Chapitre 2. "Vers les flèches où les fleurs flashent avec la folie." (Thiéfaine)

POV Georg tant qu'on y est

Alors là... Si j'avais pu m'y attendre...
Tom veut devenir une femme. Franchement, je suis perdu. La première fois que je l'ai vu en collants, avec une ceinture pour marquer la taille de son T-shirt quinte XL (c'est du XL fois 5), et maquillé comme une voiture volée, les dreads détachées et tout, je me suis dit qu'il devait vraiment être paumé, qu'il faisait des essais mais que tout rentrerait dans l'ordre.
Là, ça a l'air plus sérieux que ce que je croyais.
Apparemment, Mlle Hagen ça lui fait un choc aussi, elle ne répond rien. Et Tom, il doit être tout perdu, là haut.

Mlle Hagen: Tom, je...
Tom: Il vous faudra vos deux yeux pour voir ça. Parce que je veux que vous puissiez me voir. Enfin heureux. La femme de Bill, et non plus son frère...

QUOIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ??????????? C'est quoi ce délire?

Mlle Hagen: Vous ne savez pas ce que c'est, de changer de sexe. Vous ne savez pas de quoi vous parlez.

Non mais si là, Gloria Hagen révèle qu'elle est née mâle et non femelle, je passe par dessus la rambarde et je saute.

Tom: Vous, vous ne savez pas ce que c'est que de ne plus vouloir être ce que vous êtes. Vous êtes une femme et vous en vivez très bien. Moi, je n'en peux plus d'être ce que je suis.
Mlle Hagen: Parce que Bill est votre jumeau et que votre conscience vous dit que c'est mal? Faites la taire, votre conscience. Vous avez été séparés trop longtemps, vous avez trop vécu loin de l'autre pour que ce la pose problème.
Tom: Vous savez très bien que ce n'est pas ça. Bill est mon frère jumeau mais on était amants avant de le savoir. Et je vous annonce tout net que je m'en tamponne, que l'inceste ce soit mal.

La voix de Tom commence à trembler. Quand il parle, comme ça, il a l'air d'avoir tellement souffert... Il y a tellement de choses qu'il n'arrive pas à dire, et ça le dévore vivant.
Et puis j'entends Tom pleurer comme un veau et Mlle Hagen qui reprend le dessus pour le consoler. Je rentre dans le couloir en catastrophe, je ne veux pas qu'ils sachent que j'ai tout entendu.
Et je bouscule Bill.

Bill: Où est Tom?, qu'il me hurle dans les oreilles, en tenant le baggy de Tom à la main.
J'ai à peine le temps de lui expliquer qu'apparaît enfin la solution pour que Mlle Hagen redescende.

MAOUUUUUUUUUUUUUUUU

Et le silence se fait.

MEEEEEEOOOOOOOOWWW... MAOUUUUUU

On reste tous là comme des cons à la regarder. Elle pèse même pas un kilo cette chatte, mais elle pour ce qui est de se faire entendre elle vaut largement les choeurs de l'Armée Rouge.

Mlle Hagen: Maman arrive, mon chaton!!!

Et voilà, on aurait dû y penser plus tôt. Betty a peur sans Mlle Hagen, depuis qu'elle est avec nous elle s'est accrochée à Mlle Hagen et elle ne la lâche plus, quand Mlle Hagen fait classe elle dort, et quand Mlle Hagen revient elle s'accroche au bas de sa jupe pour que Mlle Hagen la prenne et la mette sur son épaule. ouais, et la vraie Betty elle fait ça aussi
Evidemment, quand elle nous a entendu tous gueuler après sa maîtresse, elle a paniqué cette pauvre bête, et de plus voir Mlle Hagen ça devait pas être fun non plus, donc elle gueule. Et ça marche. Mlle Hagen, définitivement calmée, débloque la trappe.

Mlle Hagen: Tom, vous voulez descendre en premier?
Tom: Non, allez y. Je vous tiens la main si vous voulez.

Echange de politesse bien banal mais j'ai dû progresser en intelligence, je comprend tout à coup que Mlle Hagen vient de dire la première connerie venue pour que Tom soit obligé de lui répondre, et pour savoir ce qu'elle ne voit pas: si Tom pleure encore, ou non.
Et vu la clareté de sa voix, il ne pleure plus.
Mlle Hagen descend, le proviseur lui tend la main pour l'aider, mais elle ne te voit pas, crétin!
Betty est moins conne, elle, elle se frotte aux jambes de Mlle Hagen en ronronnant comme un vélomoteur. Comment une aussi petite chatte peut faire autant de barouf.
Tout le monde regarde Mlle Hagen bizarrement. Les profs encore plus que nous, parce que eux, ils ne savent pas. Tom descend juste derrière elle, Bill se rapproche de lui avec les sourcils froncés, ben oui, il n'a toujours pas son pantalon.

Est-ce qu'il sait seulement que Tom est son frère?
Bon, allez, respire Georg. Ce n'est pas important, l'essentiel est qu'ils soient heureux tous les deux, toutes les sociétés n'ont pas condamné l'inceste, au contraire, merci l'option anthropologie, allez, on respire, pfff pfff pfff.

Woups, ma séance du "jme calme" c'est faite plus bruyante que prévue, tout le monde me regarde avec des yeux énormes, y compris Gustav qui n'aime pas que son petit hobbit se ridiculise en public.
Même Mlle Hagen se marre.
Sur le côté, je vois Bill et Tom morts de rire pendant que Bill aide Tom à réintégrer son sac à patates.

Mlle Hagen: Ben alors Georg, on allume un barbecue?
Moi: Désolé.
Le proviseur: Passons aux choses sérieuses. Que s'est il passé Mlle Hagen? Pourquoi vous êtes vous réfugiée sur ce toit?
Mlle Hagen: J'avais besoin d'être seule.

Mouais, un peu léger comme explication.
Enfin, ils n'ont pas compris qu'elle était aveugle, c'est déjà ça.

Le proviseur: Ecoutez, Mlle, je vous aime bien, vous êtes une excellente professeur, mais justement, personne n'est irremplaçable.

C'est quoi ce chantage à deux balles, là?

Le prof de physique: Oui, si un professeur n'était plus capable d'assumer ses fonctions, s'il était dépressif par exemple...
Mlle Hagen: Ou s'il devenait aveugle...
Le prof de physique: Oui, voilà, nous serions dans l'obligation de le remplacer. Ce n'est pas de gaité de coeur, mais bon...

Houla, mais ils vont se calmer, tous les deux? On adore Mlle Hagen, il est hors de question qu'on les laisse faire! Franchement il vire Hagen je lui pète sa gueule, moi, au dirlo.

Elle, elle sourit. Elle regarde dans leur direction pour faire croire qu'elle les voit. La tension est palpable, les yeux de Bill et Tom lancent des éclairs, Gustav, Allen et Friedrich ne valent pas mieux.
Simmons essaie de décoincer l'affaire. Et puis Mlle Hagen achève de calmer le jeu, elle baisse le nez et elle dit au proviseur que ça ne se reproduira plus.
Elle est tellement soumise, tout d'un coup, où est passée la Gloria qui se battait, qui l'envoyait bouler ce gros porc?

Là, on me regarde de nouveau bizarrement.

Moi: Aurais je parlé tout haut?
Le proviseur: Un peu. C'est moi, le "gros porc"?
Moi: Ben oui, fallait bien que quelqu'un vous fasse remarquer un jour que vous aviez comme un pneu de lard autour de la taille

Bon, en fait, comme je sais que je vais me prendre deux heures de colle, foutu pour foutu, autant y aller à fond et se faire un petit plaisir.
En effet, le petit bonhomme michelin est tout rouge maintenant.

Le proviseur: Monsieur Listing, c'est bien parce que vous ne m'avez jamais posé problème et que c'est votre dernière année ici que je passe l'éponge pour cette fois. Mais méfiez vous!!!!

Ben merde... Enfin, tant mieux pour lui, Gustav allait piquer une crise.
Là, ils se barrent du dortoir, le prof de physique est venu parce que Gustav manquait, moi je pouvais glander parce que le prof d'allemand était parti en dépression après que Tom lui ait pourri pour la centième fois son cours en brâmant The Way I am d'Eminem pour prouver qu'il avait une meilleure diction que ce que le prof imaginait. Et Tom et Bill, justement, devaient être avec Simmons pour "travailler".
Ouais parce que Simmons s'est mis en tête de nous faire enregistrer un disque.

Simmons: Monsieur Opitz, est-ce que je peux vous prendre Gustav pour cette heure?

Gustav ouvre de grands yeux, c'est pas que la physique l'emmerde mais bon... Taper sur sa batterie à côté ça n'a rien à voir. Et surtout si Simmons réquisitionne Gustav ça veut dire que je viens, moi aussi, et paraît il qu'il adore mater mes fesses quand je joue de la basse, mon nounours polaire des îles, graouuuuuuuu...

Opitz (le prof de physique): Bon... De toute façon je n'ai pas le temps d'argumenter.
Mlle Hagen: Et moi, il faut que je rejoigne ma classe, quand même.
Simmons: Mais non, ils ont un devoir, vos élèves. Quand j'ai vu que vous n'arriviez pas, je leur ai distribué les sujets.
Mlle Hagen: Oui, mais il faut quand même les surveiller, j'ai beau faire des tests personnalisés pour chaque élève...
Le proviseur: Vous faites ça?
Mlle Hagen: Ben oui, tous les élèves sont différents, c'est normal d'essayer de s'adapter. Et comme ça, l'élève se sent plus concerné, parce qu'il sent qu'on s'occupe de son cas personnel et qu'on résout ses problèmes. Autant se servir de ce que nous enseigne une société capitaliste.

Le proviseur la regarde comme si elle venait de lui révéler que Jésus c'est son beau frère.

Le proviseur: Mais alors, elle est de vous, la circulaire Hagen?

Evidemment, nous, on y comprend ballepeau à leurs histoires mais Opitz et Simmons la regardent, ahuris. (comme si elle avait passé une folle nuit d'amour avec la réincarnation de Jim Morrison ok jme calme avec les métaphores)

Allen: C'est quoi la circulaire Hagen?
Mlle Hagen: Une circulaire traitant de nouvelles méthodes d'enseignement mieux adaptées aux élèves d'aujourd'hui. Elle implique des conneries comme ne pas dire en rendant un contrôle "vous êtes nuls" mais "ce travail n'est pas bon" à des trucs plus compliqués comme ne pas considérer la classe comme un groupe mais comme une collection d'individus. Et c'est bibi qui a rédigé ce truc.
Le proviseur: Mais pourquoi vous n'en avez jamais parlé plus tôt? La circulaire Hagen va totalement modifier l'enseignement!
Simmons: Oui, je la suis depuis deux ans, et ça marche!
Opitz: Moi aussi, même si certains points demandent trop de temps.
Mlle Hagen: Si je n'en ai jamais parlé c'est pour que vous n'ayez pas de scrupules à me virer si jamais je devenais aveugle et dépressive.

Ah, l'ironie de Mlle Hagen...

Mlle Hagen: La règle doit être la même pour tout le monde, après tout. Qu'importe que le ministre de l'éducation me tutoie et trouve amusant de m'appeler Glow.

*Et pan dans ta face*

Simmons: Monsieur Listing, attention...
Moi: J'ai encore pensé tout haut?
Gustav: Ouais, mais maintenant qu'il a menacé de renvoi une pote au ministre de l'éducation, il va battre en retraite, là.

En effet, le proviseur se casse sans demander son reste. Opitz nous dit qu'il est content d'être passé nous faire un petit bonjour et qu'il a du taf. Mlle Hagen veut retourner surveiller sa classe de terminale (pas la mienne, l'autre, des bâtards qui ne nous niqueront jamais sur les moyennes du premier trimestre, j'y mets mon honneur de hobbit).
Et c'est là que Bill a l'idée de l'année.

Bill: Mlle Hagen, vous voulez pas venir assister aux répétitions?
Mlle Hagen: Et mes élèves?
Simmons: Ils sont assez grands pour se débrouiller.
Tom: En même temps si on reprend cinquante fois la même mesure comme la dernière fois, elle va s'emm... euh... s'ennuyer un peu.
Moi: C'est pas de ma faute, je veux que l'introduction de Beichte soit aussi bandante que celle d'Another one bites the dust
Gustav: Allez, si, ça va vous plaire, en plus j'ai écouté ce que vous m'aviez dit, j'ai avancé la caisse principale pour donner plus d'ampleur à la caisse claire, et ça déchire maintenant (si jamais un batteur, ou quiconque ayant des notions de musique me lit, qu'il ou elle sache que je lui présente mes plus plates excuses. Je n'y connais rien, et j'invente tout.)

Finalement, Bill la prend par le bras et elle nous suit en souriant.

Simmons: Kaulitz, Mlle Hagen est peut être la jeunesse même, mais ce n'est pas votre copine! Au reste, elle peut marcher toute seule!

C'est vrai que Bill parfois, a l'air de tout se permettre avec elle. Mais en même temps, avec ce qu'ils ont vécu, hein, bon. Ils ont dépassé depuis longtemps le stade élève/ professeur.
Mlle Hagen envoie gentiment Simmons se faire foutre, du coup il la boucle et file devant nous pour ouvrir la salle. Et c'est comme ça que Mlle Hagen se retrouve seule avec nous quatre.

Mlle Hagen: Ne me regardez pas comme ça. Je sais ce que vous pensez. Et oui, je vais aller à l'hôpital pour savoir ce que j'ai.
Gustav: Ah ben voilà ce qu'on voulait entendre!!!
Moi: Ah, ouf. Mais vous auriez dû le faire plus tôt! Excusez moi de vous dire ça.
Tom: Oh, tu fais toujours ce que tu dois faire en temps et en heure? Surtout les choses les plus importantes...

Et aller, prends toi ça dans les dents Georg, ceci était une légère allusion au fait que je n'ai toujours pas offert la bague à Gustav.

Gustav: Mais pourquoi tu dis ça, toi?
Tom: çA, c'est à Georg de te le dire.
Moi, avec un rire nerveux: HAHAHAHA quel comique ce Tom! plus bas: tu vas arrêter tes conneries sinon ça va chier.
Simmons, revenant sur ses pas: Bon, vous venez, oui?

____________________________________________
Message de l'auteur (moi, donc):
Normalement, ce chapitre aurait dû s'arrêter là. Mais on m'a expressément demandé un lemon entre les deux G's.
Alors pour celles qui en ont marre des lemons, vous pouvez arrêter là la lecture. (Ouah mais je suis trop sympa en fait)
Et pour celles qui sont aussi perverses que moi ben...
Bonne lecture!




Ellipse de quelques heures.
POV Georg

C'est maintenant officiel, si on a besoin d'un ingénieur du son, on demandera à Mlle Hagen. Elle nous a cassé les burnes parce que tel ou tel truc n'allait pas mais on était forcé de reconnaître qu'elle avait raison, même sur des micro-détails qu'on aurait jamais relevé tout seuls.
Quand Simmons n'était pas avec nous, parce que monsieur est accro au café, elle s'éclatait à nous faire des vannes genre, il y a un oiseau qui bat des ailes bruyamment dans un arbre en face de la fenêtre, le troisième en partant de la gauche, on s'est fracassés contre la fenêtre, et effectivement, y avait un piaf qui battait des ailes.
Parce qu'elle ne voyait plus rien, son ouïe s'est développée de façon stupéfiante. Comme l'a fait si finement remarquer Tom, elle pourrait entendre un acarien se gratter les couilles à un concert d'AC/DC.
Selon Simmons, le premier titre que nous devrions sortir c'est Durch den Monsun.
C'est vrai qu'elle rend bien. Mais bon, faut pas rêver, est-ce que c'est encore possible de devenir des rocks star de nos jours?
C'est vrai que depuis que j'ai appris à jouer de la basse, je rêve de me voir sur scène avec des milliers de filles en train de hurler, de plaquer mes accords sur une pluie de petites culottes, mais... Faut pas rêver.
Et je sais que Gustav va moyennement digérer que je fantasme toujours sur la lingerie féminine. Pas que féminine d'ailleurs, j'ai déjà passé la journée avec un de ses boxers dans la poche de mon jean, mais ça il ne le sait pas.
On ne devait y rester qu'une heure, on est restés toute l'après midi, de toute façon on avait qu'une heure de cours, pareil pour Mlle Hagen.
Et quand vient le soir, on est morts.
Mon nounours blond est tout trempé de sueur.
Et ça, ça me rend... lubrique.
On est de retour dans nos chambres, enfin dans la sienne, parce que je n'allais pas le laisser seul après ça.

Schplaf, je me prends son T-shirt tout trempé en pleine face. D'habitude, il joue torse nu parce que monsieur aime être à l'aise, mais là, devant Mlle Hagen, il n'a pas voulu. Ce qui est con, puisqu'elle n'y voit rien. Mais nous avons pu admirer sa réponse pleine de logique: "Non mais c'est pas parce qu'elle ne voit plus que je vais me foutre à moitié à poil devant une dame. "

Et après ça Tom m'a frappé parce que j'ai dit que j'étais content de pas être une dame.

Gustav: Hey, arrête de rêver!
Moi: Hein? Euh...
Gustav: J'aimerais bien savoir à quoi tu penses quand tu souris comme un idiot comme ça.
Moi: J'ai l'air idiot? Ben merci...
Gustav: Rooooooo... Le prend pas comme ça.
Moi: Ben si. J'te boude, même.
Gustav: Non, toi t'as pas le droit de te vexer, c'est moi le méga chieur susceptible. Alors, à quoi tu pensais?
Moi: Ben... à toi.
Gustav: Tu devrais pas penser à moi trop souvent... Parce que vu ta tête c'est pas bon pour tes neurones...

Et il explose de rire. Non mais il me cherche, là?
Là je boude, et vraiment. Je vais m'asseoir sur son lit.

Gustav: Hééééééé boude pas !!!
Moi: Alors arrête de dire que je suis con.
Gustav: J'ai pas dit que tu étais con, j'ai dit que tu en avais l'air. Et j'ai même pas dit con, j'ai dit "idiot". Ce qui peut aussi s'entendre dans le sens de béat. Ce qui n'est pas péjoratif. Tout dépend du contexte.
Moi: Ma parole, t'as bouffé un chiantos? (merci le donjon de Naheulbeuk)

Il explose de rire et il vient se glisser derrière moi dans le lit. Il se place juste à genoux derrière moi, et saisi mes épaules à pleines mains qu'il commence à pétrir, il souffle sur mes cheveux et il dessine des cercles sur mon cou avec ses pouces.
Ce qu'il me fait est trop bon, je gémis sans m'en rendre compte. Puis je sens le poids du torse de Gustav s'appuyant à mon dos.
Et son souffle contre mon oreille...

Gustav: çA te plaît, ma douce rock star?

Là, je ronronne carrément. Surtout qu'il continue de masser mes épaules à travers mon T-shirt, sa chaleur m'envahit, son odeur a rempli tout l'air que je respire.

Moi: Mmh... Mais pourquoi... haaaan... "douce"?
Gustav: Je sais pas... A force de toucher ta peau j'ai appris à te connaître...

Je sais pas ce qui m'arrive. Je crois que c'est la plus belle chose qu'on m'ait jamais dite. Si je n'ai plus de doute, si je sais maintenant que je veux finir ma vie avec ce mec, si je sais aussi que je n'ai pas le courage pour l'instant de lui dire, je sais aussi ce que je veux, à cet instant précis.

Gustav achève de me mettre le feu aux poudres en me mordillant le lobe de l'oreille. Je penche la tête en arrière, vers lui, lui offrant mes lèvres, qu'il saisit tendrement entre les siennes.
Je gémis sourdement quand ses mains glissent de ses épaules le long de mon torse pour se poser sur mon sexe, par dessus mon jean.
Puis je me sens basculer vers l'arrière, Gustav pèse sur mes épaules et m'allonge sur son lit, je me laisse faire, c'est si bon de s'abandonner... Avant de m'étendre tout à fait mon T-shirt vole à l'autre bout de la pièce, je n'ai même pas senti Gustav me le retirer tellement j'étais fixé sur... lui.
Je tends les mains, et tout à coup j'ai sous mes doigts tout ce que je désire. Ses cheveux, son cou, ses pectoraux, son ventre...
Brusquement il se lève et il m'échappe des mains, il se met debout à côté du lit et il retire entièrement son jean et son boxer. Je l'attends, couché sur le côté.
J'aime le voir se déshabiller. J'aime le voir nu quand il a fini.
Et là, je couine comme un enragé parce que ma verge, toujours engoncée dans mon caleçon et mon pantalon, est tellement gonflée qu'elle me fait mal. J'y porte la main malgré moi, par réflexe, je serais seul je serais déjà en train de me masturber mais Gustav m'arrête en posant sa main sur la mienne.

Gustav: Attends, je vais le faire.

Il me rallonge sur le dos et se place à califourchon sur mes cuisses pour déboucler ma braguette.

Gustav: Je vais libérer la bête...

Il baisse du même mouvement mon pantalon ouvert et mon caleçon, je suis tellement excité que je me tortille comme un serpent pour l'aider.
Je le regarde dans les yeux, il se marre, il a l'air surexcité. Je baisse les yeux vers son intimité, et, oh oui, oh en effet.
Je n'ai pas le temps de réfléchir. Je le vois lécher la paume de sa main, caresser mon sexe de cette même main, et brusquement, sans prévenir, il s'avance vers moi et s'empale sur ma verge dressée.
Je sursaute brutalement, j'ai le souffle coupé mais j'arrive à tendre les mains pour l'empoigner par les hanches.
Aucun son ne sort de ma bouche, mais j'entends, comme venant d'un autre monde, les gémissements de Gustav. Il se soulève légèrement, se renfonce, se soulève, détache une de mes mains de ses hanches et la repose sur le matelas en entremêlant mes doigts aux siens. Je soulève mon bassin pour reprendre le rythme que nous impose Gustav et l'accentuer, je vois son visage au dessus du mien, gagné par le plaisir, son regard bleu étincelant et les gouttes de sueur qui tombent de son visage pour se mêler à la mienne, je sens cette chaleur dans mon ventre, dans tout mon corps, et cette jouissance qui fait disjoncter mon cerveau...

Gustav: Mmmh... G- Georg, je...
Moi: C'est t-trop... haaaan... trop bon... mmmh... Gustav, je v- vais... mmh... mmh... j-jou...
Gustav: HAN Georg OH OUIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!!!!!

Je n'ai pas le temps de lui dire que je vais jouir que j'atteinds, en lui, l'orgasme, en même temps que lui, et nous restons quelques secondes hors de souffle, car ce que nous venons de vivre nous bouleverse. Son sperme est répandu sur mon ventre et le mien coule entre ses cuisses pendant qu'il m'enjambe pour s'étendre à mes côtés.



C'est décidé. Demain, je lui donnerai une autre occasion de me dire oui.

# Posté le mardi 12 mai 2009 07:09

Modifié le vendredi 15 mai 2009 20:03

Chapitre 3. "Je cherche le soleil, au milieu de la nuit"

POV Gloria Hagen

Le jour se lève et le doux son de mon lecteur CD me réchauffe le coeur.

I found the center of truth is late
I found the center of fruit today
I cut the apple in two
Oh
I pray it isn't true
Marilyn Manson, Apple of Sodom

Je repousse les couvertures et me lève, j'entends mes élèves se lever, Friedrich qui râle qu'après le rock de barbare je leur mets du rock de dépressif. Puis j'entends Bill et Tom l'envoyer chier. J'entends tout et n'importe quoi le matin, les discussions, les petits jeunes qui font leur toilette et parfois les deux couples officiels du dortoir en train de faire des cochoncetés, quand c'est pas les autres qui s'adonnent aux plaisirs solitaires...
Des fois, avoir l'ouïe fine, c'est pas un avantage.
C'est pour ça que je mets une musique qui me plaît, parce que comme ça je me concentre dessus, et hop, ni vu ni connu.
Hier, au dîner avec mes ptits loups, parce que c'est décidé je mange avec eux un soir sur deux, avec les autres profs je m'emmerde, bref hier soir j'ai proposé de remplacer le hard rock par du Ray Charles. Ou du Stevie Wonder.
Bill, qui avait compris depuis le début que je les proposais parce qu'ils étaient encore plus aveugles que moi, m'a dit que je n'étais pas drôle.
Moi ça m'amuse. J'ai tout le temps envie de fredonner des chansons de Ray Charles, y a que ça qui me remonte le moral. Et pourtant ça devrait me faire triste, ça me rappelle le temps où je dansais dans des cabarets avec Franziska, le bon temps, le temps de l'insouciance, le temps où tout était simple, quand elle était à moi et que j'étais à elle.
Never know how much I love you, never know how much I care, when you get your arms around me, I got a fever that's so hard to bare

Je gère quand même affreusement mal mes relations amoureuses, moi. Enfin, je vais pas me changer aujourd'hui. Alors pour penser à autre chose, je vais dans ma salle de bains et je me prépare.

FEVER! In the morning, fever when you hold me tight, you give me fever...

Maintenant que je n'y vois plus rien, tout ce qu'il me reste, ce sont les images que j'ai déjà enregistrées. Et franchement, ce matin, ces images là, de Franziska et moi, j'aimerais bien ne plus les voir. J'aimerais bien ne plus voir son doux corps souple et blond onduler devant moi, sous les néons bleus d'une boîte de nuit.
Je tâte la tablette sous le miroir pour trouver ma brosse à cheveux et je démêle mes anglaises.
Aujourd'hui j'ai congé. Aujourd'hui, pas de tailleur ni de pantalon ajusté, ni de collants ou de talons. Je porte un jean trop grand pour moi et un sweat encore plus large. Le genre de trucs que je portais quand j'étais ado. Alors je sais exactement de quoi j'ai l'air. D'une adolescente paumée. Mais ça me dérange pas plus que ça. Ce qui me terrifie, c'est le coup de fil que je dois passer. Je retourne dans ce qui me sert de chambre et tâte le plancher à côté de mon lit pour retrouver mon portable.
A force de ne plus rien y voir je suis devenue plus ordonnée qu'avant, forcément, le plus simple pour retrouver un objet qu'on ne voit pas, c'est de le laisser toujours à la même place.
Quand je l'ai enfin, je commence à farfouiller les touches, le numéro de mon ophtalmo à l'hôpital. Mais à force de repousser le moment où je devais l'appeler, je ne le retrouve plus.
Bon ben j'ai pas tellement le choix. Je sors de ma chambre, mon portable à la main, au bruit je sais qu'il y a encore du monde.

Georg: Ah, Mlle Hagen, ça va?
Moi: Euh...
Friedrich: Franchement pour votre jour de congé vous auriez pu faire une grasse mat.
Moi: Hey mais j'ai congé parce que je dois aller à l'hôpital pour mes yeux. Pas pour me la couler douce!
Bill: Au fait ce rendez vous c'est à quelle heure?
Tom: On peut vous accompagner?
Moi: Ben déjà pour que j'aie un rendez vous il faudrait que je le prenne.
Bill, outré de la vie: Vous ne l'avez toujours pas pris !!!!!!!!
Moi: Je ne vois plus les touches pour retrouver le numéro. Alors cherchez moi "Dr. Müller" dans mon répertoire au lieu de m'engueuler!

Nan mais il me gonfle ce petit con à force. Je plaisante, mais quand même.
En plus ce matin je suis pas d'humeur.
Sans un mot il prend mon portable et je l'entend trifouiller les touches.

Bill: J'appuie sur la touche verte ou pas?
Moi: Bah tant que vous y êtes...

Je sens qu'il met mon portable contre mon oreille, il prend ma main et la pose sur mon portable.

Bill: Voilà, ça va sonner, faites attention!

J'ai pas le temps de lui dire que c'est pas parce que je suis aveugle que je ne sais pas téléphoner que ça décroche à l'autre bout.
Du coup j'ai pas le temps de paniquer et de raccrocher au nez de l'assistante.

... : Cabinet du Dr Müller bonjour!

La voix n'a pas changé. C'est la même qui, il y a six mois, m'a dit: "n'oubliez pas de me rappeler pour prendre rendez vous la semaine prochaine, Gloria!"

Moi: Allo, Wanda, c'est Gloria Hagen.

J'entends un cri de surprise étouffé au bout du fil.

Wanda: Ah ben ça alors! J'avoue que je n'y croyais plus!
Moi: J'appelle pour prendre rendez vous, parce que je...
Wanda: Attendez le Dr veut vous parler personnellement, je vous la passe!

Elle ne me laisse pas finir, j'entends un échange de paroles étouffées, puis une autre voix féminine. C'est le Dr Müller. Lena Müller. Une autre blonde. Avec laquelle je n'ai pas dépassé le simple flirt. Encore heureux.

Lena: Gloria?
Moi: Coucou.
Lena: Enfin tu te décides?
Moi: Bien obligée.
Lena: Ok, on va faire ça dans les règles. Alors, est-ce que ta vue s'est dégradée ces derniers temps?
Moi: Plutôt oui. J'y vois plus rien. Mes élèves ont sorti un lit dans le couloir, renversé sur le côté, et je ne l'ai pas vu. J'ai foncé droit dedans.
Lena: Depuis combien de temps tu es dans cet état?
Moi: Depuis un mois c'est le noir complet. Mais la baisse de ma vue remonte à quatre ou cinq mois.
Lena: Tu sais que déontologiquement le médecin doit la boucler dans de pareil cas, la boucler et te soigner. Mais l'amie te dit que très franchement tu déconnes à plein régime.
Moi: Je sais. Tu peux me prendre aujourd'hui ou pas?
Lena: Bien sûr. Mais qu'est-ce que je vais faire de toi? Tu es en train de devenir aveugle, on a pas trente six solutions.

Je poussai un soupir. Comme si je ne le savais pas déjà, tout ça.

Moi: Je suis aveugle. Y a pas de solutions.
Lena: Ouais, genre moi j'laisse une copine dans la merde. Nan mais tu me connais vraiment pas, espèce de patate d'eau douce!

Elle me fera toujours rire. Il y a quelques années, sa spécialité c'était de traduire littéralement les insultes en anglais qu'elle avait apprises pendant son séjour dans le Connecticut. Je vous raconte pas la gueule du mec qu'elle a envoyé bouler en lui disant "Ecoute, toi, embrasse mon cul, d'accord?". Traduit mot à mot, "kiss my ass" n'a pas tout à fait le même sens.

Moi: C'est le médecin qui parle, là, c'est sûr?
Lena: Ce que je veux dire, c'est qu'il y a un bon Dieu pour les petites imbéciles inconscientes. On a peut être une solution, mais il faut que je vois si c'est possible. Et ça, je ne peux le faire qu'avec toi. En gros, ramène toi le plus vite possible.
Moi: Mais, et tes autres patients?
Lena: Wanda va décaler les rendez vous.
Moi: Ecoute, je peux attendre, c'est pas grave.
Lena: Ah non, je te connais trop bien. Si je te donne rendez vous ne serait ce que demain je ne te verrais pas. Alors tu as une demi heure pour te ramener à l'hôpital, et si dans 31 minutes tu n'es pas là j'envoie une ambulance te chercher, c'est compris?

La confiance règne...
Mais je suis pas vraiment en position de protester. Dans deux minutes, elle va m'appeler "la petite" et parler de moi à la troisième personne.

Lena: La petite n'a pas trop peur?
Moi: A ton avis?
Lena: Il y a un moment où la petite doit arrêter de penser. Et venir. Le compte à rebours a commencé.

Quelques secondes plus tard, on raccroche. Je ressors de ma chambre. Même s'ils ne parlent plus, je sais que mes élèves sont restés dans le couloir. J'entends leur respiration.
Et ça, ça tombe bien, parce que je réalise tout à coup qu'il y a quelque chose que je dois absolument leur dire.

Hans: Vous allez bien Mlle?

Y aurait il de l'inquiétude dans sa voix? Il a bien changé, depuis le temps où il voulait porter plainte contre Bill et Tom parce qu'ils se baladaient à poil dans les couloirs. Et contre moi parce que je les laissais faire.
Comme quoi ce n'est jamais trop tard.

Bill: C'est bon, vous avez un rendez vous?
Moi: Oui, mais avant d'y aller, je dois vous parler.
Tom: Bah allez y, parlez. Quand vous avez votre voix angoissée comme ça, ça me fout les jetons.

Tu parles que ça lui fout les jetons, ça lui rappelle sa mère juste avant qu'elle ne pète les plombs, quand elle avait peur de perdre Bill et pas encore envie de se débarrasser de son autre fils.

Moi: Bon. Inutile de cacher ce que vous savez tous. Je suis aveugle. Parfois, je vois une petite tache de lumière, mais ça ne change rien au fait que dans pas longtemps je vais devoir me balader avec un brassard jaune avec trois points noirs (il me semble qu'en Allemagne c'est obligatoire pour les aveugles, ça leur permet d'être repérés dans la rue pour que les gens puissent faire gaffe)
Tom: Dites pas ça, il y a sûrement une solution.
Moi: Pour le cas où il n'y en ait pas, ce qui me semble le plus probable, il faut que vous sachiez que je vais peut être, être obligée de démissionner.

Cris de stupéfaction. S'ils savaient, ça me fait encore plus de peine qu'à eux. Enseigner c'était ma vocation. Et me dire que je vais devoir tout laisser tomber à quarante ans de la retraite ça me coupe le souffle.

Allen: Et de quel droit?
Gustav: Jusqu'ici vous vous débrouilliez pas si mal, pour faire cours sans voir!
Moi: Je sais bien, mais vous avez entendu le proviseur l'autre jour. Il n'y a pas de place pour les handicaps ici. Et ma cécité c'en est un beau.
Friedrich: Votre quoi?
Moi: Cécité. C'est le fait d'être aveugle.
Friedrich: Aaaaaaah...
Georg: Nan mais on vous laissera pas vous faire virer comme ça!
Bill: C'est clair, c'est pas aussi simple. Et le droit à la différence alors?
Moi: Je voulais vous prévenir, c'est tout. Maintenant, je dois aller à ce rendez vous où on va m'annoncer qu'il n'y a plus rien à faire. Ne me rendez pas la chose plus compliquée.

Et vlan, ma voix tremble. Et ça m'énerve, parce que ce n'est pas comme si je découvrais ce qui m'arrivait. Je sais que je risque de devenir aveugle depuis que je suis toute petite, j'ai eu le temps de m'y faire. J'arrive à me contrôler, et je reprends la parole.

Moi: Maintenant, il faut que j'aille à mon rendez vous mais je n'y arriverais jamais toute seule. En voiture ce serait suicidaire et en bus ce sera la galère parce qu'il faudra que je demande en permanence aux gens où je dois descendre. Et aussi pour qu'on m'aide à traverser.
Bill: Hey pour aller à l'hôpital en bus c'est vachement trop long!
Moi: Voilà pourquoi j'ai pensé que Georg pouvait me conduire. Vous avez bien votre permis de conduite accompagnée, non?
Georg: Oui, mais je serais accompagné par qui?
Gustav: Ben par elle, crétin!
Georg: Merci. C'est toujours un bonheur quand tu me dis des mots tendres.
Gustav: Y a pas de quoi mon amour.
Tom: Quand vous aurez fini de vous envoyer des fions, on pourra peut être savoir si Georg est d'accord...
Georg: De quoi? Ah, pour conduire Mlle Hagen? Bah oui mais j'ai pas vraiment mon permis et sauf votre respect Mlle, comment vous voulez surveiller ma conduite, si...
Gustav: Attends, c'est pas parce qu'elle y voit plus rien qu'elle est aveugle.
Moi: En même temps c'est lié, hein.
Gustav: Nan mais jme comprends.
Bill: Eh ben ça en fait au moins un.
Moi: En plus Georg elle se conduit avec les genoux ma Cad depuis qu'on a refait les embrayages avec Kristian...
Georg: On prend votre Cadillac???
Moi: Ben c'est ça ou la brouette du proviseur alors...

J'achève de convaincre tout le monde, et bien sûr je n'échappe pas à Bill qui demande avec une voix toute mignonne si lui et Tom peuvent venir avec nous.

Moi: Je croyais que vous aviez peur des hôpitaux.
Bill: Justement c'est une thérapie. On peut venir?
Tom: Bill, elle a peut être envie d'être tranquille, fous lui la paix.
Bill: Mais non, faut jamais rester seul dans ces cas là. On peut venir?
Moi: Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Vous allez vous faire chier vous savez?
Bill: C'est pas grave on lira Picsou. On peut venir?
Gustav: Tu sais que le meilleur mot pour te décrire, là, ce serait "pète-burne"?
Bill: Je sais. On peut venir?

Qu'est-ce que vous voulez faire avec une troupe de gugusses comme celle là.
Se marrer.
Et dire oui.
De toute façon, il faut toujours céder aux gamins sinon on se fait bouffer.

Je retourne dans ma chambre prendre mon portefeuille et mes papiers de sécu, et aussi mon dossier médical, Lena doit l'avoir m'enfin bon on sait jamais.
Gustav vient aussi avec nous, histoire de mettre encore plus la pression à Georg.
On sort de l'internat et je traîne mon petit groupe jusqu'au parking. Et je retrouve ma voiture au premier essai.

Tom: Hey mais vous vous débrouillez super bien en fait!
Moi: Eh ouais, ça vous la coupe, hein.
Gustav: Pour les places on fait comment?
Georg: Ben moi je vais derrière le volant, déjà.
Bill: Sans blague???
Georg: Oh, ça va hein. Et Mlle Hagen à l'avant aussi, c'est mieux non?
Moi: A la place du mort vous voulez dire? Avec joie!
Tom: Non mais ça c'est pas drôle en fait.
Moi: Oh, ça va, humour, hein. Et encore, vous avez pas connu ma période gotho pouffe. Là j'étais vraiment casse burne avec mes allusions perpétuelles au memento mori.

Memento mori. Souviens toi que tu vas mourir. Notre devise, à Kristian et à moi. Ce qu'il s'est fait tatouer sur l'avant bras en échange de ma promesse de ne plus jamais me scarifier.
Pourquoi je pense à tout ça?
Les garçons doivent me regarder bizarrement, je sens leur regard peser sur moi. Pour couper court, je fais le tour et vais m'installer à l'avant. Tom, Bill et Gustav vont s'entasser à l'arrière.
J'entends Georg respirer profondément avant de s'installer derrière le volant.

Moi: Vous êtes nerveux?
Georg: Un peu.
Gustav: Mais non, tu es le meilleur mon ptit hobbit!

Georg est un peu remis en confiance. Il met le contact, j'écoute tous les bruits et le guide de mon mieux. Il gère admirablement bien la sortie du parking de l'internat, s'engage sur la route, passe la troisième.
J'indique le chemin à prendre et le silence se fait. On respecte religieusement la concentration hobbitienne. Jusqu'à ce que...

Tom: Si jamais Georg nous fait passer sous un camion, je voulais vous dire que je vous aime tous. Mouah ah ah!!!

Et pan, Georg qui freine brutalement. Heureusement qu'on avait mis nos ceintures.
Je sens pointer l'engueulade mais je coupe court en rappelant que l'heure tourne, Georg grince des dents et informe Tom qu'une fois Mlle Hagen - donc moi - arrivée à destination ça va chier des bulles pour son grade.

On arrive à l'hôpital. Dire que je suis stressée n'est rien. J'ai pas envie d'y aller mais je n'ai plus le choix. Les garçons me traînent quasiment à l'intérieur, sous prétexte de m'aider à trouver mon chemin j'ai un bras trop maigre glissé sous mon bras gauche et un bras surpuissant sous le droit - Bill et Gustav. Derrière nous Tom et Georg sont en train de se battre. Sans faire de bruit. Mais je les entends quand même.

Une voix que je connais: Ah, tu es même venue avec une escorte, c'est bien ça!
Bill: On vient voir le Dr Müller.
Lena: Vous l'avez devant vous, jeune fille.
Moi: Lena, bordel...
Lena: Ben quoi?
Moi: Tu lui vois des nichons, à ta "jeune fille"?

Je sens que Lena se trouble. En même temps, c'est moi l'aveugle dans l'histoire, et c'est elle qui ne sait pas reconnaître un garçon quand elle en voit un. Pfff et ça se dit lesbienne...

Lena: Je suis vraiment désolée. J'étais tellement contente de voir Gloria ici que j'ai dû juste voir vos cheveux longs et je n'ai pas réfléchi plus loin.
Gustav: Ah non mais je croyais que vous parliez de moi.

Je pouffe de rire. C'est vrai qu'avec ses T-shirts plaqués à sa musculature, ses shorts et ses cheveux courts, il fait le moins "fille" du lot. Mais bon, comme j'ai une certaine expérience du travestissement, je sais que même Gustav pourrait passer pour une gonzesse sans problème s'il s'en donnait les moyens.

Lena: Bon, allez, je m'occupe de la petite. Vous l'attendez les jeunes?

Les garçons braillent que oui en effet, j'entends encore qu'ils me souhaitent bon courage et qu'ils vont penser très fort à moi, puis Lena me prend par le bras et m'embarque vers je ne sais pas où, son cabinet probablement. Je ne me sens pas très à l'aise, à l'internat j'avais mes repères, c'était comme si j'y voyais encore, mais là je ne reconnais plus rien et je me sens exactement comme je suis. Une aveugle. Une aveugle pas foutue d'avancer toute seule, qui butte dans tout et qui est incapable d'être autonome. Lena se contente de me tenir par la main sans me décrire ce qu'il y a autour, et elle le fait exprès, la salope, pour bien me faire sentir tout ce que je n'ai plus.

Lena: Voilà, on y est. Dis bonjour à Wanda.
Moi: Je vais peut être attendre d'être en face d'elle pour ça. Tu n'as pas ouvert la porte.
Lena: Bien vu. Enfin si je peux m'exprimer ainsi.
Moi: Haaaaa hahaha super drôle.
Lena: Toujours sur tes gardes, hein?
Moi: A quoi tu joues? A me faire culpabiliser de ne pas être venue plus tôt? Mais j'ai mes raisons d'avoir peur et tu le sais. Faut que je te refasse ma biographie peut être?
Lena: Ce que tu as vécu ne va pas te servir d'excuse tout le temps Gloria. Il faut apprendre à passer au dessus. Sinon on ne vit pas.

J'en ai le souffle coupé. Je me sers de mon passé comme d'une excuse? Mais elle veut ma main dans la gueule? Même si elle a raison, je suis horriblement vexée.

Moi: Si je ne voulais pas te prouver que je suis moins infantile que tu le penses je serais déjà partie.
Lena: Si tu étais capable de retrouver ton chemin toute seule, surtout.
Moi: On essaie?

Je suis folle de rage, et elle le sent. Sa main se resserre sur mon poignet, parce que je suis bel et bien en train de prendre le chemin de la sortie.

Lena: Allez, si je suis comme ça c'est parce que je m'inquiète pour toi.

Haha, la vieille excuse pourrie.

Lena: Mais avec tout ça je ne t'ai même pas dit à quel point j'étais contente de te revoir.

Ouais, moi aussi je t'aime.

Moi: Va te faire foutre, vieille peau.
Lena: Ptite conne.

Et elle me serre dans ses bras. Faut pas chercher à nous comprendre.
Puis elle ouvre cette putain de porte et je peux enfin dire bonjour à Wanda. Lena me traîne ensuite par la main, de nouveau, elle pourrait me dire où aller mais elle préfère me guider jusqu'au fauteuil et poser ses mains sur mes hanches pour m'installer plutôt que de me dire "assieds toi".
Elle commence à m'examiner et là elle cause un peu plus.
Et ça me fait bizarre, qu'on s'occupe de moi comme ça. C'est pas un manque d'habitude, mais j'ai cette sensation étrange que je n'ai jamais été capable de laisser quelqu'un s'approcher autant de moi. Lena elle peut, parce que c'est son métier, que nous ne sommes pas amoureuses et que ses marques d'affection sont pour me rassurer et pas pour me séduire. Pas étonnant que Franziska soit allée voir ailleurs, si je suis incapable de donner quoi que ce soit de moi. Tout ça ne me rend pas très joyeuse mais quand même, c'est pas plus mal de comprendre.

Lena: Tu m'écoutes au lieu de gamberger?
Moi: Ah euh... Oui, excuse moi. Quoi?
Lena: Bon, je te fais la version courte. Tu deviens aveugle.
Moi: Et sinon, quoi de neuf?
Lena: Grande sotte, va. Je reprends. Tu deviens aveugle MAIS avec les progrès de la technologie, j'ai peut être une chance de te sortir de là.

Le pire, c'est qu'au moment où elle me dit ça, je n'y crois pas. Je n'y crois plus depuis tellement longtemps, faut dire...

Lena: ... on opère, et si ça marche comme prévu, tu retrouves une vision normale. Je dis pas qu'en vieillissant tu n'auras pas besoin de lunettes mais ce sera plus le noir complet comme maintenant.
Moi: Ah.
Lena: Alors? On tente?
Moi: Et si ça foire?

Silence. En même temps, je connais déjà la réponse.

Lena: Excuse moi mais de toute façon tu n'as plus rien à perdre.
Moi: C'est pas faux.
Lena: Mais ça va pas foirer.
Moi: Et pourquoi, je te prie? Parce que c'est toi qui opères?
Lena: Non. Parce que c'est toi que j'opère.

Prenez le comme vous le sentez, moi je trouve ça mignon. Elle sait me manipuler, elle sait qu'à partir de maintenant je ne peux plus rien lui refuser.

Moi: Ok, j'accepte.
Lena: Bon, tu bouges pas, je vais chercher une blouse stérile et un machin pour tes cheveux et Wanda va faire venir l'anesthésiste.

Ah ouais mais je l'avais pas prévu comme ça moi.

Moi, outrée de la vie: On fait ça maintenant? Mais ça va pas? Et tes autres patients de ce matin?
Lena: Tous déplacés à une autre heure. Et si, ça va très bien, tu as l'air tellement bien disposée qu'on en profite, il est hors de question que je te laisse repartir pour que tu paniques toute seule dans ton coin et que je te revoies dans six mois, où là, ce sera vraiment trop tard. Je préviens tes élèves en passant.

Lorsqu'elle revient, elle m'informe que les têtes de bois qui me servent d'élèves refusent de partir sans moi et tiennent le siège dans la salle d'attente, quand ils ne vont pas deux par deux aux toilettes pour faire de bruyantes insanités.

Lena: Et ça te fait rire?
Moi: Non mais si tu les connaissais tu comprendrais.

Je la sens qui soulève mon sweat pour me l'enlever et qui déboucle la ceinture de mon jean.

Moi: Hey, je suis capable de me déshabiller toute seule.
Lena: Possible. Mais j'en avais envie.
Moi: Au fait tu m'expliques pourquoi je dois me foutre à poil pour une opération des yeux?
Lena: Tu dois quand même mettre une blouse stérile...

J'entends du monde rentrer dans la pièce mais je n'ai pas le temps d'y réfléchir que je sens Lena me tripoter les cheveux.

Moi: Qu'est-ce que tu fous encore?
Lena: Je t'attache les cheveux pour te mettre un bidule pour les tenir.

Oh. Je vois de quoi elle cause. Ces espèces de bonnet de nuit à la con en tissu tout moche.

Moi: Si jamais ça marche, tu pourras l'enlever avant mon premier face à face avec un miroir?

J'entends des rires autour de moi. Première chose à faire en mode post- opératoire, leur quicher la tête à tous ces cons.

Lena: Allez, viens t'allonger.

Elle me tire de nouveau par la main avant de pratiquement me porter pour m'allonger. J'ai peur, j'ai qu'une envie c'est de me barrer. J'aurais dû appeler ma mère. Mais bon, là c'est un peu tard, et comme je n'ai pas du tout envie de sortir habillée comme ça, je reste.

Lena: C'est une anesthésie locale. Aussi, pour que tu ne t'ennuies pas, je vais te passer mon mp3. Tu veux écouter quoi?

Le mp3 de Lena, beuh... Comment faire confiance à une ancienne fan des Spice Girls?

Lena: Fais pas cette tête là... J'ai du Ray Charles si tu veux.
Moi: Non, pas de Ray Charles, pas de Bob Dylan, pas de blues, ni rien ni que dalle qui m'évoque des souvenirs.
Lena: çA va être dur, tu as une musique différente pour chaque souvenir.
Une voix que je ne connais pas: Bon, moi niveau anesthésie je suis prêt. Faites lui écouter du Nirvana, qu'on en finisse.

Au final ça a été du Janis Joplin, le truc qui n'a aucun rapport, mais au moins j'ai pu écouter Summertime en boucle. Et franchement, c'est pas des blagues, je me sentais mieux.
L'anesthésie locale à des effets bizarres. Pendant que Lena trifouillait mes yeux, pour qu'un jour, je puisse voir la mort en face, je me suis lamentablement endormie.
Et je me retrouvais plongée dans une espèce de torpeur dont je ne sortis que plusieurs heures plus tard.


Fin POV Gloria Hagen

POV Bill
C'est pas compliqué, il est plus de midi, et Mlle Hagen n'est toujours pas sortie de là. Je commence à sérieusement m'angoisser.
Georg, après le stress de la route, s'est endormi sur une chaise mais avec la tête appuyée sur les genoux de Gustav, et il ronfle depuis que Mlle Hagen est partie. Les gens dans la salle d'attente nous font comprendre qu'il dérange mais Gustav les envoie chier bien proprement, il faut voir ça, et ça va que le Dr Müller a dit aux infirmières de nous laisser tranquilles sinon on aurait passé la porte depuis longtemps.
Et pour passer le temps, Tom et Gustav font tous les tests à la con qu'ils peuvent trouver dans les magasines féminins disponibles dans la salle d'attente. Ils ont même sympathisé avec une petite vieille et l'ont aidée à calculer son potentiel érotique en attendant son rendez vous. Elle avait au moins soixante dix ans, cette mémé, et elle pleurait jaune fluo à cause du produit qu'on lui avait mis dans les yeux pour ses examens, mais à part ça et selon le magazine elle avait un énorme potentiel érotique. N'importe quoi.

Tom: Attends on va le faire celui là, il est trop mortel !!!!!!
Gustav, surexcité: C'est quoi?????
Tom: "Avez vous l'âme d'une geisha?"
Gustav: Oh oui oh oui oh oui !!!!!!!
Georg: Muh?
Gustav: Non non, rien, rendors toi, je te raconterais après.
Tom: Bill, tu le fais avec nous?
Moi: Non, c'est trop débile votre truc.
Tom: Oh, tu seras pas content si j'en suis une, de geisha, au fond de moi?
Moi: Mais ça, je le sais déjà.
Tom: Oh merci mon amour.
Gustav: Bon, alors, la première question c'est quoi?
Tom: Alors... "Il franchit la porte après une dure journée. Vous lui proposez: A) de défaire sa cravate pour lui bander les yeux B) un bain de pieds pour le délasser C)des propos futiles pour lui changer les idées. Tu chosis quoi?
Gustav: La réponse A.
Moi: C'est débile, Georg ne met jamais de cravate.
Gustav: Non pour ça j'ai un foulard en soie exprès pour ce genre de choses. Et pour vous deux?
Tom: Ben ça nous arrive de nous maintenir sur le lit... J'ai bandé les yeux de Bill une fois, il a failli faire une attaque.
Moi: C'était trop douloureux de ne pas te voir.
Tom: Mais les deux autres propositions c'est pourri. Je vais choisir A aussi.
Moi: J'aurais pris ça, aussi.

Tom relève la tête et me fait son sourire en quoi en passant la langue sur son piercing, et en plantant son regard lubrique dans le mien.
Enfoiré.
Aussitôt il baisse les yeux et reprend sa lecture. Et moi, ça commence à me pulser contre la cuisse.
Et merde.

Tom: Allez, on continue... Jusqu'où iriez vous par amour? Vous seriez prêtes à jouer: A) les courtisanes B) les bondage girl C) les collégiennes.
Gustav: Les bondages girl, moi.
Tom: Mmh... Bill, t'en penses quoi?
Moi: De ce que tu serais prêt à faire? La collégienne ça n'a qu'un temps. Mais tu seras toujours ma courtisane.
Tom: Ok. Si vous étiez un accessoire, vous seriez A) un éventail, B) une peluche, C) un film X.
Gustav: Une peluche.
Moi: Ben ouais. Normal. "Le nounours polaire des îles".
Gustav: Exactement.
Tom: Ben je sais pas pourquoi j'ai envie de dire que je suis un éventail.

J'arrive juste à penser à la manie qu'il a de souffler sur mon torse en sueur pour me rafraîchir pendant qu'on fait l'amour face à face et je me paie une monstrueuse érection, que je camoufle comme je peux avec un exemplaire du New York Times qui date d'il y a cinq ans.

Tom, qui a parfaitement compris ce qu'il m'arrive mais qui a envie de me faire chier: ça va Bill?
Moi: Ta gueule. T'façon j'vous écoute plus.

Les deux cons se marrent, Gustav moins fort que Tom parce qu'il a la tête de Georg sur les genoux et qu'il ne veut pas le réveiller. Quand à moi, j'hésite à aller aux toilettes, les gens nous regardent de travers quand on y va, y a même un vieux qui m'a traité de dégénéré.
Mais euh.
On fait rien de mal, c'est même pas avec lui que je baise, je ne le force à aucun acte répréhensible, j'ai failli étouffer Tom dans les toilettes à force de plaquer ma main sur sa bouche pour retenir ses cris, tout ça pour ne pas déranger les gens, est-ce que ça fait de moi un monstre?
Tout à l'heure une dame a dit à Gustav, "eh ben, il a sommeil votre frère!", gentiment, en parlant de Georg, manière d'engager la conversation, et quand Gustav lui a dit que ce n'était pas son frère mais son amoureux, elle n'est pas partie en criant au scandale mais ça se voyait qu'elle était un peu choquée quand même.

Et voilà, les deux andouilles ont fini leur test.

Tom: BIIIIIIIIIIIILLLL !!!!!!! Bill, Bill, Bill, Bill, Biiiiiiiiiiiiill !!!!!!!!
Moi: QUOI?
Tom: Jsuis une geisha traditionnelle!!! Ecoute: Votre savoir faire révèle une nature raffinée, cultivée, et votre érotisme prend appui à la fois sur l'art du prélude mais aussi de la retenue. Savoir aiguiser son désir sans vous offrir tout de suite est votre secret.
Moi: Super...

"Sans vous offrir tout de suite". N'importe quoi. Tom est la personne qui se déshabille le plus vite au monde quand il s'agit de gaudriole.
Enfin, si ça lui fait plaisir...

Gustav: Moi je suis une geisha nouvelle génération.
Georg: Mais qu'est-ce que tu racontes, toi?
Gustav: Ah, t'es réveillé?
Georg: Plus ou moins.
Tom: Tant qu'on est d'être à l'hôpital, tu veux pas trouver un spécialiste des troubles du sommeil?
Georg: J'ai PAS de troubles du sommeil. Je dors quand je suis nerveux. C'est tout.
Gustav: Mais t'es vachement nerveux en ce moment. Qu'est-ce qu'il y a? C'est le bac?

Comme Tom ne me cache jamais rien il m'a raconté pour la demande en mariage que Georg n'arrive pas à dire, Alors forcément, on sait pourquoi il est nerveux, mais on peut difficilement le dire à Gustav.

Mais toutes nos discussions s'arrêtent quand je me lève en braillant parce que je vois revenir le Dr Müller avec Mlle Hagen dans une chaise roulante. La pauvre a l'air complètement à l'ouest et elle a des pansements sur les yeux.

Moi: Mais qu'est ce que vous lui avez fait?
Dr Müller: Du calme. Je l'ai opérée, en anesthésie locale, il faut juste attendre qu'elle émerge. Les calmants l'ont un peu plus abrutie que prévu.
Mlle Hagen: Abrutie toi même... Ssss... Salope...
Tom: Ah mais elle parle, quand même?
Dr Müller: Mais oui! Elle est juste un peu à l'ouest.
Mlle Hagen: Ce qui craint un max quand on vient... du bloc... soviétique.
Gustav: Et sinon?
Dr Müller: Sinon quoi?
Tom: A votre avis?
Dr Müller: Ah, vous voulez savoir si ça a réussi... Je ne veux pas m'avancer. Mais tout c'est passé normalement. Il faut attendre ce soir. Qu'elle ait fini d'émerger. Là, elle pourra enlever ses pansements qui ne sont là que pour l'empêcher de se blesser par mégarde.
Moi: Et en attendant, qu'est-ce qu'on fait d'elle?
Dr Müller: Moi, j'étais partie pour la garder. Mais elle veut pas.
Mlle Hagen: Naaaaaaaaan... J'aime pas... les hôpitaux.
Dr Müller: Et comme je l'ai suffisamment emmerdée pour l'opérer tout de suite, elle a bien mérité que je lui fasse ses quatre volontés. Donc, si elle ne veut pas rester, elle rentre.
Mlle Hagen: En plus y a mon carrosse garé en double file, et les licornes s'impatientent.

Blanc. On la regarde tous et le Dr Müller explose de rire.

Dr Müller: Oui. Elle va aussi un peu délirer jusqu'à ce soir.
Georg: Eh ben ça nous promet une belle journée.
Mlle Hagen, chantant d'une voix suraigüe: Oh si c'est, une belle journée, je vais me coucher, mordre l'éternité, à dents pleineuuuuuh !!!!
Dr Müller: Par contre, si au réveil vous pouviez éviter de lui dire qu'elle a chanté du Mylène Farmer... Ce serait vraiment gentil.
Tom: Et pour la licorne en double file?
Dr Müller: Non, ça non plus vous êtes pas obligés de lui dire. Vous savez, c'est pas évident d'être dans un état semi comateux et de ne pas savoir ce qu'on dit.
Tom: Si. Moi je sais.
Dr Müller: Ah bon?
Tom: Ouais. Au réveil, je croyais avoir fait un putain de bon rêve érotique et on m'a révélé que j'avais pas rêvé. Que tout était réel. C'était autrement plus embarrassant que de parler d'une licorne.
Mlle Hagen: ,Et à Cracovie rue Bracka il pleut / quand la nécessité d'exister est dure à supporter / dans le couloir et dans la cuisine il pleut aussi / collé au mur je roule les tapis mouillés / mouillés non de la pluie mais de larmes
Moi: Gné?
Dr Müller: Non, mais ça, c'est normal. Aussi bizarre que ça puisse paraître ce n'est pas de sa vie qu'elle parle. C'est une chanson de Grzegorz Turnau.

On est tous un peu stupéfaits, mais en même temps, c'est Mlle Hagen, c'est pas si étonnant que ça.

Georg: Bon, et qu'est-ce qu'on en fait, toute la journée?
Dr Müller: Vous la couchez, vous surveillez un minimum si jamais elle se lève sans prévenir, si elle a faim, ou soif, et surtout, vous ne l'énervez pas. C'est très important.

On accepte, de toute façon c'était pas dans nos intentions de la mettre en rogne. On se met en route, le Dr Müller pousse son fauteuil jusqu'à la voiture. Heureusement que la voiture est large et spacieuse. Cette fois, je vais m'asseoir à l'avant à côté de Georg, Tom et Gustav, à l'arrière, prennent Mlle Hagen sur leurs genoux. La tête de Mlle Hagen est sur les genoux de Gustav, calée par une couverture pour éviter d'avoir à sentir les cahots de la route.
Lena replie la chaise roulante et la met dans le coffre. Au cas où on en ait besoin pour déplacer Mlle Hagen de la voiture à l'internat.

Arrivés à l'internat, on était en train de débattre du problème du fauteuil, fallait il qu'on la voit dans cet état, est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux attendre qu'il n'y ait personne, ou la porter, et bla et bla et bla jusqu'à ce que...

Gustav: Plus besoin de réfléchir elle s'est barrée.

Et effectivement, toute seule sur ses pattes, Gloria Hagen se dirige vers l'internat en traversant le parking. On est obligés de courir pour la rattrapper.
C'est assez bizarre de la voir marcher comme ça. Comme un automate.
On est au beau milieu d'une heure de cours donc on ne croise personne, elle monte au dortoir comme si elle y voyait parfaitement bien. Au milieu du couloir elle s'arrête, montre du doigt la porte de sa chambre: "Dodo."

On la suit jusqu'à sa chambre, histoire d'être sûrs qu'elle va bien se coucher. Elle ouvre la porte de sa chambre, Betty lui gueule dessus parce qu'elle lui a manqué, Mlle Hagen se baisse, l'attrappe par la peau du cou et se la pose sur l'épaule, et elle va se fourrer sous la couette. Avec Betty.
On vérifie que Betty a suffisamment de croquettes que Mlle Hagen a sa bouteille de coca à portée de main.

Et on la laisse tranquille.
Avec tout ça, on a laissé passer l'heure du déjeuner, et des cours de l'après midi. Pour Tom et moi ça va, mais pour les deux estomacs sur pattes, ça ne va pas se passer comme ça. Pour une fois qu'on a quelques heures devant nous, Tom propose de jouer tous ensemble, travailler nos chansons, Gustav accepte à la condition que deux se dévouent pour aller chercher à bouffer parce que toutes ces émotions l'ont fatigué et affamé.

Bill: Ben Georg et moi on peut y aller...

Gustav ne voit pas d'objections, il n'es pas moins parano, mais aujourd'hui il est dans un bon jour, il ne joue pas au chieur susceptible. Ou alors Georg a trouvé le moyen de calmer ses angoisses, va savoir.
Tom me lance un regard qui veut dire "vas y, essaie de le convaincre, toi." Il parlait de la demande en mariage. On est presque devenus des télépathes, à force, mais ça marche que sur nous deux.
Georg et moi ressortons de l'internat en laissant nos petits chéris s'installer dans la salle de répétitions. Et on marche vers la supérette.

Georg: Une suggestion pour la bouffe?
Moi: Je sais pas... Une demande en mariage?
Georg, après avoir accusé le coup: C'est vraiment pas malin de me dire ça!
Moi: Tu vas lambiner combien de temps, encore? Vous vous aimez, ça se voit. Alors, tu attends quoi?
Georg: J'ai peur, c'est tout! J'attends le bon moment.
Moi: Parce que tu crois qu'il y a un moment où tu vas arrêter d'avoir peur? Mais tu te trompes. Tu vas crever de trouille jusqu'à la dernière seconde - jusqu'à ce que tu lui demandes.
Georg: Très rassurant.
Moi: C'est ça d'aimer avec passion. On prend des boulettes de viande?

Georg hoche la tête pour les boulettes de viande et on finit les courses. Il n'a plus rien dit sur le chemin du retour. Dans la salle de répétitions, pendant que Gustav dévorait comme un chacal, il n'a presque pas touché à la bouffe. Mais il s'est remis à participer à la conversation, et à sourire, juste assez pour ne pas éveiller les soupçons de Gustav.
N'empêche que ça cogite dans le crâne du petit hobbit.

On joue. On bosse les titres qu'on a déjà bossé, Durch den Monsun, Schrei, Rette mich... Et on y passe l'après midi.
Si comme le dit Mlle Hagen le rock se reconnaît à la sueur versée on doit commencer à être bon parce qu'au bout de deux- trois heures on est complètement trempés. Mon maquillage coule, de temps en temps je vais passer ma main sur le front et sur le cou de Tom pour essuyer la sueur qui ruisselle, il me sourit et en général quand juste après je porte mes doigts à ma bouche il fait une fausse note. Quand il ne pète pas une corde, bien entendu.
Georg et Gustav ne nous engueulent pas. Ils n'ont aucune raison pour ça. Quand le T-shirt de Gustav vole au dessus de sa batterie, Georg se plante systématiquement et quand Georg tortille un peu trop du cul devant le set de batterie on entend des "boum" qui n'ont pas leur place, et parfois on entend plus que dalle parce que Gustav s'est définitivement planté dans le rythme.

Au bout d'un moment, on s'arrête. On est pas des machines, même si l'on ne fait rien d'autre que ce que l'on aime, arrive toujours le moment où on en peut plus. Gustav, comme d'habitude après avoir joué, est tout excité.
Il ne porte rien d'autre que son pantacourt en jean et un débardeur blanc qu'il avait sous son T-shirt, débardeur blanc rendu transparent par la sueur. Et il saute partout, sa bouteille d'eau à la main, en braillant qu'on est trop bons, qu'on déchire, etc. Tom a un bras appuyé sur mes épaules, et son odeur qui m'envahit et me transperce, je souris gentiment, je suis trop crevé pour faire autant de foin que lui.

Et là, juste au moment où on se demandait où était Georg, on a entendu de la musique s'enclencher du fond de la salle. Gustav est resté interloqué, nous avec mais Gustav encore plus, et lui en prime, il a reconnu la musique.

So close, no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
and nothing else matters

Si proches, peu importe à quel point, ça ne pourrait pas être plus près du coeur, croyons pour toujours en ce que nous sommes, et rien d'autre n'a d'importance.

Georg s'amène du fond de la pièce et se rapproche de Gustav.

Never opened myself this way
Life is ours, we live it our way
All these words I don't just say
and nothing else matters

Je ne me suis jamais ouvert de cette façon/ La vie est à nous, on la vit à notre façon/ tous ces mots que je ne fais pas que dire/ et rien d'autre n'a d'importance.

Georg prend alors les mains de Gustav dans les siennes. Il tremble. Sa voix tremble aussi. Parce que maintenant c'est lui qui chante. Par dessus la musique.

Georg: Trust I seek and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
and nothing else matters


La confiance que je cherche et que je trouve en toi, est chaque jour quelque chose de nouveau pour nous, l'esprit ouvert à une pensée différente, et rien d'autre n'a d'importance.

La main de Tom serre la mienne, Gustav a l'air complètement bouleversé mais ce n'est pas fini, Georg se laisse glisser à genoux devant lui. Et lorsque la chanson en arrive au "never cared for what they do, never cared for what they know, but I know ", quand cette espèce de long cri d'amour se termine et qu'il n'y a plus que la mélodie pour agiter l'air, Georg sort la boîte de sa poche et l'ouvre devant Gustav.

Georg: Gustav Wolfgang Schäfer, voulez vous m'épouser?

Gustav met quelques secondes à réagir, les larmes font étinceler ses yeux bleus encore plus que d'habitude avant de rouler sur ses joues.
Il finit par bredouiller.

Gustav: Georg, je n'avais jamais... Je ne peux... Je... Je n'osais même pas en rêver...
Georg: Gustav, si je te demande c'est aussi parce que te dire je t'aime ne te suffit plus, quand les mots sont vides il faut les remplacer par des actes.
Gustav: Et pourtant c'est par un mot que je t'épouse. Oui, Georg.

Inutile de dire que Tom et moi pleuront comme des veaux tellement tout ceci est émouvant. Georg sort la bague de sa boîte et la passe à l'annulaire de Gustav. Gustav le relève et s'effondre en pleurant dans ses bras. Au bout d'un moment ils se rappellent de notre présence et on peut nous aussi les prendre dans nos bras, on ne sait plus trop où on en est, on essuie nos larmes pour en laisser couler d'autres et tout à coup on explose de rire, on n'a pas l'air cons, déjà.

Pas autant qu'au moment où on percute que Mlle Hagen, débarrassée de ses pansements, est sur le seuil de la porte.

Mlle Hagen: Et moi qui croyais qu'il n'y avait plus rien en ce monde qui méritait d'être vu...

______________________________
Désolée d'avoir mis autant de temps, mais franchement, j'ai pas pu faire autrement.
D'abord je me suis payé une monstrueuse angine blanche, je vous raconte pas, le médecin que je suis allée voir n'a pas été déçu du voyage, il m'a carrément dit: "vous savez les gens, d'habitude, ils attendent pas d'être à deux doigts d'une hospitalisation pour venir me voir."
En gros, j'attendais encore deux ou trois jours sans me soigner et ma gorge enflait tellement que je pouvais plus respirer. Et comme j'avais trop mal pour manger ben j'étais pas en forme du tout.
Loin de moi l'idée de vous faire paniquer, en plus maintenant je vais carrément mieux, mais c'est pour vous dire que c'est contrainte et forcée que j'ai pas pu écrire.
Du coup, j'ai fait un long chapitre, peut être trop long pour certains, et peut être que tout le monde n'appréciera pas que je parle autant de Gloria, alors pour celles qui se sont appuyés toute la lecture et qui sont déçues, je les remercie d'avoir lu et je leur présente mes excuses. Et j'espère qu'il y en a d'autres à qui ce chapitre a plu. Si vous avez des questions, n'hésitez pas.

Oh pis j'ai oublié de préciser un truc... Genre un anniversaire...
Le 31 mai dernier, tard, le soir, était créé le blog ici présent. Depuis, plus de 9000 visites et plus de 4000 commentaires.
Sans parler de mes crises de fou rire en les lisant.
Franchement, c'est hyper classe. Merci pour tout mes lectrices d'amour.

# Posté le samedi 06 juin 2009 20:09

Modifié le mercredi 10 juin 2009 14:03

Chapitre 4. Ich will nicht ins Paradies.

Et voilà. Gloria se tient sur le pas de la porte, encore un peu perdue mais ça se voit qu'elle est là depuis un moment. Les garçons n'osent pas s'approcher. Les produits qu'on lui a mis dans les yeux ont le mauvais goût d'être de couleur, et ça a bien sûr débordé, ses paupières sont jaunes presque fluo, mais sa cornée est rouge et elle pleure rouge aussi, avec ses pupilles vertes qui flashent là dedans ont dirait un vampire. Et ça ne va pas du tout avec son pull "Yalie but not Yankee".
Pull extra large qui lui tombe à mi cuisse et heureusement, parce qu'elle a enlevé son jean pour dormir mais elle n'a pas pensé à le remettre en sortant du plumard. C'est limite une habitude chez elle de se balader presque le cul à l'air, mais là, elle a une excuse.
Et les garçons sont trop perturbés pour remarquer quoi que ce soit. Emus à la fois d'avoir vu Georg demander la main de Gustav et de voir Gloria Hagen avec les yeux ouverts et de pouvoir croiser son regard.
Bill se remet à pleurer encore plus fort, c'est important pour lui, les autres ne peuvent pas comprendre, la première fois qu'il l'a rencontrée il se bavait dessus avec les yeux dans le vague et elle lui avait juste essuyé la bouche et prit sa main dans la sienne pour lui faire tracer des lettres et des dessins sur une feuille, sans râler ni quoi que ce soit quand il bavait partout ou que brusquement il avait des crises de panique.
Il fallait savoir tout ce qu'il avait vécu pour le comprendre.
Tom comprend mais il ne sait pas que faire. Curieusement, il comprend que Bill n'a pas besoin d'un câlin, et que rien ne pourrait le calmer, il fallait qu'il y arrive tout seul.
Heureusement Mle Hagen trouve la solution.

Gloria: Vous voulez peut-être que je vous dise comment vous êtes coiffé, Bill?

Vous vous rappelez? C'était la question qu'il lui posait tout le temps pour qu'elle admette qu'elle était aveugle...

Bill: Snif... vui.
Gloria, avec un énorme sourire: Vous avez une queue de cheval attachée avec un élastique bleu ciel, vous étiez sûrement très bien maquillé en sortant de votre chambre ce matin mais si ça continue il va falloir définitivement vous mettre au waterproof parce que là vous avez l'air d'un panda.
Tom, après s'être penché pour regarder Bill de plus près: Plus un pour le panda.
Bill: Pfff...

Mais Gloria s'approche des deux G's.

Gloria: Félicitations mes grands.

Elle prend d'abord Gustav dans ses bras qui se remet à pleurer de plus belle parce que c'est le plus beau jour de sa vie. Georg, lui, entre l'émotion et la surexcitation, a une réaction typiquement masculine qui se voit à travers son jean. Mais comme les autres sont gentils ils ne font aucune remarque. Puis Gloria prend Georg dans ses bras pendant que Tom incite vivement Bill et Gustav à se moucher parce qu'il en a marre de les entendre renifler, Gloria sent un truc bizarre quand Georg est contre elle mais comme elle sait que c'est pas à cause d'elle qu'il a ça, ça va.
C'est toujours dans les grands moments d'émotion qu'un blaireau débarque pour tout gâcher.

Cole: Mlle Hagen, Mlle Hagen, c'est une catastrophe!!!!!!!!

Il court comme un dératé jusqu'à eux en tenant son portable à bout de bras comme si c'était une bombe.

Gloria: Quelle genre de catastrophe? Betty a arraché un oeil au proviseur?
Cole: Mmh? Oh non Betty ça va, elle est sur votre lit elle m'a à peine regardé quand je suis entré pour voir si vous étiez là mais en fait vous y étiez pas et d'ailleurs promis j'ai hyper bien refermé la porte, et bon je vous cours après depuis tout à l'heure parce que...

Et là, blocage. Il tombe en arrêt devant les yeux de Mlle Hagen.

Cole: Ouaaaah... Il est giga destroy votre nouveau maquillage...
Tom: C'est pas un maquillage, gros débile.
Georg: T'as pas souvenir qu'elle devait se faire soigner les yeux aujourd'hui?
Cole: Eh ben jsais pas ce qu'ils vous ont fait mais ça a pas l'air super réussi...
Gloria: C'est les produits qu'on m'a mis, ils sont colorés. Je sais, c'est débile, mais c'est pas moi qui les ai fabriqués.
Cole: Ah ouais, trop fort. Mais euh...
Gloria: Oui, vous inquiétez pas, c'est pas définitif, ça sera parti demain.
Cole: Non mais c'est cool, on dirait une des danseuses dans Thriller, quand ils sont tous dans le cimetière...
Georg: Et sinon, Gustav et moi on va se marier.
Cole: Pardon?
Bill: Sur un o- à la volette, sur un o- à la volette, sur un oranger...
Tom: Bah réagis coco, t'as l'air con avec la mâchoire qui pend.
Cole: Ben vous êtes des rapides, vous. Pas comme moi...
Gloria: Pourquoi vous me cherchiez au fait?
Cole, avec une toute petite voix: Hannah m'a appelé.
Tom, en levant les bras: HALLELUJAAAAAAH!!!!!!!
Bill, lui envoyant un coup de coude dans les côtes: Roo t'es méchant.
Gloria: Et alors, vous lui avez dit une connerie?
Cole: çA, ça risquait pas, j'ai pas décroché.
Gustav: Mais t'es con ou t'es con?
Tom: En tout cas si ton but c'est de mourir puceau, vas y mon gars, tu vas y arriver!
Bill: Arrête de l'embêter, tu veux. Si ça se trouve c'est de famille la timidité...
Cole: D'où tu connais ma famille, toi?
Bill: Euh...

Eh oui, Cole ne sait pas encore que son frère Klaus a été envoyé dans le même hôpital que Bill, celui où on l'a convaincu qu'aimer les garçons c'était monstrueux... Il ne sait pas non plus que c'est parce qu'il ne s'est jamais remis des séances d'électrochocs payées par papa- maman que Klaus s'est jeté sous un train, six mois plus tôt. Il ne sait pas non plus que Klaus était fou amoureux de Bill...

*COIN*

Tout le monde fit un bond.

*COIN*

Gloria: Ok. Qui a bouffé un canard?

*COIN*

Cole: Mais non, c'est ma sonnerie de téléphone. Hannah essaie de m'appeler depuis tout à l'heure.
Georg: Ptain mais c'est ta sonnerie, ça?

*COIN*

Cole: Ouais, c'est marrant non?
Tom: Mais décroche, bordel!
Cole: T'es fou? Je sais pas que lui dire...
Tom: Je sais pas, un truc comme "allô c'est Cole, comment tu vas?"

*COIN COIN COIN COIN COIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN*

Gloria lui arracha le téléphone des mains et décrocha.

Hannah: Ah bah quand même. J'peux savoir c'que tu fous?
Gloria: Coucou, c'est la prof de maths...
Hannah: Oups, désolée. Je me suis trompée de numéro?
Gloria: Non, c'est bon, vous êtes bien sur le portable de Cole. Mais j'entendais un "COIN" de plus et je faisais un massacre téléphonique.
Hannah: C'est pareil avec le portable de mon frère. Depuis qu'il a téléchargé la sonnerie de Roses are red il décroche jamais pour l'écouter jusqu'au bout.
Gloria: çA doit pas être facile.
Hannah: Bah non. Surtout quand on est perdu au milieu de nulle part et menacé par des grizzlis. On peut pas l'appeler.
Gloria: Logique.
Hannah: Enfin ça va que je vais pas souvent chez les grizzlis.
Gloria: LE coup de bol en somme.
Hannah: D'ailleurs y en a où des grizzlis?
Gloria: Des grizzlis? Euh... Au Canada jsuis sûre, en Europe de l'Est je sais pas trop mais en Russie j'crois qu'il y en a.
Cole: Vous parlez de grizzlis? Mais ça va pas?
Gloria: à Cole Ecoutez mon ptit pote, si vous aviez décroché on en serait pas là
Hannah: A qui vous causez?
Gloria: Au Seigneur des canards...
Hannah: Mais qu'est-ce qu'il y a il ne veut pas me parler?
Gloria: C'est pas qu'il veut pas c'est qu'il ne peut pas.
Hannah: A votre avis, je lui plais ou pas?
Gloria: Bon, j'ai pas connu beaucoup de garçons... Mais euh... Pour réagir de façon aussi truffe, oui.
Cole: C'est moi la truffe?
Gloria, à Cole: J'ai été anesthésiée et y a pas deux heures je chantais du Mylène Farmer.
Hannah: C'est vrai? Laquelle? Celle ou elle est aveugle dans le clip?
Cole: Bon ça suffit passez la moi.
Gloria: Hannah, je crois que la pomme va tomber de l'arbre..
Hannah: Hein?

Gloria tendit le portable à Cole. Pendant que Tom lui tapait sur l'épaule en lui disant "sois le meilleur".

Cole: Quoi? Mais non je n'écoute pas de Mylène Farmer, je suis un garçon moi... Mais non c'est pas dans le clip de Innamoramento qu'elle est aveugle, c'est dans Je te rends ton amour! Mais non je me suis pas trahi!!!

Il dut s'éloigner pour avoir la paix. Tom avait une crise de fou rire incontrôlée.

Bill: Arrête de rire, ça suffit.
Tom: Si tu crois que je peux m'en empêcher...
Bill: Je peux essayer, moi...
Tom: En quoi faisant?
Bill: ...
Tom: Enlève ta main de là.

Bill avait plongé la main dans l'arrière du pantalon extra large de Tom et vu ce qu'il y faisait, Tom en avait le souffle coupé.

Bill: Pourquoi tu ne l'enlèves pas toi même?
Gustav: Oh, il est tout rouge...
Tom, hyper gêné mais incapable de virer la main de Bill d'entre ses cuisses: Oh, ça va, hein...
Gloria: Sans vouloir faire ma pénible, je voudrais juste vous signalez que j'y vois, maintenant!
Bill, mort de honte: Désolé...

Il retire sa main. Georg et Gustav pouffent discrètement.

Tom: Tiens, c'est toi qui est rouge maintenant...

Gloria se passa la main sur le visage. Elle avait comme un coup de barre. Et puis ça faisait bizarre de voir, de nouveau. Sa vue n'avait jamais été aussi bonne, même quand elle portait des lentilles. Bon, ok, pour le moment, tout était teint en rouge, mais c'était un truc de dingue de distinguer les dreads de Tom les unes des autres. Ou de voir les motifs sur le T-shirt préféré de Bill. Ou même de voir les lèvres de Cole remuer...

Gloria: Bon, je vais me rallonger deux minutes moi. C'est pas comme si j'avais la tête qui tourne mais presque.
Cole, revenu vers eux: Hey jsuis trop fort j'ai réussi à lui parler!
Georg: Bravo, trois hourras pour toi.
Cole: Par contre je lui ai dit que vous alliez vous marier et je l'ai invitée à la noce. A condition que je sois invité aussi, bien sûr.
Georg: Mais carrément. De toute façon tout le monde est invité, toi, moi, nous, le dirlo, les profs, les élèves, les voisins, nos parents, 2Pac même si tu veux.
Tom: 2Pac est mort, ahuri.
Georg: Désolé. Moi j'ai commencé avec Die Toten Hosen...
Gloria: Ah ouais moi aussi j'ai écouté ça! braillant Es ist auch mein Land !!!!!! J'étais allée chanter ça en gueulant "Nazis raus!" avec Kristian et ma ptite amie.
Gustav: Alors ça c'est marrant, ma soeur a fait un truc comme ça aussi!
Georg: Trop le délire. Ce que je veux dire, c'est qu'on va faire une giga teuf parce que j'épouse l'homme de ma vie et si les neptuniens sont pas au courant j'irais leur botter le cul, moi, aux feignasses de la NASA!
Gustav: Euh... Bah faudra prévoir une grande salle.
Gloria: Et régler deux trois détails administratifs les moussaillons. Genre vous êtes pas majeurs quoi. Bon, c'est vrai, vous avez plus de seize ans. Mais rien que de penser à toute l'organisation que ça va être, j'en ai mal au crâne.
Georg: Non mais vous inquiétez pas, j'appelle la mairie demain matin.
Cole: En tout cas Hannah était folle de joie quand elle a su. Elle a même dit que Bill et Tom devraient faire la même chose.
Bill: Ouais mais nous c'est pas possible...

Eh non, ils ne peuvent pas, le mariage entre frères est encore interdit...

Cole: Ben je vois pas pourquoi!

Et là Bill se sent stupide. Il ne peut pas dire à Cole, ni à Georg et Gustav, ni à personne, qu'en réalité, Tom est son jumeau. Mais bon, heureusement qu'il l'a, son jumeau, parce qu'il vient toujours réparer ses bêtises quand il parle trop.

Tom: Ben parce qu'on a pas seize ans, tiens.
Cole: Oh mais oui, c'est vrai, vous êtes encore des petits oisillons vous deux...
Gustav: Bon, c'est pas tout ça, mais si la terre entière doit le savoir, autant commencer maintenant. Qu'est-ce qu'on prend comme date?
Georg: Le premier jour des vacances de Noël. C'est le plus simple. Et c'est la meilleure solution pour avoir tout le monde avec nous.
Gustav, en lui prenant les mains dans les siennes: Je vois que tu y as longuement réfléchi...
Georg: Je me demande même si je n'y pense pas depuis le premier jour...

Gustav sent que des larmes d'émotion revienne, il n'a pas envie de pleurer, ça lui fait des yeux rouges et gonflés et il n'a pas envie qu'on le voit comme ça à la cérémonie, même si c'est dans un peu moins de trois semaines. Alors il essaie de penser à autre chose.

Gustav: En tout cas, je veux Bill, Tom et Cole comme garçons d'honneur, et Hannah et Mlle Hagen comme demoiselle d'honneur! Il manquera une fille pour faire un compte rond mais peut être que ma soeur...
Cole: Moi je fais le garçon d'honneur? Ouah mais comment c'est hyper classe!
Georg: Et surtout c'est une habile technique pour que tu sois tout le temps avec Hannah...
Cole: Ah ouais mais en fait vous êtes super intelligents les mecs.
Gustav: Pour la musique j'ai pensé au Fallen Angels.
Tom & Georg: Ah ouais pas con.
Bill: Qui ça?
Gloria: Les deux sublimes louloutes qui ont repris Fever la dernière fois qu'on est allé au Blue Desire
Bill: Aaaaaaaaah...
Cole: Mais euh... C'est pas un peu chaud, quand elles dansent?
Gustav: Si, et alors?
Cole: Ben pour un mariage, c'est pas giga top, si? Traditionnellement, c'est pas trop le moment de faire venir des gogo danseuses... Même si je n'ai aucun mépris pour les gogos!
Gustav: Apprends, mon petit pote, que les Fallen Angels ne sont nullement des gogos, ni des strip teaseuses. Et de surcroît, c'est un mariage gay, Cole. Qu'est-ce que tu veux que la tradition vienne foutre là dedans?
Cole: Euh... Ouais, c'est vrai, t'as raison.
Georg: Par contre, je suis pas super sûr que ta soeur prenne bien la chose.
Gloria, entre ses dents de sorte que Gustav ne l'entende pas: Qui l'eut cru...
Tom: Non mais t'en fais pas. Pour équilibrer le nombre de demoiselles d'honneur et équilibrer entre les filles et les garçons j'en serais une, moi, de demoiselle d'honneur.

Léger ahurissement des personnes en présence. Sauf de Gloria qui est déjà au courant, et de Bill, que ça n'a jamais choqué plus que ça.

Gustav: Tu vas te déguiser en fille?
Tom: C'est un peu ça l'idée, oui.
Bill: Il ne va pas se déguiser, il va s'habiller, nuance.
Cole: Et toi Bill, ça ne te dérange pas?
Bill: Et pourquoi ça devrait me déranger? Homme ou femme, c'est quand même la personne que j'aime.

Et Bill est sincère. Il s'en fout. Il veut juste que Tom soit heureux.
Pour ça, il irait jusqu'en enfer.
Et si l'enfer c'est de voir Tom en minijupe, il sait déjà qu'il ne priera jamais pour aller au paradis.


______________________________________________________
Coucou!
Désolée d'avoir été aussi longtemps absente. J'ai été pas mal occupée, et puis ensuite ma mère est venue me voir, et comme j'habite dans un studio, elle risquait de me griller en train d'écrire, donc, pas question. Parce que ce chapitre est soft, mais je connais ma mère, il aurait fallu lui expliquer pour tout le reste et ça je n'en avais pas le courage.
J'ai fait la gay pride à Paris en charmante compagnie, je vous raconte pas comment c'était génial. Entre les travestis, les mecs en jupe, les filles les seins à l'air, le travesti en madame-lapin-de-playboy, la bière, la fille avec laquelle je flirte, ses copines, la rue des Archives, le quartier gay, MON quartier dans lequel j'habite depuis un peu plus de quatre ans... Des moments trop mignons, comme celui où ma pote m'a traînée par la main pour qu'on retrouve les autres dans la foule à Bastille et que tout le monde nous regardait d'un air attendri, celui où elle ne voulait plus marcher et où elle m'a demandé de la porter, ce que j'étais suffisamment saoule pour faire, mais je me suis arrêtée quand on a compris que comme ça tout le monde avait plein feu sur sa culotte. Et surtout, vers deux heures du matin, le moment où on est tombées dans les bras l'une de l'autre en chialant parce que c'était tellement génial qu'on se soit rencontrées. On a mis deux heures à se séparer.
Et comme ma mère était déjà chez moi on a pas pu rentrer ensemble pour "dormir" (non parce qu'avec nous "dormir ensemble" veut dire "faire des grosses bêtises"). Mais c'était pas grave, c'était prévu comme ça. En revanche, je suis rentrée parfaitement ivre, très fière d'avoir retrouvé le chemin alors que j'étais à cent mètres de chez moi, et j'ai tenu la jambe à ma mère jusqu'au petit matin parce que je devais absolument lui dire que je l'aimais. Elle, elle n'a pas dormi de la nuit, mais moi, comme je me suis endormie tout en parlant, à 8h 30 du matin j'étais debout, limite fraîche comme une rose. J'avais encore envie de parler, et ma mère, elle, elle avait surtout envie de dormir. Ce que je lui fais pas vivre, quand même, à ma mère...

Sinon.
Est-ce que ça vous plaît toujours?
Deux commentaires minimum pour être prévenue, je pourrais me contenter d'un seul, mais vous pouvez pas savoir le plaisir que ça me fait quand j'ai plein de commentaires. On en est à 4361 commentaires, tout ça rien qu'en m'inscrivant sur des annuaires et sans jamais faire de pub, je suis hyper jouasse.
Bisous mes lectrices d'amour.

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 19:35

Modifié le mardi 07 juillet 2009 04:55

Chapitre 5. Les jardins sauvages

POV Tom

...: P*tain de b*rdel de m*rde d'administration à la c*n, chié! Vous avez vu comme je châtie mon langage un peu, je m'épate là

Ce hurlement primaire qui nous vrille les tympans de bon matin, nous vient de Georg qui vient d'ouvrir son courrier. Soit il n'a pas coché la case F en bas de la page 3 alinéa 12 du dossier bleu à renvoyer quinze jours avant la date fixée pour le mariage, soit il n'a pas joint l'enveloppe timbrée pour la réponse au formulaire de demande F 612 lui permettant d'avoir accès au laisser-passer X32 sans lequel il ne pourra pas envoyer à la mairie l'autorisation de mariage signée conjointement par ses parents et par ceux de Gustav.
J'exagère à peine.
Tout notre dortoir participe, même des fois Mlle Hagen, le prof d'histoire, Simmons et la vieille de la bibliothèque (c'est elle qui s'y connaît le mieux en langage de timbré) sont sur le coup, et on laisse quand même échapper des trucs, et on nous renvoie le courrier avec un petit mot expliquant très gentiment que pour avoir oublié le formulaire bleu de demande d'autorisation d'avoir un timbre on est vraiment des sous merdes.
On comprendra donc aisément pourquoi Georg n'est pas jouasse. En plus le courrier arrive avant le petit déjeuner, inutile de dire que ça ne lui améliore pas l'humeur, au petit hobbit.

Cole a fait d'énormes progrès avec Hannah, il lui parle au téléphone presque tous les jours et ça a un avantage capital: elle sait comment parler à son tonton, notre cher proviseur. Du coup pépère va nous laisser célébrer le mariage dans la salle des fêtes du lycée.
Si on arrive à réunir tous les papiers, évidemment...

Pour le moment, c'est le matin, il fait un froid de canard, on est en Allemagne du Nord, on est en hiver et par conséquent on se les pèle grave et j'étais mieux au chaud sous ma couette avec ma bouillotte personnelle (Bill mais ça vous aviez compris), et j'aime encore moins le matin à cette période de l'année, et pis merde.
Cela dit maintenant j'ai mon arme secrète contre le froid: je mets des collants sous mon baggy. C'est dingue comme ça protège, on devrait prendre ça aux filles, c'est tellement pratique! Bill m'a offert un pull oversize en laine bleu nuit, oversize dans le sens où les manches dépassent et où le truc m'arrive aux genoux mais en dehors de ça il est plutôt moulant avec un espèce de ruban qui passe sous les pectoraux, et ça fait comme une robe, mais pour garçon.
D'après Bill, c'est pour me donner une idée, pour voir ce dont j'ai envie pour "plus tard". Et plus tard, ça veut dire pour quand j'aurais fait ce que je rêve de faire. Mais j'ai tellement peur...
Je ne sais pas qui je suis, Tom Kaulitz, Tom Trümper, un garçon, un gay, un délinquant, un gentil garçon, que sais je encore, tout ce qu'on a dit de moi et j'en ai marre de ne pas savoir. Et je ne me suis jamais supporté comme j'étais. Alors peut être que devenir une fille c'est la plus grosse connerie que je ferais jamais, peut être qu'à courir après une identité qui ne sera jamais la mienne je vais me perdre pour de bon.
Mais je n'ai plus grand chose à perdre, de toute façon.
Et puis il y a aussi le risque que tout le monde apprenne, un jour, que Bill et moi on est frères. Alors si je change, si je ne suis plus son frère, j'ai peut être une chance, même infime, de nous sauver.

Bill: Mon petit chéri est tout perdu...

C'est là que je percute que Bill est en train de m'habiller, et que je le laisse faire sans réagir. Quand je pense à tout ça, je tombe dans un tel état d'abattement qu'il pourrait me prendre par la main, me faire traverser la cour à poil dans la neige et me faire revenir sans que je me rende compte de rien. Heureusement qu'il ne le fait jamais.

Moi: Excuse moi, Bill, j'ai eu une absence.
Bill: J'ai vu. Mais c'est pas grave, tu sais?
Moi: Si, c'est grave. J'ai l'impression de devenir dingue, par moments.
Bill: Par moments? Mais tu l'es tout le temps, mon amour!
Moi: C'est pas drôle.
Bill: Bah quoi? Si la folie est ton état permanent, tu n'as plus besoin d'angoisser pour savoir si tu es fou ou pas. Puisque tu l'es tout le temps!

Autant de logique avant le petit déjeuner... Tiens d'ailleurs c'est zarbe ce goût de menthe dans ma bouche. Il ne m'a quand même pas...

Bill: Si, je t'ai brossé les dents pendant que tu rêvassais. Je peux pas m'en empêcher, ça me rappelle quand tu avais tes plâtres!
Moi: Tu ne m'as pas fait pisser quand même?
Bill: Non, ça je ne peux pas, parce qu'en général il suffit que je passe ma main sur la ceinture de ton pantalon pour que tu réagisses au quart de tour.

La preuve, là, il glisse sa main sous mon pull, le long de la ceinture de mon pantalon, contre mon ventre, et je...
Oh, Seigneur...

Bill: Tu rêvasses encore?
Moi: Mmmh... A ton avis?

Je suis vraiment pas bien moi, un vrai obsédé, il a juste la main sur mon ventre et je me sens prêt pour la folle cavalcade, j'ai qu'une envie c'est de le renverser sur le plumard et de m'empaler sur sa verge, m'agiter sur lui comme un zébulon pendant qu'il me caresse les fesses en mordant mon épaule...

Sa main glisse dangereusement vers ma braguette, toujours par dessus le pantalon mais c'est pas ça qui va me calmer. Je sens aussi qu'il se rapproche encore un peu plus jusqu'à ce que mon dos soit contre son ventre et mes fesses contre son sexe... Il prend ma main et la plaque sur sa virilité avant de remonter le long de ma braguette de son autre main. Et je sens, au travers de son jean, qu'il est dans le même état que moi. Son souffle sur ma nuque me donne des frissons.

Moi: Ooooh... Bill...

Je suis dans un tel état que lorsqu'il glisse sa main entre mon collant et mon boxer, j'ai un espèce de sursaut qui me plie en deux, mais pas de douleur, bien au contraire. Il fait comment Bill, pour garder son calme?
Je tourne un peu la tête pour le regarder.
Il est aussi essouflé que s'il avait couru un marathon, ses yeux sont presque exorbités, il fait un froid épouvantable dans la chambre mais il y a une goutte de sueur qui coule le long de ses tempes, les veines de son cou battent sous sa peau fragile...
Ah mais il est pas calme du tout en fait.

Moi: Bill, je...
Bill: Shhh... Dis rien...

Et là, son bras glisse contre mon ventre, il me serre brutalement contre lui et plonge sa main dans mon boxer. Seulement je suis terriblement à l'étroit moi, dans ce boxer et avec un collant par dessus. Et plus il me caresse, plus ça gonfle. Je m'agrippe à son bras, quelle sensation étrange, j'essaie de le virer de là mais une force irrépressible m'en empêche. Un cri de douleur m'échappe, sans que j'ai vraiment eu la sensation d'avoir mal.

Bill: ça va?

Tu parles que ça va, je suis tellement excité que j'arrive plus à parler, heureusement il comprend au quart de tour ce qu'il m'arrive et il m'allonge sur le lit. Il déboutonne ma braguette, je le laisse descendre collant et boxer, j'adore quand il me déshabille, pfiou, eh ben, je suis mieux à l'air libre.
Réflexe humain mais un peu égoïste, j'empoigne mon sexe pour me soulager, j'ai trop attendu, il faut que j'atteigne l'orgasme, sinon je vais mourir.

Bill: Non, Tom. Pas comme ça.

Je dois avoir l'air désespéré parce qu'il a un sourire sadique sur les lèvres. Il ne se rend pas compte de mon état ou quoi?

Bill: Mets les mains derrière le dos.

Aaaaaaaaah mais il veut ma mort ce con! C'est là que je me rends compte que je suis trop accro à Bill. Je lui obéis, alors que n'importe quel être humain normal aurait refusé. Je croise les mains au dessus de mes fesses, sachant que je suis allongé sur le dos, c'est pas confortable du tout, et pourtant je le fais. Et la main de Bill qui caresse l'intérieur de mes cuisses... Oh mon Dieu. Oh my Bill.

Bill: Tu es ma captive...

Je suis tout ce que tu voudras, et surtout je suis à ta merci, est-ce que c'est mal de trop aimer?

Bill: On aime jamais trop, et toi, tu n'aimeras jamais mal...

Je réalise à peine que j'ai pensé à voix haute, que Bill plonge et prend ma verge dans sa bouche, un cri m'échappe, je ne me contrôle plus, je ne pense qu'à ce que Bill est en train de faire. C'est tellement bon que ça me bouillonne dans le ventre et que je me tortille dans tous les sens, mes lèvres se referment sur un coin d'oreiller dont je me sers pour étouffer mes cris.
Je jouis, mais je suis toujours en érection.
Bill essuie le sperme de son visage, je le regarde faire, je n'ai plus de souffle, et quasiment plus de force. Il m'a tétanisé.
Je me demande comment Bill fait pour tenir, il doit bander aussi fort que moi, comment il tient dans son pantalon. La réponse m'apparaît assez vite. Voilà un moment déjà qu'il a ouvert sa braguette et baissé ce qui le gênait. Il a même dû éjaculer en même temps que moi, ça arrive souvent, même quand lui n'est pas sollicité, si l'un de nous deux à un orgasme, l'autre en a un presque aussitôt. On ne sait pas d'où ça vient, mais c'est marrant.

Bill: Est-ce que tu te sens prêt?

Prêt? Oh, mon amour... Si tu savais à quel point!

Je crois deviner ce qu'il veut et me penche en avant pour lui faire ce qu'il m'a fait à moi, je préfèrerais de loin m'empaler sauvagement sur sa verge et voir ses yeux se révulser par l'orgasme, mais il a le droit d'avoir le même plaisir que moi, c'est normal, donc j'y vais, mais il m'arrête.

Moi: Il y a quelque chose qui ne va pas?

Quand Bill veut me demander quelque chose qui concerne le sexe, il rougit, baisse les yeux, il est tout gêné et moi je trouve ça hyper mignon. C'est bien pour ça que je cède absolument à tout, je ne vois pas trop comment je pourrais lui résister.

Bill: Tu... Tu crois que tu pourrais t'asseoir sur moi?

Je n'y avais jamais pensé mais tout à coup l'idée me paraît géniale, je me redresse d'un bond pendant qu'il s'adosse aux oreillers en se mettant à moitié assis sur le lit. Je vois où il veut en venir, à cause de mes vêtements je vais être obligé de m'asseoir de côté au lieu de me mettre face à lui en croisant les jambes dans son dos. Le moment de la pénétration m'angoisse un peu, on a encore jamais essayé ça et ça risque d'être brutal. Bill devine que quelque chose ne va pas et passe un bras sous mes cuisses, l'autre autour de ma taille et... je rêve, il me porte?
Je vais complètement l'épuiser, il n'a pas l'habitude d'autant d'effort, je pèse aussi lourd que lui et il n'est pratiquement pas musclé mais ce matin il a une force hallucinante, il me tient au dessus de lui, et il garde la position. Je n'ai même pas peur qu'il me lâche, je sais que ça n'arrivera pas.

Bill: On va prendre tout notre temps. T'inquiète pas.

Oui, enfin pas trop quand même parce que même si j'ai peur j'ai une folle envie de lui. Je prends doucement sa verge dans ma main et la dirige vers mon intimité. Je sens qu'il ne me tient plus aussi haut, et il me pénètre de sa verge, lentement, juste un peu, mais ça suffit, je crie, oui j'ai eu mal mais j'ai franchi le moment où je me fous complètement d'avoir mal, je veux plus, je veux jouir!
Bill donne un coup de bassin en me tenant toujours à la même hauteur donc en laissant retomber son bassin il se retire à moitié et je grogne de déplaisir. Je passe mon bras autour de ses épaules, je me laisserais complètement tomber sur lui mais il me tient ferme pour me maintenir au dessus de lui, il imprime le mouvement de va et vient comme il le souhaite, je laisse faire, je m'abandonne complètement, je ne contrôle plus rien. Je vais me mettre à hurler de plaisir mais je sais qu'il n'aime pas qu'on nous entende, donc je me mords les lèvres, quand ça ne suffit plus je me penche et lui mords l'épaule, et lui qui me souffle à l'oreille que je peux y aller, qu'il est tout à moi et que je peux le mordre jusqu'au sang si je veux...

Bill: Maintenant, Tom... On va jouir, ensemble, maintenant...

Il donne encore un coup de bassin et ce qu'il a annoncé arrive, la jouissance m'envahit tout à coup et me coupe le souffle, un sursaut de plaisir qui ne devrait jamais s'arrêter.

Bill me repose à côté de lui. C'est bon d'être une poupée parfois. Sans un mot il attrappe la boîte de kleenex sur la table de nuit et me la tend. On attend de reprendre notre souffle et puis brusquement on se regarde et on explose de rire tellement c'était bon, ce qu'on vient de faire.
Mais la dure réalité de la vie entre sans frapper et se matérialise sous la forme de Georg qui rentre dans la chambre alors qu'on a à peine remis nos vêtements en place.

Il est pas content, le hobbit.

Georg: Quand notre mariage sera célébré, je pense arracher les yeux du mec du formulaire bleu de la mairie avec une petite cuillère. Puis, dûment muni d'un sécateur, je sectionnerai ses parties génitales avant de les envoyer en recommandé à sa maman.
Moi: Qu'est-ce qu'il se passe encore?
Georg: Ils m'ont renvoyé le dossier en me disant qu'il manquait l'extrait d'acte de naissance de Gustav. Seulement la première fois, c'était pas marqué qu'il le fallait!

Quand il parle, on pourrait croire qu'il est calme, parce qu'il ne hausse pas le ton, mais comme on le connaît bien, on sait qu'il est hors de lui. Le problème, c'est qu'à part brailler avec lui contre l'administration on ne peut pas grand chose. Tout à coup, il percute qu'on est tous les deux allongés sur le lit, tout habillés mais avec des mouchoirs à la main.

Georg: Ah merde mais je vous dérange au milieu d'un truc important?

On se marre encore.

Bill: Non, c'est bon. On avait fini.
Moi: Disons qu'on a fait la première manche et on continuera ce soir.
Bill: Mais tu sais bien qu'on sera toujours là si t'as un problème, mon gros pépère.
Moi: Mouais enfin tu serais entré ici y a dix minutes t'aurais pas eu un accueil chaleureux.
Georg: Je vous adore mais le gros pépère il t'emmerde.

Là se pointe Gustav. Hey mais ma chambre c'est pas un hall de gare les mecs.

Gustav: Ah, mais vous êtes tous là? On va prendre le petit déjeuner ou vous avez l'intention de me laisser mourir de faim?

En plus c'est pas plus con d'aller manger, ça va peut être calmer Georg. On sort, et au même moment Mlle Hagen sort de sa chambre. Les rigueurs de l'hiver lui ont fait quitter ses tailleurs, maintenant c'est pantalon en cuir noir - pull rayé marine et blanc. Dimanche dernier, nous l'avons surprise dans son pyjama d'hiver, en tissu molletonné trop grand pour elle, c'est simple, elle a l'air d'un édredon là dedans. Y avait pas d'urgence, juste le prof d'histoire venu nous annoncer que la sortie scolaire à Magdebourg était repoussée à une date ultérieure, mouah ah ah j'étais hyper jouasse.
Donc Mlle Hagen sort de sa chambre avec des cernes énormes mais avec l'air ravi.

Gustav: ça va Mlle?
Mlle Hagen: Hyper bien. Vous pouvez pas vous imaginer ce que c'est que de voir à nouveau.
Bill: Vous n'avez pas dormi de la nuit c'est ça?
Mlle Hagen: J'ai pas pu! D'abord j'ai chatté jusqu'à pas d'heure avec des potes, le truc que j'avais pas pu faire depuis des siècles, et ensuite j'ai lu un livre!!!
Moi: Trop de la balle. Et vous dormez quand, au juste?
Mlle Hagen: Roo, laissez moi profiter.

Et elle me passe la main sur la joue.
Au petit déjeuner, la conversation tourne uniquement autour du mariage de Georg et Gustav. On ne veut pas désespérer, donc on fait comme si on allait avoir l'autorisation, et on organise ça pour le dernier jour avant les vacances de Noël. Bill nous révèle ses talents d'organisateur, il a toujours son carnet sous les yeux et il passe ses journées à faire des calculs, organiser, réserver, compter, prévoir... Friedrich l'a surnommé le robot humain. Moi même quand on me confie une tâche hyper simple, du genre aller acheter les serviettes en papier pour que Mlle Hagen puisse ensuite les plier en forme de canard, je suis très vite débordé. En même temps c'est pas ma faute si sur le trajet de la supérette y a l'immense boutique des luthiers Aliénor. Georg et moi on pourrait y passer des heures. Donc non seulement je mets environ quatre heures vingt cinq à faire une course qui prendrait dix minutes à Bill, mais en plus je me fais pourrir au retour parce que un paquet de vingt cinq serviettes pour une réception de deux cents personnes c'est pas assez. Du coup, en représailles, je me gaufre tous les faire-parts, de la fabrication au postage.
Et là, au petit déjeuner, je montre aux futurs époux les dernières maquettes que je viens de pondre. Trois fois que je recommence pour leur plaire. La première, ils ont osé me dire que c'est pas parce qu'ils étaient gay qu'il fallait forcément du rose pour le fond. La deuxième fois, l'écriture gothique c'était trop agressif. La troisième, l'écriture romantique avec bouclettes c'était encore pire que le rose, tellement c'était cucu. En revanche, depuis qu'il a vu cette écriture, Bill veut se faire un tatouage avec sur l'avant bras. J'avais vraiment gagné ma journée, perdre une matinée sur un projet de faire part pour me le faire recaler ensuite et donner une idée pourrie à Bill.
Là, c'est la quatrième tentative, une écriture européenne classique que j'ai chopée sur un vieux manuscrit accroché au mur dans la piaule de Mlle Hagen, avec des entrelacs celtiques pour le cadre. Et comme j'ai voulu faire la maquette à la main, sans ordinateur, là, je sens plus mes doigts.

Georg: Eh bah putain...

Je leur fais mes yeux de killer "tu m'fais encore un reproche et j't'émascule" ou mon talent suffira?

Gustav: C'est hyper beau!!!!

Putain je rêve. C'est un miracle de Noël en avance!

Mlle Hagen: Bon, bah comme ça, on ira choisir les robes des demoiselles d'honneur après les cours cet après midi, hein Tom?

Ouaaaaaaaaaaaaais trop fort je vais avoir ma robe!!!!!!

_________________________________________________________________
Coucou les gens et encore désolée du retard!
Seulement j'ai eu une fin d'année un poil chaotique, je devais finir mon mémoire sur Sexualité et Mariage XIV°- XV° siècles, après ça a été la croix et la bannière pour choper ma directrice de recherche et passer mon oral pour valider le truc, genre je suis passée le 9 juillet, vous y croyez à ça?
Breeeeeeeef.
J'ai eu mon master 1 avec mention très bien, y a que ça qui compte. (Désolée, besoin de me la péter. Voilà, j'ai fini). En plus pendant l'oral ma prof qui me sort "on voit que le sujet vous a inspirée"
J'ai failli lui répondre que je suis tellement perverse que c'était normal, que je m'entraînais même pendant les loisirs, mais il aurait fallu que je parle de la présente fiction et bizarrement j'en avais pas envie. Donc j'ai souri poliment en disant "merci madame".
Et après ces émotions je suis allée chez moman, là je suis rentrée à Paris (my home, my castel, my favourite place in earth) pour deux jours le temps de picoler avec une belle blonde et plus si affinité et en plus je l'envoie passer l'après midi chez une de ses copines que je peux pas blairer pour pouvoir écrire tranquille, je sais pas si vous mesurez le sacrifice que je vous fais.
En attendant, demain c'est retour en Bretagne pour aider ma mère à finir ce qu'on lui a commandé, ma mère est peintre mais c'est aussi la championne du: "boh je ferais ça demain", seulement à force à force elle a deux toiles à livrer pour dans deux semaines plus des machins à peindre sur du bois, en gros qui va se payer le ponçage du bois au papier de verre et l'imitation du style de sa mère, hein, ben c'est moi.
Je râle parce que j'aime bien râler, en vrai ça me déplaît pas de lui filer un coup de main. Le souci, c'est que pour se faire on va loger chez une de ses cousines (la mienne aussi du coup) et y a pas de connexion internet!!! C'est peut être l'occasion de me sevrer, cela dit, mais à mon avis je suis tellement accro que c'est trop tard.
Sur ce, bonnes vacances à toutes mes belettes soyeuses, je mets une suite le plus vite possible.

Edit: Merci pour tous vos commentaires mis en mon absence je ne vous raconte pas comment ça m'a fait plaisir.
Je suis en train d'écrire la suite, mais en ce moment j'ai un peu de mal à me concentrer. Cela dit, si vous suivez cette fiction depuis longtemps, la patience est votre principale vertu alors ça ne devrait pas tellement vous poser problème.
Je vous aime.

# Posté le dimanche 19 juillet 2009 20:57

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 16:00

Break me shake me hate me take me over, when the madness stops...

Et effectivement, après les cours, Mlle Hagen se saucissonna dans sa doudoune qui évoquait de loin une citrouille à pattes, Tom remit son sweat à capuche doublé en moumoute et une veste genre sac à patate molletonné par dessus. Dessous, son baggy et une paire de collants.
Friedrich, sortit de sa chambre pour emprunter des mouchoirs en papier à Georg - il allait mater un porno plus que perturbant et il avait épuisé sa réserve. Il ne put retenir un éclat de rire en les voyant.
Ce que Bill, qui nouait une écharpe autour du cou de Tom, prit très mal.

Bill: T'as un commentaire à faire?
Friedrich: Non... Putain le duo de choc, mouah ah ah!!!!!!!! Vous allez monter un numéro de cirque?Hahahaha putain jsuis trop drôle par moments jme t... Aïeuh Bill mais t'es dingue???
Tom: Bill arrête tu vas l'estropier!
Bill: Remoque toi encore une fois de mon mec et je t'arrache les couilles à la main t'as compris?
Friedrich: AAAAAAAAH lâche moi!!!!!
Mlle Hagen: KAULITZ!!! çA SUFFIT!

Le ton et la voix de Mlle Hagen lui font lâcher prise. Il recule d'un pas, ses yeux sont exorbités par la colère, il est blanc comme un linge et il tremble. Et il a un regard de serial killer. Friedrich se remet doucement en soufflant comme un boeuf, les mains plaquées sur ses parties génitales endolories. Tom panique légèrement à cause de cette lueur de folie meurtrière qu'il a vu dans les yeux de Bill.
Finalement Bill recule encore, marmonne quelque chose que personne ne comprend et va s'enfermer dans sa chambre. Tom fait un mouvement pour le suivre mais Gloria le retient par le bras.

Gloria: Ni allez pas.
Tom: Mais il a besoin de moi!
Gloria: Non. Pas maintenant. Bill est extrêmement pudique. Il ne veut pas que vous le voyiez en train d'avoir une crise de nerfs. Si vous le laissez se calmer tout seul, ça ira.
Tom: Il a une crise de nerfs, là?
Gloria: Croyez moi, je connais ce regard.
Tom: Qu'est-ce qu'il lui arrive quand il a une crise de nerfs?
Gloria: Il n'en a jamais fait devant vous?
Tom: Jamais. Je croyais qu'il était heureux avec moi.
Gloria: Mais il est heureux! Croyez moi, plus qu'il ne l'a jamais été! Seulement il n'a pas encore guéri de tout, vous comprenez?
Friedrich: Ben comme toi Tom quand tu fais des cauchemars et que tu hurles la nuit. Bon bah jvais me chercher de la neige et la mettre dans un sac plastique. Je souffre.

Gloria et Tom le regardent partir vers la sortie en marchant comme s'il avait fait Berlin - Munich à califourchon sur un camion- citerne, ahuris. Comment peut il être aussi con au quotidien et parfois avoir des éclairs d'intelligence?
Puis Gloria prend Tom par la main et l'entraîne vers la sortie. Elle a raison, Bill ne veut qu'un peu de calme. Il ne veut pas que Tom le voit tel qu'il pense qu'il est - un dingue.
S'il savait, s'il était capable de savoir qu'il pourrait incendier la moitié de Berlin et bouffer des souris vivantes, ça n'empêcherait pas Tom de continuer de l'aimer avec la même force, sans se poser de questions.
Mais ça, il ne le sait pas.
Tom se laisse tirer par Gloria mais ça se voit qu'il n'a pas du tout envie d'y aller, même si c'est pour le bien de Bill il n'arrive pas à partir de son plein gré. Arrivés devant la Cadillac bleu ciel, il bloque et refuse de monter, même si Gloria lui ouvre la portière et le pousse quasiment dedans.

Tom: Hey, hey, hey, attendez, qui vous dit qu'après s'être calmé Bill aura pas besoin de moi?
Gloria: Parce qu'après une crise, il est tellement épuisé qu'il a besoin de dormir.
Tom: Et alors?
Gloria: Et alors j'ai bien dit dormir, j'ai pas dit baiser.
Tom: Vous êtes vraiment hyper classe.
Gloria: Vous allez pas me faire la gueule en plus?
Tom: Je veux voir Bill!
Gloria: Ecoutez, si vous avez un besoin pressant, je peux attendre deux minutes.
Tom: Mais j'ai pas envie de faire pipi... J'ai dit que... Oh... Je viens de comprendre.

En gros Gloria lui dit que s'il veut se masturber elle peut l'attendre, mais elle dit ça comme si Tom avait besoin de Bill comme on a envie de pisser... Je sais pas si je suis très claire mais dans ma tête, c'est drôle.

Gloria: Elle venait de loin, hein? Mais c'était drôle.
Tom: Vous êtes une obsédée et c'était pas drôle.
Gloria: N'importe qui ayant perdu sa copine et n'ayant pas joué au grelot joyeux dans l'écrin d'écume depuis deux mois serait obsédé, et c'était drôle.
Tom: Non.
Gloria: Si.

Ils se regardent, ils explosent de rire, mais dans la minute qui suit Tom redevient livide et croise ses bras sur son ventre. Il a peur pour Bill. Gloria est à deux doigts de lui céder et de le renvoyer au dortoir mais Tom lui fait signe de démarrer. Au même moment, le portable de Gloria sonne dans la poche de sa veste. Sans demander la permission, Tom saute sur elle, lui arrache le portable de la poche et décroche.

Gloria: Eh, oh, il a craqué son slip celui là?
Tom: BILL??? COMMENT TU VAS? Ah, c'est vous Kristian... Ouais elle est à côté oui. Oui... Oui... Oh ben je pense que oui parce que moi aussi... Oui! Attendez....

Tom se tourne vers Gloria. Il vient juste de lui chourrer son téléphone mais il fait comme si tout était parfaitement normal.

Tom: C'est Kristian, il demande si ça vous fait souci s'il vient au mariage dans une tenue bizarre.
Gloria: ça me ferait encore moins souci si je pouvais y répondre moi même.
Tom, rouge de honte: Désolé.

Il lui tend le téléphone. Gloria reprend son bien et répond.

Gloria: Coucou Lust, c'est moi... Oui, il m'a dit. Mais bien sûr, tu viens dans la tenue que tu veux. En plus, t'en as pas des tenues "normales"... Non, ma salopette avec les hippopotames ça ne compte pas... D'abord parce que je ne te pardonnerais jamais de rentrer encore dans la salopette que je portais quand j'avais dix ans, et ensuite parce que... Mais non, je... Eh oh j'ai pas choisi de faire du bonnet D, abruti va! Ouais, attends, j'ai un double appel... *Tût* All...
Tom lui arrachant de nouveau le portable des mains: ALLO BILL COMMENT TU VAS MON AMOUR? Georg? Mais pourquoi t'appelles Mlle Hagen, trou du cul?... Pour faire parler les cons? Ouais, eh, sois poli, sinon je te... OH PUTAIN çA Y EST VOUS AVEZ LES PAPIERS OFFICIELS????? Ouais d'accord je te la passe.

Il tendit le portable à Gloria, tellement excité qu'il en oubliait d'avoir honte.

Gloria: Oui je sais Georg, vous êtes sourd d'une oreille maintenant... Oui, c'est vraiment formidable. C'est pas comme si on attendait ça depuis longtemps. De? D'accord.

Prudemment, elle mit le portable hors de la portée de Tom.

Gloria: Tom? Je vais raccrocher avec Georg et reprendre ma conversation avec Lust.
Tom: D'accord mais pourquoi vous me dites ça?
Gloria: Parce que j'ai peur qu'à la troisième tentative vous finissiez par réussir à m'arracher le bras. Alors pitié, c'est encore de la main droite que je joue le mieux au bigorneau taquin et à l'abricot fendu, donc si vous pouviez me la laisser encore un peu...
Tom: Ok, ok... Vous avez encore combien de métaphores sexuelles à me sortir?
Gloria: Mmh... Je sais pas trop, ça vient au feeling!
Tom: Pfff...
Gloria, riant comme une conne: Hihihi!
Tom, qui boude: J'vous rappelle que Kristian vous attend...
Gloria: Mouah HAHAHAHA... Ah ouais merde, Kristian... Allo, ma boule de poils?

Tom se passe la main sur le visage. Gloria et ses surnoms débiles... Finalement pour pas le saouler avec sa conversation, Gloria sort de la voiture et marche tout en parlant. Elle tourne pas mal en rond et ça fait bizarre, à un moment Tom la voit danser le madison, il se demande ce qu'elle fout. Jusqu'à ce qu'un murmure étouffé lui parvienne.

*Tom... Ouh ouh... Tu m'entends?*

Tom sursaute et regarde tout autour de lui. Mais la ceinture de sécurité le bloque et il se croit tout seul dans la voiture. Pourtant, il a entendu la voix de Bill, il a pas rêvé!

Tom: Bill? C'est toi?
* Oui... C'est moi... Tu m'entends?*
Tom: Bah aussi bizarre que ça puisse paraître, oui, je t'entends? Qu'est-ce qu'il se passe, t'as mis de la drogue dans mon café ou on est télépathes?
* Y a plus simple comme explication... Monsieur film d'horreur... Je suis de l'autre côté de la portière...*

Cette fois Tom se retourne en détachant sa ceinture, et voit Bill, mort de rire, debout à côté de la portière. Il râle et ouvre enfin.
Bill se marre, mais il est encore tout pâle avec des énormes cernes, et le même regard que quand il revenait de ses rendez vous du samedi, alors Tom a peur. Tout ça ne fait qu'alimenter la peur panique de Tom de perdre Bill à nouveau. Il reste assis sur son siège, les jambes hors de la voiture, en position d'infériorité donc de soumission à Bill, mais Bill s'accroupit pour se mettre à sa hauteur et prend les mains de Tom dans les siennes.

Tom: Comment tu te sens?
Bill: Mieux. Je suis même passé devant la chambre de Friedrich pour m'excuser.
Tom: Ah, ok, mais...
Bill: Shhht... Ne dis rien... Je sais ce que ça t'a coûté de me laisser seul. Pourtant c'était la seule chose à faire. Merci.
Tom: J'y ai aucun mérite, c'est Mlle Hagen qui m'a traîné dehors.
Bill: N'importe qui d'autre aurait forcé la porte de ma chambre. Je le sais. Il n'y a que toi pour prendre à ce point sur toi et te sacrifier comme ça.

Bill porte les mains de Tom à ses lèvres et les embrasse. Tom en aurait presque pleuré de bonheur mais il ne veut pas. Peu importe la raison, il ne veut pas pleurer. Il l'a trop fait. Mais Bill devine ce qu'il lui arrive et il se redresse, pour prendre la tête de Tom entre ses mains, contre son ventre. Et il sent les bras de Tom se resserrer autour de sa taille.

Tom: Si tu savais comme je t'aime...
Bill: Moi aussi.
Tom: Je ferais n'importe quoi pour toi...
Bill: Alors dis à ton âme de ne jamais changer.

Bill avait parlé le plus sérieusement du monde, et Tom eut un sourire. Il n'avait plus envie de pleurer. Il était tellement heureux qu'il n'avait plus besoin d'en payer le prix. Il posa les mains sur les hanches de Bill et le fit reculer un tout petit peu, pour pouvoir relever la tête et le regarder dans les yeux.

Tom: Tu veux venir à Berlin avec nous?
Bill: Non, j'ai profité de m'être calmé pour voir comment tu allais parce que je me doutais que vous n'étiez pas encore partis... Mais j'aimerais mieux dormir un peu. Il y a trop de bruit en ville, trop de gens... J'ai peur de pas y arriver.
Tom: Ok mon amour.
Bill: Mais je te fais confiance, tu vas prendre la plus belle robe.
Tom: Au moins la plus bandante.
Bill: C'est pas la même chose?
Tom: Pour nous, si, t'as raison.
Bill: Tu sais, il doit me rester assez de chutes de tissus pour te faire un porte jarretelle et un soutien gorge adapté à ta taille.
Tom: ça dépend, ça te plairait de me voir dans un porte jarretelles?
Bill: J'en salive déjà!
Tom: Bon, ben je vais me soumettre à tes désirs... Maître...
Bill: Tu ne devrais pas me dire ça. Je voudrais dormir, moi, si possible sans rêve!

Mais Tom ne répond pas, il passe simplement la langue sur ses lèvres et son piercing et lui adresse son regard le plus langoureux. Bill fait mine de se fâcher, mais en dernière minute il se penche vers Tom et l'embrasse à pleine bouche. Sa langue vient percuter celle de Tom, une délicieuse chaleur l'envahit... Le regard qu'ils se lancent lorsqu'ils se séparent laisse présager que lorsqu'ils auront une minute à eux leurs deux corps ne feront bientôt plus qu'une seule chair.

En attendant, Gloria est remontée dans la voiture et attend patiemment que les deux loulous aient finis. Bill lui fait coucou avant de remonter vers l'internat. Tom, lui, reprend sa position initiale sur son siège, claque la porte, et regarde Bill dans le rétroviseur avec un sourire béat.

Gloria: C'est marrant, vous avez l'air moins stressé, là...
Tom: Mmh...
Gloria: Ok, j'imagine que je vais devoir attendre un peu avant de pouvoir vous parler de nouveau normalement...
Tom: Mmh... Non, c'est bon. Je vous aime.

Gloria ne répond rien et roule. Elle aussi, elle l'aime. Elle les aime. Seulement elle ne sait pas vraiment comment le dire.

KarlMarxStrasse.
La longue avenue de Berlin Est qui mène à la porte de Brandebourg en tout cas, dans mes souvenirs, c'est celle là.
La boutique de mariage.
Tom et Gloria ont rendez vous pour choisir les robes, avec la responsable de la boutique, Alison, une habituée du 3° Lieu, une boîte de lesbiennes où Gloria avait également ses habitudes.
Dans la boutique, il faut chaud, l'ambiance est feutrée, tout est immense, calme, et mignon. Tom est encore plus impressionné que dans la bijouterie avec Georg.
Dès qu'ils sont rentrés, Alison leur saute sur le poil. Elle est grande, avec des talons hauts qui la grandissent encore, des cheveux courts et bouclés, noirs, un tailleur encore plus classe que ceux de Mlle Hagen, et en plus, elle, elle porte des collants à sa taille. Et puis elle est hyper bien maquillée. Bref, rien à redire. Et elle prend Mlle Hagen dans ses bras.

Alison: Hey, chérie, t'es juste à l'heure! Et qui est ce jeune homme?
Gloria: Mon élève, Tom. Il va m'aider à choisir.
Alison: Alors, tu m'as dit, il faut les robes des demoiselles d'honneur, et le costume des mariés, on s'en occupera plus tard.
Gloria: Oui. C'est ça.
Alison: Bon, viens, je t'ai préparé une sélection.

Elle prend Gloria par la main, un geste pas du tout professionnel et l'entraîne vers le fond du magasin. Tom ne dit rien tellement il est ahuri. Il y a une pièce de la taille des chambres à l'internat, avec des tenues accrochées à une longue penderie, un banc pour s'asseoir, une cabine, une tablette devant le banc, tout ça à l'écart du reste du magasin.

Alison: Il parle pas le petit jeune homme?
Tom: Ah bah, euh...
Gloria: Il est un peu impressionné.
Alison: ça se voit!

En même temps, Tom, quand il achète ses baggys, c'est limite s'il se change pas au milieu du magasin tellement y a pas de place dans les magasins pour jeunes.

Alison: Vous voulez un café?
Gloria: Oh oui. Un grand.
Tom: On a le droit?

Les filles se marrent discrètement, pour pas vexer. Tom en est au stade où il s'extasie pour tout et n'importe quoi. Alison part chercher le café et Tom se cache derrière Mlle Hagen.

Tom: Vous avez vu les miroirs?
Mlle Hagen: Ben quoi c'est des miroirs.
Tom: Non ça c'est pas des miroirs normaux, on se voit en entier dedans!

Tom trottine jusqu'à la cabine d'essayage, tire le rideau et rentre.

Tom: Mlle Hagen, y a un souci!
Gloria: Quoi, qu'est-ce qu'il y a?
Tom: Il faut dire à Alison qu'elle nous a mis dans le coin aménagé pour les handicapés.
Gloria: Jamais de la vie, la cabine pour les handicapés physiques c'est la première en rentrant dans le magasin!
Tom: Mais c'est beaucoup trop grand ici!
Gloria: Regardez, dans toutes les cabines ou toilettes pour handicapés, il y a une poignée fixée au mur pour aider à se lever. Vous en voyez une? Non. Donc voilà.
Tom: Putain...

Alison était déjà de retour, avec un plateau, deux tasses, deux soucoupes et une cafetière, tout ça en porcelaine. Tom ouvre des yeux énormes.

Alison: Si je vais vous chercher un coca, vous vous sentirez plus à l'aise?
Tom: Non, c'est bon, mais qu'est-ce que vous voulez, je m'attendais pas à ça.
Alison: Bon, je vais vous montrer quelques robes. Voilà, ça c'est un modèle classique, couleur pêche avec des parements bleus.

Pour que Tom ne se sente pas trop con, Alison s'adresse à lui. Gloria reste derrière et farfouille dans le reste de la penderie.

Alison: Dès que vous voulez essayez, vous dites, d'accord?
Tom, d'une voix minuscule: D'accord...

Grand traumatisme du shopping: ne pas trouver ce qu'on cherche, sans avoir ce qu'on cherche exactement. Mais Alison ne se dépare pas de sa patience et continue. Une heure se passe.

Alison: Ce modèle ci n'est plus du tout classique, regardez.

Et là, Tom voit, une robe dont le haut fait comme un corset en satin bleu avec des lacets en cuir noir, une bande de dentelle bleue en guise de manches et la jupe, plissée, à carreaux noirs et bleus, serrée à la taille mais évasée vers les genoux, la jupe même qu'on a envie de retrousser devant son homme.

Tom: Stop. C'est celle là qu'il faut.
Alison: Vous voulez l'essayer?

Tom se tourne vers Mlle Hagen.

Tom: Je peux?
Gloria: Evidemment!
Tom: Elle vous plaît?
Gloria: Beaucoup.
Alison: Tu veux en essayer une comme ça aussi?

Sans attendre la réponse, Alison sort une deuxième robe et la tend à Gloria. Il y a deux cabines, mais Tom les trouve décidement trop grandes, donc il demande à Mlle Hagen de rester avec lui. Ils ne risquent rien, de toute façon. Un gay et une lesbienne, ils peuvent se montrer à poil l'un à l'autre ça ne posera pas souci.

Ils rentrent dans la cabine. Alison attend à l'extérieur.

Alison: Je vous mets la radio?
Tom et Gloria: Ouiiiiiiiiiiiii !!!

Et elle enclenche la radio. Au milieu d'une chanson. Au début, elle est à un volume trop bas pour qu'on comprenne vraiment de quoi la chanson parle. Mais, au bout d'un moment, Tom s'arrête totalement de bouger. Il est à moitié à poil et Gloria se demande ce qu'il lui prend.

n halber mond versinkt vor mir
war der eben noch bei dir
und hält er wirklich was er mir verspricht

Tom: ça vous dit rien?
Gloria: Euh... Maintenant que vous le dites... Mais c'est quoi?

Tom harponne le bras de Gloria. Il chantonne, à mi voix, avec la radio: ich weiss dass ich dich finden kann
hör' deinen namen im orkan/ ich glaub' noch mehr dran glauben kann ich nich'...


Puis, brusquement, il sort de la cabine, en caleçon mais rien à foutre, en tirant Mlle Hagen, en soutien gorge mais rien à foutre, au moment où Alison monte le son.

ich muss durch den monsun - hinter die welt
ans ende der zeit - bis kein regen mehr fällt
gegen den sturm - am abgrund entlang
und wenn ich nicht mehr kann denk' ich daran
irgendwann laufen wir zusammen
weil uns einfach nichts mehr halten kann
durch den monsun

Tom: Putain je le crois pas, c'est Durch den Monsun !!!!!!!! C'est notre chanson!!!!!! C'est la voix de Bill, là!!!!!!!
Gloria: Mais comment c'est possible?
Tom: Simmons a envoyé des maquettes, mais je pensais pas que ça irait aussi vite! Putain mais c'est juste excellent, ça déchire ça race, nom de Dieu de nom de Dieu...

Il saute dans les bras de Mlle Hagen en hurlant de joie. Tout à coup, son téléphone sonne. C'est Gustav. Lui si calme et mignon d'habitude, il braille tant qu'il peut, pleure de joie, frétille, on entend la voix de Georg qui bieurle aussi derrière. Eux aussi, ils ont écouté la radio.

Tom: Hey, calme les mecs. Et Bill?
Gustav: Il dort. On attend ton retour pour que tu lui annonces.
Tom: Ok, merci les mecs.
Gustav: Tu sais, ça, plus les papiers offciels du mariage, je chiale comme un veau tellement la vie est belle. Je crois que mon coeur va exploser.
Georg: En plus ils ont bien dit "Tokio Hotel" après la chanson, ouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah gigateuuuuuuuf !!!!!!!!!!!!
Gustav: A POIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIL !!!!!!!!!!!!!!!

Après s'être aussi sobrement exprimés, les garçons raccrochent. Tom se tournent vers Mlle Hagen, qui a fini d'enfiler la robe.

Tom: Ptain vous êtes belle.
Alison: C'est marrant, ça se voit que vous ne pensez qu'à une chose, rentrer.
Tom: Je peux ramener une robe pour montrer à Bill?
Alison: T'façon, faut vous rhabiller un minimum avant de sortir. Joli caleçon d'ailleurs. C'est pas ça qu'on appelle un mini- slip?

Tom ne répond pas, il saute dans sa robe et Mlle Hagen n'a même pas le temps de se changer qu'il la traîne dehors. Elle paie, ils repartent avec le bon de commande pour que le reste leur soit livré dans des jolis cartons.
Arrivés à l'internat, Tom se fait sauter sur le poil par Georg et Gustav, qui ne remarquent même pas qu'il est dans une robe que plus féminine tu meurs. Ils braillent tellement qu'ils ameutent tout l'internat.
Alors ils racontent.
La radio, leur chanson, et cela surprend tellement tous les autres qu'ils en oublient de demander à Tom ce qu'il fout dans cette tenue.
Et ils font tellement de bordel que Bill débarque, les cheveux en pétard mais pour une fois ce n'est pas naturel, c'est qu'il vient de se réveiller. Il a encore son doudou à la main, c'est à dire le boxer bleu marine de Tom.

Bill: Qu'est-ce qui se passe?

Et puis, il voit Tom. Il le trouve tellement sexy qu'il en a le souffle coupé. Tom court vers lui pour lui annoncer la nouvelle, mais Bill ne lui en laisse pas le temps, il le pousse doucement pour le plaquer contre le mur, et il l'embrasse goûlument pendant que les bras de Tom se resserre dans son dos.

Tom: Mmmh... Mmmh... Bill... Faut... Mmmh... qu'on parle...
Bill: Plus tard.

Se faisant il glisse ses mains sous la jupe de Tom pour lui caresser les cuisses. Ils sont devant tout le monde, mais les autres discutent tellement de la diffusion de la première chanson de Tokio Hotel à la radio qu'on fait à peine attention à eux. Et pour les autres, pour les hétéros, il y a Mlle Hagen, qui porte la même robe que Tom, pour leur clouer le bec.

Tom parvient enfin à se dégager des lèvres de Bill, lequel lui caresse la verge sous sa jupe, à travers le tissu de son sous vêtement. Il faut qu'il lui dise, tout de même, il avait écrit Durch den Monsun quand il était encore à l'hôpital, c'était quand même une sacrée revanche.

Tom: Il y a Durch den Monsun qui est passée à la radio.
Bill: Oh.
Tom: C'est marrant, je pensais que ça te bouleverserait plus que ça.
Bill: Rien ne pourrait me bouleverser plus que toi.
Tom: Mmmh...


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Coucou!
Désolée pour le retard en plus j'ai pas le temps de prévenir! Les vacances, c'est trop perturbants. Mais normalement en octobre, tout devrait rentrer dans l'ordre.
Et la suite, je sais pas quand je la mettrais, mais ce sera un lemon. J'en frétille à l'avance.
Bisous!

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SUITE!!!!!!!!!

Bill: Rien ne pourrait me bouleverser plus que toi.
Tom: Mmmh...


POV Bill

Oh mon Dieu... Je sais ce que c'est que d'être pédé, je sais ce que c'est que l'inceste, et là, je me livre avec délectation au plaisir que les hétéros et les lesbiennes croient être les seuls à connaître: je glisse ma main sous la jupe de mon amant. La beauté doit être érotique- voilée, et je tremble d'extase en songeant qu'aux yeux de tous, mais caché par le tissu de la jupe, je prodigue à Tom des caresses qui lui font se mordre les lèvres.
Il avait quelque chose d'important à me dire, de très important, mais l'excitation qui monte en lui révulse ses yeux et cloue les mots au fond de sa gorge, il n'en sort plus que des soupirs...
Il y a du satin bleu sur ses épaules nues, j'aime le satin, presque aussi doux que sa peau... La robe a une odeur de neuf qui ne me plaît pas encore mais peu à peu elle va s'imprégner de la chaleur de Tom et elle aura son odeur.
Au début je pensais que j'étais excité parce que Tom dans cette robe se présentait à moi comme une autre personne.
En fait, ce n'est pas vrai.
Dans cette robe que je ne lui avais jamais vue, il se présente à moi comme pour la première fois. Et j'en tremble. Je tremble de cette virginité qui m'est perpétuellement offerte, je tremble de ce désir qui ne s'étouffera jamais, moi qui n'ais jusque là connu que l'incertitude. Je n'ai même pratiquement jamais connu que des choses qui disparaissent, qui se terminent, qui meurent. Et lui, il est là. Une seule minute avec lui vaut des années de souffrance.
Mes caresses se font différentes. Au début, j'avais tellement peur de le perdre que je m'appropriais son corps, sauvagement, je voulais poser mes mains partout à la fois, pour le retenir, pour le faire mien, pour que, en somme, nous ne soyons plus qu'une seule et même chair. Faire l'amour avec Tom ressemble à un combat où personne ne perd, mais un combat tout de même.
Et nous avons encore tellement, tellement à apprendre...
Je caresse adroitement le corps de Tom sous sa robe, et je vois le moment où il va s'abandonner, je ferme les yeux pour l'embrasser, pour glisser sa langue dans ma bouche mais je sens que d'une main, il me serre contre lui, et de l'autre, il me tire doucement les cheveux pour me faire reculer la tête. La chaleur de sa main sur mon crâne me donne l'impression d'être entré dans un monde parallèle.

Tom: Bill, s'il te plaît, écoute moi bien...

Et il me reparle de tout ça, de la radio, et de ma voix qui en sortait, et du bonheur que ça lui procurait, plus que du bonheur, une espèce de revanche sauvage sur son passé, une façon de dire "vous ne m'aimez pas mais dans ce que je fais je suis le meilleur", une façon de dire "maintenant vous saurez qui nous sommes".

Tom: Tu as bien compris ce que je te disais?
Moi: Mmh...
Tom: Et c'est tout...

Il est pour dire "c'est tout ce que ça te fait?" mais je lui coupe la parole en massant doucement son bas ventre avec mon pouce, juste la zone au dessus du pubis et ça lui coupe le souffle.

Moi: Alors, nous serons bientôt riches, célèbres, adulés, plus forts que Jésus Christ, et les Beatles réunis?
Tom: Mmmh... Mmmmoui...
Moi: Dis le moi...
Tom, à qui le plaisir qui l'envahit peu à peu fait dire n'importe quoi: Tu seras le plus beau, une foule de gens qui ne te connaissent pas te hurleront qu'ils t'aiment, tu seras enfin écouté...
Moi: Parle moi encore...
Tom: Tu seras traîné dans la boue, on racontera tout sur toi, moi, et nous, mais une horde se lèvera pour prendre notre défense et les jeunes se diront qu'il n'y a que nous qui les comprenons...
Moi: Dis moi encore...
Tom: Que veux tu entendre d'autre?
Moi: Que pour toi, ça ne changera rien...

Tom me sourit, ne répond pas et m'embrasse. Ce qui, pour moi, vaut tous les "oui" de la terre. C'est pour ça, tout à coup, j'en ai eu marre d'être en public, dans ce couloir. D'accord, personne ne faisait attention à nous, ou plutôt nous ne faisions attention à personne, mais il y a des choses qui doivent rester cachées.
Comme cette émotion qui m'envahit sans que je comprenne pourquoi et qui remplit mes yeux de larmes. Je voudrais tellement ne plus pleurer. Plus jamais.
J'ai profité de ce que Tom avait un bras passé autour de mes épaules pour le soulever un peu, glisser mon bras sous ses genoux et au final le placer dans mes bras. Il a ouvert de grands yeux étonnés, il ne comprenait pas mais il se laissait faire.
Et je l'ai porté, jusqu'à notre chambre. Il n'y avait pas loin à aller, juste deux ou trois pas, mais je tenais à les faire. Avec Tom. La petite mariée que j'ai toujours voulue.
Et puis je claque la porte d'un coup de pied. Il est temps que les choses sérieuses commencent.
Je couche Tom sur le lit. Quelque chose qu'on a déjà fait des dizaines de fois. Je m'en fous, à cet instant précis, c'est ma première fois. C'est la première fois que je sors de l'hôpital, c'est la première fois que j'aime, c'est la première fois que je désire. Cette fois là, la seule et l'unique. Je n'aimerais jamais personne d'autre que celle étendue sur le lit devant moi. Jamais personne d'autre que Tom.

Tom: T'as l'air lubrique!

Il sourit, appuyé sur ses coudes. Je ne lui demanderai jamais s'il pense la même chose que moi, en ce qui nous concerne, nous deux. Parce que je le sais.

Moi: Et toi, tu es sublime.
Tom: A l'exception des poils sur mes jambes...
Moi: çA ne se voit pas. Et quand bien même...

Je n'achève pas ma phrase et vais me mettre à genoux entre ses jambes, qu'il écarte avec un immense sourire pour me laisser la place. Il a viré ses chaussures et ses chaussettes depuis longtemps, il faut avouer que des chaussures de sport avec une robe comme celle là ça faisait bizarre, c'était aussi bien qu'il soit pieds nus. Pieds nus qu'il lève pour les poser contre mon torse, mon regard plonge entre ses genoux, il me dévoile monts et merveilles sous sa jupe... Pourquoi les robes et les jupes sont elles réservées aux femmes? Elles se réservent la meilleure arme en matière de sex appeal, les bougresses! Du calme Bill, du calme...
Je vois le boxer blanc de Tom tout tendu là dessous, et lui qui sourit comme un bienheureux...
Il triture le tissu de sa jupe et m'adresse son regard super- pervers n°3.

Tom: Dis, Bill, tu as faim?

Bien sûr que j'ai faim, très faim même, et pour commencer je vais me jeter sur cette grosse friandise qui s'offre à moi. Ce con se met à fredonner Lollipop de 50 Cent et glousse parce que sa blague est super drôle, mais une fois que j'ai glissé ma tête entre ses cuisses et tiré sur son boxer comme j'aurais viré le papier d'emballage d'un bonbon, il ne glousse plus, j'ai même dans l'idée qu'il gémit mon prénom. En plein milieu, je m'accorde quelques secondes de répit histoire de faire monter la pression chez Tom (et il faut savoir doser parce que trop longtemps ça peut être douloureux), et cette andouille en profite pour rabattre le tissu de sa jupe sur ma tête.

Tom: Et hop, caché!

Il se croit très malin mais j'ai les moyens de le faire taire, même si j'admets que c'est plutôt agréable d'être là dessous. Et ça ne rate pas, il se met à se tortiller dans tous les sens en braillant que c'est trop bon. Il me reste assez de présence d'esprit pour retrousser sa jupe en catastrophe autour de sa taille pour éviter les taches au moment où il va jouir, je pense à ça mais pas à me reculer et schplaf! Je réceptionne sa semence en plein visage.
Ce qui ne me déplaît pas, d'ailleurs. Je laisse couler le sperme le long de mon visage et de mon cou, en faisant signe à Tom que je n'ai pas besoin de kleenex, et j'enlève mon T-shirt. Je suis à genoux sur le lit, en train de déboutonner mon jean, quand un éclair de satin bleu et blanc comme une sucette psychédélique me bouscule et Tom me pousse jusqu'à ce que je tombe sur le dos, il se met à quatre pattes au dessus de moi, la joie dans ses yeux est tout ce que je demande à voir.

Tom: Je veux être au dessus!
Moi: Ok.
Il m'embrasse. On se met à deux pour finir de virer mon pantalon, toujours trop serrés pour tomber à mes pieds comme les baggys.
Et c'est là qu'une réflexion philosophique me prend. C'est pas le moment mais j'ai envie.

Moi: Tu sais, Tom...
Tom: Mmmh.
Moi: Les tribus africaines ou dans la forêt amazonienne... Tu sais, qui vivent pratiquement à poil et on dit que c'est des primitifs parce qu'ils ne savent pas se tuer avec une bombe nucléaire...
Tom: Mmmh?
Moi: En fait, je crois qu'ils ont tout compris à la vie, bien plus que nous... Ils perdent pas de temps à se désaper, eux. La plupart du temps ils ont juste un pagne, alors quand ils ont envie, ils...
Tom: Dis, monsieur l'ethnologue, t'as l'intention de me baiser ou de me faire une conférence?
Moi: Quoi, t'es pas d'accord?
Tom: Tu veux aller vivre en Amazonie?
Moi: Non, je voudrais juste que tu reconnaisses que sur certains points les primitifs sont mieux que nous.
Tom: Je reconnais.

Je ne dis rien, je lui souris pendant qu'il se place au dessus de moi. Il a une main appuyée sur la poitrine, l'autre tient fermement mon sexe qu'il caresse tout en le dirigeant vers son intimité. Je ne peux pratiquement pas l'aider, la main qu'il a posée sur ma poitrine me cloue au matelas, je peux juste poser mes mains sur ses hanches et m'y cramponner.
Il me caresse encore un peu et soudain nous atteignons cet instant magique où nos deux corps s'emmêlent. Et ce subtil mélange de plaisir et de peur, d'angoisse et de volupté...

Tom: AAaah!
Moi: ça va? t'as mal?
Tom: N- n- nan... ç- ça va aller...
Moi: Attends, relève toi un peu ,je glisse mes mains sous ses fesses pour le soulever un peu, ne t'enfonce pas tout de suite comme ça...
Tom: Mmmh... Oh... Bill...
Moi, le tenant toujours surelevé: ça va mieux comme ça?
Tom: Oui... c'est... C'est parfait. Mmmh...

Là je me sens complètement nul, pourquoi est-ce que j'ai pas pensé au lubrifiant, on est pas des machines, c'est pas parce qu'on a très très envie l'un de l'autre qu'on a pas besoin d'un peu d'aide.
Tout à coup je sens comme un pincement au téton.

Tom: Arrête de culpabiliser, je m'en fous d'avoir un peu mal.
Moi: Je...
Tom: Shhh...

Je soulève délicatement mon bassin pour m'enfoncer en lui un tout petit peu plus. Il se crispe, mais je libère une main et lui caresse doucement la verge. Il se détend, je m'enfonce encore un peu plus, me retire juste après, mais très vite, c'est lui qui s'embroche sur ma verge en enfonçant ses ongles dans ma poitrine. Puis il se penche vers moi et m'embrasse goûlument en tenant ma tête entre ses mains, les miennes sont dans son dos, sur le satin de sa robe qu'il n'a toujours pas quittée mais que je froisse sans réfléchir.

Tom: Mords moi.
Moi: Mais tu vas avoir une marque!
Tom: S'il te plaît...

Alors j'obéis, je ne contrôle plus grand chose de toute façon, il accélère nos va et vient et m'offre son épaule, son cou, j'y mords à pleine dents, comme un chien, et ça étouffe mon cri quand j'atteinds l'orgasme.
Des petites étoiles toutes mignonnes dansent devant mes yeux, je sens un poids sur ma poitrine, c'est Tom, il s'est laissé tomber et je crois même qu'il s'est endormi, c'est très bien, qu'il dorme...
Je pourrais rester comme ça la nuit entière.
Si j'avais le moindre souvenir de l'heure qu'il était avant qu'on entre dans cette chambre.

Fin POV Bill






Tandis que Bill et Tom se livrent à leur lot quotidien de perversités, Un drame se noue dans la chambre de Georg et Gustav. Juste avant, ils avaient bien ri quand Allen avait menacé de balancer un seau d'eau sur Friedrich s'il n'arrêtait pas de mater Mlle Hagen comme un pervers. Friedrich avait répondu que lui, au moins, contrairement à Cole, il ne prenait pas de photos.

Cole: Mais c'est pour envoyer à Hannah! Pour qu'elle voie, un peu, ce qu'elle va porter.
Friedrich: C'est ça, ouais.
Allen: Ecoute mon vieux, je te dis pas ça pour te vexer, mais t'es mon pote et je n'aime pas quand tu te couvres de ridicule.
Hans: C'est mignon... Si vous faites des petits, vous m'en gardez un...
Friedrich: Toi si tu meurs, tu me préviens, j'inviterais des copains!
Gloria: Allez, zen mes lapins! ça vous sert à quoi de vous friter en permanence?
Friedrich: Je sais pas mais pitié, allez mettre un pantalon.
Gloria: Autant vous y faire, on sera plusieurs habillée comme ça pour le mariage des G's.
Friedrich: Je sais, j'ai déjà prévu un pantalon large et plusieurs boîtes de mouchoirs.
Gloria: Vous êtes vraiment un gros malpoli. Pensez à votre grand maman en monokini, je sais pas, moi!
Friedrich: Eurg...
Gloria: Vous savez, ma première année d'enseignement, je l'ai passée sous les tropiques, avant de retourner à Berlin donner des cours dans les prisons et dans les hôpitaux. J'ai eu des classes de lycée, des gamines qui avaient entre 15 et 18 ans, de vrais amours qui étaient souvent court- vêtues en raison de la chaleur! Eh ben j'ai pris sur moi. Et total, jamais un impair. Même Jennifer, des Fallen Angels, que j'ai eue dans ma classe, ne s'est doutée de rien. Elle ne l'a appris que bien plus tard, en venant s'installer en Allemagne avec Dreux. Ceci pour vous dire, Friedrich, qu'on est pas chez les bonobos, et qu'un peu de retenue ça fait de mal à personne.

Friedrich était pour lui répondre qu'elle pourrait retenir un peu ses nichons, mais c'était sa prof et il n'avait pas envie de la vexer.
Ensuite de quoi Allen proposa un foot qui entraîna la plupart des garçons dehors, sauf les G's qui rentrèrent dans leur chambre, et Bill et Tom qui n'étaient pas encore sortis de la leur.
Dans leur chambre, Gustav et Georg s'enlacèrent. Dans quinze jours, ils seraient mariés! C'était trop beau. Gustav, prit d'un furieux besoin d'affection, plaça d'autorité ses mains sur les fesses de Georg. Mais ledit Georg prit aussitôt un air mi- coincé mi- gêné et Gustav, avec sa compétance naturelle à flipper pour rien, sentit que son monde allait bientôt s'écrouler.

Georg: Gustav je dois te parler d'un truc...
Gustav, mort de trouille: QUOI??????
Georg: Mais enfin, flippe pas, c'est pas la fin du monde que je veux t'annoncer.

Gustav, très rassuré, émit des hypothèses dans sa tête sur ce dont il pouvait s'agir:

*ça y est il a changé d'avis il ne m'aime plus ou alors il ne veut plus se marier avec moi ça revient au même ça veut dire qu'il ne m'aime plus c'était trop beau je le savais je le savais je le savais je le savais je le sav...*

Georg: Tu trouverais pas ça hyper romantique si on s'abstenait de faire l'amour jusqu'à notre mariage?

*ah ben si je m'y attendais à celle là*

Gustav: Mais qu'est-ce que c'est que cette idée de con?
Georg, vexé: La mienne. Merci.
Gustav: C'est pas ce que j'ai voulu dire. Mais ça fait un choc, quoi.
Georg: Allez, ça va être drôle! On appréciera encore plus la nuit de noces!
Gustav: Ecoute Georg, je ne sais pas comment ça se passe de ton côté, mais moi, quand je fais l'amour avec toi, j'y vais à fond, sans retenue, je donne tout ce que j'ai, je suis à mon maximum à chaque fois, comme si c'était la première fois, comme si j'avais pas fait l'amour depuis des siècles, alors je ne vois pas ce que deux semaines d'abstinence vont changer.
Georg: Mais c'était pour pimenter le truc, enfin, Gustav, moi aussi je me donne à fond quand on baise...
Gustav: Alors d'une, je ne baise pas, je fais l'amour, moi, monsieur, et de deux, j'ignorais que tu avais besoin de "piment" dans notre vie sexuelle!
Georg, sentant qu'il a fait la boulette de l'année: Gustav, voyons, arrête de te vexer comme une grosse dinde... Euh non, c'est pas du tout ce que je voulais dire, Gustav, mais où tu vas???
Gustav: Faire un tour. La grosse dinde n'en peut plus d'être rudoyée par un crétin qui va probablement lui annoncer qu'il va la fourrer avec des gousses d'ail pour que leurs ébats soient plus funky!

A cette image, Georg ne peut s'empêcher de pouffer. Ce qui achève de mettre Gustav en rogne. Il attrappe ce qui lui passe sous la main - le dictionnaire d'allemand - que Georg esquive de justesse. Là, Georg se fâche aussi. Pour une fois qu'il avait une envie un peu romantique, pour une fois qu'il ne prenait pas mille précautions pour ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes enfin surtout celle de Gustav, merde à la fin.

Georg: C'est ça, va te promener! Tu laisseras tes gamineries au placard en rentrant!
Gustav: Va chier!

Et bang la porte. Georg se pince le nez. Tout ça parce qu'ils sont tous les deux sur les nerfs, à cause de toute cette tension accumulée ces derniers jours, à cause de toutes ces démarches qui n'aboutissaient pas... Georg se sentit tout à coup complètement vide. Mais qu'est-ce qu'il pouvait être con. Enfin, il avait gagné, Gustav ne le toucherait plus avant un bon bout de temps. Peut-être même qu'il ne le toucherait plus jamais et que pour le mariage, ils n'auraient plus qu'à tout annuler. C'était plus que probable, connaissant l'oiseau.
Georg en aurait chialé. Brusquement, il se sentit pris de nausées et se rua en catastrophe dans les toilettes pour vomir.
C'était vraiment bien joué.
Lorsqu'il se releva, encore un peu plus dégoûté de lui même, il vit Bill et Tom, dans la chambre, qui le regardaient d'un air tout malheureux. Tom dans sa robe et Bill qui avait remis son T-shirt à l'envers. Ils empestaient le foutre.

Tom: ça va Georg?
Georg: A ton avis?
Bill: Gustav est passé nous dire de rester un moment avec toi.
Georg: C'est vrai?

*Mais alors il m'aime toujours?*

Tom: Plus exactement, il a ouvert la porte sans frapper, nous a hurlé "occupez vous de Georg", puis est reparti en fracassant la porte. Ensuite, on a entendu un bruit bizarre et quand on est sorti nous aussi, on a vu Hans qui se tenait le nez en couinant que Gustav était un vrai barbare.

Georg eut à peine un demi sourire.
Il avait l'air tellement triste que Tom lui épargna ses blagues habituelles et Bill vint le prendre par les épaules pour l'asseoir sur le lit, entre eux deux.

Tom: Qu'est-ce qui s'est passé?
Georg: Tu veux la version courte? Je suis le dernier des cons.
Bill: Bon, la version longue alors.

Georg leur raconta succintement ce qui venait de se produire.

Bill: Tu l'as traité de "grosse dinde"? Mais t'es marteau?
Georg: Je l'ai pas traité de grosse dinde, j'ai dit, comme une grosse dinde... Oh et puis c'est vrai après tout, j'ai aucune excuse. Je suis un lamentable boulet.
Tom: Oui, ça, c'est sûr...
Bill: TOM! T'as pas honte?
Georg: Nan mais il a pas tort en fait...
Tom: Mais non, je plaisantais... Ecoute, Gustav te connait, non? Même s'il prend trop facilement la mouche, même s'il est furieux pour le moment tu sais très bien que ça ne va pas durer.
Georg: Mouais, c'toi qu'il l'dit.

Finalement, à force de se montrer tout gentils et tout mignons, Bill et Tom finirent par lui remonter à peu près le moral.
Mais lorsqu'ils s'aperçurent que l'après midi avait filé, et qu'il était l'heure de dîner, Georg, à la seule idée de devoir descendre au réfectoire pour manger, sentit son moral retomber comme un soufflé. Gustav avait des relations particulières avec la bouffe, et aimer Gustav, c'était aimer manger aussi. C'était aimer toutes ses petites habitudes, même ses allergies alimentaires.

Georg: Allez y sans moi, j'ai pas faim.
Tom: Oh, te laisse pas aller comme ça! Je suis persuadé que Gustav t'attend en bas. Il doit même se demander ce que tu fous.

Finalement Georg se laissa convaincre, surtout parce que Bill et Tom le tiraient chacun par un bras.
Mais arrivés au réfectoire, pas de Gustav. Georg semblait rapetisser à mesure.

Georg: Ok, j'ai mon compte, là. Je vais me coucher mais avant, je vais marquer sur mon calendrier aujourd'hui comme le jour où j'ai gâché ma vie et celle de mon mec. "

Et sans faire attention aux jumeaux qui essayaient de le retenir, il retourna dans sa chambre. Il avait un cafard monstrueux, surtout parce qu'il aurait voulu s'expliquer avec Gustav calmement, plutôt que de s'énerver comme un con et de bloquer définitivement la situation.
Mais c'était foutu, Gustav s'était barré, sans rien dire à personne en plus, et sans ses affaires, ce qui signifiait qu'il allait se les geler...
Georg se redressa d'un bond dans son lit. Partir sans ses affaires, ça veut aussi dire qu'on va revenir! Il bondit sur l'armoire et la fouilla intégralement, il ne manquait rien, à part les vêtements que Gustav portait en partant. Il retourna à son lit à demi rassuré mais en se rallongeant il se tordit de nouveau d'angoisse: et si Gustav avait un accident? ça arrive, on réfléchit, on cogite, on ne voit plus le monde autour de soi, et pan, la réalité vous arrive en pleine gueule, tout le monde n'a pas le réflexe de se coucher sur l'asphalte en laissant passer le bus au dessus de sa tête, tout le monde ne s'appelle pas Mlle Hagen.
Georg bondit sur son téléphone portable mais il entendit la sonnerie presque aussitôt. Gustav avait laissé son portable dans la chambre. Georg se rallongea, encore plus déprimé qu'avant.
Il n'y avait plus qu'à attendre. La plus horrible des tortures.

Quelques longues minutes plus tard, Georg entendit frapper à la porte. Mais il n'était pas d'humeur. Vraiment pas. Il ne répondit d'abord pas en espérant que derrière, on n'insisterait pas mais on insistait.

Georg: Si vous n'êtes pas Gustav, cassez vous! finit-il par hurler à la porte en rabattant son oreiller sur son visage.
La porte s'ouvrit.

... J'ai pris ça pour un "oui".

Georg resta quelques secondes avant de comprendre. Il était d'autant plus stupéfait que Gustav portait un immense imperméable à capuche qui le couvrait tout entier.

Georg: Gustav? Mais qu'...
Gustav: Shhhh. Musique!

Et sans un mot, il alla bidouiller le lecteur CD.
Quelques notes de basse, très jazzy.

Never know how much I love you,
never know I much I care
when you put your arms around me
I got a fever that's so hard to bear

Lentement, Gustav retira son imperméable, en se dandinant. Georg n'en crut pas ses yeux. Sous la capuche, Gustav portait un serre tête avec des oreilles de lapin.

you give me fever
when you kiss me
fever when you hold me tight
Fever
In the morning
Fever all through the night

Gustav fit rouler l'imper sur ses épaules, révélant à Georg qu'il était torse nu là dessous, et au moment où la sublime voix de Natalie Cole remplaça celle de Ray Charles, laissa complètement tomber l'imper et se retourna pour être face à Georg.

Sun lights up the day time
moon lights up the night
I light up when you call my name
and you know i'm gonna treat you right

Son seul vêtement, à l'exception des chaussons en fourrure blanche, était un boxer de latex blanc qui lui moulait les fesses à souhait avec... un pompon en forme de queue de lapin???
Georg n'avait toujours pas retrouvé l'usage de la parole mais il sentait son pouls s'accélérer. Encore plus bandant que les mannequins de Play Boy, il était, Gustav.

Everybodies got the fever
That is somethin you all know
Fever is'nt such a new thing
Fever start long ago

Romeo love Juliet
Juliet she felt the same
When he put his arms around her
He said Julie baby your my flame

Surtout que Gustav, si complexé d'habitude, se prenait au jeu, se dandinait, dansait sur la chaise de bureau, encore plus lascif et sensuel qu'une stripteaseuse professionnelle, faisait jouer ses muscles et sublimait ses rondeurs en se déhanchant. Il se rapprochait peu à peu de Georg, qui s'était assis sur le lit pour mieux profiter du spectacle. A la fin de la chanson, Gustav se débrouilla pour atterrir sur les genoux de Georg.

Georg referma les bras autour de la taille de Gustav. Et le regarda avec des yeux agrandis par la surprise.
Et puis, pile en même temps, ils dirent "je suis désolé", et l'avoir dit en même temps les fit exploser de rire, mettant définitivement fin à toute forme de tension entre eux.

Gustav: J'aurais pas dû m'énerver comme ça.
Georg: J'aurais pas dû être aussi lourd.

Puis, pour clore l'incident et passer à autre chose, Georg passa la main sur le petit short en latex de Gustav, et aussi sur le pompon en fourrure blanche.

Georg: Où tu as dégoté cette tenue?
Gustav: Dans un magasin spécialisé.
Georg: Spécialisé en quoi?
Gustav: En piment pour le couple.

Georg sourit en appuyant son visage contre l'épaule de Gustav.

Georg: J'aurais dû me souvenir de ce que tu avais souffert à cause d'un voeu de chasteté avant de te proposer ça.
Gustav: Après tout, c'est à partir de là qu'on s'est rapprochés, toi et moi, j'aurais dû me souvenir de ça, moi aussi... Et de ce que tu pouvais être très romantique sous tes airs de nounours.
Georg: En tout cas depuis ton arrivée en lapin, mon romantisme il est retournée à la niche.

Gustav se prit alors à caresser perversement le sexe de Georg par dessus son pantalon.

Gustav: C'est vrai? Parce que je peux être un petit lapin chaste si tu préfères.
Georg: Oh... Mmmh... Non, finalement je préfère pas.
Gustav: Un petit lapin pervers alors?
Georg: OH OUI !!! Euh... Excuse moi d'avoir parlé fort, mais tu me troubles, avec ta main, là.
Gustav: Ah bon? Oh...

Gustav continua de le chauffer innocemment, et que je te titille le bas des reins, et que je t'effleure le membre, et que je plante ma langue à la base de ton cou pour remonter vers ton oreille...
Jusqu'a ce que Georg rentre dans le jeu et glisse sa main entre les cuisses de Gustav. Il ne se contenta pas de caresser, il se mit carrément à pétrir la chair blonde et souple qui s'offrait à lui, d'une main, l'autre le tenait par la taille et le maintenait sur ses genoux. Autant par amour que par peur qu'il ne s'en aille. Georg sentit le souffle de Gustav s'accéléré contre sa peau, lui même n'allait pas pouvoir se retenir bien longtemps.

Georg: Gustav, je...
Gustav: Oui?
Georg: Je...
Gustav: Allez, dis le...
Georg: J'ai envie de toi...

Georg baissa la tête. Il ne tenait pas longtemps ses propres résolutions. Gustav était en droit de le lui faire remarquer, mais il ne le fit pas. Gustav se contenta de glisser les doigts sous le menton de Georg pour lui faire relever la tête.

Gustav: Pourquoi tu as l'air gêné d'avoir envie de moi?
Georg: C'est de reconnaître que je ne peux pas me passer de toi, de faire l'amour avec toi qui me gêne.

Gustav ne répondit pas tout de suite, il caressa les cheveux de Georg.

Gustav, quelques secondes plus tard: Parce que tu crois que moi, je peux m'en passer?

Il regarda de nouveau Georg droit dans les yeux. L'instant d'après, ils roulaient sur le lit, tout excités. L'appel de la chair était plus fort que tout. A moins que ça n'ait jamais rien été d'autre que de l'amour.

Georg: Dis, ça t'ennuie de garder tes oreilles de lapin pendant qu'on le fait?









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Mes ptits loups va se passer un moment avant que je rappelle quelqu'un "mon lapin" moi
C'est pas que je n'ai pas eu envie d'écrire pendant ses vacances, au contraire. Seulement, entre ma mère, les copines, la visite obligée à ma grand mère...
Je vous fais le tableau, la veille d'arriver chez ma grand mère j'ai passé la soirée avec ma plus que pote allemande, on a bu, dansé, et autres conneries moins avouables, bref, on a arrêté de boire vers 5- 6 heures du mat et moi j'avais mon train à 10 heures, je vous raconte pas dans quel état je suis arrivée. Surtout que ma grand mère c'est le style ultra catholique, hyper stricte et l'homosexualité elle sait pas ce que c'est, autant vous dire que j'étais pas vraiment dans mon élément.
Enfin bon. J'en suis revenue, c'est l'essentiel vous me direz.
Et voilà, là je profite un peu des derniers jours de vacances, j'ai pas envie de retourner en cours, le truc de dingue.


Sinon.
L'idée de déguiser Gustav en lapin ne m'est pas venue toute seule. Il a fallu l'intervention de cette charmante perverse pour me le suggérer, et comme l'idée m'a plu, je l'ai fait.
Et comme elle vient de me le faire remarquer à l'instant, il y a une évolution dans ce chapitre, parce que j'avais pas envie d'écrire toujours la même chose dans les lemons, j'en ai relu quelques uns et des fois que je me répète carrément, donc, là, j'ai voulu changé.
Mais c'est hyper dur de se renouveler quand on parle de sexe. Philippe Djian, mon écrivain préféré, a dit une fois qu'à essayer de se lancer dans la pornographie on peut très vite se casser la gueule. Ben voyez vous, je vois très bien ce qu'il veut dire par là. Pour ne pas dire que je le vis en direct.

Et aussi, si vous voulez vous inscrire sur un nouvel annuaire, j'ai subi des pressions terribles je déconne j'étais consentante pour vous parler de celui ci: un répertoire de fanfictions plus communément appelé "le répertoire à Mymy"

Bisous!

# Posté le mardi 18 août 2009 13:37

Modifié le mardi 15 septembre 2009 19:22