Présentation

Bienvenue sur ma fic, comme on dit.

Pas plus tard qu'aux temps jadis de cet été, j'ai eu l'envie subite d'écrire ma propre fanfiction YAOI, après en avoir lu un sacré paquet.
Ma fic à moi, celle où je mettrais mes idées, ce qui me plaît, toutes les conneries qui me passent par la tête (et croyez moi il y en a beaucoup) et toutes mes perversités.

Deux trois mots sur moi pour faire joli:
Intello. Bisexuelle. Gotho- pouffe. Fan de rock. Médiéviste. Anti-beauf, anti- connerie, anti- intolérance.
Parfois débile. Psychopathe verbale. Sentimentalo-romantique et menthe à l'eau toi même. Tout ce qui est bizarre, pervers, dérangé, détraqué, pas dans la norme, est fait pour me plaire.

Mes lectrices ont l'assurance de ma dévotion éternelle. Sans rire. Je vous kiffe grave mes loutres.

Première fic. Créée il y a presque huit mois, et seulement maintenant je lui cherche un titre.
Après mûre réflexion, ce sera: Jusqu'où tu irais par amour? mais c'est pas dit que je change pas encore.
Entre nous, ça fait quatre fois que je refais ma présentation, alors...

Je vous plante le décor. Deux petits jumeaux, Bill et Tom (sans déconner !!!!!!!!!!!) sont séparés à l'âge de huit ans, vous verrez bien pourquoi.
Tom part dans une institution pour orphelins et pour enfants difficiles. Bill part en hôpital psychiatrique.
A quinze ans, le hasard les réunit dans un internat. Ils ne se reconnaissent pas, leurs souvenirs ont disparu, il ne leur reste qu'une attirance irrépréscible de l'un pour l'autre.
Et ils deviennent amants.
Voilà, ça, c'est la base.
On rajoute Georg et Gustav, qui essaieront l'hétérosexualité avant de découvrir les amouuuuuuuuurs interdits et pervers. On rajoute une prof de maths aussi déjantée que moi si j'étais prof de maths (ce qui n'arrivera jamais vu qu'en vrai je fais histoire médiévale m'enfin bon), Mlle Hagen, on rajoute aussi la petite amie de Mlle Hagen, Franziska, qui est aussi la soeur de Gustav. Il y aura aussi un hétéro débile, un gay refoulé, un médecin visual key, une petite fille en dehors de la réalité, vous découvrirez à mesure.
J'ai envie de dire YAOI POWA avant tout.

Je vous laisse lire.

Vous pouvez voter ou donner votre avis sur ma fic:
ici

et encore là

Un nouvel annuaire a fait son apparition sous nos yeux éblouis il y a peu: celui là même, allez y voir un peu

Si vous voulez y inscrire votre fiction, en avant les petits loups, celle qui le tient s'y connaît en écriture et elle donne de plutôt bons avis (et ce n'est pas parce qu'elle aime ma fic que je dis ça)

Et voilà mon article n'a moi (enfin celui de ma fic quoi)





ET MAINTENANT QUE J'AI FINI DE BLABLATER SUR MOI MEME...
L'HEURE EST GRAVE
Le blog de Military-yaoi-th- 2, une des plus belles fics qui m'ait été donnée de lire a été désactivée. Preuve que personne n'est à l'abri, et ça, ça craint.
HEUREUSEMENT vient d'être créé CE BLOG


Si jamais vous avez vécu la douloureuse expérience de voir supprimées vos fics préférées ou si vous avez la peur légitime de voir la votre disparaître, allez sur ce blog, ça peut servir de point de ralliement et ça permettra de s'informer sur des disparitions intempestives.
Et surtout, si, comme moi, vous écrivez vos chapitres directos sur skyblog, pensez à enregistrer, c'est con à dire mais vu le nombre de fics géniales qu'il y a en ligne je m'en voudrais de pas l'avoir dit.

# Posté le samedi 31 mai 2008 08:24

Modifié le mardi 15 septembre 2009 11:59

Sweet memories - Ou le prologue de Jusqu'où tu irais par amour?

Sweet memories - Ou le prologue de Jusqu'où  tu irais par amour?
Par un bel après midi d'automne, un samedi, pas d'école, des enfants jouent dans le parc. Ils ont environ huit ans, et ils jouent à un jeu bien innocent: grimper aux arbres. Ils en ont choisi un, un immense, trois fois centenaires. Le but du jeu est d'aller le plus haut possible, ils dérangent les oiseaux sans s'en rendre compte, ils ne font pas attention, de loin on croirait l'énorme chêne secoué par la tempête. Parmi tous ces enfants, une demi douzaines environ, il y a deux jumeaux, Bill et Tom, parfaitement identiques, à ceci près qu'il y en a un qui grimpe le plus haut possible, qui s'accroche aux branches par les genoux en se balaçant comme un ouistiti, l'autre, mort de peur, a réussi à grimper à un mètre du sol après une heure d'hésitation et reste là, terrorisé.

Les autres enfants l'encouragent, lui hurlent d'aller plus haut.
"Allez Bill, fais pas ta mauviette, viens avec nous"
La faible voix de Tom a du mal à se faire entendre.
"Laissez le enfin..."
Bill se décide enfin, il s'appuie sur des branches, grimpe, deux mètres, trois mètres.... Tout à coup il se retourne pour regarder en bas, sa vision se trouble, il glisse, lâche prise, et tombe.
Les enfants sentent confusément qu'ils ont fait une connerie, et descendent à toute vitesse. Le premier à côté du corps inerte du petit garçon, c'est Tom. Il est là, à genoux à côté de son frère. Il écarte doucement les cheveux de son visage, il lisse du doigt le sang qui s'échappe de la bouche et des oreilles de Bill, puis il reste là, à attendre.
Les autres enfants ont couru donner l'alerte, les parents arrivent au galop, Simone, la mère des jumeaux, hurle de terreur. Tom la regarde avec les yeux vides, elle lui envoie une gifle magistrale, lui demande ce qu'il a fait.
- Mais remue toi! C'est tout ce que ça te fais de voir ton frère comme ça?
- ....
- L'ambulance arrive madame
, dit un père à côté. Ne vous inquiétez pas, il respire encore.
Les parents demandent des explications à leurs enfants.
"Bah, il a voulu faire comme Tom et il est tombé.
- C'est vrai Tom? C'est toi qui l'a encouragé?
- .....

Les autres enfants profitèrent de son mutisme pour rejeter la faute sur lui et éviter d'être privé de dessert.
L'ambulance arrive, Tom se laisse traîner par sa mère, elle le pousse comme un paquet, il n'arrive plus à penser à quoi que ce soit, il a juste refermé le poing sur le sang de son frère.
Des heures atroces d'attente aux urgences.

- Mme Trumper?
- Oui?
- Votre fils est dans le coma. Son état s'est stabilisé, mais on ne sait pas quand il se réveillera. Gardez espoir tout de même...

Simone éclata en sanglot. Folle de douleur, elle hurle à Tom qu'il a tué son frère. Le médecin l'emporte bien doucement, et une infirmière vient prendre Tom par la main, et l'emmène dans une chambre vide.
- Tu sais, ta maman est très triste, c'est pour ça qu'elle dit ça. Ce n'est pas de ta faute, d'accord?
- .....
- Ton frère dort simplement, viens voir.

Elle l'emmène, lui montre Bill à travers une vitre. Puis le médecin la rejoint et dit quelque chose à l'oreille de l'infirmière.
A partir de là les souvenirs de Tom s'éclispent, il revoit vaguement une valise, des paysages qui défilent comme quand on voyage en voiture, une porte immense et un type qui dit "ah oui, c'est lui... C'est le petit garçon qui ne parle plus. Oui, vous avez raison... Autant ne plus lui parler de son frère... Comment va la mère? Très mal? Oui, c'est normal...

Et c'est comme ça qu'il se retrouva dans une institution, tout seul, sans rien comprendre, il ne parlait pas, mangeait à peine, se laissait guider comme un mouton, et ne pleurait jamais.
Neuf jours plus tard, Bill sortait du coma. Mais c'était trop tard pour Simone. Son intelligence, définitivement vaincue, avait abandonné son être à la folie. Elle refusa de retirer Tom de l'institution où il se trouvait, et quand Bill commença à réclamer son frère en pleurant, elle parvint à convaincre un psychiatre mal luné qu'il valait mieux effacer son frère de sa mémoire. Il rentra alors dans un établissement flambant neuf où il fut vêtu toute la journée d'un pantalon de toile blanche et d'une blouse de malade, blanche elle aussi. On lui donna des calmants dosés pour un adulte.

Il n'oublia pas son frère, mais il y avait un grand trouble dans sa mémoire, parfois il était incapable de répondre à l'appel de son nom, sans compter les maux de ventre, vertiges, migraines et spasmes que lui infligeaient les calmants.

Tom ne reparla pas avant ses onze ans. Et c'était pour dire que non, il n'avait pas envie de participer à l'exercice d'escalade. Comme il ne parla plus jamais du passé, on ne sut jamais vraiment s'il se souvenait de son frère, ou pas.
Et c'était vrai qu'à force de ne plus le voir, il en avait oublié les traits de son visage.

Et passent, passent les années...

# Posté le samedi 31 mai 2008 09:38

Modifié le lundi 05 janvier 2009 16:40

Chapitre 1. Et huit ans plus tard...

DEBOUT LES GARS REVEILLEZ VOUS IL VA FALLOIR EN METTRE UN COUP
DEBOUT LES GARS REVEILLEZ VOUS NOUS PARTONS POUR L'IRLANDEEUUUUH

Tom se redressa brutalement dans son lit
"Oh putain qu'est-ce qu'i se passe, s'il veut que j'y mette un coup y a pas de problème, non mais qui s'est ce taré et d'abord jsuis où?"
[moment de réfléxion]
Ah ouais... L'internat. Bon, ben déjà pour le réveil, ça change de la sonnerie de St Andrews.

On frappe à la porte.
"Héééééééé mais ça va pas de vouloir entrer maintenant, je suis complètement à poil moi, pour la première fois de ma vie hier soir on est pas venu vérifier que j'avais mis mon pyjama du coup je l'ai pas mis moi! Bon, allez, dépêche, mon caleçon et zou, j'ouvre négligemment la porte, bonjour vous avez demandé le mec le mieux gaulé de l'internat coucou c'est moi."

Tom ouvrit la porte. Ses dreads blondes battaient librement ses épaules. De l'autre côté, un mec torse nu lui aussi, mais avec un pantalon de pyjama dont l'élastique flottait tristement sur ses hanches. C'était son voisin de chambre.
- Mec, t'aurais pas un rasoir? Le mien vient de me péter dans les pattes!
- Ouais, entre.
Tom se précipita dans sa petite salle de bains, un rasoir il en avait un même s'il avait pas l'occasion encore de s'en servir, c'est son tuteur à l'internat qui le lui avait fait mettre dans son sac avant de partir, même si pour le moment ça lui était pas très utile.
- Tiens.
- Merci vieux. C'est quoi ton nom?
- Tom Trümper.
- Hans.
Ils échangèrent un sourire et l'autre reparti vers son sympathique destin. Tom sauta sous la douche puis s'habilla. Moment de perplexité devant l'armoire ouverte.
"Bon, je vais pas me casser la tête non plus..."
Et moi de cinq minutes plus tard, il était revêtu d'un baggy en jean, d'un T shirt triple XL et de chaussures de sport.
"Je mets une casquette? Non, on va me faire chier sur la politesse en classe et tout. Un élastique, et ça ira."
En sortant de sa chambre pour aller prendre le petit déjeuner, il vit un atroupement dans le couloir. De loin, il aperçut Hans.
"Hey mec, qu'est-ce qu'y a ?
- Bah, vois toi même!"
Et il lui laissa la place. Au milieu du cercle de garçons rigolards, il y avait deux garçons bâtis comme des armoires qui tenaient fermement dans leur bras une pauvre chose qui se débattait comme elle pouvait. Cette pauvre chose, c'était un garçon comme eux bien sûr, il était grand, très maigre, avec de longs cheveux noirs corbeaux et la peau très blanche. Apparemment, il avait l'habitude de se maquiller, et un troisième lui avait pris son crayon noir, et pendant que les deux le tenaient, il lui labourait le visage et le cou avec le crayon
"Tu vas voir ma jolie, je vais te faire une beauté comme on t'en a jamais faite!
- Nooooooon, braillait l'autre.
- Dis pas non, t'adores quand je m'occupe de toi."
Tom fut écoeuré. Il chercha une solution pour arrêter ce massacre, il avait l'air d'être le seul à trouver ça crétin, les autres se marraient comme des baleines.
Heureusement le ciel vint à son secours, le surveillant montait les escaliers et comme ses chaussures faisaient un bruit monstrueux, tout le monde repartit dans sa chambre ou descendit au réfectoire, laissant là le pauvre garçon avec son visage horriblement barbouillé, effondré sur le sol, et Tom qui avait envie de vomir. Il attrappa la chose par la main et la tira à lui.
"Allez, debout, viens avec moi"
Sans lui demander son avis, il l'entraîna jusqu'à sa chambre, il referma la porte sur eux juste comme le surveillant arrivait dans le couloir, il avait peur des surveillants.
Il fit asseoir le garçon sur son lit.
"Ne bouge pas de là, OK?"
Il revint avec un gant de toilette, l'autre avait serré ses bras autour de ses genoux et posé sa tête par dessus, il pleurait. Il essayait d'être discret mais c'était difficile. Tom s'assit à côté et le força à relever la tête. L'autre, boudeur, résistait.
"Allons, pas tant d'histoire. Relève la tête. C'est bien."
Les larmes avaient déjà délayé une bonne partie du crayon, Tom acheva le travail avec soin, et à part une griffure sous l'oeil gauche, il n'y avait plus trace que ce qui c'était passé. Ses sanglots s'étaient un peu apaisés, mais il avait du mal à se calmer vraiment.
Tom retourna dans la salle de bains, remplis d'eau le verre qui se trouvait là, et le rapporta au garçon.
"Avale ça.
- Non, hoqueta-t-il d'une voix faible, non... Pas besoin de médicaments, merci.
- C'est pas un médicament! C'est un verre d'eau tout ce qu'il y a de normal. C'est pour calmer tes sanglots andouille!
- Oui, je connais le truc..."
*Oh bon sang, mais qu'est-ce que c'est que ce mec, j'ai une tête à lui faire prendre des trucs louches?*
Tom s'accroupit en face de lui et le força à le regarder.
"Si t'as pas confiance, regarde."
Et il avala une bonne gorgée d'eau.
"Rassuré?"
L'autre ne répondit rien mais but le verre lentement. Quand il eut fini, il ne pleurait plus.
"Merci, dit-il.
- De rien, ça fait plaisir de te voir mieux. C'est quoi ton nom?
- Bill Kaulitz.
- Tom Trümper.
- Merci, Tom, vraiment.
- Me remercie pas comme ça. On va déjeuner?
- Non, pas moi, je n'ai pas faim.
- On se retrouve en cours?
- Ouais."
Ils sortirent ensemble de la chambre. Le surveillant emmenait les trois grands cons dans son bureau. Quelqu'un, il ne savait pas qui c'était, les avaient balancés. Bill regagna sa chambre pour finir de se préparer, Tom le regarda partir machinalement Bon Dieu, quel cul il avait! Pourquoi aucune des filles que j'ai connue n'a jamais eu pareilles fesses? Seigneur tout puissant...
Puis il se reprit tout de suite. Non mais ça ne va pas? Moi, fantasmer sur un homme? Va donc bouffer Tom, t'es en manque de quelque chose, à défaut console toi avec du Nutella.

Point of view Bill
Je me regarde dans le miroir pour voir s'il reste quelque chose. Oui, une belle coupure sous l'oeil gauche. Au moins ça ne saigne pas. Tant pis pour ces cons, qu'ils m'assomment s'ils le veulent, je refais mon maquillage et j'y vais comme ça. Et je les emmerde.

Fin du POV
Ce qu'il n'arrivait pas encore à se dire, c'est qu'il n'aurait jamais eu le courage de se remaquiller, de faire de lui ce qu'il avait vraiment envie d'être, s'il n'y avait pas eu Tom...

# Posté le samedi 31 mai 2008 13:08

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:03

Chapitre 2. Premier cours

Chapitre 2. Premier cours
POV Tom
Je me rends d'un pas nonchalant en classe, forcément, commencer l'année par deux heures de maths, c'est pas franchement la fête, aucune raison de se presser.
Et là je me vois dépassé par tous les autres gars, bien sûr, j'aurais dû m'en douter, la seule place de libre, c'est à côté du gars qui s'est fait barbouiller la gueule tout à l'heure, Bill. Je sens que si je me mets à côté de ce mec ma vie sociale va en prendre un coup mais bon, pas trop le choix quoi.

- Hey, je fais, en posant mon sac à côté, un peu brutalement j'avoue.
- HAAAAAA !
- Bah quoi, j'peux pas m'asseoir?
- Si, mais tu m'as... Surpris. Excuse moi.

Non mais je rêve. C'est pas moi qui lui ais fait ce coup là tout à l'heure, si? Cela dit ça doit être normal d'être tout le temps sur le qui-vive, avec tous ces mecs qui se foutent de sa gueule...
Tiens, voilà la prof.


PARDON? "LA" prof?


Je me retourne, demande aux gars derrière: "C'est pas censé être un internat de garçons ici?
- Si mais...
- Mais l'essentiel de la gent féminine ici se compose de (et là elle commence à compter sur ses doigts) : l'assistante de l'infirmier, les deux femmes de ménage des bâtiments A et B, la secrétaire du proviseur et moi. Je sais c'est peu, mais il faut s'en accommoder. Cela vous pose un souci?

Merde, elle a l'ouïe fine celle-là. Moi, comme un con.
- Euh, non madame
- Bon, alors on va bien s'entendre


Grrr moi qui déteste m'afficher. Elle se lance dans une espèce de discours de rentrée à la mords moi le chibre, pas longtemps remarque, cinq minutes plus tard elle attaque les hostilités.
- Ouvrez tous vos manuels à la page quinze
En même temps elle déplie les panneaux du tableau, elle a déjà marqué un tas de machins dessus, alors là ma vieille, si tu crois que je vais capter quelque chose à ça, tu te trompes.


Voilà la deuxième fois en une demi heure qu'elle traverse la classe en courant pour nous écrire quelque chose au tableau, parmi ses gribouillis déjà faits, heureusement qu'elle a des craies de couleur, et qu'est-ce que c'est que cette manie de nous faire cours depuis le fond de la classe, cette fille est marteau.
Au troisième retour tableau je la sens tomber en arrêt derrière moi. Je ne bouge pas, mais au bout d'un moment, tout le monde commence à ricaner, donc je sens qu'il faut que je me retourne.

- Quoi? Vachement impoli. Je suis trop un rebelle.
- Qu'est-ce qu'ils ont vos cheveux?

Quoi, non mais je rêve, elle a vingt cinq piges à tout casser et elle ne sait même pas ce que c'est que des dreads? Mais d'où tu sors toi?

- ça s'appelle des dreads madame.
- Oh... Et pourquoi vous avez fait ça?
- Parce que je trouve ça beau.
- Et vous pouvez les enlever ou pas?
- Non, c'est fait avec mes cheveux. Et à moins de me laver un mois avec un shampoing démêlant la seule façon de m'en séparer c'est de les couper.
- Aah... Je peux?


Au secours, elle tend ma main vers mes cheveux, elle veut prendre une de mes dreads, on serait pas en classe je lui aurais déjà dit bien sûr bébé, après tu toucheras plus bas si tu veux, mais là c'est ma prof, en plus elle, elle a des anglaises, qu'est-ce qu'elle dirait si je lui disais que j'ai envie d'en toucher une parce que j'ai jamais vu aucune fille coiffée comme ça avant?

-Bien sûr, allez-y
Je la sens qui prend entre deux doigts une de mes dreads, deux - trois secondes.
- C'est marrant ça, j'avais jamais vu ça avant! Bon, maintenant retour au boulot!

Et elle recommence à arpenter la salle. Je me tourne vers Bill, qui me regarde intensément.
- Qu'est-ce que t'as? Tu veux voir ce que ça fait de toucher une dread, toi aussi? J'ai dit ça en souriant gentiment, pas qu'il aille me jouer les biches effarouchées comme tout à l'heure
- Ouais, j'aimerais bien.
- Et après, tu voudrais pas me toucher plus bas?


Quel con! Mais pourquoi je lui ai dit ça moi? Et voilà, il prend une tête épouvantable, il a l'air triste, mais triste...

- ça, c'était vraiment pas délicat, me sort-il façon princesse outragée.
Et voilà, maintenant les gars derrière s'en mêlent.
- Cherche pas Bill, il est pas pour toi celui-là! [Rires gras]

Maintenant Bill fixe sa feuille et ne me regarde plus du tout. Et moi, à essayer de déterminer qui de moi ou des mecs derrière s'est le plus comporté comme un connard, j'ai rien suivi. Si elle m'interroge, je suis pas dans la merde.

- Un volontaire pour me résoudre la première équation?

Silence de mort. Tu parles.

- Bien, alors si je n'ai pas de volontaire, ce sera vous, dit-elle en me désignant du doigt.
Ben tiens...
- Non, moi je veux bien la faire l'équation j'ai compris!
C'est Bill, ça. Il est déjà à moitié levé, il a dû remarquer mon air con et ma vue basse, ce coup là il me sauve lui.
- Bon, allez-y.
Il va au tableau, sa feuille à la main, il commence à rédiger, d'où je suis je vois très bien qu'il tremble comme une feuille, il doit pas avoir l'habitude de se porter volontaire comme ça.


Eeeeh mais, c'est qu'il se débrouille bien ce con! Et surtout, ça m'a permis de comprendre enfin ce qu'il fallait faire, il a pas fini mais moi j'achève enfin la seconde équation, hallelujah, j'ai vaincu le monstre.

- Que nous vaut ce soupir de soulagement, M. Trümper?
- Ah euh ben... C'est à dire que j'ai compris et...
- Eh bien, prenez l'autre moitié du tableau et allez la faire pendant que votre camarade termine!


Je rejoins Bill vite fait, il va falloir que je m'habitue à avoir une prof mi- femme mi- chauve souris, autrement dit va falloir que j'apprenne à fermer ma gueule.
Je fais un clin d'oeil à Bill j'attendais patiemment qu'il veuille bien me regarder, et bien sûr il n'a pas pu s'en empêcher, je suis tellement beau faut dire. Et là, il me sourit.
Je ne sais pas pourquoi, mais ce sourire m'a fait très plaisir. Je prends un peu de recul et je lui fais discrètement

- Je crois que t'as fait une erreur là haut...
- Où ça? Ah oui!


Et là on a fait une découverte incroyable: Bill a pris une deuxième craie, et il a corrigé l'erreur de la main gauche tout en continuant d'écrire avec la main droite!

-T'es ambidextre?
- Ben oui pourquoi?
- Alors ça c'est dingue, parce que...


Et là je prends une deuxième craie, et je me mets à écrire deux choses différentes en même temps. Il se marre, on continue sur notre lancée, une fois qu'on a fini on admire notre oeuvre.

- Très bien, bravo vous deux! Vous pouvez aller vous asseoir.

Sans savoir pourquoi on éclate tous les deux de rire en nous regardant, les autres gars de la classe ont l'air consternés. La prof reprend son cours, c'est beaucoup moins barbant que prévu les maths, à tel point que je suis sidéré d'entendre la sonnerie.

Récréation. Ou, plus exactement, pause-pipi de 10 minutes. Bill se barre le premier, je me lance à sa poursuite, j'ai envie de lui parler.

- Bravo et merci pour être allé au tableau à ma place tout à l'heure. Sans toi j'aurais eu l'air con.
- Boh, tu as trouvé deux minutes après. Et puis toi, on ne te prendra jamais pour un con...

Il a l'air triste, on dirait que le monde s'écroule à chaque fois.
- Dis pas ça Bill. T'as toujours des connards. ça veut pas dire qu'ils sont tous pareils. Les trois de ce matin ce sont fait embarqués par le surveillant, et ça pouvait pas être moi qui les avais balancés, puisque j'étais avec toi.
- C'est vrai, admit-il.

Deuxième sourire.
-N'empêche que personne les aurait dénoncé si tu n'étais pas venu vers moi me ramasser.
- Dis pas de bêtises...

Et là, j'approche tout doucement mon visage du sien. Je sens son souffle contre ma peau. Je dépose un baiser très léger, vraiment très léger, au coin de la lèvre.
Ne sachant que faire de mieux, je le laisse là pour me rendre au cours suivant.
Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais je ne regrette rien.








Note de moi-même: sachant que je ne sais plus du tout où j'ai pris cette photo, si son propriétaire passe par là et veux que je la retire, ou que je mette son nom, qu'il n'hésite pas!

# Posté le samedi 31 mai 2008 18:51

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:03

Chapitre 3. I got my lunch box and I'm armed real well

L'heure du déjeuner arriva, après deux heures d'histoire plutôt barbantes. Dès que la sonnerie retentit, Bill ramassa ses affaires et disparut dans la cour. Tom le chercha du regard, mais, ne le trouvant pas, se dirigea vers le réfectoire, pensant que Bill irait aussi, il fallait bien qu'il mange, lui aussi.
Quelques minutes plus tard, son plateau à la main, Tom scruta l'immense réfectoire. Pas de Bill à l'horizon.
Comme il avançait, il s'entendit appeler par un groupe de garçons de sa classe.

- Hey, l'intello! Tu veux t'asseoir?
- T'as parlé à quelqu'un que je connais?, dit Tom à Hans, qui lui désignait la chaise libre à côté de lui. Mettons les choses au clair. Appelles moi encore une fois intello et ça va chier.
- Ok Tom. Pas de problème.


Les garçons sortirent alors les conneries habituelles des garçons quand ils sont en groupe, à table, et sans surveillance.
Tom ne pouvait s'empêcher de regarder de temps à autre, derrière lui, tout autour, dans la salle. À tel point que ses camarades finirent par s'en rendre compte et par en rire.

- Tu cherches quelqu'un?
- Mmh, non non. Pas du tout.


En réalité, il cherchait Bill, mais il se voyait mal le leur avouer.
Il restait encore une place de libre à côté de lui, et un garçon vint s'y poser d'un pas nonchalant.

- T'es qui toi?, demanda Harry, un des types assit en face.
- Pourquoi, ma présence te pose un problème?
- Normalement, on demande avant de s'asseoir!
- Eh ben tu peux toujours essayer de me virer de là, si le c½ur t'en dit.


L'autre avant lâché ses couverts et regardait Harry bien en face. En même temps, tout le monde pouvait voir qu'il avait des épaules larges de taureaux, des bras épais, et Harry n'était pas du genre courageux. Il la boucla.
L'autre, sans un mot, remit une mèche de ses longs cheveux derrière son oreille et attaqua sa bouffe.
Tom le regarda faire avec un sourire amusé.

- Et sinon, comment tu t'appelles?
- Georg Listing. Et toi?
- Tom.
- Enchanté.


Et Georg lui tendit sa main à serrer. Puis il se remit à manger. Il était poli et tout, mais fallait lui arracher les mots, un à un.

- T'as quel âge?
- Dix huit.
- T'es en dernière année?
- Bingo.
- Pourquoi tu manges dans ce réfectoire alors?
- Parce que je révisais, que j'ai pas vu l'heure passer, et qu'il n'y avait plus de place dans l'autre aile. Et que quand j'ai faim, j'ai faim. Aussi.


Cela, c'était vrai. Quel morfale! Tom, lui, n'avait très vite plus d'appétit. Ce que voyant, Georg se jeta sur ce qui restait dans l'assiette de Tom, après avoir demandé la permission bien sûr.
Harold, assis en face d'eux, fit une réflexion à la con sur le fait que manger trop l'endormait, Georg planta son regard brun sur lui. Nonchalant, mais brun.

- Moi, tout m'endort, quoiqu'il arrive. Alors, manger plus ou moins... D'ailleurs, c'est l'heure de ma sieste.
- Hein?, s'exclamèrent-ils tous.
- Quoi, vous avez jamais fait la sieste?
- Si, la dernière fois, j'avais six ans.
- Eh ben moi, je continue. À plus les jeunes.


Et, sur ses mots, il se tira. En baillant.
De l'autre côté de l'allée centrale, Tom reconnut les trois abrutis qui s'étaient amusés à barbouiller Bill de mascara, tôt le matin. Il demanda à Hans qui ils étaient.

- Mmh, eux, là bas? C'est Stephen, David et Richard. Pourquoi?
- Pourquoi ils ont fait ça à Bill ce matin?
- Parce que c'est assez marrant. Cette pauvre tapette sans défense.
- C'est très courageux, surtout.
- Qu'est-ce qu'il y a, Tom? Tu prends la défense de ta chérie?


Aussitôt, Tom saisit son couteau et plaça la lame contre la gorge de Hans sans que celui-ci put faire quoi que ce soit pour se protéger. Un petit truc qu'il avait appris à St Andrews.

- T'es malade, non?
- Ne redis jamais ça.
- Tu crois que tu me fais peur, tapette? Ces couteaux ne coupent pratiquement rien.
- Ah ouais? Et comme ça?


D'un preste geste de la main, Tom plaça le bout arrondi de son couteau en inox contre la trachée de Hans et appuya suffisamment pour lui couper le souffle. Les autres tout autour commençaient à paniquer sérieusement.

- Tom, arrête!
- T'es dingue ou quoi?
- Arrête, tu vas le tuer!
Tom considéra l'assistance en souriant.
- Je suis toujours une tapette, pour vous?
- NOOOOOOOON !!!!!!
hurlèrent-ils.

Tom consentit à lâcher Hans qui se mit à ahaner et à cracher pour récupérer. Les autres regardaient Tom comme un psychopathe, un mélange de respect et de terreur.
Tom se leva alors, ils allaient voir ce qu'ils allaient voir, il alla s'asseoir à la table de David, Richard et Stephen.

- Qu'est-ce que tu veux?, demanda Stephen, pas engageant, et qui avait plus ou moins compris ce qui c'était passé à côté.
- Te dire, à toi et à tes petits copains, que s'attaquer à quelqu'un qui n'est pas capable de se défendre, c'est juste minable.
- Oooooh regardez ça les gars, Robin des Bois est de retour. Et qu'est-ce qu'on a fait de si minable, selon toi?
- Qu'est-ce qui vous fout le plus les boules dans le fait que Bill Kaulitz se maquille? C'est parce qu'il fait ce que vous n'aurez jamais les couilles de faire, ou parce que jamais vous ne pourrez sortir avec lui?
- Mon pote, tu ferais mieux de la boucler et de te casser de là si tu tiens à la vie.
- Je ne suis pas « ton pote », connard. Et je sais me défendre.
- Ah ouais?


Là-dessus, Tom bondit comme un chat sur la table et avant que l'autre n'ait compris ce qui lui arrivait, il lui décocha un formidable coup de pied dans la mâchoire, le renversant de sa chaise. Les deux autres allaient probablement le mettre en pièce, mais deux profs alertés par le bruit arrivèrent, dont madame Chauve Souris, en s'essuyant la bouche. Tom sauta à bas de la table.

- C'est lui qui a commencé, brailla David en désignant Tom.
- F'est pas beau de rappor....
- Mademoiselle Hagen, finissez ce que vous avez dans la bouche.
- D'accord. *gloups* Oui, je disais, c'est pas beau de rapporter, David.
- Vilaine, va
, dit Tom, ce qui eut pour but de faire éclater de rire Mme Chauve Souris, enfin, Mlle Hagen.
L'autre prof la regarda d'un ½il noir, puis il alla récupérer Stephen, toujours écroulé par terre.
- Bon, Mlle Hagen, j'emmène celui-là à l'infirmerie. Occupez vous des autres.
- Ben voyons
, dit-elle dès qu'il fut assez loin pour ne pas l'entendre. Bon, qu'est-ce qui c'est passé ici?
- Rien
, dit Tom.
- Rien, dit Richard en donnant des coups de latte à David pour le faire taire.
- Rien, dit un peu tout le monde autour.
- Génial. Donc il ne s'est rien passé, Tom n'était pas debout sur la table et Stephen n'est pas en direction de l'infirmerie, c'est ça que vous essayez de me dire?
- Quoiqu'il se soit passé, ça ne se reproduira plus
, dit David.
Tom leur murmura discrètement à l'oreille:  retouchez à Bill et je vous aurais comme j'ai eu Stephen.
- Ça va, on a compris. Dégage maintenant.

Pendant ce temps là, Mlle Hagen pétait un câble.
« Non mais vous vous rendez compte, avant, j'étais dans un internat de filles, et ce n'était que mesquineries, petites saloperies entre copines, méchancetés, bêtises et jalousies, mais vous les garçons, vous êtes encore pires! La loi du silence, vous croyez que c'est malin? Je vous préviens, si je surprends encore une bagarre, UNE SEULE, c'est avec moi qu'il va falloir se battre! C'EST CLAIR?
Elle avait beau mesurer un mètre soixante pour très probablement quarante cinq kilos, aucun des garçons ne remit sa parole en doute.
Tom se pencha vers elle.
- Il n'y aura plus de bagarre, c'est promis.
Les autres garçons osèrent enfin bouger et retournèrent s'asseoir. Ne restaient plus, dans l'allée centrale, que Mlle Hagen et Tom. Mlle Hagen poussa un soupir.
- Du moins, pas en ma présence, mais bien cachée, à l'abri de tous les regards, c'est ça? Je ne me fais pas la moindre illusion vous savez.
« Moi non plus », pensa Tom en la regardant partir.

# Posté le mercredi 11 juin 2008 18:24

Modifié le samedi 25 avril 2009 22:04