? Mais qu'est-ce que...
- Qu'est-ce que je fais là, Bill? Mais c'est simple. Un professeur est affecté à la surveillance d'une partie des dortoirs, et moi on m'a mise ici. Voilà tout.
- Mais vous êtes une...
C'était un type nommé Friedrich qui avait dit ça, un grand dadais à qui la jupe tailleur bleu marine de Mlle Hagen donnait toutes les audaces
- Une fille, oui. On le saura. Mais que je vous rassure. J'ai ma propre salle de bain, et ma chambre n'a pas de serrure, juste un verrou. Comme ça, pas de tentations pour les petits malins. A moins qu'il n'y ait urgence, je ne rentre pas dans les chambres sans frapper ni attendre qu'on me dise d'entrer. Au moindre problème, vous pouvez frapper à ma porte, à n'importe quelle heure. Je préfère être réveillée pour des prétextes futiles que pioncer pendant qu'il se passe une catastrophe. C'est d'accord pour tout le monde?
- Oui madame,
braillèrent-ils tous en coeur.
- Sinon, mais on en reparlera, les samedis et dimanches, il faudrait me dire, la veille, à quelle heure chacun de vous souhaite être réveillé.
- Pourquoi?
demanda Tom à ses camarades.
- Parce que la sonnerie du réveil du lycée est désactivée et que pour ne gêner personne on n'a pas de réveil personnel ici expliqua Bill.
Tom hocha la tête, songeur. Être réveillé par Mll Hagen, waouh! Mais il n'allait quand même pas y sacrifier sa sacro- sainte grasse matinée du samedi.
- Je tiens à vous dire aussi que j'ai enfin la permission du proviseur pour organiser des ateliers cuisine le samedi après midi.
Elle avait l'air toute contente d'elle. Les garçons la regardèrent d'un air incrédule. Quelques uns pouffèrent.
- Bah quoi? Qu'est-ce que j'ai dit?
- On a pas trop l'habitude de faire la cuisine le samedi après midi, en fait,
, expliqua Axel.
- Vous avez tort. J'ai passé mon adolescence à faire des gâteaux, et ça ne m'a pas rendu la vie pénible, bien au contraire. J'étais même assez connue dans mon lycée.

Les garçons éclatèrent de rire. Elle avait l'air rêveuse, et ravie de ce à quoi elle rêvait. Puis elle redescendit de son nuage.

- Oui, bon, vous me direz. En attendant, vous vous couchez quand vous voulez, mais demain, réveil à huit heures. Et je prends congé. Bonne nuit, mes grands.

Sa chambre était tout au bout du couloir. Elle passa devant tous les garçons du dortoir posément, pas gênée de tous ces regards braqués sur elle. Un à un, les élèves rentrèrent dans leur chambre. Gustav, Hans, Tom et Bill se séparèrent, la fatigue les avait rattrappés et le lendemain les cours allaient être plus sérieux, valait mieux être près. Pour regagner sa chambre, Tom se débrouilla pour se glisser derrière Bill, le frôler, et poser une main sur son épaule.

- Bonne nuit mon vieux. et il disparut dans sa chambre.
"Oh... délicieuse!" pensa Bill en le regardant partir.

# Posté le jeudi 12 juin 2008 17:30

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:04

Chapitre 7. De sang et de luxure

Chapitre 7. De sang et de luxure
Hans était blond, aux yeux bleus, avec une coupe romantique mais un physique assez quelconque.
Gustav l'avait fait passer pour un gay auprès de Tom et Bill pour l'emmerder, au fond, il n'y croyait pas, il était quasi persuadé que Hans était hétéro, ou plutôt, il ne s'était jamais posé la question.
Mais il se trompait. Il n'y pouvait pas grand chose, parce que Hans se cachait admirablement bien, notamment en jouant les homophobes.
Il n'était pas spécialement courageux. Certes, il ne serait jamais allé avec David et ses deux copains faire des misères à Bill, mais quand il vit David et Richard rentrer dans la chambre de Tom en chaussettes pour ne pas faire de bruit et des poings américains à la main, il rentra simplement dans sa chambre et mis son MP3 en marche.
Avec le volume à fond, pour ne rien entendre.

David et Richard avaient la ferme intention de faire regretter à Tom son coup d'éclat à la cantine. Des nouvelles de l'infirmerie étaient venues, Stephen avait la mâchoire fracturée, fendue en deux. Ils n'avaient pas d'idées très avancées, le but premier était de lui casser la gueule, les cochonneries et humiliations viendraient ensuite.
Tom était dans la minuscule salle de bains, il sortait juste de la douche, entièrement nu donc complètement fragile, les dreads dégoulinantes. Une toux grasse le fit sursauter.
Il ne les avait pas entendu rentrer dans sa chambre, il était préoccupé, des tas de choses se bousculaient dans sa tête.
Et ils étaient là, ces deux connards. Morts de rire, railleurs, méprisants, obtus, sûrs de leur supériorité physique, sûrs de le descendre.
Tom savait aussi qu'il n'avait aucune chance. A midi au réfectoire, il avait profité de l'effet de surprise, il ne gagnait jamais à l'affrontement pur et simple, il avait si peu de force qu'il devait toujours ruser.
Pas d'échappatoire, pas d'issue. Il se mit à trembler.
Les deux autres éclatèrent d'un grand rire méprisant.

- Alors, on fait moins le malin, hein?

Tom ne répondit pas.

- Hé, fit David Richard t'a posé une question. Tu ne vas quand même pas lui manquer de respect à ce point, non?
- Laisse, David. Ce petit pédé est pas loin de se chier dessus


Richard et David s'avancèrent, marchèrent sur Tom jusqu'à le bloquer contre le mur de la chambre.
Ils tendirent vers lui des mains menaçantes, la poitrine de Tom se soulevait avec violence sous l'effet de l'angoisse, il n'avait pas peur de la douleur physique mais ces deux là étaient vraiment des malades et des pervers, il le sentait confusément, il sentait que ça ne se limiterait pas à une raclée en bonne et due forme, ils étaient capables de lui faire des trucs atroces, et c'était de ça qu'il avait peur, il ne voyait pas trop ce qui aurait pu le sortir de là.
Ses jambes se dérobèrent sous lui et ce n'était pas une bonne chose, son corps le lâchait complètement pendant que David se glissait derrière lui pour le tenir par les bras sans lui laisser la moindre chance de se débattre, une prise bien réussie, il avait dû faire la même à Bill le matin.
Tom reçut un premier coup de poing en plein visage, son nez saigna immédiatement et le sang coula jusque sur son torse, il fut à moitité assommé et la suite de ce qu'il allait se prendre dans la gueule allait être pire, il en arriva à souhaiter confusément de s'évanouir très vite.
Lorsque tout à coup, Richard recula en se tenant la tête, et ils purent entendre hurler derrière eux:

- Lâche le, connard, et plus vite que ça!





Quelques minutes plus tôt

Bill était sous la douche, lorsqu'une sourde angoisse commença à l'envahir et à lui peser sur les tripes. Il se demanda d'où cela lui venait, il avait une certaine tendance à ressentir physiquement les émotions, ou alors il avait cette sensation juste avant qu'un problème ne se présente à lui, il pouvait les sentir venir mais il ne savait jamais à l'avance en quoi ils consistaient.
Il en avait presque conclu que c'était peut-être ce qui lui restait de sa joie de s'être senti à peu près normal avec les garçons, et d'avoir eu Tom tout contre lui, lorsque le flexible de douche lui resta dans les mains.
Le poids sur sa poitrine s'allégea un peu, et en coupant l'eau, il se dit que son angoisse venait peut-être de ce qu'il pressentait que le truc allait se casser.
Il sortit de la cabine de douche, toujours avec son flexible, mais il ne fut pas tranquille longtemps.
L'oppression de l'angoisse, la douleur dans son ventre revinrent, énormes. Encore plus. Plié en deux, les mains crispées sur le tuyau et la pomme de douche, et il était tout nu.
Quelque chose lui disait qu'il ne pouvait pas rester dans sa chambre, il sortit dans le couloir, l'angoisse lui faisait oublié toute pudeur, une chose terrible se tramait, personne dans le couloir, des bruits étranges et étouffés dans la chambre de Tom, mais oui, c'est sûr, c'est là, la douleur dans son ventre se fit plus aiguë, le poids sur sa poitrine se fit plus lourd mais il se redressa, il cavala jusqu'à la chambre de Mlle Hagen, frappa puis fit demi-tour sans attendre de réponse et se précipita dans la chambre de Tom en laissant la porte grande ouverte, en espérant que Mlle Hagen comprendrait.
Et là, il vit.
Tom, en sang, le regard perdu, terrifié, et cette ordure de David qui le tenait en riant, et Richard, putain, Richard qui allait...
Sans réfléchir, Bill fit tourner au-dessus de sa tête le tuyau de douche qu'il n'avait pas lâché et la pomme de douche en laiton alla frapper Richard au sommet du crâne, le forçant à reculer en grognant. Jouant le tout pour le tout, il se mit à hurler:

- Lâche le, connard, et plus vite que ça!

Richard et David se concertèrent du regard. Bill avait l'air de disjoncter, il ne tiendrait pas longtemps comme ça, Richard choisit de lui foncer droit dessus. Tom essaya de se dégager de la prise de David, Bill n'avait aucune expérience dans le fait de se battre, il ne savait même pas esquiver vraiment, tout ce qu'il put faire ce fut de recevoir dans l'épaule le coup de poing qu'il aurait dû se prendre dans la tempe.

- Arrêtez ça tout de suite! gueula quelqu'un sur le pas de la porte.

Mais Richard était fou, il ne comprit pas, il allait continuer sur sa lancée, alors que David, lui, avait vu et s'était dépêché de lâcher Tom.
D'un coup de pied retourné qu'il reçut en pleine poitrine, Richard fut arrêté dans son élan par Mlle Hagen.
Interloqué, il regarda tout autour de lui, vit Mlle Hagen et blêmit.
Lui et David étaient sacrément dans la merde.
Bill courut aider Tom à se relever, mais Tom refusa de se comprimer le nez avec un mouchoir en papier, l'idée d'être recouvert par son propre sang ne lui déplaisait pas tant que ça, il était encore un peu sonné.
Mlle Hagen prit le visage de Tom dans ses mains, et le regarda dans les yeux une bonne minute. Apparemment, elle en conclut qu'il allait bien, car elle se retourna vers Richard et David.

- C'est quoi ce bordel? Qu'est-ce que vous faites ici?
Silence
- Vous êtes venus là pour frapper Tom, c'est ça? A cause de ce qu'il a fait à Stephen au déjeuner?
Silence pesant.
- Et vous Bill? Vous étiez de la fête aussi?
- Oh non, moi j'étais sous la douche, j'ai eu une angoisse, je suis venu.
- C'est vous qui avez frappé à ma porte?
- Oui, j'avais besoin de vous.
- Vous avez bien fait.


Elle prit quelques secondes pour réfléchir.

- Bien, Bill, je vous confie Tom. Vous deux, avec moi, on sort de là. Allez, bougez!

Elle les poussa dehors avec brutalité.
Bill et Tom se retrouvèrent seuls.



Point of View Bill
Oh mon Dieu, il est littéralement couvert de sang. Pourquoi je ne suis pas venu plus tôt, putain.

- Tom, tu devrais t'asseoir.
- Pourquoi, j'ai pas l'air bien?


Il éclate de rire avec moi, ce n'est pas vraiment l'ambiance, mais nous nous sommes marrés quand même. Je prend la chaise de bureau et le fait asseoir. Puis je vais mouiller un gant dans la salle de bain, et me met à le nettoyer. Il se laisse faire, il ne fait pas grand chose pour m'aider mais il me laisse faire.

- Voilà, dis-je. Tu ne saignes plus.
- Merci Bill. Je... Heureusement que t'étais là. Comment t'as su?
- Je sais pas. C'était horrible, j'avais mal au ventre, et... C'était comme une impulsion, il fallait que je vienne ici. Je l'ai senti.
- Et t'es venu avec un flexible de douche.
- Il a bien servi, n'empêche.
- Oui. Vraiment.


Et là, Tom me prend dans ses bras, et pose sa tête contre mon ventre, ce qui est un peu dangereux, vu que nous sommes tous les deux tout nu. Je pose ma main sur ses dreads et le caresse doucement. J'y prends goût, j'ai envie de jouer avec, je les prends, les tortille, je lui caresse les épaules avec. Tom se marre.

- Oh, Bill...

il me caresse, dans le dos seulement, il n'ira pas plus bas. Je le repousse doucement, j'ai peur, je ne me sens pas de taille à lui déclarer ma flamme, là, maintenant.

- Tom, je devrais retourner dans ma chambre. J'ai peur de faire une bêtise.

Il me laisse partir, mais au dernier moment, j'entends

- Attends, Bill, tu ne vas pas partir comme ça?

Oh, c'est gentil, ça... Voudrait-il me garder auprès de lui?

- T'as conscience que je suis tout nu?
- Bah oui, c'est pour ça!


Eh ben, je me suis bien trompé sur ce coup là. Il ne veut pas me garder, il veut m'empêcher de me retrouver dans le couloir la bite à l'air.
Le voilà qui fouille dans ses placards.

- Attends, je vais te prêter quelque chose.
- Ouais, donne moi une serviette, ou quelque chose, qu'on en finisse.
- Pourquoi tu dis ça?
- Oh, pour rien. Je croyais que tu disais "tu ne vas pas partir comme ça" pour que je reste.


Il ne répond pas, il enfile rapidement un caleçon, et me tend un de ses boxers, un noir. Je l'enfile, sans un mot. Bon, ben maintenant que je suis décent, je me casse. Je sais pas comment on en est arrivé là, mais on va se quitter sur un bonne nuit plutôt froid.

- Bon, bonne nuit Tom. A demain. Essaie de te surélever pour dormir.

J'ai la main sur la porte, et tout à coup:

- Bill, arrête. Je...

Je m'arrête, en effet. Je ne me retourne pas tout de suite.

- Je ne voulais pas que tu partes.

J'ai envie de sourire mais je me retiens, je ne veux pas qu'il voit la joie m'envahir, je ne veux pas qu'il le voie, pas tout de suite, mes jambes tremblent malgré moi.

- Bill, s'il te plaît. Reste un peu avec moi.

Sans un bruit, il s'est glissé derrière moi, et il se plaque contre mon dos, il ramène ses mains sur mon torse.

- Oh, Tom...

Cela m'a échappé, ce gémissement. Je me retourne, je ne tiens plus, je l'embrasse à pleine bouche avec les bras passés par dessus ses épaules, je sens ses mains sur mes fesses, il me caresse doucement, quelques secondes plus tôt je n'aurais jamais imaginé ça.
Fin du POV Bill


Tom, d'un revers de main, pousse le verrou de la porte, pendant que Bill l'embrasse. Il lui caresse doucement le dos, les fesses, tout ce qui lui passe sous la main.
Leurs lèvres se séparent.

- Bill, pourquoi t'allais partir?
- Parce que je croyais que tu ne voulais plus de moi.
- Tu crois que j'aurais posé ma tête contre ton ventre si je ne voulais pas de toi?
- Ecoute, ne parlons plus de cela. D'accord?
- Ouais. Agissons plutôt.


Tom prit Bill par la main et le conduisit jusqu'au lit. Il le fit asseoir, puis saisit ses jambes pour le faire basculer et l'allonger dans le lit. Puis il se glissa, tout contre lui. D'un seul mouvement, il le caresse sur toute la longueur de son corps, il part de l'épaule, la poitrine, le ventre, le renflement du boxer qui a tendance à durcir, la cuisse frêle. Bill le prend par les hanches et se colle contre lui, il se tortille pour le caresser de tout son corps. La main de Bill glisse des hanches vers le sexe, qu'il commence à caresser du bout des doigts. Tom, surpris, ne sait d'abord que faire, puis il se colle à Bill, ils sont face à face, chacun respire l'haleine de l'autre, Tom recommence à caresser les fesses de Bill, lentement d'abord, de plus en plus insistant, appuyant bien, au travers du boxer, sur la raie qui les sépare, descendant, peu à peu vers l'entrejambe. Les caresses de Bill se font de plus en plus précises, la jouissance se fait de plus en plus forte, à un moment même Bill l'empoigne carrément au travers du tissu du caleçon et le serre un peu l'étrangle, les gémissements préludes à l'orgasme meurent sur les lèvres de Tom.

- Bill, attends.
- J'ai fait quelque chose qui te plaît pas?
- Non, mais je veux que tu jouisses aussi. Viens, laisse toi faire


Tom posa la main sur le boxer maintenant tendu à l'extrême, mais il se ravisa, se positionna, et se mit à embrasser le sexe de Bill, toujours protégé par le fin tissu, frotta son visage tout contre, tout doucement, il le masturbait dans l'odeur de la sueur, dans l'odeur du stupre, dans le triangle interdit de la verge érigée.
Bill commença à se tortiller de plaisir, il se mordit même le point pour ne pas gémir trop bruyamment. Tom était à quatre pattes, le cul tourné vers Bill. Ce dernier en profita pour tendre la main vers le sexe de Tom, bien offert entre les jambes écartées, il reprit ses caresses, de plus en plus fort, Tom accéléra aussi le mouvement, et brusquement, il se sentit fondre entre les doigts de Bill, et dans le même temps, il crut entendre une petite explosion et sentit contre sa peau une humidité suspecte qui imprégnait le boxer.
Hors de souffle, il eut à peine la force de se remettre dans le bon sens pour s'étendre à côté de Bill.

- Pfouuuuuu... soupira Tom.
- Ouais, comme tu dis.
- C'était bon, hein?
- Délicieux. Tom, je n'avais jamais joui, avant.
- Non?
- Je te jure.
- Tu ne t'es jamais masturbé?
- Jamais.
- Mais comment ça se fait?
- Oh, écoute. Je ne veux pas en parler. Mais c'est juste que...
- Non, n'en parle pas si tu ne veux pas. Je suis content que ce soit la première fois... Avec moi.
- Tu as déjà connu avec un autre homme?
- Non. Que des filles. Les filles de St Andrews.
- Tu vois, pour toi aussi, c'était la première fois.


Tom ne répondit pas, et se serra un peu plus contre Bill, qui posa simplement sa tête sur son épaule.

- Bill, tu veux dormir ici cette nuit?
- Oh oui...
- Si tu veux te changer, je peux te donner un autre boxer.
- Je voudrais me laver, aussi.
- Ouais, tu as raison, moi aussi.


Ils se levèrent en même temps, mais la salle de bain était trop petite pour qu'ils ne s'y frôlent pas. Cela les fit rire, ils finirent par se laver mutuellement.
Ensuite, Tom prit deux boxers dans un tiroir et en tendit un à Bill. Ils commençaient vraiment à ressentir la fatigue, sans parler du contrecoup de l'orgasme, le lit les appelait comme une sirène.
Bill était déjà dedans quand on frappa à la porte.

- Tom, vous pouvez ouvrir? C'est Hagen.

Tom et Bill échangèrent un sourire et Bill rabattit le drap sur sa tête, pendant que Tom allait ouvrir. Vu comment la pièce était agencée, normalement, elle ne devait pas le voir.
Tom alla ouvrir en riant.

- "Hagen"?
- Bah quoi,
fit ladite Hagen, c'est comme ça que je m'appelle.
- Non, mais ce sont les garçons qui s'appellent par leur nom de famille. Pour vous, on dit Mlle Hagen. Non?
- Bah, j'ai pris l'habitude de me prendre pour un garçon. Vous allez bien?
- Oui oui, ça va.
- Les deux comiques sont à l'infirmerie, le proviseur statuera de leur sort demain.
- Vous leur avez démonté la tête?
- Non, c'est la règle ici, quand on perturbe l'ordre la nuit, on est conduit à l'infirmerie. Pour pas que ce soit le chambart toute la nuit.
- Le "chambart"?
- Oui, bon, vous allez pas me reprendre sur toutes mes expressions, non?
- Désolé.
- Et Bill, il va bien?
- Très bien. Pourquoi?
- Pour savoir. Je voulais être sûre que lui et vous n'étiez pas trop bouleversés par cette histoire. Comme la lumière est éteinte chez lui, je suis d'abord passée vous demander, je ne veux pas déranger quelqu'un qui dort.
- Vous êtes adorable. Tout va bien, vraiment.
- Bon. Alors dans ce cas, je ne vous embête pas plus longtemps, et je vais me coucher.
- Bonne nuit mademoiselle.


Mlle Hagen fit un petit signe de tête et disparut dans l'ombre.
Tom alla vers Bill et le lit, mais Bill dormait profondément. Il éteignit la lumière et se glissa sous les couvertures.
Dans son sommeil, Bill se serra contre lui et le prit dans ses bras.

# Posté le vendredi 13 juin 2008 15:34

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:05

Chapitre 8. 7h45

Tom se réveilla par hasard, lui et Bill étaient couchés sur le côté, emboîtés comme deux cuillères. Tom avait la tête appuyée sur son bras gauche et le droit gardait Bill tout contre lui. Bill, lui, avait les mains serrées entre ses cuisses, il dormait encore profondément.
Tom se tortilla pour attrapper sa montre sans le réveiller.
7h45.

- Bill, eh oh, Bill
Tom lui caressa doucement l'épaule.
- Mmh? Qu'est c' qu'y a?
Complètement endormi.
- Il est 7h45, Bill.
- Mmh... Et alors?
- Et alors, je voulais pas te prendre en traître... Si tu restes ici, on va forcément savoir ce que nous avons fait cette nuit.
- Mais non... Saurons rien... Sortirai après...
- Et tu vas t'habiller comment? Avec un de mes baggy?


Quelques secondes de flottement, le temps que l'information monte au cerveau. Puis, brusquement:

- Ah non alors!
Tom éclata de rire.
- Merci, ça fait plaisir!
- Nan mais c'est juste que...
- Que tu détestes la façon dont je m'habille j'ai compris.
- Que tu es trop beau pour te cacher derrière des vêtements trop larges. C'est tout.


Oh, comme c'était gentil! Tom ne put s'empêcher de sourire, et Bill l'embrassa. Tom l'enlaça, mais il fallait être raisonnable, ils n'avaient pas le temps de faire grand chose de toute façon. Ils détachèrent leur lèvres.

- Bon, il faut que j'y aille. J'ai peur de faire une bêtise.
Tom éclata de rire.
- Quoi? Qu'est-ce que j'ai dit?
- "J'ai peur de faire une bêtise". Tu as dit la même chose hier soir.
- C'est vrai?
- Oui.
- Eh ben...
- On peut dire que tes craintes étaient fondées...
- J'ai fait une grosse bêtise alors?
- Très grosse.
- Je tiens quand même à dire que je ne regrette rien.
- Moi non plus.


Ils éclatèrent de rire et Bill se leva d'un bond, s'apprêtant à sortir. Mais il s'arrêta en chemin.

- Euh, Tom?
- Oui?
- Tu peux sortir en premier pour vérifier qu'il n'y a personne?
- Ah oui bien sûr.


Tom sortit du lit et gagna la porte en frôlant le mur comme s'il se prenait pour James Bond. Bill le regarda faire avec une légère envie de rire. Avec mille précautions, Tom tourna la poignée de la porte genre "attention elle est peut-être piégée", ouvrit la porte brusquement et se rabattit contre le mur, attendit quelques secondes genre "c'est bon y a pas de bombe".
Bill était mort de rire.
Cessant enfin de faire le con, il passa la tête dans l'embrasure de la porte, sortit carrément, puis appela Bill.

- C'est bon, il n'y a personne.
- Ok, bon, je file, à plus Tom
- Oui. Hé, Bill!
- Quoi?
- Tu déjeunes avec moi ce matin, hein?
- Oui, oui, t'inquiète!


Ils avaient dit ça à voix feutrée, et très vite, pour ne pas être entendus, et Bill disparut dans sa chambre. Tom rentra dans sa chambre, et alla s'écrouler sur son lit.
Quelle nuit putain...


LIVING EASY, LIVING FREE
SEASON TICKET ON A ONE-WAY RIDE
ASKING NOTHING, LEAVE ME BE
TAKING EVERYTHING IN MY STRIDE
DON'T NEED REASON, DON'T NEED RHYME
AIN'T NOTHING I WOULD RATHER DO
GOING DOWN, PARTY TIME
MY FRIENDS ARE GONNA BE THERE TOO
I'M ON THE HIGHWAY TO HELL

Bordel, mais c'était quoi ça? Du AC/DC à huit heures du mat'? Ahuri, il alla voir dans le couloir. Apparemment, tous les autres garçons avaient fait pareil, ils étaient tous dans le couloir à considérer avec l'air hagard des gens pas réveillés le lecteur CD qui jouait à hurler, posé par terre à côté de la chambre de Mlle Hagen. Pendant ce temps là Bon Scott s'en donnait à coeur joie et les riffs de guitare de Angus Young rebondissaient comme des dingues contre les murs du couloir, Tom commençait à se sentir bien, il aimait le hip hop mais le bon son rock le faisait toujours vibrer. Mlle Hagen était allée ouvrir les portes en bas du bâtiment, elle remontait juste. Elle était déjà habillée, un petit tailleur beige tout simple qui lui allait à merveille, ses anglaises châtains en ordre, sauf qu'elle avait encore ses chaussons, des chaussons lapin à oreilles, ça cassait un peu l'image mais elle était toujours en meilleur état que la plupart des garçons, encore en pyjama ouvert ou en slip.

- C'est bon? Vous êtes tous réveillés mes grands?
- Pour ça oui putain,
grogna Friedrich. C'est pas comme ça qu'ils ont fait sortir des terroristes d'une amabassade une fois?
- Oh, ça va, je vais baisser le son. C'est quand même mieux qu'une sonnerie à la con, hein.
- C'est parfait,
dit Tom, qui ne pouvait pas s'empêcher de sourire.

Là, Bill sortit de sa chambre. Et Tom eut le souffle coupé. Il portait un pantalon slim à très fines rayures noires et violettes, un T-shirt noir avec des dessins argentés, une large ceinture de cuir noir avec des tas de machins en métal accrochés, des bottes de cuir brun, ses cheveux étaient lissés à la perfection et son maquillage éclatait.
Tous les autres garçons, même les hétéros les plus farouches, ne purent s'empêcher d'ouvrir des yeux énormes en le voyant, il y en eu même deux trois pour le siffler. Bill leur fit un beau sourire.
Il était tout simplement magnifique, et personne n'osa faire la moindre remarque.
Tom, médusé, avait la mâchoire qui pendait. Gustav le vit et éclata de rire.

- Hey, Tom, remets toi.
- Pourquoi y avait de la musique comme ça?
demanda Bill.
- Le réveil façon Mlle Hagen.
- Cool. Parce que j'en avais un peu marre des chansons de marin.
- Bon, Tom,
fit Gustav, si t'allais t'habiller, on pourrait peut-être songer à aller bouffer.
- Oh tu peux parler toi, t'es encore à moitié à poil je te signale.
- Mettre un T-shirt ça me prend quatre secondes.
- Bonjour Gutav,
dit Friedrich en passa près d'eux avec un clin d'oeil coquin.
- Heula, demanda Tom, j'ai loupé une étape?
- Non, dit Gustav, ça lui prend de temps en temps. Je vais mettre un T-shirt, je vous retrouve après?
- Ok,
répondirent Bill et Tom en même temps.

Tom rentra dans sa chambre, suivit de Bill.
Tom alla se planter devant son armoire, en essayant de ne pas trop penser à la bombe sexuelle qui se tenait derrière lui. Au moins, ce matin là le baggy aurait l'avantage non négligeable de cacher certains émois.

- Alors, commença Bill lorsqu'il se retourna pour enfiler son pantalon. Comment tu me trouves?
- J'ai pas de mots pour ça je crois.
- Sexy?
- Il y a de ça.

Bill se rapprocha peu à peu, Tom avait fini de s'habiller, et Bill se serrait de plus en plus étroitement contre lui.
- Pédale?
- Non, pas du tout.
- Désirable?
- Oh oui. J'aurais même un terme plus vulgaire.
- Bandant?
- Gagné!


Bill avait maintenant les bras autour de la taille de Tom, lequel le prit par la nuque et l'embrassa langoureusement.
De ce qui était arrivé avec Richard et David il ne leur restait plus qu'un mauvais souvenir. Ce qu'ils avaient fait ensuite, ce n'était pas encore grand chose, mais cela avait été d'une telle force qu'ils ne seraient jamais tristes en y repensant, et ce, jusqu'au jour de leur mort.
Mais l'heure tournait malgré eux, et Gustav tambourinait à la porte.
Ils se séparèrent.

- Tom, ce soir, c'est dans ma chambre.

# Posté le samedi 14 juin 2008 12:37

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:05