DEBOUT LES GARS REVEILLEZ VOUS NOUS PARTONS POUR L'IRLANDEEUUUUH
Tom se redressa brutalement dans son lit
"Oh putain qu'est-ce qu'i se passe, s'il veut que j'y mette un coup y a pas de problème, non mais qui s'est ce taré et d'abord jsuis où?"
[moment de réfléxion]
Ah ouais... L'internat. Bon, ben déjà pour le réveil, ça change de la sonnerie de St Andrews.
On frappe à la porte.
"Héééééééé mais ça va pas de vouloir entrer maintenant, je suis complètement à poil moi, pour la première fois de ma vie hier soir on est pas venu vérifier que j'avais mis mon pyjama du coup je l'ai pas mis moi! Bon, allez, dépêche, mon caleçon et zou, j'ouvre négligemment la porte, bonjour vous avez demandé le mec le mieux gaulé de l'internat coucou c'est moi."
Tom ouvrit la porte. Ses dreads blondes battaient librement ses épaules. De l'autre côté, un mec torse nu lui aussi, mais avec un pantalon de pyjama dont l'élastique flottait tristement sur ses hanches. C'était son voisin de chambre.
- Mec, t'aurais pas un rasoir? Le mien vient de me péter dans les pattes!
- Ouais, entre.
Tom se précipita dans sa petite salle de bains, un rasoir il en avait un même s'il avait pas l'occasion encore de s'en servir, c'est son tuteur à l'internat qui le lui avait fait mettre dans son sac avant de partir, même si pour le moment ça lui était pas très utile.
- Tiens.
- Merci vieux. C'est quoi ton nom?
- Tom Trümper.
- Hans.
Ils échangèrent un sourire et l'autre reparti vers son sympathique destin. Tom sauta sous la douche puis s'habilla. Moment de perplexité devant l'armoire ouverte.
"Bon, je vais pas me casser la tête non plus..."
Et moi de cinq minutes plus tard, il était revêtu d'un baggy en jean, d'un T shirt triple XL et de chaussures de sport.
"Je mets une casquette? Non, on va me faire chier sur la politesse en classe et tout. Un élastique, et ça ira."
En sortant de sa chambre pour aller prendre le petit déjeuner, il vit un atroupement dans le couloir. De loin, il aperçut Hans.
"Hey mec, qu'est-ce qu'y a ?
- Bah, vois toi même!"
Et il lui laissa la place. Au milieu du cercle de garçons rigolards, il y avait deux garçons bâtis comme des armoires qui tenaient fermement dans leur bras une pauvre chose qui se débattait comme elle pouvait. Cette pauvre chose, c'était un garçon comme eux bien sûr, il était grand, très maigre, avec de longs cheveux noirs corbeaux et la peau très blanche. Apparemment, il avait l'habitude de se maquiller, et un troisième lui avait pris son crayon noir, et pendant que les deux le tenaient, il lui labourait le visage et le cou avec le crayon
"Tu vas voir ma jolie, je vais te faire une beauté comme on t'en a jamais faite!
- Nooooooon, braillait l'autre.
- Dis pas non, t'adores quand je m'occupe de toi."
Tom fut écoeuré. Il chercha une solution pour arrêter ce massacre, il avait l'air d'être le seul à trouver ça crétin, les autres se marraient comme des baleines.
Heureusement le ciel vint à son secours, le surveillant montait les escaliers et comme ses chaussures faisaient un bruit monstrueux, tout le monde repartit dans sa chambre ou descendit au réfectoire, laissant là le pauvre garçon avec son visage horriblement barbouillé, effondré sur le sol, et Tom qui avait envie de vomir. Il attrappa la chose par la main et la tira à lui.
"Allez, debout, viens avec moi"
Sans lui demander son avis, il l'entraîna jusqu'à sa chambre, il referma la porte sur eux juste comme le surveillant arrivait dans le couloir, il avait peur des surveillants.
Il fit asseoir le garçon sur son lit.
"Ne bouge pas de là, OK?"
Il revint avec un gant de toilette, l'autre avait serré ses bras autour de ses genoux et posé sa tête par dessus, il pleurait. Il essayait d'être discret mais c'était difficile. Tom s'assit à côté et le força à relever la tête. L'autre, boudeur, résistait.
"Allons, pas tant d'histoire. Relève la tête. C'est bien."
Les larmes avaient déjà délayé une bonne partie du crayon, Tom acheva le travail avec soin, et à part une griffure sous l'oeil gauche, il n'y avait plus trace que ce qui c'était passé. Ses sanglots s'étaient un peu apaisés, mais il avait du mal à se calmer vraiment.
Tom retourna dans la salle de bains, remplis d'eau le verre qui se trouvait là, et le rapporta au garçon.
"Avale ça.
- Non, hoqueta-t-il d'une voix faible, non... Pas besoin de médicaments, merci.
- C'est pas un médicament! C'est un verre d'eau tout ce qu'il y a de normal. C'est pour calmer tes sanglots andouille!
- Oui, je connais le truc..."
*Oh bon sang, mais qu'est-ce que c'est que ce mec, j'ai une tête à lui faire prendre des trucs louches?*
Tom s'accroupit en face de lui et le força à le regarder.
"Si t'as pas confiance, regarde."
Et il avala une bonne gorgée d'eau.
"Rassuré?"
L'autre ne répondit rien mais but le verre lentement. Quand il eut fini, il ne pleurait plus.
"Merci, dit-il.
- De rien, ça fait plaisir de te voir mieux. C'est quoi ton nom?
- Bill Kaulitz.
- Tom Trümper.
- Merci, Tom, vraiment.
- Me remercie pas comme ça. On va déjeuner?
- Non, pas moi, je n'ai pas faim.
- On se retrouve en cours?
- Ouais."
Ils sortirent ensemble de la chambre. Le surveillant emmenait les trois grands cons dans son bureau. Quelqu'un, il ne savait pas qui c'était, les avaient balancés. Bill regagna sa chambre pour finir de se préparer, Tom le regarda partir machinalement Bon Dieu, quel cul il avait! Pourquoi aucune des filles que j'ai connue n'a jamais eu pareilles fesses? Seigneur tout puissant...
Puis il se reprit tout de suite. Non mais ça ne va pas? Moi, fantasmer sur un homme? Va donc bouffer Tom, t'es en manque de quelque chose, à défaut console toi avec du Nutella.
Fin du POV
Ce qu'il n'arrivait pas encore à se dire, c'est qu'il n'aurait jamais eu le courage de se remaquiller, de faire de lui ce qu'il avait vraiment envie d'être, s'il n'y avait pas eu Tom...